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‘Vivre la poésie avant de l’écrire’

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oiseau.jpgUn invraisemblable concours de circonstances (passons les détails) fait que j’entends cette phrase à la radio. J’arrête aussitôt mes activités tumultueuses pour écouter, en montant le son. Bientôt, je reconnais la voix très éraillée de mon vieux copain Blaise Cendrars (1887-1961) que j’ai un peu oublié depuis 20 ans : pardon Blaise et merci aux archives mises en ondes !… Blaise m’a toujours surpris, émerveillé, énervé, déçu… bref saoulé, et cette fois encore plus. Cela doit faire 50 ans, au moins, que c’est mon pote en liberté de poète. En poésie libérée… Oui, avant lui, il y eut Apollinaire (qui devint son pote) et bien d’autres depuis (Pichette, etc.). Et, en précurseur, le si prodigieux adolescent Arthur Rimbaud

Mais voilà la surprise de cette émission : je ne connais pas ‘Dan Yack’, moi qui croyais bien connaître la si prolifique oeuvre de Cendrars ! Lequel rigole (comme toujours) à ce sujet !… Je note, intrigué, ce mot, que j’ai mal entendu (Blaise, tu causes mal !) sous le nom de Damiak. Plus tard, je vais chercher sur Google, en vain. Du coup je retourne à ma bibliothèque : Louis Parrot y signe un bel essai sur cet auteur, dans la collection ‘Poètes d’aujourd’hui’ de Seghers. C’est une (re)plongée dans l’œuvre (les 2/3 des livres de cette collection sont des ‘choix de textes’, suite à une très subjective et brillante présentation de l’auteur, en général). Sans surprise, je retrouve dans cet ouvrage des bouts de papier, des pages cornées, des notes marginales au crayon, bref je rajeunis d’autant. Et surprise dans la surprise : je connaissais ‘Dan Yack’ depuis 20-30 ans, puisque j’avais écorné les 3 pages qui le concerne !… Extraits :

‘…C’est ainsi que l’on découvre tout à coup des habitudes de fainéantise, de débauche, de pochardise dans une ville nouvelle ou dans un pays où l’on débarque pour la première fois. Une simple impression de dépaysement a suffi pour vous faire trébucher, hésiter ou vous pousser, plutôt par telle rue fréquentée que par tel chemin détourné, pour vous perdre. On va, on se promène, on regarde en flânant. On trouve innocemment ces crépuscules les plus beaux ou les plus malsains du monde.’

Et plus loin :

danyack2.jpg‘A quoi peut-on bien réfléchir devant son verre ? A rien. On est plein de murmures. On s’écoute. On en a déjà pris l’habitude. On est en plein marasme, en plein désarroi, en plein laisser aller. On en a déjà pris l’habitude, et l’habitude étant une seconde nature, de nouvelles habitudes sont comme une deuxième nature démultipliée ; c’est pourquoi tout penche et tout fléchit insensiblement, sans heurts, sans frictions, ce qui permet au rêve d’empiéter sur la vie, d’y empiéter d’une façon inavouable. Cela vous charme et vous séduit, ou vous éveille, ou vous épouvante, ou vous paralyse. Dans tous les cas, il est trop tard pour freiner. On se laisse vertigineusement aller comme dans un ascenseur qui monte et qui descend dans un puits sans issue. Le passé et l’avenir défilent à toute vitesse. On en a mal au cœur. Les jarrets sont coupés. Tout glisse. On n’a pas un seul point de repère. Tout est creux. Tout tourne. Tout déborde. On est ivre. Tout est prodigieusement proche. Tout est monstrueux, vous tombe dessus, vous sourit, vous dévore et se consume dans un immense éclat de rire.’

Moi je ris aussi : ‘on est pas sérieux quand on a dix-sept ans’ écrivait le poète Rimbaud. Et on est pas sérieux quand on est poète, toute sa vie et bien au-delà nous dit Blaise Cendrars !. La lucidité se tient dans mon froc, déclamait le rigolard Léo Ferré : elle se tient dans la libre poésie !

