( 27 juin, 2010 )

Des gueules, des tronches, des fioles

edouardmanetledejeunersurlherbe.jpgD’abord, j’ai vu Clo et Rémi sous des chapeaux de paille sur une terrasse en plein cagnard. Ils sirotaient du Perrier en face du jardin des Plantes cher à André Breton et à Jacques Vaché. « …Les jardins. Ce sont des oasis urbaines, comme le Jardin des Plantes. Il cache ses secrets, bocaux, plants et spécimens exotiques, dans les pavillons du parc qui par les étés torrides, rafraîchissent le voyageur et les amoureux torrides« 

Clo m’a passé un savon. De Palestine. Elle l’avait acheté à Paname, je crois, via une organisation militante. Tandis qu’elle nous contait ses improbables virées à Annecy ou ailleurs, Rodolphe me bigophonait. Son tortillard avait vingt minutes de retard. 3h 25 pour faire Rennes-Nantes, une performance quasi-olympique. Il aurait mieux fait de venir à pied, le vieux chauve…

Rémi avait apporté du jus de pomme breton. Ce qui contredisait sa légende. Enfin à moitié. Il aimait tout ce qu’était breton. Même le whisky. A propos du dit-breuvage, Rodolphe avait absolument voulu offrir ce qu’il y avait de mieux. Un divin nectar. Un Macallan 15 ans d’âge. On était allé l’acheter chez Lemaître, une maison nantaise ancestrale.

Ensuite, on s’est rendu à Vertou. Sur les bords de Sèvre. On a trouvé tout de suite ce joli lieu champêtre. Au hasard. Au nez. Au fion. Clo doit être une fée comme le suggère Rémi. Christophe était là, un verre de rosé à la main. C’est lui qui organisait ce déjeuner sur l’herbe. Nous retrouvâmes une vingtaine de convives qui s’apprêtaient à déguster une kyrielle de plats méditerranéens tous aussi appétissants les uns que les autres.

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( 26 juin, 2010 )

CARLOS – Le film – Sortie en salles le 7 juillet 2010

Pour cause de pique-nique nantais, une bonne partie des ruminants sera absente des débats ce jour. Au menu, cuisine méditerranéenne et libations. En attendant, merci à Ancarlosvisu.jpgaïs Monnet du K d’avoir permis à Clomani d’assister à cette projection en avant-première.

Il faut distinguer ce film (d’Olivier Assayas) de celui de 5h30 (du même réalisateur)diffusé sur Canal +. Et au passage, rendre hommage au montage parce que, même si je n’ai pas vu la version longue, le rythme du film de 2h 45mn est tel qu’on est tenu en haleine du début à la fin. Une vraie fiction ! Sauf que c’en n’est pas totalement.

Il s’agit donc du choix de quelques faits d’armes de la vie de Carlos (Illich Ramirez Sanchez) né en 49 à Caracas, actuellement en prison en région parisienne. J’ouvre ici une petite parenthèse rigolotte : si vous faites Carlos sur le moteur de recherche de Google, on vous sort plein de Carlos (dont le chanteur français fils de Dolto) mais pas celui que vous cherchez. Vous ajoutez terroriste à Carlos et là, vous tombez sur la bio de Wiki qui semble elle aussi comporter quelques flous artistiques ou des contradictions avec d’autres témoignages.

Vouloir retracer le parcours d’un homme de l’ombre, appelé terroriste par google, et auquel je me garderais bien de donner un qualificatif, pousse obligatoirement à « romancer » une vie. D’autant que le bonhomme a volontairement caché beaucoup de moments de sa vie. On sait que Carlos est un « tombeur, on le voit séduit avant tout par son propre sexe. Il aime les femmes, les armes, la violence, l’adrénaline… Ceci sera le parti pris d’Assayas tout au long du film où il a éclairé quelques uns des épisodes les plus connus des « faits d’armes » de Carlos.

Et ça fonctionne…

Même si on sait qu’on ne sait pas tout, on est embarqué de Beyrouth à Paris, de Londres à Vienne (prise d’otage au sein d’une réunion de l’OPEP sur commande de Saddam), d’Alger à Berlin…

Au départ militant de la partie dure du FPLP (Wadih Haddad), Carlos passe son temps dans les avions de ligne (ou spéciaux lorsqu’ils ont à leur bord des otages en route pour Bagdad), dans les capitales arabes pour négocier, européennes pour composer ses réseaux… ses commanditaires changent, tout comme ses appuis. Lâché par Haddad, le voilà à Berlin-Est dans les locaux de la Stasi, dans la campagne pour recruter des troupes (dont Magdalena Kopp avec laquelle il aura un enfant). Il va de grâce en disgrâce, d’accolades à reniements, passe des leaders arabes aux amateurs de guerre froide car, lâché par tous, il préfère « vendre » les capacités de sa petite entreprise de « mercenariat politico-terroriste ».

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( 25 juin, 2010 )

Les (gros) mots pour le dire : la France pue !

baconstudy1953.jpgAprès l’époque des « petites phrases » Sarkozy a inauguré celle des gros mots, avec son célèbre « casse-toi pauv’con ». Il est vrai qu’à défaut de politesse, la bonne éducation (nationale) ne fait pas partie non plus des priorités de la présidence actuelle, ni même de ses objectifs. « Travailler plus pour penser moins » serait sans doute plus proche de la doctrine objective de Sarkozy, à ce détail près qu’il n’y a jamais eu autant de chômage. Même dans le pire, Sarkozy n’atteindra jamais l’envergure du méchant de tragédie, juste le grotesque du bouffon shakespearien, au milieu d’un royaume du Danemark en proie à la corruption généralisée. La « corruption » au sens premier du terme c’est la pourriture. Il y a bien quelque chose de pourri dans le royaume de France. La France pue. Elle pue la vulgarité, la bêtise et la cupidité de ses élites.

