( 4 mai, 2010 )

L’Europe c’est bordel

hellassatcoverageeurope1beam.jpgRien à faire, je n’arrive pas à m’y faire : l’Europe c’est bordel. Au dixième anniversaire de l’euro, elle affiche un bilan affligeant.  Gardons le champagne au frais pour des vraies joies.

Quand on parle de bilan, je suis très, très généreux. Mise en redressement judiciaire serait le terme approprié. L’Europe c’est l’antichambre des Etats-Unis, une sorte de magasin dans lequel les states viennent saisir le matos dont ils ont besoin pour finir leur chantier planétaire. L’Europe c’est la cour de récréation des banksters !

Depuis qu’elle s’est constituée sous la forme bancale d’une institution à deux vitesse – d’un côté les riches, de l’autre les pouilleux – on sentait bien que cela ne laissait rien présager de bon. Tout le monde a participé à l’orgie, selon l’humeur du moment ou la lucidité de chacun. Des esprits lucides, ça existe, mais hélas ils jouent le rôle de voix dans le désert ou celui, moins sympathique, d’affreux totalitaires. Les crises grecques et islandaises n’étant que la partie visible d’un immense merdier, le citoyen lambda n’a qu’un mot à la bouche : on nous roule dans la farine.

Aussi prosaïque qu’elle puisse paraître, la formule sonne vraie aux oreilles de ceux qui la subissent quotidiennement. Elle est tellement démocratique cette Europe, telle qu’elle se révèle, que quand un pays candidat envoie ses citoyens voter pour l’intégrer, si ces citoyens se mettent à ergoter et à refuser leur entrée dans ce qu’ils pensent être un traquenard, on les oblige, en bons moutons, à reprendre le chemin de l’urne une férule à la main. Pour mieux manipuler la base rétive, on achète s’il le faut la classe politique locale. L’argent comme vecteur, toujours ! Pour enrober le tout on invoque l’hégémonie américaine et autres astuces, histoire de faire vibrer une sorte de fibre patriotico-européenne.

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( 3 mai, 2010 )

La sueur et le sang

mareenoirecoree.jpgEn ce premier mai, je me suis soustrait au vacarme et à la fureur du monde extérieur. Je n’ai rien fait. Sans avoir mal à l’âme, j’ai tourné en rond. C’est très épuisant, le tourniquet. Ne voyez là la moindre allusion au tourniquet japonais, position amoureuse conduisant au bonheur suprême, que certains mauvais esprits s’empresseront de souligner.

Ma pensée est d’un ordre différent, même si, comme vous, je ne suis pas insensible à l’idée du bonheur suprême. J’ai vécu dans une semi-somnolence. Loin et pourtant si près.

Je n’oublie pas que le premier mai est une date de sang et d’espoir. C’est le 1er mai 1886 qu’une partie des travailleurs américains obtiennent la journée de huit heures. Le 3 mai de cette même année, une manifestation fait trois morts parmi les grévistes qui n’ont pas encore obtenu satisfaction. Lorsque celle-ci se disperse, il reste encore quelques 200 manifestants et autant de policiers. Une bombe explose faisant quinze morts parmi les policiers. C’est la curée ! Huit syndicalistes anarchistes sont arrêtés et jugés. Parmi eux, cinq sont pendus sans que des preuves concluantes aient été présentées par l’accusation. Oeil pour oeil dent pour dent ! A défaut de gagner, le patronat américain donne aux ouvriers du monde le moyen d’inscrire dans leurs revendications une priorité : la journée de huit heures. Il faudra des années de luttes, de la sueur et du sang, pour que cela devienne réalité. Les dernières paroles de l’un des condamnés, Augustin Spies furent : «Le jour viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd’hui».

Autres temps, autres mœurs, mais toujours une constante : profit, inconscience et brutalité d’un système néfaste, toujours le même depuis  1886. Qu’il s’agisse de revendications salariales, de conditions de travail, de retraites ou de préservation de la nature et de l’équilibre des espèces vivant sur terre, une seule donnée : l’appétit du gain.

L’explosion de la plate-forme pétrolière dans le Golfe du Mexique et la nappe de pétrole qui atteint les côtes de la Louisiane, fait méditer sur la puissance des bombes que l’humain utilise pour le plaisir criminel de quelques-uns. Pas besoin d’évoquer la guerre pour savoir que la paix dans ce système c’est encore et toujours la guerre. Nul n’échappe à la logique implacable d’un ordre corrompu.

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( 2 mai, 2010 )

Vin sur vin

verredevin.jpgTrois tags pour le prix d’un ! Ruminances a été invité à répondre à trois chaînes distinctes. A l’origine, le thème de la première aurait pu s’appeler « sept raisons d’aimer le blogage« . Mais visiblement et heureusement, la chaîne s’est élargie sous la plume entre autres de Ferocias et pourrait s’intituler désormais « sept raisons d’aimer quelque chose« . C’est le Coucou qui nous a gentiment transmis le flambeau.

La seconde chaîne évoque globalement les choses qu’on aime et s’arrête en particulier sur un auteur et un livre. Elle interroge également sur ce que l’on déteste. C’est Mtislav au pseudo imprononçable qui nous a refilé le bébé. La troisième chaîne est, si je puis dire, plus service publique. Elle s’appelle « les raisins de la colère » et demande de relever cinq motifs d’indignation face aux régressions économiques, sociales et écologiques. C’est l’ami Rébus qui nous passe le relais sur une idée initiale du docte pas perdus.

Commençons par le premier tag. A tout saigneur, tout honneur, j’évoquerais ici sept raisons d’apprécier le vin. Oui, sept bons alibis pour vouer un culte au picrate, au jaja et autre bourre-pif ! Les rencontres d’abord et les échanges avec les spécialistes ! Quoi de plus sympathique de causer avec un vigneron ou un caviste de ce divin breuvage. On se jauge en parlant bibine et on s’égare très vite sur le temps présent et sur la nature humaine. Philosophie de comptoir, éphémère et futile, mais si jouissive à produire.

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( 1 mai, 2010 )

Le taureau par les cornes

banqui10.jpg Grâce aux institutions européennes, et en particulier au traité de Lisbonne, qui détient la plus grande partie des dettes, et des intérêts colossaux de celles-ci ? Les banques d’affaires. Comment peuvent-elles en être arrivées là ? C’est simple, autrefois les États créaient de l’argent, c’était leur prérogative régalienne. Si ces États étaient démocratiques, ce sont les représentants du Peuple qui votaient des budgets en déficit.

L’expansion se chargeait de combler ces déficits. Maintenant, et cela partout dans le monde, ce sont des banques privées, ou des organismes soit-disant indépendants qui distribuent la manne à des taux importants, et souvent incompatibles avec de saines finances. Les États, tous les États sont pris à la gorge. Leurs émissions institutionnelles, bons, emprunts, leur reviennent cher également. Sinon ceux qui possèdent des liquidités, souvent les banques ou des fonds de placements privés, n’en veulent pas.

Quelle pourrait être la solution ? Elle va faire se dresser des lobbies multiples, ceux qui sont payés par les riches apporteurs d’argent évoqués plus haut. En revanche, elle est simple. Il faut et il suffit que les États, en séance solennelle de l’ONU (car c’est une décision politique), décident que dorénavant toutes les dettes contractées auprès des banques, des fonds de placements, des compagnies d’assurances en chasse à la bonne affaire financière (pour elles, et non leurs clients), que ces dettes n’existent plus, non plus que les intérêts correspondants. Pour faire moins brutal, appelons cela un moratoire, mais voté à titre définitif.

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