( 31 juillet, 2010 )

L’impossible Frontière

sahara21.jpg

Il existe de multiples exemples de frontières aberrantes et très malheureusement déclarées ‘intangibles’ par l’ONU (le pire étant que la même organisation a condamné, virtuellement, Israël, à renoncer à ses conquêtes territoriales de 1967 en Palestine et au Golan Syrien, mais, qu’en fait cet état a imposé ses vues, avec par exemple le monstrueux mur illégal en Cisjordanie).

Mais là je vous cause de la plus longue frontière artificielle du monde, au Sahara. Cela s’est passé entre un commandant (4 barrettes sur l’épaule) face à un capitaine (3 barrettes), vers le milieu du XIX° siècle. L’un venait du Nord, l’Algérie conquise, l’autre du Sud (l’Afrique Noire conquise). Ils établissaient des postes aux limites provisoires de leurs zones et donc finirent par se rencontrer quelque part dans l’immense désert. Comme ils étaient de la même armée coloniale, française, le subordonné se mit au garde-à-vous devant son supérieur et l’on traça une ligne de démarcation tout à fait ‘réglementaire’, avec une règle sur une carte (très grossière !) entre le Maroc et le Tchad. Tracé uniquement destiné aux zones administratives et provisoires des (maigres) troupes françaises. A la même époque, il y eut à Fachoda (Soudan) un dur contact entre une expédition française croisant cette fois le grand ‘ennemi en colonisation’ britannique. Ce fut la ‘reculade humiliante de la France’, qui rêvait (sic !) de relier Djibouti à Dakar sous son drapeau.

Cette ‘humiliation nationale’ a joué pour la suite aberrante : la ‘très glorieuse’ transformation d’une ligne militaire, provisoire et grossière, en ‘frontières’ d’entre la colonie du Nord et celles du Sud du Sahara, à l’Assemblée Nationale. Il y eut certainement la paresse, surtout, de nos chers parlementaires à creuser la question : il ne s’agissait que de sables paumés, après tout… Un peu comme un roi de France avait déclaré à propos du Québec : ‘Ce ne sont que des arpents de neiges dont nous n’avons que faire’…

Il y a bien sûr une très faible densité de populations dans ces régions arides et les parlementaires parisiens n’en avaient cure, tout comme on ignorait les tribus des autochtones du Québec d’autrefois. Le vrai problème s’est beaucoup aggravé avec les indépendances des années 1960, pour l’unique raison de ‘l’intangibilité des frontières historiques’ (tu parles, Charles !), qui a beaucoup nuit aux peuples nomades de cette immense région, principalement les Touaregs au Sahara et les Peuls au Sahel (pour résumer). Qui ne sont pas, évidemment, historiquement, rattachés aux entités étatiques de l’Algérie, Mauritanie, Mali, Niger…dont les frontières furent établies entre un 4 et un 3 galons de l’armée coloniale !

touareg.jpgLes Touaregs (probablement venus de l’Égypte pharaonienne) étaient d’ailleurs non seulement en mouvement – en tant que caravaniers – entre ces quatre Etats artificiels, mais aussi en Libye, Tunisie, Tchad et au sud du Maroc. Les Peuls, eux, surnommés parfois ‘les Tsiganes d’Afrique’, étaient éleveurs de bovins et caprins, au travers de la plupart des Etats (aussi artificiels) sub-sahariens. Bref, c’était un aperçu des horreurs du legs de la colonisation, ici française… mais c’est pas mieux au Soudan (ex anglo-égyptien, en fait anglais) ou en Somalie (ex Italienne, anglaise et française… et place forte de la piraterie maritime, faute d’État !).

Ce billet est bien sûr dû à l’assassinat, dans ce ‘triangle maudit’ des frontières sahariennes, d’un vieil humanitaire français respectable, dont on fait un ‘foin’, histoire de parler d’autre chose que de ‘l’affaire’, en haut-lieu bling-bling. Lequel se garde bien de revenir sur l’histoire coloniale de ce ‘triangle’ aberrant, bien antérieur à celle du phénomène trans-frontière de l’islamisme radical, certes cruel, criminel, terroriste, mais qui a ses racines historiques dans le colonialisme cruel, criminel, terroriste, de l’Europe d’hier, notamment en Afrique et au Moyen-Orient…et ce ne fut guère mieux en Amérique et en Asie.

