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Tous rouges, ‘noir, blanc, jaune’…

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collage.jpgLes histoires, aussi réelles qu’extravagantes, pullulent. On ne viendra jamais à tout en savoir. Ce n’est pas une raison pour, à l’occasion, en apprendre une. Ou, ici, en communiquer une…Oh, ce n’est pas digne d’un record Guinness de l’extravagance. Juste une anecdote qui me revient en mémoire de plus en plus souvent, bizarrement, et me fait de plus en plus rigoler. Et réfléchir. Deux raisons de tenter d’agiter et vos zygomatiques et vos neurones !

Autant qu’il me souvienne, voici un  résumé du contexte de l’histoire : en Chine de ‘la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne’ de 1967, un Français fait connaissance d’un Camerounais. ‘Bon, et alors, papy ?… C’est de la préhistoire, ton truc !’ : j’entends cela dans l’oreillette secrète de mon écoute privée du ‘monde tel qu’il est devenu’. Mais je persiste : c’est le même monde. Celui qu’il faut révolutionner en inventant l’avenir, toujours. Et le passé de cette (pseudo !) révolution chinoise est lourde d’enseignements pour garder le moral ! Car ‘les temps’ ne changent pas autant que le clament les si médiocres médias !…

En 1967, l’actualité internationale est dominée par la guerre du Vietnam, surtout : comme aujourd’hui les interminables guerres en Afghanistan et en Irak. J’ai mis le doigt dans l’engrenage de l’engagement ‘à fond’ pour le Vietnam. Cela me conduira vite à rejoindre (naïvement) le groupuscule MCMLF (Mouvement Communiste Marxiste Léniniste de France) qui prépare sa transformation en ‘Parti’ (PCMLF), en ‘draguant des pro-vietnamiens’ comme moi, déçus par la ligne du PCF (‘Paix au Vietnam’). Contre ‘FNL vaincra’…ce qui arriva. Bref je virai du pro-vietnamien au pro-chinois, comme tant d’autres jeunes, dans le contexte du conflit idéologique URSS-Chine de l’époque, un peu comme celui d’aujourd’hui d’Arabie-Iran, entre sunnites et chiites… : Et me voilà promu en ‘chef de la délégation de la jeunesse révolutionnaire de France’(sic !) pour un voyage tous frais payés par Mao. Le rêve !

Mes deux camarades sont un ouvrier de Renault-Billancourt de 22 ans et un étudiant de Montpellier de 20 ans. Moi, je vais bientôt en avoir 28, et un interlocuteur chinois se dira étonné que je sois si ‘vieux’ pour représenter la jeunesse… C’est vrai que l’énorme majorité de nos contacts sont des ‘gardes rouges’ de 16 à 25 ans, pour la journée (usines, universités). Mais, souvent le soir, nous avons aussi des ‘entretiens politiques’ avec des cadres du PCC… On nous balade donc, quinze jours… et c’est de plus en plus compliqué d’y comprendre quelque chose, sinon que nous sommes des pions d’un monstrueux jeu de go (en conclusion tardive). Survient alors l’imprévu : je gagne apparemment (mes deux camarades m’affirment que je suis arrivé second !) une amicale course de natation dans la piscine d’une université. On me demande, pour récompense, de formuler un vœu. Comme nous devons repartir 2 jours plus tard, je formule ce souhait : ‘Rester plus longtemps, pour travailler dans une Commune Populaire, payer ma dette au peuple chinois’. Le lendemain on me propose ceci : le train et le car pour un village où travaille un réfugié politique Camerounais qui me servira d’interprète !

