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Le silence des Chagos

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Pour fuir les turpitudes de ‘l’affaire’ et le tapage à propos d’une île de ‘la dame’, j’ai eu idée de retourner silencieusement aux îles de l’Océan Indien, via ma bibliothèque, voyage pas cher. Je n’ai jamais été à Madagascar, aux Comores, aux Mascareignes, aux Seychelles, aux Maldives, aux îles Crozet et Kerguelen (etc.), moins encore aux Chagos… mais c’est là que je vous emmène, en silence.‘C’est une pluie d’îles posées sur la mer.’ Telle est la première phrase du récit signé  Shenaz Patel , édité en 2005 aux éditions de l’Olivier : ‘Le silence des Chagos’. Cette femme est née à l’île Maurice : elle est bien placée pour recueillir avec émotion les confidences de ‘déplacé(e)s d’office’ de Diego Garcia (des Chagos) vers Maurice.

Silence ! : Le récit est du registre de l’intime, si émouvant qu’il est impossible ici de le résumer. Sachez seulement que la langue créole locale y est parfois employée, avec un tel bonheur poétique qu’il est très souhaitable d’aller le découvrir dans le texte !

silencedeschagoscover.jpgMais j’ai retrouvé dans ce livre une coupure de presse (j’aime bien glisser ce genre de document dans mes bouquins) à propos des Chagos : Dans ‘le Monde’ daté du 6 mai 2005, Sarah Tisseyre signe un long article intitulé ‘Revoir Diego Garcia’. Extraits : ‘C’est en 1961, en pleine guerre froide que s’est noué le sort des Chagossiens. Le choix (de la Grande-Bretagne et des États-Unis) se porte sur les Chagos. Cet archipel (…) occupe une position stratégique, à distance raisonnable de l’Asie, du Proche-Orient, et de l’Afrique. Le plus vaste de ses atolls, Diego Garcia, s’étend sur 40km2, avec un lagon interne immense et profond, capable d’accueillir des porte-avions et sous-marins. (…) Aux Chagos, personne n’a connaissance des tractations en cours. Ils sont alors un peu moins de 2.000, essentiellement descendants d’esclaves, à peupler ces îles depuis près de deux siècles. (…) Pour finir, il suffira de trois rotations de cargo, entre 1971 et 1973, pour expulser les derniers habitants vers les Seychelles ou l’île Maurice.’

(…) Voilà que la scandaleuse propriété d’une île par ‘la dame’ est bien ridicule, soudain, par rapport au rapt par les États-Unis, via la Grande-Bretagne, d’un archipel vidé. Lequel sert de très puissante base arrière aux guerres en Irak et en Afghanistan, à la surveillance de la Somalie, etc. !!! :
Bienvenue aux touristes des îles de l’Océan Indien …

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15 Commentaires

  1. babelouest

    19 juillet, 2010 à 7:18

    D’un côté la poésie créole, de l »autre le brutal envahissement de paradis par des bas du front assoiffés d’attaques, de pilonnages et de conquêtes. Par la grâce de l’OCCUPANT de l’Élysée, nous sommes maintenant parmi les envahis, à notre tour. Qui y échappera ?

    Déjà, mon cousin Jean m’avait chanté le côté enchanteur de la résidence qu’il occupait, quand il avait son poste de l’Alliance Française dans le nord de Madagascar, du côté de Nosi Bé. Les Chagos, c’était sans doute encore mieux, avant…..

    Delenda est Washingto.

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  2. lediazec

    19 juillet, 2010 à 8:21

    Pas lu ce livre. Ca donne envie. Erby et phrase du jour, zique de clarky et recette de lapecnaude en place. Vais turbiner un brin. A toute.
    Pour cause de maintenance hier, accès au blog, nul. Tout est place désormais. Profitez-en !

    Dernière publication sur Kreizarmor : Place Vendôme, haut lieu de l'indécence

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  3. clomani

    19 juillet, 2010 à 9:33

    Tu as raison, Rémi, de voyager dans ta chambre… c’est souvent beaucoup plus enrichissant que de voyager avec des cargos de touristes ou avec des cargos de G.I.’s. De mon côté, je suis en train de me remémorer quelques uns de mes voyages au long cours pour en faire des petits morceaux de rêve à raconter ici. Pas si évident que ça. Rien de plus chiant que le commentaire touristique, rien de plus difficile à faire partager qu’un moment privilégié qu’on a vécu ailleurs.
    Pour en revenir à ton sujet, j’ai vu à la télé (ma culture est télévisuelle, pour cause…) un documentaire sur les quelques habitants survivants des îles Chagos. On racontait comment les Amères Loques s’étaient débarrassés fissa de tous les habitants de l’île surnommée Diego Garcia (le même nom qu’un ex collègue qui m’a rendu la vie impossible dans les années 90). L’un des témoins y retournait avec l’équipe de documentariste et racontait sa vie d’avant, et comment, en deux temps trois mouvements, les Ricains avaient embarqué tout son village à bord d’un bateau, en leur cachant leur destination. De plus, il n’a pas été si « évident » de tourner sur place ! Ben tiens ! Territoire sacré ! Base arrière des zincs qui vont surveiller les nouveaux territoires conquis !
    Quelle horreur !
    Partout dans le monde, et tout au long de l’histoire (Tasmanie, Palestine, Afrique noire), les Occidentaux ont déplacé des populations qui les gênaient dans leur conquête de territoire… si les locaux se montraient rétifs, on les tuait… et ça continue encore et encore…