Revenons à Michel Germaneau, cet humaniste de 78 ans, assassiné suite à la tentative ratée de sa libération armée. C’est le genre d’homme, rare, qui sauve un peu l’honneur perdu des coloniaux, je fais ici référence au courageux livre de François Maspéro dénonçant ‘L’Honneur de Saint-Arnaud’ (Plon 1993).

Michel Germaneau me fait penser, même physiquement, à Théodore monod.jpgMonod, le grand savant du désert, marcheur infatigable de la Mauritanie au Tchad, et penseur génial. Qui a dit, par exemple : ‘On entre au Sahara comme en religion’…et aussi ‘Le 6 mai 1945 –bombe d’Hiroshima- signe la fin de l’ère Chrétienne’ – voir le livre d’Isabelle Jarry ‘Théodore Monod’ (Plon 1990), magnifique hommage. Peut-être en saura-t-on un jour plus sur la vie de Michel Germaneau : ce sera plus important que les actuelles rodomontades du cocorico-en-chef…

Dernière analogie entre ces deux hommes exceptionnels : leurs liens affectueux avec les populations locales, du fait de leurs vies simples et dévouées. Monod a eu la chance de mourir, presque centenaire, de sa belle mort, pas Germaneau, hélas. Les brigands qui l’ont tué méritent certes châtiments. Mais il faudrait ici, d’abord, balayer devant sa porte, dans l’hexagone, dont les brigands font ‘cocorico’…

Et pendant ce temps là, règnent sables et cailloux sur une surface grande comme l’Europe, absurdement découpée en frontières impossibles !

92 Commentaires à “ L’impossible Frontière ” »

1 2
  1. babelouest dit :

    Géniale perspective qui démontre que là aussi, les hommes blancs (car ce sont des hommes), agressifs et stupides, ont pu plaquer sur une planète unie leur façon de découper le gâteau sans aucune considération pour l’existant. Funeste réflexe de dominants ivres de testostérone, pulsions incontrôlée de prédateurs arrogants et insensibles ! Les rois de la finance font aujourd’hui la même chose, avec d’autres armes, mais les mêmes résultats.

  2. remi begouen dit :

    Merci beaucoup, Rodolphe, de ta mise en page avec ses trois photos, les deux premières sont magnifiques. La troisième est la converture d’une des biographies de Théodore Monod. Comme on ne peut agrandir l’image, on a du mal à comprendre laquelle. En cherchant sur Google, j’ai compris qu’il s’agit du livre de Sylvain Estibal ‘Théodore Monod, une vie de saharien’, Editions Vents de Sable, 1998. Je n’ai lu que celle d’Isabelle Jarry, dont je parle dans l’article, et que je recommande. Mais, à l’occasion, j’irai bien lire celle-là aussi !

  3. lediazec dit :

    Un papier que j’ai aimé mettre en page. Ah, ces histoires de frontières tracées à la boustrouille, au nom d’on ne sait quel intérêt « supérieur ». Mais chut ! On risquerait de passer pour d’affreux « staliniens ». S’interroger devient suspect par ces temps de dérives.

  4. lediazec dit :

    N’oublions pas les mises à jour : Erby et l’écho des festivals, la zique du jour et la préface de Léo Ferré, le plat du jour de la pecnaude et la phrase piochée chez Mtislav.

  5. clomani dit :

    Très beau, ton texte, Rémi… Merci pour ce rappel de l’histoire pas si vieille que ça. C’est vrai qu’ils se ressemblaient, les deux « Français du désert ». Il me plaît d’imaginer qu’un jour, nous soyons tous des Français du désert, respectueux de ceux qui n’ont pas la même culture que nous, ni la même religion et que nous ne passions pas pour des fous dangereux ou des « pleureuses » pour l’Afrique.
    J’aimerais que les Occidentaux deviennent tous, un jour, ces sages du désert. Il faudra certainement en passer par un énorme cataclysme ou une abominable guerre pour çe faire, je le crains.
    En attendant, restons fous ou tendons à le devenir comme Monod et Germaneau.

  6. Didier Goux dit :

    Une frontière étant très souvent une construction purement culturelle (au sens le plus large du terme), qu’elle soit toute droite ou se tortille comme un vermisseau me paraît assez secondaire, je dois dire. Après tout, c’est de cette manière que les Américains ont tracé les leurs, entre les différents états, et ils ne semblent pas qu’ils s’en portent plus mal.

