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Il y avait…

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erby19.jpgC’était dans une petite maison centenaire de la Saintonge, toute basse avec deux petites jardins, un de chaque côté, clôturée de murs en pierres sèches, avec le grenier aménagé en chambres à soupentes et un rosier grimpant à fleurs rouges à côté de la porte.

Un jardin avec de vieux fruitiers et un bananier (qu’est-ce qu’il faisait là ?) à gauche, le chai, derrière la maison, donnait sur le second jardin en friche et comportait un poulailler. Donc, me dis-je, je vais élever des poules. Et c’était parti, en acheter au marché, les trimbaler dans ma vieille deudeuche et installer tout çà, puis les faire grandir. A les regarder, c’est joli des poules, un coq aussi, çà garruche partout, çà chante et çà met de l’animation l’hiver quand elles viennent cogner du bec contre le carreau de la cuisine pour réclamer de la pâtée chaude …

Il y avait « la petite grise », « la rouquine » etc. … et toute cette petite bande, bien dressée par le coq, chaque soir s’alignait le rentrait l’une après l’autre dans le logis après avoir reçu chacune son « somnifère » de la part du maître de la basse-cour. Sauf, sauf … une, qui était rousse, méchante, hargneuse, qui se battait avec les autres, et qui m’attaquait quand j’allais dans « son » poulailler.

Ben ouiche, me dis-je un jour où elle m’avait énervée, tout tu vas à la casserole !

J’arrive à l’attraper, lui attache les pattes, ramasse mon démonte-pneus et crac, lui en colle un bon coup derrière la casquette. Elle se secoue, lève la  tête et râle, cot-cot-cot, pas contente du tout. Moi non plus, j’arme mon bras et vlan et vlan, tiens tu vas te taire comme çà ! Elle se secoue, relève la tête et rouspète en plus et encore plus. Ah non, c’est elle ou moi. Je vais chercher un couteau bien aiguisé, m’escrime à la coincer en mes jambes, attrape sa tête et taille un bon coup derrière la crête, ÇA VA SAIGNER ! …. Que nenni, elle relève la tête et je m’effondre en pleurs. Quoi faire maintenant, j’ai dû l’amocher, elle va être encore plus folle qu’avant si je la laisse … Je l’accroche à la porte du chai, vais chercher ma carabine et lui tire pas moins de six balles dans le crâne.

Pour sûr qu’elle était morte cette fois là ! Et moi, j’étais là, comme une idiote à chialer à côté de mon seau d’eau bouillante à regarder c’te bête morte !

J’ai sorti un poulet du congélateur, et suis allée mettre la mienne sur le tas de fumier du voisin en me disant qu’après tout les œufs c’était bon.

Je n’ai plus jamais essayé de tuer une poule.

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29 Commentaires

  1. babelouest

    18 juillet, 2010 à 6:53

    Ollé ! La Pecnaude en pleine Grande Bagarre avec les gallinacés de service ! Ouf, je serais bien en peine de tuer une poule, un lapin ou n’importe quoi.

    Là-dessus, « Vive la banane, passqu’y a pas d’os dedans ».

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  2. lediazec

    18 juillet, 2010 à 7:15

    Et vive le taboulé ! Beau voyage dans le temps. Les mises à jour sont opérationnelles : Erby du jour, la phrase, la zique et la mangeaille !
    Sur ce, je me prépare pour la partie de pêche du côté des 7 îles.

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  3. remi begouen

    18 juillet, 2010 à 9:07

    Ben ça alors ! Quelle aventure frissonnante !! Pour te consoler (?) je m’en vais t’en conter une autre du même tonneau. A l’époque, je n’étais encore que parisien fraîchement débarqué en Bretagne pour les beaux yeux d’une belle. Elle avait un poulaillier et elle me lance ‘T’es pas cap de tuer le méchant coq!’. Quoi?… Cocorico ! J’entre dans la basse cour, le coq blanc me saute dessus, il m’attaque à coup de bec ! Je ressors le temps d’enlever mon blouson pour en faire un filet à coq. La bagarre fait rage, nous roulons à terre, je finis par gagner la partie : la bête commence à étouffer dans le blouson… Je ressors avec ma proie enfermée, chercher quelque outil pour finir la besogne. Je trouve un gros marteau, c’est tout. Cela fara l’affaire. Je tape sur le blouson sérré, cherchant la tête. Peut-être quarante fois… je l’ai eu !
    On a mangé le coq et j’ai jeté le blouson, déchiqueté et sanglant… Je ne serais plus jamais boucher !

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  4. Didier Goux

    18 juillet, 2010 à 9:46

    On ne se méfie jamais assez des rouquemoutes, moi j’dis.

