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Eyes of war

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771201.jpgC’est complètement à l’aveuglette que je suis allée voir ce film ce matin. Je savais seulement qu’il s’agissait d’un film sur les photographes de guerre, point/barre.

Petite remarque en passant sur le business des diffuseurs de cinoche : en 2 ans, le prix du ticket de la séance du matin au Pathé est passé de 5€ à 7€ : presque du 25% d’augmentation !!! Tout ça pour se taper au moins 35 mn de bandes annonces débiles et de pubs encore plus débiles (surtout celle d’Orangina qui, pour vanter les produits naturels qu’elle contient, fait dire à un panda « je fais ma toilette intime avec Orangina tous les matins » !!! (c’est en la revoyant ce matin que j’ai pigé – sic-).

EYES OF WAR commence à Londres… deux amis photographes de presse se préparent pour le Kurdistan… La veille du départ, ils sortent ensemble avec leurs épouses dont l’une est enceinte. Sur place, au Kurdistan, ils débarquent en camion dans un camp, en même temps que des blessés kurdes… (Ca se passe dans les années 90, quand Saddam faisait la chasse aux Kurdes en Irak.) Les blessés sont là pour être soignés ou mourir s’ils ne sont pas soignables. Les photographes mitraillent les blessés, les blessures, la distribution de tickets jaunes ou bleus selon que vous êtes guérissable ou non. Sous la grande tente, le médecin, Kurde, examine, tâte, décide et distribue aux blessés des cartons jaunes ou bleus…

David, est vite pris de nausées par l’odeur de cette « boucherie », Marck lui, fait son métier : il photographie comme on tire au revolver… Il n’est pas là pour faire du sentiment, mais des photos. Son objectif le protège de la guerre. Les deux reporters de guerre suivent les quelques hommes à qui le toubib a distribué un petit carton bleu… emmenés sur une colline en brancards. Là, le médecin leur tire à chacun une balle… pendant qu’un survivant fait la prière, debout dans les montagnes. David craque : il n’en peut plus de ces morts alors qu’il a une famille, qu’il va avoir un enfant dans quelques jours. Il veut absolument être là-bas pour l’arrivée du bébé. Marck reste insensible… il veut faire son job. Le « mitrailleur fou » finit par gagner le débat et nos deux compères partent sur une embuscade organisée par les Kurdes. Spectacle horrible : le blindé irakien saute sur une mine et les Irakiens pris au piège sont tirés comme des lapins…

David renonce et retourne au camp de base. Marck lui dit que c’est à 30 km… l’autre n’en a rien à fiche. Il n’en peut plus de ces boucheries, de ces blessés, de ces morts. Il tourne le dos et part. Marck lui, opte pour suivre les rebelles kurdes. Marck est blessé, il est au camp de base dans ce qui sert d’hopital de campagne au médecin kurde, ses cartons jaunes et bleus à la main. Complètement groggy, amaigri, Marck est observé et interrogé par le médecin… il peut bouger ses jambes ! Je me souviens de cette phrase dans la bouche du toubib : « les jambes sont complètement inadaptées à la guerre moderne« … et je pense « mines anti-personnel » ! Ca fait tant de dégâts dans les populations civiles !

Sur le terrain, Marck hérite donc -à son grand soulagement- d’un carton jaune. Il a une blessure à la tête, des bleus partout… Il finit par marcher et rentre à Londres… seul, boitillant, couvert de bleus. Il a trouvé acquéreur pour ses mitraillages photographiques lors de « la mort en direct » des « cartons bleus« . Mais il va de plus en plus mal. S’ensuit alors pour Marck une descente dans la déprime en même temps qu’il s’emmure dans le silence… Echec du psy envoyé à son chevet avec ses tests de Rorschach. David n’est toujours pas rentré, et Marck est enferré, enterré dans ce Kurdistan, dans ces images de guerre, de blessés, de blessures, de boucherie, de moribonds, de morts… il se ferme et rêve de torrent bouillonnant. Vient à son chevet Joachim le Franquiste, la honte de la famille de sa femme. Il a soigné des soldats franquistes à leur retour de guerre.