    Sinon, je suis bien aise d’avoir vu voir ressurgir la vieille tarte à la crème du terrorisme islamiste engendré par le colonialisme : c’est toujours rafraîchissant. Et même le méchant sionisme est présent à l’appel, avec son mur-de-la-honte et toussa…

  7. Didier Goux dit :

    « Et ils ne semblent pas s’en porter plus mal » : merci d’avoir rectifié de vous-même ma consternante bévue…

  8. babelouest dit :

    « Et ils ne semblent pas s’en porter plus mal »
    Les envahisseurs, non. Les autochtones, si. Mais comme ce sont les « vainqueurs » qui écrivent l’Histoire….

  9. lediazec dit :

    Ont-ils une âme, ces autochtones ? C’est vrai, putain de dieu ! On va chez eux, on leur pique tout ce qui représente de la valeur pour nos royaumes, on leur fourgue la syphilis et on leur passe la bible pour les consoler. Si d’aventure, quelque indigène trouve la chose obscure, voire révoltante, on le passe par les armes et on explique dans des livres richement reliés qu’ils ne savent pas lire. Qu’ils n’ont rien compris !
    Ah, le cynisme, toujours le cynisme ! Je vomis à la gueule de ces salopards !

  10. Didier Goux dit :

    Babelouest : je vois mal en quoi la situation des Indiens serait moins scandaleuse avec des frontières inter-états respectant le cours des rivières ou des collines…

    Et je suis bien aise de constater que, tout comme moi, vous vous préoccupiez du sort fait aux autochtones, d’Amérique ou d’ailleurs.

  11. clomani dit :

    Houla, ça sent le Chouan là non ?
    En tout cas, une fois de plus, le sieur Goux montre le bout de son nez… dès lors qu’on aborde un des côtés de la « colonie », le revoilà, sentant la nostalgie guerrière. Le Roumi chez les Ruminants. Ca ferait un très bon titre de Tintin (du genre « Tintin au Congo »)…
    En passant, il oublie que les Américains ont dessiné leurs états après avoir chassé et surtout parqué les indigènes qui étaient là avant eux. En passant aussi, ils leur ont fourgué de l’alcool et distribué sciemment des couvertures ayant couvert des malades de la variole ou tout simplement de la grippe.
    Ca s’appelle un génocide, M’sieur Goux… Pour vous informer un peu mieux, je vous invite, vous qui êtes si « littéraire », à lire « le livre blanc de l’ethnocide en Amérique, du Canada à la terre de Feu, les civilisateurs instruisent leur propre procès ». C’est LA référence française (et au passage à l’origine de la Faculté d’Ethnologie Paris VII) : Robert Jaulin, qui a réuni des textes et documents. La collection s’appelle « anthropologie critique » et c’est chez Fayard.
    Et, pour ce qui est du contemporain, je vous renvoie aux divers « murs de la honte » : Sud des USA, Israël qui le construit en empiétant sur les territoires qu’il occupe, surtout ceux où il y a de l’eau… histoire de permettre aux colons venus de France et de l’Est de pouvoir « rafraîchir leurs cités-dortoir HLM toutenbéton ».

  12. remi begouen dit :

    Allons, allons, M’sieur Goux ! Un peu de bon sens ! Toutes ‘culturelles’ qu’elles soient, les frontières, il y a une sacrée différence entre une ligne droite tracée d’un point A à un point B, en ignorant tout du terrain, et les frontières (plus ou moins)’naturelles’ que sont les côtes, les crêtes de montagne, les fleuves, les lisières de forêts, etc : tracés qui se ‘tortillent’ certes, et sont souvent conséquences de guerres, certes.
    ‘Les frontières on s’en fout!’ ai-je clamé avec tant d’autres, après ‘l’expulsion du juif-allemand Cohn-Bendit’ après mai 68. Et ‘on veut expulser’ aujourd’hui des Français-d’origine-étrangère-coupables-d’agresser-nos-flics… : Nicolas va se retrouver en Hongrie, à ce rythme, puisqu’il est coupable de multiples agressions, non seulement contre nos flics (d’après leurs syndicats) mais contre nos fils, nos filles et nos compagnes…et nous-mêmes, par millions et millions !!!

