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Une ruminance citadine

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courbet.jpgJe ne suis pas paysan et j’ignore s’il en existe un seul parmi les rédacteurs et lecteurs de Ruminances, au nom si bovin. Mais, citadin, je suis bien sûr et comme nous tous en contact avec le monde paysan. Au moins en tant que poète et photographe (ah le tournesol érotiquement ouvert, ah le petit piaf qui de son minuscule poids fait fléchir la tige de blé, pour pouvoir y piquer du grain !). Plus encore par quelque vécu à la campagne, dès l’enfance, avec tuerie du cochon et autres joyeusetés : les meilleures étaient, disons, bergères…

Je viens d’entendre (plus qu’écouter) une émission radio, dont José Bové était intervenant. A la réponse d’un auditeur, il rappelait (je ne sais plus les chiffres exacts) qu’une infime minorité de paysans du monde (du Texas à l’Ukraine en passant par la Beauce, etc.) pratiquait une agriculture ‘industrielle’ super-intensive (blé, maïs, soja, etc.), avec une étroite dépendance au pétrole (des engrais aux machines) et aux bourses : bref des hommes d’affaire. A l’autre bout, l’énorme majorité des (vrais) paysans travaillent depuis des dizaines de siècles le sol avec des outils à main (houx, etc.) ou, pour les plus ‘chics’, avec traction animale de charrues (etc.) par ânes, bœufs, chevaux, chameaux… et – dans le pire des cas – esclaves.

Le débat était censé être centré sur nos petits sous de consommateurs, entre producteurs et distributeurs : lait, viande, céréales, légumes… on en veut au moindre coût et à la meilleure qualité, nous les citadins, bien sûr. Et on veut bien – on est gentils ! – que les (vrais) paysans soient heureux de bien vivre de leurs efforts (notamment vers l’agriculture bio) alors que les gros industriels et distributeurs, ces vilains, raflent la mise, en bons capitalistes qu’ils sont…

Ce n’était donc qu’une énième émission sur ce thème récurrent. Mais il y eut l’échappée de José Bové, vers ‘le vrai monde’. En très gros (j’ai pas noté), sur 6 milliards d’humains, moins de la moitié sont campagnards (paysans et artisans) pour nourrir plus que l’autre moitié, citadine. Ce qui était impensable il y a à peine 50 ans…

La misère paysanne entraîne l’exode rural de pire en pire. Cela fait et fera que les grandes cités deviennent monstrueuses (Mexico, Le Caire, Shanghai, etc.) et que les villes hier typiques de leur région deviennent de grandes villes, fières de s’entourer de super-marchés et attentives à cacher la misère sociale. Pour le chaland, le client, le touriste, le friqué : une image de marque ‘concurrentielle’ avec la voisine, qui lui ressemble désormais …

Si l’on ajoute à cette misère paysanne celle du chômage de plus en plus massif des ouvriers, on n’est pas sorti de l’auberge.  L’exode massif des paysans chinois devenant les ouvriers intérimaires de l’usine n°1 du monde, c’est la caricature suprême du capitalisme (bravo le Parti Communiste de ce pays !). Le rappel à l’ordre (car c’est un désordre monstrueux que cet ‘ordre’ des cours de la bourse) ne peut venir que de nous, miséreux des villes et des campagnes, consommateurs écolos et citoyens… et cela s’appelle l’ordre de l’anarchie, où l’on s’organise localement, entre égaux, à produire et consommer, bavarder, chanter, rire, s’aimer : la vie est belle ! Vous préférez la guerre ? : Cela n’a pratiquement pas arrêté depuis 1914, et le Capitalisme, pour ‘survivre à sa crise’, continue à la faire : sur les champs de bataille ou dans la société civile. Misère, misère… on en crève tous… Presqu’un siècle que cela empire…

Oh, je sais, je schématise : la belle vie future, d’après le capitalisme, ce ne sera pas facile à inventer. Il n’y a pas de baguette magique, ni de dogme quelconque.