Banco ! Pendant que mes deux camarades reprennent l’avion (on apprendra plus tard que ‘l’ouvrier’ était un sous-marin du PCF, et je crois que ‘l’étudiant’ est devenu, avant moi, ‘anar’), je fais ainsi connaissance de Kamara, ‘le diable noir’ me dit-il, perdu dans un univers de cailloux à transporter par sacs sur balancier, pour construire les banquettes anti-érosion des collines… ce que j’ai déjà connu en Algérie (sans balancier) en 1959. En 1959, au Cameroun, Kamara, lui, est un chef de maquis… comme il en existe en Algérie. Il m’expliquera la longue guérilla de son pays, laquelle a été battue, contrairement à celle d’Algérie. Condamné à mort, Kamara réussit à s’enfuir et obtient l’asile politique dans la Chine de Mao, en 62. Se met à étudier le chinois et à apprendre l’Afrique à ses ‘camarades internationalistes’ (il est probable que la Chine d’aujourd’hui ‘comprend’ l’Afrique grâce à divers ‘Kamara’ !). ‘Tu as ‘Le Monde’ ?’ me demande vite mon nouvel ami-interprète. Il est déçu que je n’ai pas ce ‘journal bourgeois’, et me raconte ses années du Quartier Latin, joyeuses, studieuses et érotiques… Il est pas triste, l’ex maquisard ! Il me raconte ensuite ses galères dans Pékin, sa relative ‘disgrâce politique’ à cause de contacts discrets avec des pro-cubains, d’où son repli volontaire, ‘sociologique’, dans cette Commune Populaire… Il ne sait pas ce qu’il deviendra. Voilà. Je ne sais pas ce qu’est devenu Kamara. Nous savons ce qu’est devenu la Chine…

Je crois n’avoir vécu que 5 ou 6 jours à transporter des cailloux avec mon ami Africain dans la Chine profonde. Assez longtemps pour en être bien fatigué mais surtout heureux d’avoir un peu connaissance physique de cette Chine ‘mystérieuse’… et plus encore d’avoir bien rigolé avec un ‘ex étudiant latin’ devenu chef de maquis, puis ‘diable noir’ pour le Chinois de base ! Ce n’était qu’une anecdote ? Certes. Je suis heureux de vous l’avoir donnée, car à mon sens elle révèle l’infinie bizarrerie des itinéraires individuels que nous avons chacun, dans ce vaste monde compliqué, d’hier, d’aujourd’hui et, sûrement, de demain : Et demain, bien sûr, nous serons tous heureux, mes frères et sœurs, dans nos diversités …

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30 Commentaires

  1. babelouest

    8 juin, 2010 à 5:24

    Ami Rémi, à ta différence je suis passé directement du bleu au noir, du douillet et étouffant cocon bien-pensant au rejet de toute hiérarchie, de tout chef, de toute contrainte imposée. Manque de nuance ? Sans doute. Tête de cochon ? Je l’assume. Un psychanalyste en ferait sans doute ses joies. Tu as connu la Chine de l’époque « gardes rouges », sans aucun doute plus dangereuse que celle d’aujourd’hui. T’envierai-je ? Non, car chacun se forge son propre destin avec ses propres briques, plus ou moins adroitement, l’essentiel étant de rester soi-même.

    Merci pour ton témoignage. A part l’occupation dans une ville à l’architecture récente, détruite par les « Alliés » en raison de ses usines Schaub-Lorentz, et une incursion d’une semaine dans la Bulgarie de la glorieuse époque du Comecom, et d’une autre dans l’Israël d’avant la première Intifada, je ne connais rien des pays étrangers. Ces brefs « sauts de puce » ailleurs marquent pourtant la mémoire.

    Bonne journée à tous !

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  2. lediazec

    8 juin, 2010 à 7:45

    Jolie bafouille mon Rémi. Mon engagement est moins exotique. De l’anti-franquisme viscéral au PC espagnol, bien aidé par les icônes Dolores Ibarruri et Santiago Carrillo. C’était en 68. Puis ce fut les chars russes en Tchécoslovaquie. Inacceptable pour moi et pour d’autres. Je ne pouvais pas accepter de combattre une dictature pour rejoindre un système totalitaire. Je pris mon barda et direction les anars espagnols que j’ai aussi quittés. Les grandes messes dominicales, trop pour moi. Je suis rétif à toute forme de religion. J’ai cependant conservé et entretenu l’esprit libertaire.

    Dernière publication sur Kreizarmor : Place Vendôme, haut lieu de l'indécence

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  3. b.mode

    8 juin, 2010 à 7:54

    Episode pas banal en effet qui doit marquer une vie… Pareil que rodo pour la religion et l’esprit libertaire !

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  4. remi begouen

    8 juin, 2010 à 8:26

    Superbe illustration de l’article, merci ! Peut-on en savoir plus, sa signature ou origine…?