  13. remi begouen dit :

    Je souligne une précision : cette ligne rectiligne aberrante n’était qu’un pointillé provisoire, un arrangement d’entre soldats français, pas du tout destinée à devenir ‘frontière’. On me rappelle par ailleurs que ‘l’humiliation de Fachoda’ (d’entre concurrents colonialistes et pas ‘ennemis’ comme je l’ai écris) date de 1898, bien après cet accord saharien. Certes, mais je crois (je n’arrive pas à le vérifier!), d’après mes souvenirs de lectures, que le vote de l’Assemblée Nationale instituant si bêtement cette ligne en ‘frontière’ a été fait après Fachoda, au tournant du siècle, ‘pour sauver l’honneur’, cocorico !

  14. clarky dit :

    j’avais pas trop le temps de commenter les autres billets, mais celui-là résonne en moi.
    merci rémi d’évoquer monod, que j’ai adoré lire et qui m’a fait aimer le désert, même si je n’y foutrai jamais les pieds, trop de sable !

    quant aux frontières, nos vies en sont emplies, un simple mur de clôture est déjà une frontière…

  15. clarky dit :

    je sais pas à qui l’on doit le ferré du jour, mais ça fait du bien de l’écouter à nouveau, et c’est tellement d’actualité ;)

  16. clomani dit :

    Oui, je plussoie à la dernière déclaration de Clarky : merci pour le Ferré du jour. J’allais proposer « les anarchistes » et « Pépée » à nos « animateurs » (ch’ais plus comment les nommer)… mais vraiment, celle-ci tombe à pic. Merci à Ferré et à celui qui l’a dégotté…

  17. Didier Goux dit :

    Mme Clomani, j’adore vraiment cette manie que vous avez, à chaque fois que je ne rentre pas dans votre moule de pensée, de supposer que c’est parce que j’ignore tout de la question du jour. Je vous sais gré des efforts que vous faites pour me dégrossir, sachez-le. Néanmoins, si vous remonter lire mon commentaire à Babelouest, vous constaterez que je nie pas que des misères aient été faites aux Indiens d’Amérique (lesquels passaient avant cela leur temps à se faire la guerre et à s’entre-tuer, mais c’est une autre histoire): je parlais juste des frontières entre les États. D’autre part, à parler de « génocide » à tout bout de champ et à tout propos, vous allez finir par nous vider ce mot de tout sens intelligible et on sera bien avancé, tiens ! Il me paraît personnellement fort difficile de parler de « génocide » (qui suppose une volonté d’annihilation, laquelle n’existe que dans vos préjugés anti-Occidentaux) quand les trois quarts des Indiens sont effectivement morts à cause de virus contre lesquels ils étaient sans défense (au passage, j’aime beaucoup les couvertures qu’on leur a distribuées EXPRÈS : c’est très frais, très « fun »…). Observation qui ne vise nullement, dans mon esprit, à minimiser les massacres qui ont effectivement eu lieu ni la manière indigne dont on les a traités (mais moins brutalement indigne, toutefois, que la castration qui attendait les esclaves noirs lorsqu’ils arrivaient en Arabie…). Mais, enfin, je suppose que vous n’allez pas me croire…

    Quant à cette « nostalgie guerrière » que vous m’attribuez si gaillardement, alors là, elle me laisse sans voix. Mais avec un petit sourire tout de même.

    Enfin, pour la « Préface » de Ferré, je crois bien que je dois encore être capable de la débiter sans me tromper d’une virgule. Est-ce ma mémoire qui me joue des tours, à ce propos, ou bien est-ce que ce texte s’appelle ainsi parce qu’il s’agit bel et bien d’un extrait de la préface que Léo a écrite pour son recueil « Poètes… vos papiers ! » ?

  18. lapecnaude dit :

    La différence entre « le droit du sol des premiers occupants » et du « du droit des occupants » … vaste problème à l’échelle mondiale. Que ce soit en Amazonie, en Afrique, seuls les occupants par la force semblent avoir des droits. Que les frontières aient été, même lors de la dernière décolonisation, faites sans tenir compte des peuples installés sur les territoires et d’une façon aberrante, c’est un fait. Reste à savoir si on doit continuer à critiquer ou faire avec. Chacun, selon sa morale peut avoir son avis.