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44 Commentaires

  1. babelouest

    2 juillet, 2010 à 5:41

    Les poètes ! Bizarrement, à part Hugo et Baudelaire, je n’en ai lu aucun volontairement. Quoique des auteurs de science-fiction comme C.D.Simak en soient, à leur manière. Je viens de relire « Demain les Chiens ». Très évocateur.

    Tu nous ressors des ouvrages sublimes, Rémi. Merci.

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  2. b.mode

    2 juillet, 2010 à 6:01

    Et Mallarmé ! N’oublions pas Mallarmé !
    La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres.
    Fuir ! là-bas fuir ! Je sens que des oiseaux sont ivres
    D’être parmi l’écume inconnue et les cieux !
    Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux
    Ne retiendra ce cœur qui dans la mer se trempe
    Ô nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe
    Sur le vide papier que la blancheur défend
    Et ni la jeune femme allaitant son enfant.
    Je partirai ! Steamer balançant ta mâture,
    Lève l’ancre pour une exotique nature !
    Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,
    Croit encore à l’adieu suprême des mouchoirs !
    Et, peut-être, les mâts, invitant les orages
    Sont-ils de ceux qu’un vent penche sur les naufrages
    Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots…
    Mais, ô mon cœur, entends le chant des matelots !

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  3. babelouest

    2 juillet, 2010 à 6:40

    Mais pourquoi avoir oublié tant de paroles sublimes, dès que le Lagarde et Michard fut refermé ? Question d’autant plus prégnante, que ledit ouvrage se trouve encore en bonne place avec ses six volumes, dans ma bibliothèque…

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  4. babelouest

    2 juillet, 2010 à 6:51

    Je suis en tout cas heureux pour une amie, co-auteur de Gaïa. Lorsqu’elle tourna sous la direction de Jean-Christophe Averty un film tiré d’un ouvrage de Julien Gracq, elle déjeuna en tête-tête avec l’auteur du « Balcon en forêt » sur le plateau, pendant la pause de midi. Rencontre forte !

    Ils fumèrent un moment en silence. Il faisait bon. La nuée se dissipait; un ou deux coups de tonnerre roulèrent faiblement derrière l’horizon de la Belgique, avec le grondement pacifié d’une queue d’orage. La lune s’était dégagée : au fond de la trouée des arbres, la pente de la clairière se givrait d’une lumière froide, minérale, toute ocellée par l’ombre d’encre des jeunes sapins assis sur l’herbe. Jamais Grange n’avait eu comme ce soir le sentiment d’habiter une forêt perdue: toute l’immensité de l’Ardenne respirait dans cette clairière de fantômes, comme le cœur d’une forêt magique palpite autour de sa fontaine.
    (extrait de « Un balcon en forêt »)

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  5. pensez BiBi

    2 juillet, 2010 à 7:32

    Putain, quelle apostrophe magnifique !

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  6. Nouvel Hermes

    2 juillet, 2010 à 8:07

    et auusi « La poesia es un arma cargada de futuro. »
    Ce qui me terrifie c’est cette absece rêve et d’utopie. Ce défaitisme. comme si nous étions cloués dan le présent et que la politique se condamnait à etre gestionnaire d’un monde matériel, d’échange de marchandises.
    La politique souffre de disparaître en même temps que la culture, la poésie, la peinture… peu à peu remplacées par une culture élitiste ou populaire pour gogos.
    Fin de la langue. l’injure pour discours.La beauté nulle part.
    Ici on évoque Mallarmé et Gracq, les auteurs sur lesquels je reviens régulèrement . Et Cendrars avec la vraie prière que sont « Les Pâques à New York ».
    Alors, exceptionnellement, ce blog en cours de fabrication et à ne pas diffuser:
    http://entrepoesie.blogspot.com/

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  7. lediazec

    2 juillet, 2010 à 8:19

    Hier soir je pensais au nantais Julien Gracq, ce monsieur qui refusa le prix Goncourt pour « Le rivage des Syrtes ». Un livre magnifique et profond comme on en écrit plus guère.
    Merci Rémi, sans flagornerie de ma part, pour avoir orienté ta réflexion sur autre chose que le monde étroit et de plus en plus dégueulasse de la politique actuelle.
    Une belle bouffée d’oxygène. Quelques noms et un autre monde s’ouvre sur nos neurones !
    Belle journée en perspective.

