( 4 juin, 2010 )

Le libraire vous conseille : La péniche à cinq pattes

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« Le désir -dit l’éditeur- est d’offrir au lecteur, en même temps qu’une véritable réflexion, une réponse à la demande fréquente qu’il fait à son libraire : Donnez moi quelque chose de drôle ».

Pour le coup, on peut dire que c’est réussi. Ce bouquin réjouit autant par les aventures hilarantes du club des cinq qu’il campe que par la langue truculente dans laquelle il les conte, qui n’aurait sûrement pas déplu à Boby Lapointe.

Pierre Tisserand est bien connu de ceux qui le connaissent et qui, probablement, ignorent qui sont Patrick Bruel et Michel Sardou.

tisserand.jpgTisserand, c’est le gars qui a écrit des chansons pour Reggiani, Vassiliu, Anne Vanderlove, etc. Et qui a reçu le Grand Prix du Disque de l’Académie Charles Cros (ça s’écrit en majuscules, sauf chez Michel Drücker).

Ici, il nous raconte l’histoire d’une bande d’adolescents de trente ans –cinq garçons, dont un « manqué » : la petite Bill) pour qui la vie est faite de débrouillardise, de rires, d’engueulades chaleureuses et, surtout, d’amitié indéfectible. Ils n’ont pas beaucoup le respect des « valeurs » (travail, famille, patrie) ni le langage châtié qui se doit de les escorter. Á la bourgeoise qui, se méprenant sur sa mise, l’appelle « jeune homme », la petite Bill soulevant son T-shirt et montrant ses seins demande : «Et ça, c’est une couille ? ».

On comprendra que ce n’est pas le livre à offrir aux habituées des thés paroissiaux. Mais, les pas coincés, si ça ne les fait pas marrer, je me demanderai ce qu’il leur faut !

 Gérard Lambert-Ullmann

Pierre Tisserand, La péniche à cinq pattes, L’arganier, 17 €.

 

( 3 juin, 2010 )

Quand Courbet révisitait « A nous deux »…

anciennetelevision.jpgJulien Courbet avait lancé un concept d’émission « une équipe de journalistes et d’avocats vont aller défendre le Français moyen » empégué dans les dédales des soucis quotidiens, des problèmes administratifs, des conflits de voisinage. « Le pot de terre contre le pot de fer » en bref.

Eh bien laissez-moi vous dire que ce concept a plus de 20 ans, et vous parler un peu du passé. Les media n’ont pas de mémoire. Moi si.

C’était au milieu des années 80. Embarquée à la télévision publique depuis 75 par un patron du privé, j’ai occupé, à titre d’assistant de production, des postes toujours en rapport avec des journalistes : je devais les assister. C’était mon job : préparer leur travail, le leur faciliter, leur ouvrir le chemin, le déblayer… Me vient tout à coup l’image de l’épreuve du curling au J.O. au cours de laquelle des balayeurs lissent bien en amont l’itinéraire de cette grosse boule passive lancée sur la glace par un des lanceurs de l’équipe. Eh bien, voilà… mon job, c’était le balaiement de l’itinéraire de la boule passive (le ou les journalistes) lancée par le rédacteur en chef.

De balayeuse isolée (plutôt inoccupée) d’une actuelle compagne de ministre -poste où je m’ennuyais ferme car la dame avait juste besoin d’une assistante pour faire chef, la secrétaire ayant totalement circonvenu la « dame »- je suis passée à une équipe balayant furieusement devant une autre équipe. L’émission était produite par le directeur de l’Information, Pierre Lescure et son adjoint, Michel Thoulouze. Ils s’étaient aperçu que je m’ennuyais et avaient eu l’idée de me proposer de renforcer la petite équipe déjà en place. L’émission s’appelait « A Nous Deux » et était présentée par un groupe de journalistes, dont l’animateur-clé était ex-présentateur en disgrâce (à l’époque), qui a ensuite quitté la chaîne pour devenir dès la privatisation de TF1, la star de la grand-messe du soir, virée récemment. Les autres journalistes étaient d’anciens collaborateurs de Jacques Martin pour un, des pigistes rescapés de la rédaction ou d’une émission de production pour d’autres, une ancienne présentatrice de la 3… et d’illustres inconnus retombés depuis dans l’anonymat. La petite équipe était managée au début par un rédacteur en chef venu de la presse écrite, puis s’est managée toute seule sans aucun problème.