    Nous ommes des gens du XXI° siècle avec des moyens énormes par rapport à ceux qu’avaient ceux qui sont allés conquérir par la force ces territoires. Est-ce que les militaires savaient en distribuant ces couvertures infectées qu’elles étaient porteuses de bacilles mortels ?
    Bien plus graves, cependant sont les actions de ces « défricheurs » de la forêt primaire en chassant et tuant les tribus indiennes… là il y a génocide.

    Mais il existe une autre sorte de génocide, beaucoup plus insidieuse, plus vénale, c’est celle des petites phrases haineuses dispensées chaque jour envers une fraction de la population. C’est une méthode de propagande connue mais toujours efficace sur les esprits simples >, > … même, documents à l’appui, les musulmans sont des nazis … Enfourchant joyeusement le blanc destrier de nabot-sarko, on en remet une couche chaque jour. Et ensuite, > …

    Mais je m’éloigne du commentaire de Rémi, que j’ai trouvé beau.

  19. b.mode dit :

    Une chose est sûre ! Comme eut pu dire Titi Rolland, Claudine et Didier ne passeront pas leurs vacances ensemble ! dommage c’eut pu accoucher d’un être hybride étrange et néanmoins intéressant ! ;)

  20. lapecnaude dit :

    mauvaise manoeuvre, dans le dernier paragraphe, il faut lire :
    >, > et d’autre part > … (même, documents….la suite).

  21. lapecnaude dit :

    comment se fait-il qu’une partie de mon commentaire n’arrive pas à passer ?

  22. b.mode dit :

    Sarko à Grenoble, les relents nauséabonds des années trente ! On aura désormais tout vu ! il ne lui manque plus que la moustache carrée !

  23. lapecnaude dit :

    Bon, c’est comme çà, je vais me coucher !

  24. b.mode dit :

    je sais fran ! c’est à cause des balises ! ré-essaie sans cela ! sinon bonne nuit ! et bises ! :)

  25. clomani dit :

    Monsieur Goux,
    Sachez que l’inventeur du mot génocide est justement Robert Jaulin lui-même et que je n’ai fait que reproduire le titre du bouquin, fruit de ses recherches.
    D’autre part, si pour vous, les Indiens d’Amérique du Nord se cantonnent aux images véhiculées par les westerns états-uniens, votre connaissance est bien pauvre. Ce que vous appelez guerre était, chez certaines tribus seulement (et pas toutes), un moyen d’aller à la rencontre de l’autre. Il n’y avait pas de morts. Les affrontements étaient plus du domaine de la confrontation physique que de « je veux t’éliminer » et le calumet de la paix faisait le joint, après la rencontre, entre ce qui s’était passé horizontalement : la rencontre et la paix entre deux tribus sur deux territoires, et verticalement, la rencontre avec les dieux à l’aide de la fumée du calumet.
    Vous allez encore me trouver angélique ou célestine mais tels étaient la plupart des Indiens d’Amérique du Nord, avant qu’ils ne rencontrent l’envahisseur Grand Breton. Après, ça a changé…
    Si elle n’est guerrière occidentaliste, votre vision est très occidentaliste et ethnocentrée en tout cas.

  26. lediazec dit :

    @ Bernard. Clomani et Didier en vacances ensemble. Yes !!!

  27. b.mode dit :

    françoise, n’utilise pas les signes « > et

  28. b.mode dit :

    le signe « > »

  29. clarky dit :

    ah bon, je croyais que c’étaient les frontières, les causes du problème ??!!??

  30. clarky dit :

    la vache françoise, tu te couches méchamment tôt !

  31. b.mode dit :

    fontières, balises, dérives sémantiques… Fil barbelé !

  32. b.mode dit :

    ah bon tu savais pas Lolo que la Fran se couchait à l’heure des ruminants ? les vrais… :)

  33. clarky dit :

    nan, mais faut bien t’avouer que je sais que je sais peau de zob…

    tain tu sais quoi, guigui devait passer ce midi, et j’attends encore :)
    lui quand il descend sur marseille, il va direct à la plage et là c’est comme monod, il arpente le sable chaud en quête d’une bouche aspirante…

  34. b.mode dit :

    Le jour où il sera à l’heure sézigue, on pourra faire un pélerinage à genoux jusqu’à des coquilles st jacques compostées…

  35. clarky dit :

    purée, la seule chose que j’arrive à composter c’est un billet de train, sinon, moi je suis plus moule !