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  8. clomani

    2 juillet, 2010 à 9:32

    Bon sang !
    Je crois que je commence à comprendre.
    Merci Rémi, merci Super Hermes… (du coup, j’ai écouté ça):
    http://www.youtube.com/watch?v=bKnEaCweikg
    En fait, la poésie, c’est quand le petit devient infiniment grand parce qu’infiniment beau grâce à l’amour des mots, du rythme et du monde.
    Et la politique, c’est quand le pseudo grand devient infiniment petit en jouant une très mauvaise comédie.
    Je m’en veux d’avoir fait l’impasse sur la poésie jusqu’à présent. Grâce à certains Ruminants,peut-être vais-je pouvoir m’orienter vers la voie de la beauté et de l’infiniment grand.
    Rodo (ou un initié d’ici) une question :
    existe-t-il des éditions des poèmes de Garcia-Lorca et de Neruda avec le texte en espagnol d’un côté et le français de l’autre ? Il me semble que tu m’as parlé d’une « traduction » d’un poème de Neruda qu’on t’avait demandée…

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  9. remi begouen

    2 juillet, 2010 à 9:48

    Ah, Mallarmé !! Merci B-Mode de citer ce poème magnifique…
    Cela me rappelle la seule dispute littéraire que j’ai eu de ma vie. C’était avec Jacques, ‘au régiment’. Ce poète, aujourd’hui disparu (Sida) est devenu mon meilleur pote, après cette dispute qui faillit mal tourner. Il était pour Mallarmé, moi pour Michaux. Il écrivait du sous-Mallarmé, moi du sous-Michaux. On a fini par se réconcilier (on s’était injurié!)sur Apollinaire!! Et on est devenu amis au point que j’ai été témoin de son mariage à Hambourg 2 ans après l’armée et que j’ai eu une liaison, brève mais magnifique avec la frangine de la mariée. Qui déclamait du Mallarmé avec un accent allemand épouvantable!
    Disons, en gros, pour faire court : Mallarmé cisèle les phrases comme un orfèvre, tandis que Michaux (et Cendrars, etc.) ouvre la poésie à l’exubérance de la vie. On en a plus besoin…

    Répondre

  10. lediazec

    2 juillet, 2010 à 10:05

    @ Claudie. Il existe des versions bilingues sur tous les poètes du monde. Il suffit de demander à ton libraire. Si, en revanche, tu taquines un peu le castillan, il s’en trouve d’excellents. J’ai devant les yeux le Romancero Gitano, poema del cante jondo de Federico Garcia Lorca, mon poète fétiche, dans la colección Austral. Autrefois, je pouvais réciter du Lorca pendant plus d’une heure. C’était autrefois :
    Los caballos negros son.
    Las herraduras son negras.
    Sobre las capas relucen
    manchas de tinta y de cera.
    Tienen, por eso no lloran,
    de plomo las calaveras.
    Con el alma de charol
    vienen por la carretera.
    Jorobados y nocturnos,
    por donde animan ordenan
    silencios de goma oscura
    y miedos de fina arena.
    Pasan, si quieren pasar,
    y ocultan en la cabeza
    una vaga astronomía
    de pistolas inconcretas

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  11. clomani

    2 juillet, 2010 à 10:29

    Pas autrefois… la preuve ;o))

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  12. Nouvel Hermes

    2 juillet, 2010 à 10:55

    @Lediazec
    Du coup j’ai ressorti mon vieux Lorca: Antologia poética, « Editorial losada » publié à Buenos Aires à une époque du franquisme où Lorca n’était pas trop en grâce…
    Juste un rectificatif: Ce poème c’est « El Romance de la guardia cicil espanola » qui est l’un des textes du Romancero Gitano.
    Et si tu relis « Poeta en Nueva York » tu as l’impression de lire du Cendras en castillan!

