( 31 août, 2010 )

Photo de famille (suite)

lescrabes.jpgAu départ ceci devait être un commentaire. Je viens de passer une journée décontractée du côté de Brest, à Milizac pour être précis. Et à Milizac, dans le parc d’attraction, la Récré des 3 curés. Une journée pour les enfants, juste avant la rentrée. De la détente, de l’insouciance. Du plaisir. J’ai fait tout ce qu’on peut faire quand on n’a pas envie de tout faire. La gueule ouverte par l’émotion légère, je n’avais qu’une peur : qu’une guêpe baladeuse – il y en avait pas mal – ne vienne s’engouffrer dans le gosier.

Au départ, ma photo de famille faisant état de l’université PS de La Rochelle, était un instantané comme on en collectionne quelque part au fond de son désespoir, tiroir où se range le désordre d’une idée cahotée par les trahisons et parfois l’infamie. Ne soyons pas choqués, j’ai bien écrit infamie, parce que trahison. Une chose ne pouvant pas se débarrasser de l’autre par pur artifice du vocabulaire.

En évoquant cette photo de famille, je parle d’une famille que je pense mienne, que j’ai aimé, que j’ai détesté et à laquelle je reste – pour des raisons psychologiquement bizarres – attaché. Ne cherchez pas l’intrus, car je ne suis point dupe quant à l’état dégénératif de ma pathologie : je suis de gauche. Profondément et humainement de gauche. Mais parce que je suis conscient de mon pathos, je ne puis être dupe quant à l’état réel de cette gauche qui accommode son ambition au gré de ses arnaques.

Que la photo soit belle, cela ne me dérange pas. Avec photoshop tout est possible. Dans certains magazines, on arrive à ôter les verrues chez les pin-up ! Ce qui dans la vie réelle pose problème à certains partenaires.

Non, ce qui me dérange, c’est de crier au beau, de s’extasier, alors qu’au fond nous savons que tout ça n’est ni beau, ni sublime. C’était l’objet même de cette photo de famille. Que mes amis de la gauche me pardonnent, mais il nous est impossible de nier l’évidence.

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( 30 août, 2010 )

La photo de famille

rochelleps.jpgNous sommes dimanche, photo de famille. J’adore ça ! En réalité, je déteste, mais je fais tout comme. On est tous là – un peu façon Almodovar –, le taré, la débile, le pervers, le violeur, l’assassin, le père – un tantinet tassé – , la mère…

Tous devant l’objectif. On se serre, on se pousse, on s’installe. On se donne des coups de coudes, on fait la tronche. Les plus petits devant, les plus grands dans le rang suivant. On fait la pyramide. On fait risette, on regarde l’objectif. Un pour tous, tous pour un !

Après la photo ?… Parce qu’il y a toujours – forcément – un après, on se disloque. Chacun fait ce qu’il a à faire. Il danse, il boit, il cherche querelle, il vole, il drague, il…

Quelle importance, puisqu’on joue à faire le beau, à faire le propre ou à ne rien faire du tout, tout en faisant croire qu’on fait quelque chose.

C’est un PS rassemblée comme une famille unie qui s’est présenté ce dimanche lors de son Université d’été à La Rochelle, fier d’être devenu le « premier parti d’opposition » de France. Rasséréné – on se souvient de 2009 – c’est gominé et les dents bien blanches qu’il a affronté le téléobjectif. Nous nous aimons comme au premier jour a été le mot d’ordre. Innocence, couche-culotte, biberon et guili-guili animaient cette scène qu’on croirait sortie de la maternité rochelaise pour une publicité anti-fuite. Beau bébé !  La question étant : comment va-t-il prendre le chemin escarpé de l’avenir ? Même dieu donne sa langue au chat !

Chez les manants, l’espoir est grand. Il n’a qu’une obsession, le manant : voir le p ’tit loubard du Château filer la queue entre les jambes s’enquérir du temps qu’il fait dans les ténèbres d’où il est sorti par la grâce d’un libéralisme radical. Seulement voilà, sans vouloir jouer à l’oiseau de mauvais augure, il ne s’agit que d’une photo de famille : on fait ouistiti et basta !

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( 29 août, 2010 )

AUDIARD – La nuit, le jour et toutes les autres nuits

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Paul Michel AUDIARD est né à Paris en 1920, auteur, réalisateur et dialoguiste (120 films portent sa marque pour l’une ou l’autre des activités souvent les trois à la fois), il a écrit 10 livres, « La nuit, le jour et les autres nuits » est son dernier. Écrit en 1978, trois ans après le drame qui l’a profondément affecté, la mort d’un fils. Ce livre annonce rien moins que la fin d’un monde, il devait s’intituler initialement « En écoutant craquer la banquise », titre étrangement prémonitoire qui devrait devenir important dans la vie de quelques snobinards qui ne voient le plus souvent Audiard qu’au travers des « Tontons Flingueurs » et autres de ses films.