  36. b.mode dit :

    Révisite Bunuel et sa voie lactée ! un must ;)

  37. clarky dit :

    oh punaise, ce bunuel là je l’ai vu qu’une seule fois, m’en souviens que vaguement.

  38. clomani dit :

    Avertissement à tous :
    Je pars toujours seule en vacances…
    Alors surtout n’essayez même pas de me faire partir avec M’sieur Goux ! Ch’erais capable de me faire un zona rien que d’imaginer les préparatifs ;o)).
    Moi qui voulais vous parler du Mexique, hors plages de sable blond, hors sites mayas envahis de touristes… il m’en coupe l’envie tiens… ;o((

  39. clomani dit :

    Sinon, chez moi, on dit se coucher quand les poules ! ;o))

  40. b.mode dit :

    se coucher avec les poules… ;)

  41. Didier Goux dit :

    Mme Clomani : rassurez-vous, vous n’êtes pas la première à qui je coupe l’envie. Sinon, rien que pour cette phrase, je me sens à votre endroit débordant d’une gratitude allègre : « Ce que vous appelez guerre était, chez certaines tribus seulement (et pas toutes), un moyen d’aller à la rencontre de l’autre. » Ça mériterait bien un p’tit billet, mais bon : je ne peux tout de même pas ne parler QUE de vous…

    B. Mode : qu’en savez-vous (je parle de ce projet de vacances communes) ? Je sais être très fréquentable, dans la “vraie vie”, vous savez. Et comme j’ai mouliné le discours d’extrême-gauche pendant presque 25 ans, je peux m’y remettre sans problème, pour faire plaisir et ne pas pourrir l’ambiance. Un peu comme les chansons de Ferré, si vous voulez…

    En plus, je chante très bien, paraît-il (pour un mec de droite, s’entend).

  42. Didier Goux dit :

    Ah, j’ai oublié un truc ! Vous avez tout à fait raison sur au moins un point : ma vision EST occidentaliste et ethnocentrée, en effet. La vôtre aussi, du reste, mais comme vous l’avez totalement inversée, vous ne vous en apercevez pas. Si vous voulez, on développera ça demain ou un autre jour, si la chose vous amuse : pour l’instant, moi aussi, je vais me coucher…

  43. b.mode dit :

    Didier ! les vacances c’est impossible même avec son meilleur ami ! alors avec les autres… :)

  44. clomani dit :

    Bizarre, parce que dans votre citation, M’sieur Goux, vous omettez justement les détails qui suivent : pas de morts et un rituel de rapprochement ensuite. En cela, vous montrez votre ethnocentrisme.
    Il s’avère que j’ai été en fac d’ethno… et que j’avais choisi les Amériques comme « terrain ». Donc mes profs devaient être des abrutis à vos yeux puisqu’ils ne prononçaient pas le mot de guerre en parlant des Indiens d’Amérique du Nord. Mais vous, vous avez la science infuse, M’sieur Goux, puisque vous vous insinuez vicieusement dans un sujet qui vous « branche »… la guerre ? Peut-être jouez-vous au « général » avec des petits soldats de plomb pour vous donner l’impression d’être un grand stratège, comme les les Israéliens qui disent « une bonne paix ne s’obtient qu’après une bonne guerre »… ou comme nos vieux généraux de la guerre de 14 qui envoyaient les trouffions au casse-pipe , tranquillement planqués sur les bases arrière… et leur faisaient des procès expéditifs puis les exécutaient pour désertion ? Je vous vois très bien jouer les vieux schnocks dans « les Sentiers de la Gloire » de Kubrick.
    Si vous le voulez, faites donc votre petit billet de pédant, vous adorez ça. Je n’ai en tout cas pas la prétention, moi, d’intéresser vos thuriféraires ou vos laudateurs, encore moins votre fan-club si vous en avez un. Je ne vous ferai jamais le plaisir d’aller vous lire. Vos petites pétoles de chèvre sentent mauvais (ça c’est du patois de chez moi)…
    Restez donc ce bon critique littéraire, selon quelques ruminants. N’étant pas une littéraire, je n’irais pas vous lire ni vous critiquer.
    Si vous avez mouliné le discours d’extrême gauche pendant 25 ans… je comprends mieux… Y’a pas pire que les convertis qui passent à l’extrême !

    Sinon B.Mode, chez moi, on disait « quand les poules »… ce qui voulait dire « avec les poules » en effet… expression du terroir j’imagine ;o).