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  13. lediazec

    2 juillet, 2010 à 11:08

    @ Nouvel Hermes. Vrai. Avec tout ça, je dérive, à mon corps défendant (mais avec un immense plaisir) vers José de Espronceda, la canción del pirata :
    Con diez cañones por banda
    Viento en popa a toda vela
    No corta el mar sino vuela
    une belero bergantín
    Extraordinaire !

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  14. lediazec

    2 juillet, 2010 à 11:20

    Allez, parce qu’il s’agit d’un hymne à la liberté, voici la version complète de la cancion del pirata de José de Espronceda :

    Con diez cañones por banda,
    viento en popa a toda vela,
    no corta el mar, sino vuela,
    un velero bergantín;
    bajel pirata que llaman
    por su bravura el Temido
    en todo el mar conocido
    del uno al otro confín.

    La luna en el mar riela,
    en la lona gime el viento
    y alza en blando movimiento
    olas de plata y azul;
    y ve el capitán pirata,
    cantando alegre en la popa,
    Asia a un lado, al otro Europa,
    Y allá a su frente Estambul:

    -Navega, velero mío,
    sin temor
    que ni enemigo navío,
    ni tormenta, ni bonanza
    tu rumbo a torcer alcanza,
    ni a sujetar tu valor.

    Veinte presas
    hemos hecho
    a despecho
    del inglés
    y han rendido
    sus pendones
    cien naciones
    a mis pies.

    Que es mi barco mi tesoro,
    que es mi Dios la libertad;
    mi ley, la fuerza y el viento;
    mi única patria, la mar.

    Allá muevan feroz guerra
    ciegos reyes
    por un palmo más de tierra,
    que yo tengo aquí por mío
    cuanto abarca el mar bravío
    a quien nadie impuso leyes.

    Y no hay playa
    sea cualquiera,
    ni bandera
    de esplendor,
    que no sienta
    mi derecho
    y dé pecho
    a mi valor

    Que es mi barco mi tesoro,
    que es mi Dios la libertad;
    mi ley, la fuerza y el viento;
    mi única patria, la mar.

    A la voz de ¡barco viene!,
    es de ver
    cómo vira y se previene
    a todo trapo a escapar:
    que yo soy el rey del mar
    y mi furia es de temer.

    En las presas
    yo divido
    lo cogido
    por igual:
    sólo quiero
    por riqueza
    la belleza
    sin rival.

    Que es mi barco mi tesoro,
    que es mi Dios la libertad;
    mi ley, la fuerza y el viento;
    mi única patria, la mar.
    ¡Sentenciado estoy a muerte!
    Yo me río:
    no me abandone la suerte,
    y al mismo que me condena
    colgaré de alguna antena
    quizá en su propio navío.

    Y si caigo,
    ¿qué es la vida?
    Por perdida
    ya la di
    cuando el yugo
    del esclavo
    como un bravo sacudí.

    Que es mi barco mi tesoro,
    que es mi Dios la libertad;
    mi ley, la fuerza y el viento;
    mi única patria, la mar.

    Son mi música mejor
    aquilones,
    el estrépito y temblor
    de los cables sacudidos
    del negro mar los bramidos
    y el rugir de mis cañones.

    Y del trueno
    al son violento,
    y del viento,
    al rebramar,
    yo me duermo
    sosegado,
    arrullado
    por el mar.

    Que es mi barco mi tesoro,
    que es mi Dios la libertad;
    mi ley, la fuerza y el viento;
    mi única patria, la mar.