Mais l’intelligence humaine, sa poésie. Peut-être supérieure un jour, quelque part, à ce redoutable instinct de lucre, d’égoïsme, de cruauté. La Liberté POUR l’Égalité PAR la Fraternité, dit une célèbre devise…à appliquer !

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26 Commentaires

  1. cpolitic

    19 août, 2010 à 13:36

    Petit ajout: selon les études de la FAO, le simple fait d’appliquer les principes BIO, suffirait à faire vivre l’Humanité entière.
    Mais forcément, il faut que la minorité d’hommes d’affaires s’arroge le droit de tout saccager.

    Cdt,
    Cpolitic

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  2. Ju

    19 août, 2010 à 14:43

    ça fait un momment qu’il n’a pas voyagé, le champion ! au Laos, tout n’est plus que « jatrophase » et « hévéa » et plante qui servent à faire du biodisel… au point que des paysans du nord envoient femme et enfant faire la manche à la capitale parce qu’il n’y a plus rien à manger alors qu’avant ils avaient du riz pour tenir toute l’année. On réduit la culture des besoins premiers pour se lancer dans l’industrie.
    tu veux mon avis ? Non, jer te le donne quand même. Bientot; on va se reveiller et s’aperçevoir que seuls ceux qui ont un bout de terre pour faire quelques fruits, quelques légumes, des poules, du blé, qui s’en sortiront. déjà pour bouffer et, qui sait, pourront revendre aux citadins qui, pour se nourrir, devront tout payer au prix fort.
    Tu parlkes de l’ordre de l’anarchie. Il y a deja des village en Lozère ou sur l’Aubrac, qui existent sur le mode coopératif où l’un fait le pain pour les autres, un autre s’occupe de cuisiner, un autre fait les travaux, etc… et tout tourne sans argent. le bonheur !
    je te donne raison pour le cote monstrueux des grades villes… où les gens ne peuvent plus se nourrir. Au Caire, je connais plein de gens qui ont 2, 3, 4 emplois en même temps tellement c’est peu payé, pour pouvoir survivre, même pas vivre.

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  3. lapecnaude

    19 août, 2010 à 14:49

    A-t-on une idée des surfaces cultivables détruites par l’agriculture intensive ? Comment va-t-on pallier les méfaits des insecticides qui ont éradiqué des espèces nuisibles à certaines cultures et détruit un tas d’autres utiles en même temps ?
    Nous allons vers une pénurie de céréales, ce qui va entraîner un gros problème dans l’élevage des animaux nourriciers de l’homme, comment résoudre çà ?
    Espérer en l’intelligence des hommes est utopique, l’attrait du gain sera toujours le plus fort, commencer par réformer (je n’aime plus ce mot) le monde de la finance … comment ?
    Commencer par notre propre pays peut être une solution, mais là il faudrait une vraie révolution populaire.

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  4. clarky

    19 août, 2010 à 14:51

    vastes perspectives…
    le tous égaux dans l’absolu ça peut le faire, mais la réalité d’un groupe, tout animal qu’il soit, c’est que t’auras toujours un petit chef pour en émerger et faire prévaloir une sorte de diktat à 2 balles !

    et l’anarchie comme modèle de vivre ensemble ça le fait pas des masses, surtout de ce que j’en ai vu, parce qu’entendre des mecs, en quasi transe, dégueuler leur religion est tout aussi bandant qu’un économiste devisant sur la loi du marché.

    maintenant, faut pas confondre agriculture, sous entendre intensive, et paysannerie.
    quant à la panacée que serait la production bio, faut voir qu’en france ça représente peanuts.
    les appros se font en italie d’après mes sources bien informées biscotte là-bas la filière est tout bonnement plus réactive et permet de dégager des volumes nettement supérieurs à ceux d’une filière française à peine émergente si je puis dire.