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( 2 juin, 2010 )

Requiem pour un con

cerveau.jpgJ’ai toujours éprouvé un sentiment bizarre devant les hommages rendus aux morts lors des funérailles. Pire encore quand il s’agit de funérailles nationales. La chose m’a toujours semblé grotesque. C’est toujours sur un militaire ou sur un policier, morts de vieillesse ou dans l’exercice de ses fonctions que l’hommage s’abat.

Les cols blancs se pointent précédés de la faune médiatique, jamais les uns sans les autres. Déroulé de tapis, tribune et mouchoirs. On enduit des tartines glorifiantes à la mémoire de ceux dont plus personne ou presque n’a rien à foutre. Tout ça, non pas pour honorer le disparu, c’est hélas trop tard, mais pour servir, en la perpétuant, la cause qu’il ou elle défendait avec beaucoup de conviction et une grande dose bêtise.

En toute circonstance on défend le système dans lequel le mort s’était moulé une vie durant : rien à gauche, idem à à droite, droit devant !

Mais qui se soucie de la mort du quidam ordinaire ? De ce voisin suspicieux qui observe le passant avec la lorgnette de l’espion ? Celui qu’on voit tous les jours, à qui on dit bonjour ou à qui on fait la gueule ou qu’on envoie caguer à l’occasion ? Qui pour lui rendre l’hommage que le système tout entier lui doit ? Ces anonymes, droits dans les bottes du pouvoir, partis sans mot dire et qui ont leur vie durant défendu le moule étouffant de la non vie, contribuant par la même occasion à empêcher leur prochain d’avoir la vie ou les idées qu’ils souhaitaient, fiers d’avoir cimenter l’édifice de la stupidité nationale.

Aucun hommage, pas le moindre mot de la part des officiels. Ils meurent comme ils ont vécus : connement ! Si au moins ils s’étaient fait sulfater lors d’un cambriolage ! Même pas.

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( 1 juin, 2010 )

Et Taser, elle joue du trombone ?

taser.jpgSemaine passée riche en grotesqueries, histoire d’endormir un peu plus les esprits. Routine et ennui. L’Euro 2016 de foot, cocorico dans la basse-cour ! Affaire réglée, combien de points dans les sondages ?… Les bestiaux s’en foutent sur la forme, ils broutent la bonne nouvelle. Paisible campagne.

Les retraites, voilà un sujet déjà bouclé qui fait jaser, mais sans plus. Le pays semble résigné. On lui a tellement dit que l’argent s’est envolé avec les cendres du volcan islandais !

La rue grouille, mais ne flambe pas. Elle attend gentiment le prochain rendez-vous électoral. Puis, les vacances approchent. Camping oblige ! On se passera en boucle le dernier volet du film éponyme.

Le patronat voulait jouer les prolongations et demande avec force un allongement de l’âge de la retraite à 63 ans, 63 ans et demi. Bien que tout ne soit pas arrêté – ça discute encore dans les coins -, les carottes sont cuites. Le syndicalisme est moribond. La révolution sociale attendra. Il n’y a que le capital qui voyage bien. Le syndicat est devenu une sorte d’agence d’enregistrement de doléances. Tout se règle en coulisse. Pendant ce temps, l’indigent cherche l’épicerie qui lui fera crédit pour boucler son mois. Sarkozy remercie ses sponsors, leur offrant ce qu’ils exigeaient. Qui paye ses dettes s’enrichit, dit le proverbe. Une façon de penser à son avenir immédiat, 2012.

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