    Dernière publication sur Kreizarmor : Place Vendôme, haut lieu de l'indécence

    Répondre

  15. Nouvel Hermes

    2 juillet, 2010 à 12:00

    Ben… Ca nous change du Woertz et du Sarkozy, non? La mer dont le grondement se charge de coups de canons,ça donne la pêche!

    Répondre

  16. clomani

    2 juillet, 2010 à 12:46

    Ayayaya… plongeon immédiat dans la mer libre et
    poétique en V.O.
    J’ai passé ma commande à mon libraire qui a eu l’air étonné… j’ai une petite participation dans sa boîte… et je lui commande des bouquins tristes qui sentent l’esclavage… mais qui justement le contestent ce nouvel esclavage. ;o))
    En tout cas merci aux poètes ou amateurs de poésie qui m’en ont donné l’envie.

    Répondre

  17. Pensez BiBi

    2 juillet, 2010 à 13:09

    Oui dix mille fois Julien Gracq.
    Petit épisode désopilant à propos d’un rendez vous manqué entre l’écrivain et… Dominique De Villepin

    Répondre

  18. Pensez BiBi

    2 juillet, 2010 à 13:10

    Gloups erreur… Frappez sur… pensezbibi et vous y arrivez !

    Répondre

  19. b.mode

    2 juillet, 2010 à 13:15

    Belle phrase du jour (colonne de droite du blog) signée Nouvel Hermes !;)

    Répondre

  20. lediazec

    2 juillet, 2010 à 13:39

    @ Pensez BiBi. Truculent, en effet, l’épisode Galouzeau. Sinon, comme toi, en ce qui concerne le Canard et Morvan Lebesque en particulier, l’âme du volatile en quelque sorte. J’ai ses chroniques publiées au Seuil tout à portée de main. Du même Lebesque, j’ai aussi « Comment peut-on être breton, essai sur la démocratie française ». Encore un nantais !

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  21. b.mode

    2 juillet, 2010 à 13:55

    Bah les nantais… ;)

    Répondre

  22. remi begouen

    2 juillet, 2010 à 14:41

    En réponse à Babelouest (1°commentaire) : Hélas (trois fois hélas et ce que je dis trois fois est vrai écrivait Lewis Carroll dans la Chasse au Snark), l’école est ennemie de la poésie. Elle la réduit à d’assomantes corvées d’apprendre textes et commentaires, au lieu de reconnaître en chaque enfant et adolescent un poète. Si bien que la plupart des élèves se détournent de cette école de vie-vraie, en gardant au mieux son ‘Lagarde-et-Michard’ dans un coin poussiéreux de sa bibliothèque… Quelques uns comme moi (et bien sûr Blaise!) ont préféré l’école buissonnière, pleine d’épines et de poèmes. D’autres ont réussi, malgré la triste école, à devenir poètes, bravo à eux. Mais la plupart ont oublié la poésie, la leur : au mieux, ils y butinent parfois, comme en témoigne le beau aller-retour des messages de Clomani et Lediazec sur Garcia Lorca!
    Au fait, j’ai été à 20 ans ‘acteur’ dans une pièce de Lorca, ‘Dom Perlimplin en son jardin’. Mon rôle de lutin consistait à dire ‘oui’ (quel répertoire!) lorsque les amoureux me demandaient d’ouvrir le lit à baldaquin. Comme je n’assistais pas aux répétitions – vu le rôle – je n’étais pas content et, sur scène, j’ai dit ‘non’. Nouvelle question, réponse ‘peut-être’. Nouvelle question, réponse ‘oui’… Le metteur en scène était tout heureux de mon effronterie et a gardé ces 3 réponses. C’était un poète, il acceptait que j’enrichisse Garcia Lorca !!!

    Répondre

  23. remi begouen

    2 juillet, 2010 à 14:45

    C’est une réponse à Babelouest, mais plutôt au 3° commentaire.