Mais Joachim parle : il était et est encore aux côtés des survivants et veut les aider à vivre alors que Marck est resté du côté des morts, et se mure dans son silence. On apprend enfin la vérité… oh, elle n’est pas si moche qu’on s’y attend… mais elle est lourde à porter pour celui qui survit.

Je ne vous conte pas la suite… mais ce qui me venait en tête pendant la séance : j’ai repensé aux bouquins d’Harzfeld sur le Rwanda où les victimes, les survivants se sentent eux, coupables d’être encore en vie, alors que les génocideurs ne montrent pas l’ombre d’une quelconque culpabilité. Joachim d’ailleurs dit que c’est facile de tuer, du moment qu’on l’a fait une 1ère fois ! Mais que c’est un effort considérable de rester dans la vie pour une victime, et de revenir dans le vivant pour un bourreau. Là, on pense aux enfants soldats du Libéria, de Sierra Leone, qu’on faisait boire ou qu’on droguait, qui n’avaient peur de rien et coupaient bras, jambes, oreilles, massacraient les civils encouragés par leurs chefs de bande…

Enfants difficilement récupérés par quelques ONG après… qui se retrouvent sans travail, au sortir des écoles où ils sont allés… et en viennent à dire qu’ils s’ennuient tellement qu’ils regrettent leur vie d’avant (entendu ça dans un documentaire sur ces enfants).

Enfin, sur le chemin de mon retour chez moi, j’ai pensé à ces photographes de guerre, ou à quelques reporters cameramen… J’en ai croisé quelques uns… certains sont restés toujours bien droits dans leurs bottes… partant seuls sur des fronts incertains… d’autres sont revenus carbonisés parce que soumis à des épreuves sur place qui leur ont fait péter un câble. Et je me suis demandé si ce métier en valait la peine : depuis le temps qu’on filme les guerres et les conflits, ça n’a pas arrêté les hommes… bien au contraire. Certains les trouvent très esthétiques, ils en font des films.

Le métier de reporter-photo est-il toujours un métier d’information ? Plus un métier artistique ? L’art peut-il se glisser dans une photo de guerre ? Comment photographier ou filmer la guerre économique qui sévit actuellement ? Rien n’est montré… tout est dans des paroles, des déclarations, des sommets mondiaux, surmédiatisés, surprotégés, enflicaillés par peur des contestataires anti-mondialisation ? Le métier de journaliste consiste-t-il vraiment à informer les gens ou à les endormir ? Qu’est-ce qui fait encore courir des reporters de guerre sur des terrains aussi douloureux en Afrique, en Palestine, que dénoncent-ils, par exemple, en Palestine ? Puisqu’Israël continue à flinguer qui bon lui semble et à prétexter que c’est pour sa protection.

Je n’arrive pas à répondre à ces questions. Personnellement, j’ai besoin d’avoir des images de ce qui se passe sur notre planète, parce qu’elle est infiniment petite, maintenant… mais ne suis-je pas un peu voyeuriste lorsque je feuillette des albums de photos de guerre ? Pourquoi ai-je tant aimé « 5 colonnes à la Une » qui passait à la télé le mercredi soir, et qui a été une ouverture au monde pour la petite fille que j’étais ? J’ai travaillé au moins une trentaine d’années dans des rédactions : pour quoi faire ? Pour des journalistes qui faisaient quoi ? Leur métier… mais faisaient-ils vraiment leur métier ?

Voilà… je vous ai livré mes états d’âme du jour… c’est loin des retraites, loin des inondations meurtrières… Mais ça m’a bigrement interpelée, ce film ! Si vous y allez, donnez-moi vos avis. Ca m’intéresse.