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  5. lediazec

    8 juin, 2010 à 8:30

    Je suis tombé dessus par hasard. Voici le lien http://www.blogg.org/blog-77212-billet-en_rouge_et_noir______-943690.html

    Dernière publication sur Kreizarmor : Place Vendôme, haut lieu de l'indécence

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  6. Droldidé

    8 juin, 2010 à 9:00

    PCMLF, j’en étais aussi, le petit livre rouge d’une main à vociférer  »Marx, Engels, Lénine, Staline (he oui!), Mao ». Ouvrier typographe déçu par l’attitude du PCF pendant les évènements de mai 68. Après, comme tant d’autres j’ai viré anar, ce qui tenderait à prouver que tous les chemins y mènent.

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  7. clomani

    8 juin, 2010 à 9:10

    Je t’imaginais fou (‘tention, dans ma langue, c’est une qualité) mais pas à ce point ! Nom de Zeus… voilà un vrai aventurier complètement fou ;o))).
    Tout d’un coup, je vois ma vie avec des lunettes petitesbourgeoises !!! Je n’aurais jamais pu aller aussi loin dans un engagement.
    J’avais 20 ans, je jouais aux intellos, j’allais voir « La Chinoise » et n’y pigeais rien mais je me prenais pour une révolutionnaire… ça s’est arrêté là pour moi ;o))).
    Je me demande souvent quelle aurait été mon attitude si j’avais été Espagnole pendant la guerre d’Espagne, ou Parisienne sous l’occupation… et je n’en sais rien. Heureusement, je n’ai pas eu ces choix à faire, pas d’exil forcé ou volontaire…
    Merci en tout cas pour ce récit, Rémi. Vivement le 26 ;o)).

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  8. laetSgo

    8 juin, 2010 à 9:38

    Marrant, ce matin justement, la matinale de france Inter était consacrée à la Chine et les changements qui s’y produisent en ce moment…synchronicité, quand tu nous tiens….
    bravo pour ton engagement Rémi ! comme clo, je me demande souvent comment j’aurais réagi si j’étais née plus tôt et avais connu des temps plus chahutés (quoi que nous soyons en guerre, n’en doutons pas, mais c’est moins visible qu’un conflit armé…pour l’instant !).
    tous les chemins mènent à l’anarchie, j’en suis de plus en plus convaincue !

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  9. clomani

    8 juin, 2010 à 10:08

    Pour l’anarchie… moi aussi ! J’y crois sérieusement… (j’l'avais oubliée en route, c’te belle !)

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  10. babelouest

    8 juin, 2010 à 10:43

    Sans fausse honte, les amis, le 31 mai 1968 je tenais la barre gauche de la banderole « Union des jeunes pour le progrès » à Poitiers, parmi les 8000 personnes qui défilaient ce jour-là. Le matin, j’étais dans la voiture qui parcourait la ville pour inviter à la manif du soir, et j’ai crié les slogans quand c’était mon tour (on se relayait). Il faut dire que l’UJP à Poitiers était bien plus à gauche que dans le reste de la France, son secrétaire venait d’ailleurs des jeunes socialistes. L’année suivante, au congrès de Strasbourg, j’ai pu mesurer combien nous étions isolés, nous qui militions pour la dignité et les rapports sociaux, à côté d’énergumènes qui ne pensaient qu’à se payer du coco.

    Une petite anecdote, pendant la fameuse manif, un vieux qui devait avoir plus de 60 ans a fait mine de sauter sur les « gauchistes » qui faisaient une contre-manif. Je l’ai attrapé par le colbak, et je l’ai regardé dans les yeux. Il s’est calmé. J’avais à peine 20 ans, à l’époque.

    C’était l’époque où les types de l’UNEF, au lieu de penser aux conditions de travail des étudiants, faisaient un grand tapage sur « Un bateau pour le Vietnam ». C’était bien, mais il y avait le reste aussi.