    Répondre

  24. Nouvel Hermes

    2 juillet, 2010 à 16:03

    @Lediazec
    A propos… Moi aussi j’étais nantais!

    Répondre

  25. b.mode

    2 juillet, 2010 à 16:22

    Nantes, une ville de contestation et de poésie… ;)

    Répondre

  26. babelouest

    2 juillet, 2010 à 17:18

    Pour le film tourné par mon amie, j’ai retrouvé ici des commentaires :
    http://www.jose-corti.fr/titresfrancais/un-beau-tenebreux.html
    Elle y donnait la réplique à Pierre Massimi, et curieusement échappait aux commentaires acerbes du Nouvel Obs :
    http://i30.servimg.com/u/f30/11/40/28/12/dubreu10.jpg
    et voici la seule trace picturale de ce film, qu’Averty a détruit probablement après sa rupture d’avec Marie-Blanche Vergne.
    http://i30.servimg.com/u/f30/11/40/28/12/pierre10.jpg

    Répondre

  27. clomani

    2 juillet, 2010 à 19:01

    26 commentaires sur un fil « poésie » ! Chapeau Rémi et les Ruminants. J’ai bien ri en t’imaginant disant ta seule réplique sur un ton négatif ;o)).
    Mais je vais rebondir en « prosaïque » (car je ne me souviens d’aucun poème appris dans ma jeunesse à part cette fin « l’oeil était dans la tombe et regardait Caïn » !)…
    Donc, notre amie Danièle a joué avec Pierre Massimi… Et le Pierre, j’en étais raide dingue en mai 68… je m’emmerdais comme un rat mort pendant les grèves, j’étais en terminale… on n’avait plus classe. Et je regardais la téloche. Pierre Massimi avait tourné dans une série de plusieurs épisodes. Il y jouait le role d’Henry de Monfreid… Je le trouvais beau comme un dieu et je fantasmais comme fantasmait alors une ado… je m’étais même amusée à le dessiner, au crayon… car il était en photo dans Télé 7 jours auquel mes parents étaient abonnés.
    Lorsque, plus tard, au cours d’une conversation avec Danièle, sa partenaire pour le film de Dracq, elle me dit que Massimi avait été insupportable tant il avait la grosse tête, j’ai été bien déçue.
    Décidément, je me suis beaucoup trompée sur les hommes dans ma jeunesse ;o)))…
    Vous voyez : je serais parvenue à rendre prosaïque un fil sur la poésie…

    Répondre

  28. Didier Goux

    2 juillet, 2010 à 23:20

    Bon ben… je viens de me taper tous les commentaires (une excuse pour finir ma bière, en fait). Comme d’habitude, chez vous, le pire cotoie le meilleur. Le pire, pour moi, et qui m’avait ce matin empêché de lire le billet au-delà du deuxième paragraphe, c’est des choses comme « mon pote Blaise ». Et pourquoi pas « cette belle salope de Loulou », pour parler de Louise Labé ? Pour qui vous prenez-vous, à la fin ? Je ne suis pas fou de Blaise Cendrars (quoique, le début de « Emmène-moi au bout du monde » : « Vérole ! disait l’homme, et il travaillait la femme, vérole ! » (cité de mémoire, ponctuation non garantie)), mais enfin qui êtes-vous pour l’appeler Blaise ? Et pour en faire votre « pote » ? Un poète, voyez-vous, est avant tout un seigneur, un type qui vomit toute idée d’égalité. Et, je pense, l’idée que vous puissiez l’appeler votre « pote » l’aurait fait dégueuler tripes et boyaux.

    Ensuite, mon ami Babel qui, à part deux qu’il cite, n’a lu aucun poète VOLONTAIREMENT. On suppose que des gens mal-intentionnés l’ont enchaîné pour lui faire lire de force les autres. Ça explique des choses.

    Puis, B. Mode, qui nous ramène Mallarmé (« poésie de cabanon ! » grommelait Paul Léautaud). Voilà un des poètes que le sieur Babel a dû lire menotté : on comprend qu’il en ait conçut quelque aigreur contre la société qui lui permet de vivre.