    et faut pas non plus se faire plus con que le roi, produire bio c’est avant tout un moyen de faire du fric, c’est ni plus ni moins une façon de substituer une production, devenue non rentable, par une qui est en passe de le devenir fortement.
    mais côté consommateur, quand tu vois qui achète bio, ça me fait doucement ricaner. quand t’as tout juste de quoi tenir un budget pour le mois, je pense pas que le bio soit l’une de tes priorités, surtout quand tu traines dans les rayons des hard discounters !

    c’est bien beau de vouloir le meilleur pour tous mais malheureusement les premiers entubés seront toujours les mêmes, alors si y’a bien un truc à modifier, ce serait que chacun vive dignement de son putain de travail, qu’on arrête de voir que la chine est désormais la deuxième puissance éco du monde, parce que si c’est pour s’aligner sur le modèle social à la chinoise, ben autant aller bouffer les pissenlits par la racine illico presto.

    rémi, j’ai bien aimé ton billet biscotte y’a matière à palabrer, mais putain, crois moi, la poésie ne nourrit pas un homme, ou alors pas de ceusses que je connais qui sont, eux, tout sauf des poètes ;)

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  5. clomani

    19 août, 2010 à 15:05

    Quand on entend parler de l’attitude des spéculateurs vis à vis des cours du blé… Depuis que les Russes ont vu toutes leurs récoltes partir en fumée, voilà que les boursicoteurs, ces super citadins qui vivent enfermés dans des bureaux climatisés, l’oeil rivé à leurs ordinateurs, ont décidé d’affamer la planète en jouant avec les cours.
    Là aussi, le semeur de blé occidental a fait des émules en allant planter du blé à la place du mil, du sorgho, de maïs et d’autres céréales, les rendant ainsi dépendants des fours industriels fabriqués en Occident.
    Ajoutons à ça les biocarburants, dont parle Ju, qui contribuent allègrement à la déforestation, chassant les petits paysans ou les peuples encore cueilleurs/chasseurs du côté des bidonvilles qui entourent les mégalopoles du tiers-monde.
    Plus les plantations de palmiers pour l’huile de palme, qu’on trouve partout dans les simili-beurres, y compris dans les produits bio. Là aussi, déforestation, pour planter des palmiers, au rendement plus efficace que les autres arbres des forêts denses ou tropicales… désertification, inondations, disparition des grands singes, et appauvrissement des populations.
    Toujours dans le tiers-monde, les Chinois ont remplacé les anciens colons et inondent l’Afrique par exemple, de leurs produits de merde. Afrique où ils sont mieux accueillis parce que nettement moins arrogants que leurs prédecesseurs ! Les Chinois font des routes, désenclavent des bleds, mais voilà qui contribue encore à la déforestation, et à l’exode paysan vers les villes.
    Les petits paysans ? Ce serait à eux de se soulever les premiers, parce que tout a été fait pour les appauvrir et pour qu’ils disparaissent. Au Mexique, ils se sont fait chasser par des paramilitaires pour permettre aux élevages bovins d’avoir plus de surface pour paître, élevages bovins destinés à alimenter non pas les Mexicains, mais les Américains… C’est comme ça qu’est née la lutte des Zapatistes. Ils en avaient marre de se faire piétiner, chasser ou tuer par les gros « finqueros » ! Alors ils se sont unis, ont mis des masques et des passe-montagne, et sont allés s’entraîner dans la forêt Lacandone. Après ça, ils sont apparus légèrement armés, et ont repris en groupe, estimant qu’ils étaient dans leur droit, quelques énormes « fincas » acquises à vil prix et en tuant par leurs propriétaires. Redistribution des terres, comme l’avait préconisé Zapata. Voilà pourquoi ils continuent de lutter, au Mexique.
    On a tous besoin des paysans et nos universités et écoles ne forment que des intellectuels. Si j’étais ministre de l’Education Nationale, je ferais en sorte que chaque école ait son lopin de terre à jardiner, ses animaux à élever, et je privilégierais le retour à la terre. On construit des petites villes à la campagne, et on organise la vie autour de ce pôle là avant tout.
    Mais bon, ce sont les financiers qui dirigent, et pour ces gens-là, la terre, c’est sale ! Et ça rapporte peu. Quand Poilâne n’aura plus de blé, peut-être qu’alors ils se bougeront un petit doigt…