  45. Suzanne dit :

    Les guerres entre les Hurons et les Iroquois étaient sympas, dans le genre connaissance de l’autre et affrontement bon enfant. Les vainqueurs mangeaient les organes des vaincus, ils en avaient donc effectivement une connaissance, euh, intime.
    (Gilles Havard, Cécile Vidal, Histoire de l’Amérique française)

    Les Apaches étaient des guerriers nomades qui pillaient les Indiens sédentaires et zigouillaient sans pitié. Ils ont d’ailleurs donné beaucoup de fil à retordre aux colons.
    Les Comanches étaient un peuple très guerrier aussi…
    Les Sioux ont viré beaucoup de tribus de leurs territoires, et pas en douceur.
    Bon, c’est ce qu’on peut lire dans les livres d’histoire.

  46. lapecnaude dit :

    Je reprends donc après avoir arrosé mes rosiers, ils avaient presque aussi soif que Didier Goux à l’heure de l’apéro, quoique que lui perde souvent la notion de l’heure en la matière.
    «  » Mais il existe une autre forme de génocide beaucoup plus insidieuse, c’est celle des petites phrases haineuses dispensées chaque jour envers une fraction de la population. C’est une méthode de propagande un peu usée mais qui a fait ses preuves au siècle dernier, elle est efficace sur les esprits simples «  »on va vous islamiser »", «  »bientôt on ne verra plus NOS clochers, on ne verra que les MINARETS des MOSQUEES »", et même, documents à l’appui, «  »les musulmans ont toujours été des nazis »". Enfourchant joyeusement le blanc destrier de Nabo-sarko, on en remet une couche chaque jour. Et ensuite la bouche en coeur «  »raciste moi ? dites çà à mon copain, il est là au bout du comptoir de mon bistrot préféré, ils est noir et même plus noir que mon chien »" …
    Je m’attends à ce qu’il souhaite que le nabot décrète « la charia franco-hongroise », après tout, après s’être attaqué aux « issus de minorités », faudrait que Didier Goux change vite d’opinion s’il ne veut pas que sarko s’en prenne à ses amis les plus chers, on a déjà vu çà … avant.

  47. lapecnaude dit :

    Eh Suzanne, çà vous plairait que des gens d’un autre pays viennent s’installer dans votre jardin, y posent des clôtures de barbelés et vous tirent comme une lapine ?

  48. Suzanne dit :

    La pecnaude: non, évidemment! Mais c’était avant l’arrivée des colons, ils se battaient entre tribus, entre eux. Ce ne sont pas les Espagnols et les Irlandais qui ont inventé le scalp…

  49. Suzanne dit :

    (ce qui ne diminue en rien les malheurs qu’ils doivent aux blancs, évidemment)

  50. clomani dit :

    Par qui ont été écrit les livres d’histoire, déjà ?
    Rien que les nôtres disent des âneries… la Bible aussi…
    Il est vrai que certaines tribus indiennes pratiquaient ce qu’on appelle la guerre… mais que dans leur cosmogonie, ça n’était pas pour détruire l’autre ou l’asservir, comme dans la nôtre. C’était pour acquérir plus de force, se concilier le soleil, etc.
    C’est en cela qu’il ne faut pas analyser les us et coutumes d’autres peuples, anciens de surcroît, en les jugeant du haut de notre culture impérialiste… mais avec le regard le plus naïf possible.
    Parce que l’ethnologue sait pertinemment qu’il recueille les derniers soubressauts d’une culture restée primitive, et comme disait l’anthropologue parlant hier d’une des dernières tribus nomades du Sarawak (Arte), nous allons vers une seule et unique culture « mondiale »… certains volontairement, nous, les dominants… hélas d’autres se voient imposée cette culture dont ils ont été éloignés toute leur vie… Les survivants en mourront et c’est pour cela qu’il faut absolument conserver, répertorier, donner de la matière pour comprendre ces civilisations moribondes.
    L’ethnologue ne juge pas… il note, il fait des diccionnaires, il explique… il influe certainement d’unefaçon ou d’une autre la civilisation qu’il observe, comme les observés influent sur l’ethnologue…
    Mais c’est là que réside, pour moi, l’intérêt de l’altérité… surtout se garder d’un jugement quelconque.

1 2

Fil RSS des commentaires de cet article. | Trackback

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

|