Photo de famille (suite)
Au départ ceci devait être un commentaire. Je viens de passer une journée décontractée du côté de Brest, à Milizac pour être précis. Et à Milizac, dans le parc d’attraction, la Récré des 3 curés. Une journée pour les enfants, juste avant la rentrée. De la détente, de l’insouciance. Du plaisir. J’ai fait tout ce qu’on peut faire quand on n’a pas envie de tout faire. La gueule ouverte par l’émotion légère, je n’avais qu’une peur : qu’une guêpe baladeuse – il y en avait pas mal – ne vienne s’engouffrer dans le gosier.
Au départ, ma photo de famille faisant état de l’université PS de La Rochelle, était un instantané comme on en collectionne quelque part au fond de son désespoir, tiroir où se range le désordre d’une idée cahotée par les trahisons et parfois l’infamie. Ne soyons pas choqués, j’ai bien écrit infamie, parce que trahison. Une chose ne pouvant pas se débarrasser de l’autre par pur artifice du vocabulaire.
En évoquant cette photo de famille, je parle d’une famille que je pense mienne, que j’ai aimé, que j’ai détesté et à laquelle je reste – pour des raisons psychologiquement bizarres – attaché. Ne cherchez pas l’intrus, car je ne suis point dupe quant à l’état dégénératif de ma pathologie : je suis de gauche. Profondément et humainement de gauche. Mais parce que je suis conscient de mon pathos, je ne puis être dupe quant à l’état réel de cette gauche qui accommode son ambition au gré de ses arnaques.
Que la photo soit belle, cela ne me dérange pas. Avec photoshop tout est possible. Dans certains magazines, on arrive à ôter les verrues chez les pin-up ! Ce qui dans la vie réelle pose problème à certains partenaires.
Non, ce qui me dérange, c’est de crier au beau, de s’extasier, alors qu’au fond nous savons que tout ça n’est ni beau, ni sublime. C’était l’objet même de cette photo de famille. Que mes amis de la gauche me pardonnent, mais il nous est impossible de nier l’évidence.