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  6. clarky

    19 août, 2010 à 15:29

    sauf que y’a des structures pour accueillir les étudiants une fois leur bac en poche si tu fixes le cap à ce niveau là clo.
    j’ai ce qu’on appelle pas mal d’années d’études au cul, et l’un des mes deux bts, entre autres, est un bts agricole.

    seulement, à l »époque quand tu sortais d’une filière scientifique, le seul truc exotique qui aiguise un peu l’appétit c’était ingénieur agronome, voué ça claque sa race de se revendiquer chercheur à l’inra…

    bref, y’a plein de lycées agricoles qui sont autant de façon d’appréhender l’agriculture moderne, et crois moi, étre agriculteur de nos jours n’a plus rien en commun d’avec l’époque d’antan.
    aujourd’hui, on parle plus de chef d’entreprise, parce qu’il s’agit bien d’entreprise désormais !

    quant au retour à la terre, oupelà, tu sais ce que sait que bosser la terre comme un forçat, sans mécanisation, je t’invite quand tu veux à venir en ardeche avec moi, je te montrerai des zones autrefois agricoles, redevenues naturelles, parce que les hommes se sont tués en la travaillant, et sans dec, de ceux que je connais par là*bas, y’en a aucun qui voudrait revenir à la old school.

    putain, le vrai problème ??!!?? c’est qu’on est 6 milliards, demain 9 et que y’aura pas de place pour tout ce beau monde, purée, levi strauss avait raison !!!

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  7. b.mode

    19 août, 2010 à 16:00

    ça a l’air de se développer comme principe, l’autarcie, la décroissance, les sel. Pourquoi pas après tout ?

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  8. clomani

    19 août, 2010 à 16:29

    De toutes façons, c’est la seule solution, B.mode ! Le retour à de très petites unités de production…
    Mais on a le temps d’êt’morts pour y arriver. Les SEL, ça dérange les banquiers… Pourtant, ça n’est guère compliqué : que chacun apporte son savoir faire. Sauf que, bon, y’en a qui ne savent rien faire (comme moi). Y font quoi ? Un moment j’avais pensé être écrivain public…
    Mais ça repose avant tout sur la confiance. Et qui a confiance en son voisin actuellement ? Tu parles de « communautés » en ville ! Les seuls avec qui je papote sont les commerçants dont je sais qu’ils sont aimables parce que je leur achète des trucs. Si j’étais fauchée, me parleraient-ils ? Pas sûre !
    Faut faire comme les Tarnaciens… sauf qu’en ville, faut faire comme les Communards ! Avant, va falloir séparer les Versaillais qui ont envahi Paname des Communards, rejetés dans les banlieues ou partis en province (j’en connais pas mal qui ont fui Paris).
    Comme disait le sub-Marcos dans un de ses discours, ça n’est pas avec des places noires de monde qu’on pourra se débarrasser des cons qui tiennent le pouvoir, ni en suivant les partis politiques, mais bien en s’associant et en recomposant un tissu social de communautés.

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  9. des pas perdus

    19 août, 2010 à 18:17

    Inventer la vie bonne comme dit Ariès pour arrêter ces politiques qui sacrifient des générations>…

    Répondre

  10. b.mode

    19 août, 2010 à 18:20

    Ariès oui excellent !merci à rémi de nous l’avoir fait découvrir !

    Répondre

  11. lapecnaude

    19 août, 2010 à 18:43

    de ce pas, je vais arroser ! çà pousse pas tout seul le persil !

    Répondre

  12. b.mode

    19 août, 2010 à 20:01

    recette du pot au (horte)feux ! Mettez dans un faitout tous les morceaux de roms et évitez que leur moelle ne se répande.