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  11. clarky

    8 juin, 2010 à 14:45

    ça doit être la différence d’âge et mon manque de vécu (volontaire…) qui font que je ne me sente absolument pas attiré par ce que l’on nomme anarchie, du moins pas celle qui a mes yeux ressemble à une sorte de mouvance totalitaire…oh putain, là je sens que je vais me faire des copains :)

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  12. babelouest

    8 juin, 2010 à 15:07

    Clarky, l’important pour des gens comme moi, et sans doute d’autres, c’est que des gens soit-disant mandatés pour ce faire gèrent nos vies de façon totalement contraire à ce que l’on souhaite. Je rappelle que les candidats, la plupart du temps, on ne les choisit pas vraiment, ils sont imposés sur une toute petite liste où les plus médiatisés ont le plus de chances de l’emporter. D’où l’envie d’autre chose, et le besoin de le faire savoir.

    Il faut que ce soient les citoyens qui décident de leur vie, et non qu’on la leur impose. Dans le fond, cela peut paraître révolutionnaire. Dans les faits, les Suisses l’ont en partie réalisé : je ne pense pas qu’on les considère comme les plus révolutionnaires de la planète.

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  13. clarky

    8 juin, 2010 à 15:40

    je ne remets pas en cause la notion d’anarchie in the yucca babel, chacun choisit son itinéraire et c’est tant mieux.
    ce qui me gonfle le plus, dès qu’il faille se revendiquer d’un parti, d’un mouvement ou de je sais pas quoi, c’est d’idéaliser ce en quoi on croit tout en prétextant que le reste n’est que de la merde en barre.

    quitte à me faire bourrer le cerveau, je préfère que ce soit avec mes conneries personnelles plutôt que celles d’un leader, gourou, meneur (appelons ça comme vous voulez).

    on aspire tous à un mieux vivre mais putain, tu crois pas que si les quelques 5 millions de précaires et chômeurs se mettaient à décider de leur vie ça pourrait faire sacrément mal ??!!?? sauf que ça ne se fera pas , du moins pas dans l’immédiat !

    le faire savoir soit, mais je lui préfère le savoir-faire beaucoup plus utile quand il s’agit de se sortir de la merde ;)

    quant à l’anarchie, ben pour faire court, je te dirai que j’aurais pu y sombrer durant mes années 20 vu que j’étais bien cramé du bulbe, mais quand je me suis retrouvé avec ces gonzes sur marseille, avec leurs conceptions du monde et la violence qu’ils me proposaient, ben je me suis dit bonnement que j’avais plus à apprendre de la vie en restant avec ma copine de l’époque que de me faire bouffer le cerveau avec des cantiques quasi hystériques.

    ni dieu, ni me faire mettre, ça c’est ma devise depuis belle lurette, par contre je suis pour le mètre sinon je peux pas bosser !

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  14. babelouest

    8 juin, 2010 à 15:56

    Mais nous sommes d’accord Clarky, je sais que tu as tes idées, respectables, et que j’ai les miennes, et que les tiennes comme les miennes nous sont parfaitement personnelles. Personne ne te les a imposées, et à moi non plus.

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  15. clarky

    8 juin, 2010 à 16:09

    l’imposition c’est comme la sodomie, c’est toujours le premier tiers qui fait le plus mal :)

    Répondre

  16. clomani

    8 juin, 2010 à 16:21

    Mais l’anarchie est une utopie, Clarky… et l’utopie, elle est telle que chacun se la représente. Y’en a même qui n’en ont même pas.
    A part ça, j’ai adoré tes jeux de mots… faudra que je te cite à certains de mes potes pour le 1er tiers et la sodomie ;o))).

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  17. b.mode

    8 juin, 2010 à 16:45

    @lolo Comme clo ! Ton aphorisme en haut droite! la phrase du jour ! ;)