Sortie : 16/06/2010 franco-belgo-hispano-irlandais / Guerre / 1h35min Réalisation : Danis Tanovic Avec : Colin Farrell, Christopher Lee, Paz Vega, Kelly Reilly, Jamie Sives, Branko Djuric, Mozaffar Shafeie, Luis Callejo

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14 Commentaires

  1. babelouest

    20 juin, 2010 à 5:55

    Le compte-rendu est encore meilleur que le film, me semble-t-il. Je n’ai pas vu celui-ci, bien sûr. Bravo Clo. Tes séjours au desk étranger ont dû t’y préparer particulièrement. Ces photographes de l’inhumain (ou du trop humain, allez savoir), tu sais mettre un nom dessus, ce qui ajoute à l’emprise de l’image.

    Décidément, il vaut mieux ne pas avoir la télévision. De vraies photos mentent encore plus, surtout si elles proviennent d’un autre événement, similaire mais pas identique.

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  2. b.mode

    20 juin, 2010 à 7:14

    Dans la série reportage et recherche de soi, il y a le très beau Profession Reporter d’Antonioni avec Nicholson. « Mes films sont comme des statues » disait le grand Michelangelo…
    http://www.youtube.com/watch?v=A3EO6DS6IRQ

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  3. lediazec

    20 juin, 2010 à 7:40

    Très beau compte-rendu, Clo. Il donne envie d’aller le voir. J’ai souvent été mal à l’aise avec les photographes de guerre. Peut-être parce qu’à leur place, j’aurais négligé la photo pour prendre part à l’événement. J’ai aussi le sentiment qu’il y a dans cet acte un voyeurisme qui m’insupporte. Une sorte de chasse à l’homme dans laquelle l’égoïsme personnel joue un rôle important.

    Dernière publication sur Kreizarmor : Place Vendôme, haut lieu de l'indécence

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  4. clomani

    20 juin, 2010 à 8:57

    Babel, tu es trop gentil ;o))… mais ça, je le sais.
    B.mode, c’est vrai, Antonioni ! Avec Nicholson en plus… bon sang, me souviens de peu de choses, à part Nicholson dont j’étais et suis encore fan…
    Lediazec, pour aller dans ton sens, j’évoquerais les images de l’agonie en direct de cette petite fille coincée dans les décombres de la maison familliale par un énorme glissement de terrain en Colombie je crois. Les images prises par le cameraman ont fait le tour du monde, et on a tous été voyeurs un moment ou un autre… Je sais qu’on n’a pas pu la décoincer des décombres, qu’on a tout fait pour qu’elle ne souffre pas mais j’en veux à ce cameraman qui a pu tenir jusqu’au bout.
    Quant aux photographes de guerre, ceux que j’ai vus étaient complètement dans leur monde… à l’affût de LA bonne photo. Pas vus sur le terrain, mais à leur retour de mission… il n’empêche que j’étais mi-figue mi raisin : je les trouvais pathétiques tout en étant un peu envieuse de leur courage.
    Je pense aussi qu’à la place d’un photographe, j’aurais oublié la photo pour être en empathie avec le sujet de la photo. De toutes façons, je suis une très piètre photographe… Mais je l’avoue, j’aurais rêvé d’être reporter de guerre dans la presse écrite. Avec un stylo, du papier et des mots, on peut raconter beaucoup mieux que des images, et rester discret. Mais là aussi, je pense que j’aurais pris parti pour le camp de l’opprimé.

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  5. babelouest

    20 juin, 2010 à 8:57

    Oui, Rodo, on peut dire me semble-t-il que le photographe, comme le tireur au fusil, « fait un shot », avec la secrète satisfaction d’avoir touché au but. Ce n’est pas vraiment sain. L’homme qui déclenche se sent soudain supérieur à celui ou ceux qu’il vient de piéger grâce à son objectif : du moins le ressenté-je ainsi, d’où ma propre répugnance àtirer une photo de personnes que je ne connais pas, et dont je n’ai pas l’autorisation au moins implicite. Rien à voir avec le mitraillage au cours d’une cérémonie, où il y a un aspect convivial, et où chacun à son tour peut s’attendre à se retrouver dans la petite boîte.