    Répondre

  13. clomani

    19 août, 2010 à 20:15

    Je viens d’entendre Besson interrogé sur France 2, de New York ! Ben ça ne valait pas la peine de payer un faisceau (la peau des fesses selon mon expérience passée) pour l’entendre marteler que la France est un état de droit et que ces Roms étaient installés illégalement sur des propriétés publiques ou privées, qu’ils n’avaient pas de travail, et qu’ils recevaient une aide de l’Europe, qu’il était question de rencontrer des ministres roumains (par lesquels les Roms doivent certainement être pourchassés aussi d’ailleurs).
    Brèfles ! Besson et sa gueule de fouine n’ont absolument rien à dire que des conneries xénophobes !

    Répondre

  14. b.mode

    19 août, 2010 à 20:17

    recette du pot au (horte)feux ! Mettez dans un faitout tous les morceaux de roms et évitez que leur moelle ne se répande. Et Besson la vapeur…

    Répondre

  15. remi begouen

    19 août, 2010 à 20:36

    La moelle des roms ? J’en redemande ! Evidemment pas à la recette (horte)feux, mais à l’esprit libertaire – le voyage! – de ces frères et soeurs : ils ont énormément à continuer de nous apporter, ‘gens du sédentaire’, en ville ou à la campagne !
    Je suis étonné et heureux que mon texte paraisse dès ce jour et soit déja si commenté : j’ai déja d’autres réponses à faire, pour plus tard, mais j’ai bien rigolé à l’avis de B-mode, déja !

    Répondre

  16. clarky

    19 août, 2010 à 20:54

    profite pecnaude, parce que demain arroser sera un luxe hors de prix, la guerre de l’eau nous pend au nez ;)

    l’autarcie ??!!?? ma foi, ça existe bel et bien, même que ça s’appelle des sectes :)
    quant à la décroissance, comme me disait un pote tantôt, « c’est ceux qui en parlent le plus qui en font le moins !!! ».

    Répondre

  17. Fifi d'Ardèche

    19 août, 2010 à 23:31

    Bonsoir , je vous lis grâce à Lapecnaude, et ce, avec grand plaisir!
    L’autarcie , c’est bien et il semble que ce soit le choix de bon nombre de nos concitoyens dans pas mal d’endroits..Encore faut-il avoir un bout de terre..Mais dans certaines grandes villes , actuellement, il y a des terrasses aménagées non plus en jardins d’agrément , mais en potagers et il paraît que cela permet aux abeilles d’y survivre !
    Je rêve …J’imagine des murs végétaux un peu partout , pourquoi pas transformés en potagers , les villes aux voitures électriques et il n’y aurait donc plus de pollution ,d’émanations de pots d’échappement ,donc plus d’affections respiratoires inhérentes à ces émanations non plus, moins de bruits et donc moins de stress…
    Rien que cela , pourrait transformer la vie, la mentalité de beaucoup, ferait revenir l’Espoir… Et cela ferait un effet « boule de neige » j’en suis sure…
    Cela peut être notre futur proche, il suffirait de peu de choses…
    Le pays qui aura le courage d’instituer cela , sera le précurseur de la régénération de notre planète!