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  18. lapecnaude

    8 juin, 2010 à 17:42

    Impayable Clomani ! Moi, j’ai commencé par pleurer pour Dien Bien Phu, tout en me disant que Giap et ses copains avaient de bonnes raisons (les anciens colons et militaires rapatriés se vantaient assez), puis est venu Budapest, on a manifesté (ville de 3000 habitants, pas trop de bobos). Puis, départ en Algérie, sans idée préconçue, sauf qu’en premier valait mieux qu’on se tire de là avant qu’ils ne finissent par tuer notre père (histoires de détournements de fonds communaux et autres… papa n’était pas du côté qui palpe). Nous sommes arrivés là-bas, sans rien connaître, presque les mains dans les poches. D’un côté la montagne, en bas une plaine, en haut une école, une éolienne, des lits de camp et des lampes à pétrole, j’ai bouffé du couscous, c’était bon. Ensuite, ben j’ai fréquenté tous les milieux, de toutes tendances. On est repartis, tous vivants, les mains dans les poches en gardant la même idée  » on empèchera jamais un peuple d’avoir sa liberté »
    Anar, je ne sais pas, j’ai la religion de mon père, qui était le filleul civil de Bonnot, toute une éducation. En 68, je ne pensais qu’à faire bouffer mes gosses, comme beaucoup. Après, ce fût une autre histoire et un autre mari … d’autres galères, mais à deux et en rigolant pas mal, çà passe mieux. La suite au prochain numéro !
    Allez donc me lire !

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  19. Christophe Certain

    8 juin, 2010 à 18:43

    C’est marrant, Ruminances commence à me faire penser au Decameron de Boccace ! Une succession d’histoires racontées par les convives, dans une grande maison retirée à la campagne, avec moults victuailles et vins fins, en attendant que la peste s’éloigne. Ca ressemble bien à notre époque, et la peste n’est pas loin, il y a même abondance de pestes candidates. En tout cas on aura de quoi meubler les longues soirées d’hiver, je vois que chacun a des anecdotes croquignolettes.

    PS : au fait vous êtes toujours ok pour le pique-nique du 26 à Nantes les un(e)s et les autres ?
    Rappel samedi prochain (le 12) je fais un pique-nique à Paris au bois de Vincennes. Si Clomani ou d’autres sont sur Paris vous savez ce qu’il vous reste à faire… Tous les détails sur les pique-nique de Nantes et Paris et les plans d’accès sont ici : http://www.cuisine-pied-noir.com/piquenique_2.php

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  20. babelouest

    8 juin, 2010 à 19:02

    Eh Christophe, j’espère qu’il pleuvra moins qu’aujourd’hui…..

    Répondre

  21. Christophe Certain

    8 juin, 2010 à 19:17

    moi aussi babelouest mais en cas de trafalgar on pourra toujours se replier chez moi! c’est pas trop loin.

    Répondre

  22. remi begouen

    8 juin, 2010 à 19:17

    Christophe Certain, je ne connais pas le Decameron (sinon de bonne réputation!) et tu me donnes envie de lire cela, pour meubler mes longues soirées d’hiver… sauf si les croquignol(e)s de rruminances suffisent à ma boulimie d’histoires… en attendant que la peste s’éloigne… ou pas !!!
    Droldidé, ca c’est une drôle d’idée que d’avouer ton PCMLF de péché de jeunesse, en tant que typographe : moi, hélas, je louchais vers ce beau métier, en travaillant à un peu près tous les postes d’imprimeur-offset (labo-photo, montage, photo-gravure, conducteur). Il m’est arrivé occasionnellement (en remplacement) de travailler sur une monumentale linotype (quel vacarme, on se croit en pleine mer démontée, à tenir le cap…) ou d’aider à la ‘construction’ des pages de journaux avec les lignes de caractères sortant des fameuses linos. Mais je n’ai jamais pu ‘conduire’ une Heidelberg, le Deus ex Machina des imprimantes typos, hélas… Cela se passait dans diverses imprimeries parisiennes vers 1966-1972. Surtout dans l’une d’elles, où se confectionnait ‘L’Humanité Rouge’, ‘La Cause du Peuple’, ‘L’Idiot’, ‘J’accuse’ et divers docus du genre. Et, pour alimenter la caisse de la boîte, on faisait très discrètement des trucs clandos, genre ‘brûlot catho-intégriste’ et ‘brûlot porno-intégriste’ : de quoi se marrer de voir le curé loucher sur l’autre production… qu’on lui refilait discrètement!
    Il paraît que 95% de l’effectif des ouvriers imprimeurs ont ‘fondus’, depuis la révolution de l’ordinateur, en France. Bon, reste la révolution vraie à inventer…

    Répondre

  23. b.mode

    8 juin, 2010 à 19:28

    @christophe ruminances est avant tout une décadence. Une chose qui se fait et se défait au fil du temps et au gré des vanités… advienne que pourrave ! comme je dis souvent!