    Là-dessus, ainsi qu’il était prévu, arrive l’insubmersible Julien Gracq, le petit prof chiant que les journalistes adoraient parce qu’ils pouvaient lui rendre visite une fois l’an et en tirer une double page dans le Nouvel Observateur. Les romans de Gracq étaient déjà tombés en poussière de son vivant, mais il est de bon temps de révérer Gracq – même quand on est révolutionnaire de gauche, apparemment : les révolutionnaires adorent toujours les écrivains pontifiants – et coupent la tête des autres si l’occasion leur en est donnée.

    Je passe sur « Pensez bibi » qui n’existe pas, pour en arriver à Hermès, qui tente de nous refourguer Gabriel Celaya, poète pitoyable qu’il n’a probablement pas lu (vu ce qu’il cite) mais juste écouté dans le disque de Paco Ibañez que tous les vieux cons de notre génération ont eu dans leur discothèque.

    Je ne dirai rien de l’intervention de Dame Clomani, parce que, précisément, je suis d’une génération où les hommes ne tapaient pas sur les femmes. – On passera de même sur les histoires de cul de M. Begouen.

    On remerciera Lediazec pour Lorca, et Hermès pour « Editorial Losada » qui trouve de très forts échos en moi.

    Et jz termine par un deuxième merci à Lediazec pour Lebesque, dont me reste en mémoire ceci :

    « À cette heure, des enfants naissent en Bretagne. Seront-ils bretons ? Nul ne le sait : à chacun, l’âge venu, la découverte ou l’ignorance. »

    Bonne nuit à tous.

    Répondre

  29. babelouest

    3 juillet, 2010 à 0:35

    Bon, si on parlait d’aut’chose !

    Une fois, j’ai tenté de monter un diaporama sur le Bateau Ivre : funeste idée, ce poème est si riche que nulle façon de l’aborder ne tient debout. Dommage, cela eût pu devenir une référence, avec une pareille base. Je souhaite que quelqu’un de plus talentueux ose ce défi.

    Je ne saurai quitter ce sujet sans reprendre un passage d’un livre, dont un autre diaporamiste avait fait un vrai chef-d’œuvre. Il avait adapté pour la Provence un récit écrit et se passant ailleurs. Le récitant avait une voix si prenante, avec son accent..
    « Alors, Monsieur, il sembla que la terre aspirât la nausée qui l’avait envahi. Soudain, ce fut la paix qui l’habita – la paix qui était celle des arbres et du terreau et du premier souffle du crépuscule. Le ciel, les étoiles, l’espace tout entier le recouvraient et lui chuchotaient qu’il ne faisait qu’un avec eux. Un court instant, il eut l’impression d’avoir frôlé une vérité sublime qui lui apportait un sentiment de douceur et de grandeur qu’il n’avait jamais éprouvé. »

    Oui, c’est de la science-fiction, en fait, du Clifford D. Simak. Il avait appelé son livre « Au carrefour des étoiles », mais le diaporamiste avait nommé son œuvre « L’Ile d’Espérance ». C’est à la page 248 de l’édition de chez Albin Michel en 1968.

    Répondre

  30. b.mode

    3 juillet, 2010 à 1:33

    Marrant comme les aigreurs distillées sans relâche par le sieur Didier Goux font penser à du mauvais vin. Du vinaigre, voire. Qu’est ce que vous devez vous faire chier pour passer votre temps à vomir du fiel…

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  31. clarky

    3 juillet, 2010 à 2:35

    rémi, cette fois fais gaffe de ne pas me confondre avec le gai-luron didier, c’est pas moi qui ai écrit ce commentaire à forte valeur ajoutée, je suis capable de m’exciter la couenne mais pas en sortant ma science, tout en distribuant bonnet d’âne et bon point, purée heureusement que y’a lediazec sinon on passait tous pour des attardés mentaux, enfin moi je le suis déjà ;)

    bref, ma poésie est végétale et l’automne son recueil le plus abouti en ce qui me concerne.

    sinon, pour balancer du maurice lebesque faut être couillu, semblerait tout de même que ce patriote ait un passé somme toute assez flou, m’enfin, on peut écrire des trucs sublimes et être une sorte d’ordure de première, les exemples sont nombreux.