    Répondre

  18. lapecnaude

    20 août, 2010 à 0:07

    J’en profite Clarky, j’en profite, de plus ce problème de l’eau cela quarante ans que je vis avec, j’étais même mariée avec … Bien beau de rèver, tu sais Rémi même parmi les paysans français, ceux qui triment 17,18 heures (je rigole) par jour, perchés sur le dernier-plus-beau-tracteur-surtout-plus-beau-que-celui-de-machin-l’aut-con, il ya des esclavagistes. Tu n’as jamais entendu parler de ces arabes « travailleurs-saisonniers-avec-CDD » que l’on fait venir à la saison par village entier et que l’on exploite joyeusement pour produire les fruits que vendent les super-hyper-marchés ? J’ai connu un pays où on labourait avec un âne attelé et une charrue au soc en bois d’olivier et où on récoltait (les bonnes années) du 2 ou du 3q à l’hectare. Quand je vois maintenant ces olibrius cultiver du maïs sur des surfaces « remembrées » et les arroser au point de foutre en l’air le nappes phréatiques, le tout avec la bénédiction d’un gouvernemet soumis à la finances des marchés internationaux.
    Je peux t’assurer que je me fous de la quotation AAA ou -A ou peau de zebbi, que tout s’écroule et leur fric ne vaudra plus rien et on pourra nationaliser tous nos moyens de production et faire une répartition équitable. (m… j’ai viré ma cuti ma parole).
    Salut Fifi, contente de te lire, je pête les plombs parfois, mais çà me passera. Je te signale que sur les murs végétaux on peux planter des tomates, des concombres, mais, ma grande, bernique pour le champ de patates sur gueules ouvertes, çà pousse dans la terre !
    Tu parles de voitures électriques, mais l’ilictriciti faut la produire !avec quoi ? de la force hydraulique ? Va pu y avoir d’eau. Du charbon ? çà fait du CO2. Du nucléaire ? çà va nous pêter à la gueule dès que l’ahuri du chateau piquera sa crise … Continues, tu nous rafraîchis l’âme.

    Répondre

  19. clarky

    20 août, 2010 à 3:40

    oh pute vierge, si t’avais été plus jeune françoise, je me serais bien laissé aller à te parler de tes chiennes tellement tu me plais quand t’écris des trucs comme ça ;)

    sans flotte y’a pas de vie, quand t’as dit ça, t’as tout dit !

    des esclavagistes y’en a dans la crau, grosses productions fruitières et faut voir les conditions de vie des saisonniers qui sont tenus par les couilles par leur taulier, punaise, y’a 2 ans si je divague pas trop, les pauvres types, payés au lance pierre, se sont foutus en grève et ont osé alerter les médias locaux, d’abord pour dénoncer leurs conditions de travail et les méthodes peu orthodoxes de leurs respectables employeurs.
    ça a fait du boucan par ici puisque la presse nationale s’en est faite l’écho également.
    mais ça a changé quoi ??!!?? peau de zobi, les gars sont toujours aussi bien lotis dans leurs baraquements d’infortune…

    erf, le mais, surtout que les parcelles mises en culture sont destinées à la filière animale.
    voir ces canons à eau dégueuler toute cette flotte ça me rend fou !

    alors voué, y’a des solutions, mais quand on voit le fiasco de copenhague, l’immobilisme des états les plus industrialisés pour ne surtout pas toucher à leur droit à polluer allègrement, on peut faire tous les murs végétalisés qu’on veut ainsi que toutes les cultures hors sol du monde, au final on l’aura dans le fion.

    vite un grenelle 3 pour qu’on se fende la poire encore une fois, et l’électrique c’est pas la solution quand on voit comment se passe le recyclage de ces merdes de déchets produits et l’opacité qui entoure le nucléaire !

    qui veut une plaquette de soleil vert maintenant qu’il m’en reste encore un peu ;)

    Répondre

  20. lapecnaude

    20 août, 2010 à 11:37

    MOI !

    Répondre

  21. Fifi d'Ardèche

    20 août, 2010 à 12:13

    Vous étes une bien docte assemblée..capable de dresser un état des lieux planétaire, car vous avez vu, lu… Mais l’Espoir vous aurait-il abandonné?!!!
    L’Humain est capable du pire, c’est vrai, mais du meilleur aussi! Et les peuples ne demandent qu’une chose, quels qu’ils soient: vivre en paix et dans l’harmonie avec leur environnement…

    Donc, IL Y A des solutions, il suffirait de vouloir les chercher…

    Pour les pommes de terre, il y a des « tours de pommes de terre » , cela permet d’en cultiver sans avoir beaucoup de terre, sur son balcon. Mais c’est anecdotique, cela.