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  5. clomani

    18 juillet, 2010 à 9:46

    Nan mé… personne ne m’avait dit que j’entrais dans un club de massacreurs, en postant sur Ruminances…
    Le dimanche, c’est cruauté ! Pire que la messe quoi ! ;o))
    Bande de tueurs !
    Pov’ p’tite poule… pov’ coq. Quelles agonies ! Z’auriez au moins pu les euthanasier proprement.
    Je ne sais pas si je vais continuer à lire les billets du dimanche, entre Christophe qui nous raconte en détail la mort des bêtes qu’il va bouffer, et vous deux.
    Après, ça vous fait de la viande toute stressée… bien fait pour vous !

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  6. babelouest

    18 juillet, 2010 à 10:21

    Avec de la viande stressée, on fait des paniers…. Plié, le jonc ! Plié ! :) ;)

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  7. lapecnaude

    18 juillet, 2010 à 12:20

    Tirer et peut être tuer pour me défendre, çà j’ai su faire. Mais un animal, que j’ai élevé de mes blanches mains,non, même si elle était méchante, elle avait tellement envie de vivre ! J’en ai des remords. Sans vous dire des « bordées de canards sauvages » recueillis (17) qu’on est allés (une fois qu’ils étaient grands) les mettre en douce sur un étang, loin de chez nous … Et Zoé, l’oie, qui toute seule s’ennuyait, comme il y a un jard, un jeune veuf qui vivait au bout de ma rue, on lui a fait un beau mariage ! Et les lapins blancs ! Comme je ne savais pas reconnaître les mâles des femelles, çà donnait des bagarres et des petits en veux-tu en voilà, tous mes voisins en ont eu. Les poules elles, sont mortes de vieillesse dans une ferme de mes amis …

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  8. lapecnaude

    18 juillet, 2010 à 12:28

    http://www.youtube.com/watch?v=Csexsfd9jNs

    L’été par chez nous, dans l’ile d’Oléron, le mec à gauche avec sa guitare et ses cheveux afro, c’est le mari de Coco (qui va venir sur le blog) et c’est aussi mon fils !

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  9. lediazec

    18 juillet, 2010 à 14:14

    Je reviens juste de la pêche, je tombe sur ça : changement d’illustration pour ce papier. Un spécial Erby pour l’occasion, rien que pour Françoise ! C’est quand même beaucoup mieux !!!
    Merci René !

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  10. remi begouen

    18 juillet, 2010 à 14:20

    Non, Clomani, nous ne sommes pas une bande de tueurs : d’ailleurs ceux-là ne vantent pas leurs exploits, à commencer par les curés-de-la-messe-du-dimanche, qui ont tués ou fait tuer, avant, pendant et depuis l’Inquisition (ici et dans les colonies…) Bref, inutile de retourner à la messe, courage !
    Lorsque Lediazec sera revenu de sa balade aux 7 îles, il aura peut-être idée de vous raconter la mort de Fernande et de Ferdinand, sa dinde et son dindon… et là il n’a pas fait de tuerie, lui au moins !

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  11. lediazec

    18 juillet, 2010 à 14:32

    Ah, Fernand ! Ah, Fernande ! Je n’y pensais plus Rémi. Puisque nous traversons une période de poésie, qu’elle est l’ultime refuge du contrepied, voici :

    Il y avait
    Dans mes peurs
    Des noms de fleurs
    Plus personne
    Ne les regarde
    Plus personne
    Ne les remarque

    Il y avait
    Dans mes plaisirs
    De quoi se souvenir
    De quoi parfumer
    Deux ou trois sottises
    De quoi résumer
    Une chaleur exquise

    Il y avait
    Dans ma rétine
    Des lueurs vives
    Des candeurs enfantines
    Sans esquives
    Rétives
    Toujours subversives

    Il y avait
    Dans ce bonheur
    Quelques leurres
    De quoi faire
    Danser les fleurs
    De quoi faire
    Oublier mes peurs

    Il y avait
    Dans mes cellules
    Les négatifs
    Cette pellicule
    Onde captive
    La mémoire la ravive
    Au hasard des dérives

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  12. clarky

    18 juillet, 2010 à 14:35

    viens poupoule, viens poupoule, viens !

    la poule est l’avenir de l’hommelette, bon c’est dimanche, faut pas trop m’en demander non plus :)

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  13. lediazec

    18 juillet, 2010 à 14:37

    Salut Laurent. Je fais ma sieste et après je t’appelle, ça te dérange pas ?…

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  14. clarky

    18 juillet, 2010 à 14:40

    nan du tout, je vais y aller moi aussi, fait putain de chaud ici, j’ose même pas mettre le nez dehors de peur de me liquéfier ;)

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  15. lediazec

    18 juillet, 2010 à 14:40

    @ lapecnaude. Jolie version de Syracuse. Bien le bonjour de ma part à fiston !

