L’impossible Frontière
Il existe de multiples exemples de frontières aberrantes et très malheureusement déclarées ‘intangibles’ par l’ONU (le pire étant que la même organisation a condamné, virtuellement, Israël, à renoncer à ses conquêtes territoriales de 1967 en Palestine et au Golan Syrien, mais, qu’en fait cet état a imposé ses vues, avec par exemple le monstrueux mur illégal en Cisjordanie).
Mais là je vous cause de la plus longue frontière artificielle du monde, au Sahara. Cela s’est passé entre un commandant (4 barrettes sur l’épaule) face à un capitaine (3 barrettes), vers le milieu du XIX° siècle. L’un venait du Nord, l’Algérie conquise, l’autre du Sud (l’Afrique Noire conquise). Ils établissaient des postes aux limites provisoires de leurs zones et donc finirent par se rencontrer quelque part dans l’immense désert. Comme ils étaient de la même armée coloniale, française, le subordonné se mit au garde-à-vous devant son supérieur et l’on traça une ligne de démarcation tout à fait ‘réglementaire’, avec une règle sur une carte (très grossière !) entre le Maroc et le Tchad. Tracé uniquement destiné aux zones administratives et provisoires des (maigres) troupes françaises. A la même époque, il y eut à Fachoda (Soudan) un dur contact entre une expédition française croisant cette fois le grand ‘ennemi en colonisation’ britannique. Ce fut la ‘reculade humiliante de la France’, qui rêvait (sic !) de relier Djibouti à Dakar sous son drapeau.
Cette ‘humiliation nationale’ a joué pour la suite aberrante : la ‘très glorieuse’ transformation d’une ligne militaire, provisoire et grossière, en ‘frontières’ d’entre la colonie du Nord et celles du Sud du Sahara, à l’Assemblée Nationale. Il y eut certainement la paresse, surtout, de nos chers parlementaires à creuser la question : il ne s’agissait que de sables paumés, après tout… Un peu comme un roi de France avait déclaré à propos du Québec : ‘Ce ne sont que des arpents de neiges dont nous n’avons que faire’…
Il y a bien sûr une très faible densité de populations dans ces régions arides et les parlementaires parisiens n’en avaient cure, tout comme on ignorait les tribus des autochtones du Québec d’autrefois. Le vrai problème s’est beaucoup aggravé avec les indépendances des années 1960, pour l’unique raison de ‘l’intangibilité des frontières historiques’ (tu parles, Charles !), qui a beaucoup nuit aux peuples nomades de cette immense région, principalement les Touaregs au Sahara et les Peuls au Sahel (pour résumer). Qui ne sont pas, évidemment, historiquement, rattachés aux entités étatiques de l’Algérie, Mauritanie, Mali, Niger…dont les frontières furent établies entre un 4 et un 3 galons de l’armée coloniale !


Qu’il ne vienne à l’esprit de quelqu’un l’idée de dénoncer le cynisme politique ambiant, il lui en coûterait. L’époque touche du doigt l’obscène ? Vue de l’esprit ! Si elle va mal, elle ne pourra pas aller mieux dans le futur. Au contraire. Mais chut ! Même si le mécontentement est général, que l’image du président se dégrade à chacune de ses initiatives, il reste encore des poches de résistances coriaces. Rien n’est joué.