    Pour l’électricité,des chercheurs du MIT ont eu l’idée d’exploiter, pour provoquer l’électrolyse, le rayonnement solaire converti en électricité par les cellules photovoltaïques de panneaux équipant les maisons et les bâtiments publics. Et de recourir à des matériaux moins onéreux que les catalyseurs (activant les réactions) qui sont habituellement faits de platine, métal cher.

    Daniel Nocera et Matthew Kanan ont montré que la dissociation de l’eau en oxygène et hydrogène pouvait être réalisée avec une électrode en oxyde d’indium (métal proche de l’aluminium que l’on trouve en petites quantités dans les minerais de zinc) dopé à l’étain, placée dans un bain d’eau additionnée de cobalt et de phosphate de potassium. Lesquels s’avèrent, en présence d’un courant électrique, des catalyseurs efficaces.

    Tout l’intérêt de l’opération est d’obtenir, in situ et à moindre coût, de l’hydrogène. Celui-ci pourra ensuite être recombiné à de l’oxygène pour produire de l’électricité, selon le procédé inverse de l’électrolyse mis en oeuvre dans les piles à combustible. Dans la pratique, les auteurs imaginent des habitations dotées de capteurs photovoltaïques qui, pendant les heures d’ensoleillement, les alimenteraient en électricité. L’excès d’électricité servirait à produire de l’hydrogène qui, la nuit, serait recombiné à de l’oxygène dans une pile à combustible.

    L’énergie nécessaire au foyer – voire à une voiture électrique – serait ainsi fournie en permanence et à demeure.

    Je ne suis pas scientifique mais cela me paraît plausible et réalisable .Si l’on pouvait en faire l’éssai sur un lotissement , cela permettrait de créer cet « effet boule de neige » , les gens l’adopteraient car c’est écologique et…pas cher! et cela permettrait d’empêcher ceux qui veulent avoir le monopole de l’énergie de nous faire casquer un max pour quelque chose que l’on pourrait avoir à moindre coût tout en protégeant notre planète.

    Car tout est là : tout est possible , mais il faut tourner le dos une fois pour toute au matérialisme si on veut pouvoir s’en sortir.

    Répondre

  22. remi begouen

    22 août, 2010 à 1:34

    Fifi d’Ardèche – C’est gentil à toi de nous donner tes belles informations sur les technologies de pointe. Moi, il y a bien 50 ans que j’ai entendu parler du ‘moteur à eau’ et de ‘la pilule verte anti-famine’… et j’ai bien compris que, s’il faut bien sûr étudier, accepter, ces recherches, l’essentiel est politique, pas dans le sens électoraliste, mais citoyen. Dans le quartier. C’est là qu’on PEUT parfois s’entraider, s’améliorer…

    Répondre

  23. Fifi d'Ardèche

    23 août, 2010 à 20:12

    Oui, Rémy, c’est bien ainsi que je l’entends, car notre monde n’est plus dirigé par les politiques mais par la finance, c’est pourquoi je rêve d’une sorte d’ »autarcie technologique » ,notamment sur le plan énergétique , et aussi de boycott par les peuples, par exemple sur les bio-carburants , afin d’obliger à stopper les coupes de forêts et les cultures qui ne nourriront personne bien au contraire….Les peuples méneraient ainsi une révolution « économique » , bien moins sanglante que les formes de révolution que notre histoire a connue et à mon avis , avec plus de chances de réussite…Car ceux qui dirigent ce monde n’ont rien à faire de ses cris et douleurs , mais si on les touche au « portefeuille », là, c’est autre chose!
    Cette « révolution économique » est tout à fait possible, avec les moyens actuels.