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  6. remi begouen

    20 juin, 2010 à 10:49

    Comme l’écrit lediazec ‘très beau compte-rendu, Clo’. Mais, contrairement à lui, cela ne me donne pas du tout envie (je n’avais pas déja pas envie) d’aller voir ce film. Je fuis ce type de sujet…j’en ai trop vu, tout en étant – par ailleurs ! -très branché sur la photo : je dois avoir encore quelques milliers de mes photos, dont pas une, je crois, d’une quelconque souffrance…: il y a tant et tant de sujets de beauté, dans la belle lumière.
    Dans ma tendre enfance, vers les années 1947-50, j’allais souvent au ciné en plein air (gratuit pour les gosses, assis par terre) en Egypte. Beaucoup de films étaient américains, dont beaucoup sur les héroïques yankees dans la guerre du Pacifique. Ce n’était que propagande, et on ‘gobait’. Tout récemment, j’ai été invité à aller voir ‘soldat bleu’, qui, à l’inverse, dénonce la cruauté des conquérants yankees contre les Améridiens, c’est mieux. Mais j’ai décliné l’invitation : marre de voir des cruautés…
    En 1952, à mes 13 ans, j’ai vu, de mes yeux vus, un charnier de victimes arabes des troupes britanniques à Ismaïlia. Brrr…
    Plus tard, en Algérie, à 20 ans, j’ai vu les documents photos de propagande de l’armée française sur les atrocités du FLN, et vu, de mes yeux vus, la brutalité (au moins) de l’armée française ne serait-ce que pour ‘rétablir l’ordre’ dans un marché…ça suffit!

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  7. clomani

    20 juin, 2010 à 12:44

    Rémi, je savais que tu réagirais comme ça. Et je continue de m’interroger sur le « voyeurisme » : bizarrement, lorsque la misère et la violence est visible, dans les pays exotiques, ça « passe mieux » que la misère et la violence qui est à côté de chez nous. J’attends le photographe de guerre qui va aller photographier le clochard qui se pisse dessus tellement il est « fait » qui passe ses journées devant le Franprix d’à côté… j’attends la photo de la femme battue par son mec bourré, les gros plans sur les blessures, les bleus, les périnées déchirés (mais c’est trop « intime » et ça fait peur)… et comment on aurait fait pour photographier la solitude des vieux qui sont morts oubliés chez eux pendant la canicule ? Comment on filme la souffrance au travail, la violence de la vie quotidienne dans une société poussée à la consommation ? Tout ça, c’est guère photogénique, et en plus, ça nous ressemble trop, à un tel point que ça perd totalement de son esthétisme… pourtant, c’est aussi réel qu’un charnier en Bosnie, que des cadavres Vietminhs pendant la guerre du Vietnam…
    Moi, quand j’étais dans le stress du boulot, je n’avais pas conscience de la violence des images que je visionnais… jusqu’au jour où le technicien a dû s’absenter pour cause de nausées en recopiant des plans de coupage de cuisse suite à une mine anti-personnel en Afghanistan. J’étais « dans mon boulot » et je n’ai même pas eu conscience de ce qu’on voyait…
    qui était tout sauf de la fiction. Ca m’a interrogée à posteriori, cette insensibilité… et je crois que la question posée dans le film est la bonne : les photographes de guerre (et cameramen) pensent que l’objectif (voir aussi les 2 sens de l’objectif… la focale et le but) les protège du conflit… Sauf que c’est une illusion.

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  8. ZapPow

    20 juin, 2010 à 15:36

    Je crois que je verrai ce film, histoire de voir si je pourrai répondre aux questions soulevées.

    PS. Le mathématicien en moi ne peut résister : un billet de cinéma qui passe de 5 à 7 €, ça fait une augmentation de 40 %.