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  4. clomani

    19 juillet, 2010 à 9:36

    Houah, la zique : merci pour cette madeleine de Proust… souvenirs, souvenirs…

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  5. babelouest

    19 juillet, 2010 à 10:22

    Tiens, je ne connaissais pas….

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  6. b.mode

    19 juillet, 2010 à 10:23

    Bons baisers de Lacanau et longue vie à ruminances ! je sais, c’est bateau mais que voulez vous d’où je suis je n’ai pas le temps de lire les billets ! :oops:

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  7. clarky

    19 juillet, 2010 à 14:22

    t’es pas en train de surfer bernard ??!!?? tu restes dans le vague à ce que je vois :)

    erf clo, me parle pas de proust, ça me fait le même effet qu’unblog quand ça merdouille sa race, une belle enculerie en somme, mais là je dois manquer d’humour ;)

    les who et les couleurs, c’est ça être à la mods, mais chut, parait que c’est de la sous-culture !

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  8. clomani

    19 juillet, 2010 à 15:15

    Les Mod’s et les qui déjà, en face ?
    Je n’ai pas dit que les Who étaient mes préférés… de toutes façons, j’ai envoyé ma playlist, j’arrête pas de proposer mais le Rédac.chef ne doit pas avoir les mêmes goûts que moi… pourtant, j’y ai mis des chansons en espagnol, d’autres en wolof, en portugais, en turc, etc ;o))… Nan, j’rigole, Rodo, pas taper !
    Je suis en train d’en chercher une bonne des Rolling Stones… mais je peine, je peine parce que me souviens plus du titre et que mon vinyl est introuvable dans ma caisse à vinyls…

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  9. clarky

    19 juillet, 2010 à 15:25

    les mods se fightaient avec les rockers, voir le film quadrophenia ;)

    oh, y’a pas de chef ici, manquerait plus que ça !!!

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  10. clomani

    19 juillet, 2010 à 15:40

    Clarky, c’était pour « flatter », je lêche figure-toi (mais rassure-toi, ça ne marche pas). ;o)))

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  11. clarky

    19 juillet, 2010 à 15:53

    tain clo, on dit pas je lèche mais je suce, pfffffff, on peut plus se fier à dégun :)

    bon, voilà, je pars en live, la chaleur assurément.

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  12. clomani

    19 juillet, 2010 à 20:18

    Rien à voir… mais j’essaie de changer d’avatar (rien que voir la toque, ça me donne chaud)… impossible. C’est quoi ce site où on est fiché à vie ??? ;o))

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  13. babelouest

    19 juillet, 2010 à 21:16

    J’ai réussi à changer, en m’y prenant à 3 ou 4 fois…

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  14. clarky

    20 juillet, 2010 à 0:34

    pour faire simple, mais sous unblog ça ne l’est jamais :) , faut aller dans la console admin, y’a un machin qui s’appelle avatar/changer mon avatar, faut uploader ton nouvel avatar à partir de parcourir (lui donner le chemin sur ton dur)et te le coller à la place de l’autre, bon c’est de mémoire et je garantis pas la véracité de mes dires ;)

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  15. remi begouen

    20 juillet, 2010 à 19:09

    Dans le cadre d’une ‘brévitude’, j’ai bien conscience de n’avoir pas informé du style du bouquin. Donc, en voilà un exemple (p62):
    ‘Elle lui tend son grand sac, qu’il remplit de sa ration pour la semaine : dix livres de riz, cinq livres et demie de farine, une livre de lentilles, une livre de dholl, une livre de sel, deux bouteilles d’huile.
    -Ou bizin lézot zafer, madam Charlesia ?
    Elle réféchit quelques secondes. Il lui faut (…) des cigarettes et des allumettes. Le magasinier la sert, fait le compte pour ces dernières denrées et l’inscrit dans son carnet. Puis il passe au suivant.
    -E Missié, ou pa finn blié narien? l’interpelle Charlesia.
    Il la taquine toujours en faisant semblant d’oublier jusqu’à ce qu’elle le rapelle à l’ordre. Elle lui tend à nouveau son sac, et cette fois il y dépose, entre le riz et la farine, les deux litres de vin auxquels son mari et elle ont droit, comme tous les autres, le samedi.’
    Ceci n’est qu’une anecdote parmi d’autres de la vie Charlesia. Dont l’essentiel reste de venir régulièrement au port, dans la vaine attente d’un bateau qui la ramènera dans son île natale…

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