    Répondre

  24. remi begouen

    24 août, 2010 à 20:53

    Fifi (moi c’est Rémi, pas Rémy, c’est pas grave) – Ce que tu appelles ‘révolution économique’ repose, si j’ai bien compris, sur des moyens technologiques (en énergie, etc). Mais ‘ceux qui dirigent ce monde’, comme tu dis, ont à la fois la maîrise de ces technologies et ‘le portefeuille’. Ils choisissent bien sûr (avec des erreurs dramatiques, genre Tchernobyl hier et le Golfe du Mexique aujourd’hui) non pas la technologie la plus écolo, mais la plus rentable. Les chercheurs ont beau progresser, la société s’enfonce sous la dictature du système capitaliste.
    Je ne suis pas, bien sûr, pour des formes de révolution ‘sanglante’. Mais je sais (dans le détail perso et dans les grandes largeurs historiques)la férocité aveugle du capitalisme, sanglante tous les jours. Nous, en face, on peut rêver, croire, que la technologie de pointe va mener gentiment à une ‘révolution douce’… pendant qu’en face c’est la guerre et la répression, les magouilles et le bisnès, ‘as usual’. Pot de terre (nous) contre pot de fer et ‘diviser pour régner’ avec ou sans façade électorale démocratique (ex : USA et Chine). Bref, mon ami, on n’y échappe pas, à la lutte de classes, POLITIQUE…

    Répondre

  25. Fifi d'Ardèche

    24 août, 2010 à 23:48

    Rémi, je sais l’inhumanité et la cruauté du capitalisme et nous risquons de le voir davantage dans la spéculation en cours sur les matières premières agricoles , car c’est ce qu’il se passe,en suite aux incendies en Russie et aux inondations en Chine,les prix montent alors qu’il y a des réserves suffisantes , des gens vont mourir de faim ,il pourrait y voir de nouvelles émeutes de la faim, comme en 2008 et donc d’autres victimes …Mais je suis convaincue que , malgré les apparences, ce sont les peuples qui ont le véritable pouvoir et que , grâce à internet, ils peuvent le montrer , en boycottant tels ou tels produits , sur un plan international, ou en divulguant tel ou tel moyen de fabriquer sa propre énergie afin de ne plus être tributaire de ce matérialisme qui détruit l’Humanité, qui détruit notre planète.
    Comme tu le dis,  » en face, c’est la guerre et la répression, les magouilles et le business » et pour moi, la POLITIQUE, c’est la même chose, de quelque bord que l’on parle , alors, puisque le capitalisme est mondial, pourquoi les peuples ne pourraient-ils pas s’unir pour lutter contre cela , maintenant que les moyens de le faire sont là?
    Ceci dit, merci de m’avoir répondu, c’est gentil.

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  26. remi begouen

    25 août, 2010 à 1:39

    Fifi – Quand j’employais le mot ‘POLITIQUE’, ce n’est surtout pas dans le sens qu’on lui donne beaucoup trop souvent, de ‘la’ politique, c’est à dire de la cuisine politicarde électoraliste, pour mieux vous rouler dans la farine, ‘un beau discours, j’t'embrouille, t’as voté pour moi, pauv’con(ne)’…
    C’est dans le sens ‘DU’ politique, du ‘Politis’ grec (le mot est d’ailleurs réhabilité par l’hebdo courageux de ce nom). C’est à dire de la démocratie de base, par ex d’entre nous deux grâce à internet, de s’aider à mieux comprendre le monde pour s’aider à l’améliorer… C’est à dire, plus profondément, à comprendre la complexité du monde social, sa souffrance, le comment l’améliorer. Vaste programme. Je ne crois pas que cela passe par nos prouesses technologiques sur l’énergie, secteur ultra-verouillé, puisque stratégique, pour les profits criminels du capitalisme. Reste donc la lutte sociale, fondamentale, classe-contre-classe, c’est cela, la (et le) politique : l’image a été brouillée par l’électoralisme, les présidentielles, ce formalisme où règne les magouilles (cf.l’affaire Woerth…). Je suis bien sûr pour des élections, des vraies : locales, avec mandat non reconductible, etc. Surtout pas pour un ‘Roi républicain’ façon gaulliste, etc. On peut continuer à en causer…

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