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  32. clomani

    3 juillet, 2010 à 8:04

    M’sieur Goux me rappelle cette vieille instit que j’ai eue il y a fort longtemps (en cours élémentaire 1er année). Veuve complètement aigrie, elle distribuait les mauvais point avec autant d’aigreur que M’sieur Goux… Toujours en noir, triste, elle distillait sa méchanceté sur tous les mômes pleins de rêves que nous étions. Pour couronner le tout, elle était fort brutale et je crois qu’à part mon père et ses baffes et fessées quand je l’avais bien énervé, c’est la seule qui ait porté la main sur moi dans ma vie. Car, M’sieur Goux, on ne me bat pas, moi… si vous m’avez imaginée battue, c’est que vous avez la main leste, sieur (mauvais) Goux !

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  33. remi begouen

    3 juillet, 2010 à 9:56

    oui, très mauvais Goux!!!!!

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  34. clarky

    3 juillet, 2010 à 15:48

    voué enfin, s’il pouvait éviter de me chier dessus hein, j’ai pas non plus une attirance particulière pour les ébats amoureux où les participants se pissent et se chient dessus mutuellement, déjà que la première nana qui m’a demandé une sodomie j’étais pas franchement chaud, alors que didier me chie dessus :)

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  35. b.mode

    3 juillet, 2010 à 15:49

    Déféquer ne veut pas dire sodomiser mon cher Lolo… :)

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  36. clarky

    3 juillet, 2010 à 15:54

    je sais je sais :) mais ça sort par là et j’aime pas les endroits mal nettoyés ;)

    purée, là on attaque un pan de la poésie fatalement obscur :)

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  37. b.mode

    3 juillet, 2010 à 15:59

    Kaka a été éliminé hier pourtant… :oops:

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  38. clarky

    3 juillet, 2010 à 18:23

    et aujourd’hui ça manquait de papelitos, kempes en super mario ;)

    Répondre

  39. clomani

    3 juillet, 2010 à 19:37

    Bon, ben je vois que vous faites bien mieux que moi, les mecs… faut dire qu’il y a eu un passage malodorant après moi ;o))

    Répondre

  40. lediazec

    3 juillet, 2010 à 19:56

    Excellente idée que celle de donner la couronne des chiens assis à Pujadas ! Très bon papier de Dazi, Babel.

    Dernière publication sur Kreizarmor : Place Vendôme, haut lieu de l'indécence

    Répondre

  41. clomani

    3 juillet, 2010 à 20:15

    Et ce con de BRP qui est outré ! Nan mais j’vous jure…

    Répondre

  42. Pensez BiBi

    10 octobre, 2010 à 12:05

    Je découvre un peu tard l’apostrophe meurtrière de ce Didier Goux.
    En réponse…

    Cher Didier,

    J’existe tellement que tu écris  » BiBi n’existe pas », me rendant ainsi plus vivant encore !

    Pour moi, par contre, tu existes bel et bien. D’ailleurs, tu as eu l’honneur d’un billet très vivant avec ta petite virgule !

    http://www.pensezbibi.com/revue-de-presse/didier-goux-et-sa-petite-virgule-3996

    Répondre

  43. b.mode

    10 octobre, 2010 à 13:53

    Ses disciples et ses lèche-burnes sont encore plus graves ! ça sent le ranci et le vermoulu ! ;)

    Répondre

  44. Remi Begouen

    10 octobre, 2010 à 14:47

    Je plussoie aux avis, même tardifs, de Bibi et B.mode sur le sieur de mauvais Goux…

    Répondre

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