Michel Audiard n’aura donc pas été QUE le plus grand dialoguiste du cinéma français . Il n’aura même pas, avec ce livre (qui fut son dernier) atteint ce fameux statut d’écrivain. Non il aura simplement été une être humain qui, dans la brève parenthèse de son passage sur terre, a écrit un texte à la fois bouleversant, hilarant, dérangeant, plein de tendresse, d’amitié, de fidélité, lucide, provocant, violent, d’une profondeur infinie (dans la désespérance, mais aussi dans la vérité d’un être), un texte dont on sort percuté, cabossé qu’on ne peut oublier dans un coin de bibliothèque.

Dans « la nuit » Audiard délimite son territoire natal, il n’est pas parisien, il est « du XIV° » et seulement de là, il fait même exception de l’avenue d’Orléans ! Il en parcourt chaque nuit les rues, les squares, avec à chaque fois des souvenirs. Il s’arrête et le cinéma se met en marche dans sa tête. Au fil des errances il croise des statues, il ne les aime pas toutes, celle du Lion de Belfort par exemple « Sur la question de l’éclairage, on a toujours été un peu en retard, ce qui offre quand même une compensation, on ne voit pas trop le Lion de Belfort, une crapulerie de bronze à laquelle je ne m’habituerai jamais. »

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( 28 août, 2010 )

Le ballet des impudents

balletdesimpudents.jpgEn exhortant sa majorité, avec son légendaire esprit cauteleux, à « éviter les exagérations », Édouard Balladur, appelle son ancien protégé Nicolas Sarkozy à adopter une attitude plus mesurée, s’il ne veut pas voir ses derniers espoirs de réélection se dissiper avec l’air pollué d’une politique de farces et attrapes.

Avec son air de ne pas y toucher, Ballamouchi prévient qu’il faut un gouvernement « profondément renouvelé, resserré, avec des fortes personnalités. »

Il est d’un drôle, ce Ballamouchi ! Comme si le fait de renouveler le gouvernement allait changer quelque chose à la névrose du Maxi-excité du Château. Sur ce point, il n’y a rien à dire : le gouvernement de monsieur Sarkozy applique au pied de la lettre les consignes du chef. Point. Si ça couine dans les rouages, c’est ailleurs que chez les ministres – groupe compact de séides propageant sa propagande avec fanatisme – qu’il faut aller chercher la réponse. Cela est un fait que plus personne n’ignore, ou alors nous sommes devenus soudainement sourds.

Comme d’habitude, Ballamouchi ne rejette pas tout en bloc – il godille dans la mare avec habileté – et accepte comme légitime l’idée de « déchoir de la nationalité française, comme cela est déjà prévu par la loi, ceux qui l’ont récemment acquise et qui commettent des crimes particulièrement odieux. » Notons la nuance « particulièrement odieux ». Une façon rusée de dire que les expulsions massives du moment s’appliquant aux tsiganes n’entre pas dans le cadre de la loi qu’il évoque ?…

Comment savoir avec le levantin ? D’autant plus qu’il se dépêche d’ajouter qu’il est contre la « responsabilité pénale des parents » pour des délits commis par leurs moutures n’ayant pas atteint la majorité légale. Il profite du propos pour envoyer dans les cordes le très néo-facho Eric Ciotti, député sarkozyste qui a fait de la surenchère un programme politique et son plan de carrière.

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( 27 août, 2010 )

L’arroseur arrosé

regionalessarko.jpgSarko aurait-il définitivement perdu la main ? Réputé autrefois fin stratège, tout ce qu’il touche se transforme désormais en eau de boudin. Prenez les roms, la dernière phobie en date du national président. L’affaire risque bien de se retourner contre lui comme un boomerang. Ces expulsions en masse provoquent un tel tollé qu’on pressent pour bientôt un ixième rétropédalage du cyclo-touriste du Lavandou…

Rappel des faits : après la mort de l’un des leurs, tué lors d’une course-poursuite suite à un contrôle d’identité, une quarantaine de membres de la communauté des gens du voyage, français pur souche et pour certains sédentarisés  depuis des générations, s’attaquent à la gendarmerie de la paisible commune de Saint-Aignan. Circulez y’a rien à voir… avec les roms !

Ni une ni deux, l’agité du château joue les gros bras et pratique un odieux amalgame, aussi racoleur que populiste. Il organise fin juillet une réunion sur  » les problèmes que posent les comportements de certains parmi les gens du voyage et les Roms« . Dès cette annonce, le sénateur UMP Pierre Hérisson, président de la commission nationale consultative des gens du voyage, prévient pourtant : « ce qui s’est passé à Saint-Aignan relève du droit commun. Ce n’est pas un problème lié aux gens du voyage« .

Qu’importe, la machine à faire oublier l’affaire Woerth est lancée. Du palace du Cap Nègre, le teigneux président harcèle quotidiennement au téléphone Brice Hortefeux, son valet préféré, afin qu’il mobilise chaque jour ses préfets. Et les forces de police de démanteler pendant tout le mois d’août des camps de roms dans le but de les expulser. Et les télévisions avides de sensation forte de déverser des tonnes d’images de la chose au pas de charge et au petit matin. Ce que n’avait pas prévu le mari de Carla, c’est que cette stigmatisation d’état au soit-disant pays des droits de l’homme, allait choquer la communauté internationale, l’ONU, l’église et même des barons de la droite.

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