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  16. clomani

    18 juillet, 2010 à 15:26

    Pecnaude, c’est Coco qu’on entend dire « c’est à cause de Syracuse que ch’uis tombée amoureuse » ???
    Merci pour ce morceau (bon, au niveau éclairage, y’aurait à redire… on ne le voit pas, ton fils… mais n’est pas pro qui veut).
    Clo, sortie de sieste. S’apprêtant à grimper à Montmartre.

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  17. clarky

    18 juillet, 2010 à 16:44

    rodo, cuando quieres hombre, ai fini la siesta mais suis encore plus décalqué, j’échange soleil contre pluie sans dec !!!

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  18. lapecnaude

    18 juillet, 2010 à 17:53

    Clomani – non, ce n’est pas Coco, ce doit être la chanteuse du groupe, qui a une sacrée voix pour le blues et qui est joliment faite (mariée, mère de famille et super sympa)

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  19. lapecnaude

    18 juillet, 2010 à 17:54

    Clo : c’est pas vraiment une question de lumière, c’est une question de couleur !

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  20. clomani

    18 juillet, 2010 à 18:57

    Y font chier ces noirs, ils prennent mal la lumière ;o))) !

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  21. lapecnaude

    18 juillet, 2010 à 20:16

    Y a tellement d’autres choses qu’ils font bien, y peuvent quand même pas tout !

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  22. remi begouen

    18 juillet, 2010 à 21:42

    J’ai rédigé il y a un bon quart d’heure un message : à l’envoi, mon écran m’a affiché quelque chose comme ‘un-bog est en maintenance quelques instants, patientez’… Le ‘quelques instants’ n’a pas fait paraître mon message, dommage !

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  23. lapecnaude

    18 juillet, 2010 à 22:19

    Qu’est-ce que tu voulais dire Rémi, çà marche !

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  24. remi begouen

    18 juillet, 2010 à 22:22

    Suite à la parution de mon précédent article, paru çi-dessus, j’ai à nouveau, de mémoire chancelante, refait mon message… à nouveau bloqué par la même annonce (‘maintenance’, etc). J’y parlais de poésie, en réponse à l’avis de lediazec. Unblog ferait t’il blocage lorsqu’on parle de Baudelaire???

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  25. b.mode

    19 juillet, 2010 à 10:21

    Mais non enfin rémi ! pas de parano ! unblog est meme un club de poètes ! ;)

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  26. remi begouen

    19 juillet, 2010 à 10:25

    Dans son commentaire d’aujourd’hui Lediazec confirme que ‘la maintenance de Unblog’ a semé la zizanie hier soir. Ce qui est bizarre est que deux messages (de moi et Lapecnaude) soient passés entre deux périodes de blocage…et que ceux qui ont été bloqués soient passés à la poubelle… enfin, c’est pas de la poésie, tout ça !
    Ce que je voulais dire à propos de poésie, c’est féliciter d’une part Lediazec de son audace à nous balancer son 2° petit-poème, et du choix du poème de Baudelaire en ‘phrase du jour’ : dans le lien, il y a un très bel accompagnement photographique du poème entier ! Té! ça me donne idée, pour le jour où mon scanner voudra bien marcher, de vous balancer un montage photo-poème…enfin, j’dis ça, mais ‘j’y pense et puis j’oublie’, souvent!

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  27. clomani

    19 juillet, 2010 à 12:11

    Je confirme, j’ai eu droit, hier soir à une « page en maintenance »… sur le coup de 20h il me semble…
    Donc j’ai pas insisté… ai tout éteint ;o)). Quand ça bogue, je me défile ;o))

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  28. clomani

    19 juillet, 2010 à 12:18

    Sinon, Pecnaude, tout à fait d’accord avec toi pour le « plein de choses » ;o)) Mais je persiste : difficiles à éclairer parce qu’ils brillent. J’ai fait un reportage dans ma vie, et un de mes interlocuteurs était un Antillais… le mal qu’on a eu à l’éclairer ! Fallait l’éponger toutes les 5 mn en plus et on n’avait pas de poudre spéciale vu qu’on était en extérieurs.

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  29. b.mode

    20 juillet, 2010 à 11:03

    ah les joies de la maintenancer unblog, un bien mauvais moment à passer mais point de complot anti-aède, rassurez vous ! ;)

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