A défaut de se hisser au niveau de la fonction présidentielle, Sarkozy l’a rabaissée jusqu’au sien: celui d’un petit caïd de banlieue, qui a obtenu du galon en faisant ses classes chez Pasqua.

Mais l’habit ne fait pas le moine, et, comme pour les piteux joueurs de l’équipe de France, Nicolas Sarkozy apprend à ses dépends que le respect ne se décrète pas, il se mérite. Il essaie donc maintenant d’obtenir par la force ce qu’il n’a pas pu obtenir autrement.

Avec le limogeage de Guillon et Porte de France Inter, nous avons ainsi franchi une nouvelle étape et nous assistons maintenant au rétablissement de la censure et du délit d’outrage, en attendant peut-être une loi en bonne et due forme sur le sujet. La forme, à défaut du fond, la lettre plutôt que l’esprit. Le mensonge érigé en système.

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( 24 juin, 2010 )

Les garçons sauvages

portementdecroix.jpgL’autre jour, j’écoutais sur Inter une émission sur Burroughs (William de son prénom). Ça m’a ramené des siècles en arrière. En effet, ce monsieur déjanté était, avec les sieurs Kerouac et Ginsberg, l’incarnation de la beat génération, même si pour ma part, je l’ai toujours considéré un peu à part, différent des deux autres tant dans sa prose – si on peut appeler ça comme ça – que dans son attitude. En tout cas, ces trois-là étaient amis. J’avais 20 ans et j’étais étudiante à Paris. Je suis tombée par hasard sur Les Garçons Sauvages, un bouquin qui m’a vraiment interpelé tant il était politiquement, littérairement, spirituellement, intellectuellement incorrect … un de ces bouquins qui vous retourne les tripes et met vos pensées sens dessus-dessous, d’où vous émergez titubant, avec l’impression que le monde ne sera plus jamais le même.

Du coup, je me suis passionnée pour cet auteur et ai lu tous les romans qu’il avait publiés, faisant ainsi la connaissance de Ginsberg et Kerouac. Si les élucubrations de Burroughs n’étaient pas des plus accessibles, ses livres n’en étaient que plus intéressants : il fallait décrypter, se tordre les neurones, oublier et recommencer, lire une autre œuvre pour comprendre, en y revenant, ce que tel paragraphe signifiait ou pouvait signifier dans cet autre livre…un vrai jeu de piste pour malades mentaux (quand je dis malade mental, c’est dans le sens Dickien d’extra-ordinaire, une pensée « a »normale) ! A cette époque sortait d’ailleurs au ciné une adaptation du Festin Nu, si je ne me trompe, de Cronenberg qui n’avait pas grand-chose à voir avec le texte, mais parvenait cependant à traduire l’ambiance du bouquin. Si vous avez eu l’occasion de le voir, vous comprendrez ce que je veux dire.

Toujours est-il que j’ai l’impression étrange depuis quelques temps d’avoir glissé sans m’en rendre compte dans l’univers onirique bizarre et hallucinant de Burroughs. Un peu comme une Alice au pays des Merveilles, à la poursuite non pas d’un lapin blanc, mais de sanité, tout simplement.

J’ai basculé dans un monde où des milliardaires, gamins montés en graine, mal élevés et sans le début du commencement de l’once d’une réflexion crachent sur leur pays, sur leurs supporters et ridiculisent la France devant les nations, ébahies par cette tragi-comédie.

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( 23 juin, 2010 )

La morale sportive est soluble dans l’argent

wc2010edf.jpgLa pathétique épopée de l’edf en Afrique du sud nous rappelle une fois de plus que l’argent est en train de finir de dissoudre ce qui restait de cohésion et de valeurs morales dans la société dans laquelle nous vivons.

On commence à entendre des voix qui se lèvent en disant qu’on va laver le linge sale en France, et qu’ensuite, une nouvelle organisation de la fédération redonnera au foot ses lettres de noblesse et la dignité que lui accordent les amateurs.

En fait, sans être devin on peut prédire que cela ne changera rien. Car le problème aujourd’hui c’est que les joueurs ont d’autres chats à fouetter que de jouer pour l’équipe de France. Ils gèrent leur carrière, et l’unique chose qui compte c’est le pognon, point barre.

Quelle importance que des centaines de milliers de jeunes courent tous les dimanches sur les stades, encadrés par des milliers de bénévoles? Le système marchand corrompt les meilleurs, puisque ce sont eux qui ont une valeur marchande, et c’est tout le système qui est corrompu, parce que les autres ont alors envie de profiter du gâteau eux aussi.

Les « valeurs du sport » sont une fable pour les enfants. Dès que les choses sérieuses commencent, la sportivité et le baratin restent au vestiaire, et c’est le carnet de chèque qui parle. On peut le regretter, mais certainement pas changer les choses, puisque ce sont les fantastiques sommes générées par ce business qui font tourner tout le système sportif, fédération et journalistes compris.

Qui peut croire qu’il y aurait d’un côté un sport « éthique » qui rassemblerait 95% des pratiquants et de l’autre 5% de brebis galeuses qui ne feraient du sport que pour l’argent ? Quelle blague ! Lequel d’entre ces gamins qui courent tous les dimanches refuserait un contrat dans un grand club ? Pas un seul. S’ils ne jouent pas dans un grand club pour des sommes pharamineuses c’est parce que personne ne leur a proposé ! Parce qu’ils n’ont pas le niveau. Seuls une infime minorité palpent, mais ce sont les plus doués, ceux que tout le monde envie !

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