    Répondre

  24. lapecnaude

    8 juin, 2010 à 19:44

    Sur la photo, ce sont des feuilles de ginko biloba, arbre aux écus, venu de chine où il doit avoir une symbolique comme tout là bas.

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  25. lediazec

    8 juin, 2010 à 20:27

    @ Françoise. J’en ai un dans mon jardin. Un tout petit. Sa croissance est longue, comme la longue marche !

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  26. clarky

    8 juin, 2010 à 21:03

    oh pute vierge, le decameron, l’arbre aux écus, ça aime le sexe en ruminances ;)

    le decameron de pasolini façon ruminances ça risque d’être cake chose :)

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  27. remi begouen

    9 juin, 2010 à 6:36

    J’indique dans mon texte que ‘nous avons le soir des entretiens politiques avec des cadres du PCC’ : j’ai besoin de développer cela. S’il ne s’agit souvent que de banals ‘blablas’ idéologiques, il arrive parfois – cette fois, je suis reçu seul par d’autres interlocuteurs et d’autres interprètes, bien meilleurs que nos jeunes ‘guides-interprètes’ – que je me prête (et volontiers!)à un quasi interrogatoire sur la connaissance que j’ai des révolutions d’Egypte puis d’Algérie. Si nous sommes d’accord qu’elles restent inachevées, tant qu’elles ne sont pas maoïstes (point de vue idéologique), le PCC s’interesse à la géopolitique arabe (point de vue politique). Je connais mieux les motivations populaires – la misère – de ces révolutions que ses épisodes compliqués… sinon ceux liés à la création d’Israël en 1948. Or, Israël vient de gagner sa plus grande guerre (conquête de la Cisjordanie, etc) et le PCC semble avide d’informations… Je ne pense pas avoir révélé grand chose sur le sujet, mais j’ai vu que mes interlocuteurs notaient certains de mes dires, revenaient sur certains détails, etc.
    Bref, j’ai fait partie des innombrables informateurs de l’Empire du Milieu.
    Cette impression me flatta, jusqu’à la veille de mon départ : je revenais de ma visite laborieuse dans une Commune Populaire, avec la fraîche amitié de Kamara… et on m’interrogea, subtilement, sur lui : est-il vraiment maoïste?… Aïe!… ‘Oui, bien sûr’… restant très prudent sur des questions-pièges, quasi
    policières… : Telle fût la 1°fêlure d’avec le maoïsme, grâce à l’amitié de Kamara. Encore merci à lui!
    Bien plus tard, j’ai comparé le couple Mao-Lin Piao (le dauphin devenu ‘traître’ du jour au lendemain) au couple Laurel et Hardy. Et mieux encore, au couple infernal de Big-Brother et de son Ennemi (qui est son double!), dans 1984 d’Orwell…

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  28. Christophe Certain

    9 juin, 2010 à 8:15

    @Clarky, je parlais du livre de Boccace, pas du film de Pasolini !

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  29. Laetsgo

    9 juin, 2010 à 9:08

    Arf ! Moi aussi j’ai pensé cash à Pasolini ! D’autant que clarky en rajoute sur le sujet avec Salo….ça me rapp ma jeunesse parisienne tout ça…(bien + tard que 68 ! Mes « événements » à moi, c’était les grèves de 95…ms je pensais plus à faire la fête qu’à manifester à l’époque !)
    brefle je voulais juste rajouter mon grain de sel sur l’anarchie. Me suis intéressée au concept quand j’ai lu Jules Verne (j’étais jeune !!!). Dans un de ses romans, le perso clame « ni Dieu ni maître »…ça m’a interpelé ! D’ailleurs Jules Verne fait partie de ces auteurs que tu peux lire à différents âges/périodes et où tu trouveras tjs de nvx niveaux de signification…

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  30. clarky

    9 juin, 2010 à 15:45

    j’avais compris pour le livre, mais moi j’avais envie de parler du film ;) , oui je sais, on a les références qu’on peut et les miennes sont nettement moins lettrées, bien que le pasolini demande une certaine résistance rétinienne !

    oh laet, me traite pas de salaud, on ne se connait pas encore suffisamment pour les familiarités :)

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