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  9. clarky

    20 juin, 2010 à 18:44

    déjà pour que j’aille au cinoche de nos jours, faut vraiment que je sois dans de très bonnes dispositions et que la salle soit quasiment vide :)

    bon plus sérieusement, si je dois le voir ce sera en dvd mais j’ai de plus en plus de mal avec farrell.
    de mémoire, je me souviens de quelques films traitant de la même thématique, under fire avec nolte et hackman, un autre dont j’ai oublié le nom avec gibson et weaver, et même plus récemment blood diamond qui pourrait s’apparenter à ce genre de mise en lumière.

    mais je te dirais aussi que je suis plus partisan du doc que de la vision romancée où se mêlent amour gloire et beauté, le tout saupoudré de sang et de message in a bottle ;)

    et puis, un peu comme rémi, au plus ça va, au plus j’ai besoin de ne plus me torturer le carafon avec des films qui me rappellent étrangement les saloperies entrevues aux infos, d’ailleurs si je m’écoutais je ne me passerais que des films de boules :)

    en complément de ton billet clo, j’ai trouvé ça sur la toile, y’en a une que tu dois connaitre ;)

    http://television.telerama.fr/television/dorothee-ollieric,47810.php
    http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/article/deux-reporters-de-guerre-repondent-a-claude-gueant/

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  10. b.mode

    20 juin, 2010 à 18:59

    ça c’est un plan séquence, l’antonione !

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  11. laetSgo

    20 juin, 2010 à 19:02

    j’avais un pote à Paris il y a 15-20 ans qui était photographe de guerre. Enfin plutôt cameran de guerre, chez Capa. Vu l’état dans lequel nous le retrouvions quand il revenait de la « couverture » des conflits (biture sur biture, histoire d’oublier ce qu’il avait vu/photographié/filmé), ça ne m’a pas du tout donné envie d’en savoir plus ! Il était foncièrement torturé intérieurement et je le plaignais de tout cœur. Et pourtant, il était accro comme le dernier des camés : sitôt quelques semaines passées, il « fallait » qu’il reparte. Et puis je crois que Killing Fields (romancé, mais sur fond réel) m’a fait passer l’envie d’en savoir/voir trop…je la joue politique de l’autruche une fois de plus quoi !
    merci pour ce billet Clo !

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  12. clomani

    20 juin, 2010 à 19:13

    ah, Clarky, ça me fait drôle de lire cette itw de Dorothée Oliéric. C’est une Nantaise, le savez-vous, les Nantais ? Je l’ai connue toute jeune au service politique étrangère… je lui « dépatouillais » ses contacts, au début. Je lui trouvais des images, des interlocuteurs sur place, etc… puis petit à petit, elle s’est débrouillée toute seule.
    Le Rwanda, c’est vraiment le conflit qui a occasionné le plus de traumatismes autour de moi et en moi en politique étrangère entre 1987 et 2000 ! Je n’y ai pas mis les pieds, une amie monteuse y est allée, côté Goma, et revenue malade (elle est décédée d’un cancer 4 ans plus tard), un autre journaliste pourtant accrédité-défense rouleur de mécaniques a dû aller voir un psy au retour, et moi j’ai fondu en larme en câlant une cassette d’images pour une journaliste dont le boulot consistait à faire le round-up de ce qui s’était passé dans la journée : la pauvre, elle a dû en voir, des cadavres et des fuyards ! Je suis sortie de la salle de montage en larmes en donnant la cassette à la journaliste et en lui disant que je ne pouvais plus voir de telles horreurs… qu’elle se débrouille pour câler ses images sans moi.
    Pöurtant, dans le boulot, l’urgence et le stress me servaient de « protection » comme j’en ai parlé plus haut.
    Mais je comprends que ça devienne une drogue… ou comme une drogue. Le besoin de « stress »… après, c’est difficile de trouver une vie normale intéressante… et de ne pas chercher les extrêmes d’une façon ou d’une autre.

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  13. lapecnaude

    20 juin, 2010 à 20:17

    Clo, je me souviens d’une nuit à la frontière tunisienne… après avoir passé la soirée à discuter et rire (entre les patrouilles) je suis allée me coucher. Et là, çà a commençé, les « pélots » arrivaient : zzzzzziiiiuoup – bang! la terre tremblait. Rien qu’avec une couverture militaire et sous le lit picot, quatre heures c’est long ! Je ne me suis pas éternisée dans le secteur.

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  14. lapecnaude

    20 juin, 2010 à 20:22

    Il n’y a pas de mots, de phrases pour dire la mort des autres, celle-là. Depuis soixante ans, je n’ai pas encore pu le faire.

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