( 14 août, 2010 )

Infos éclectiques…

blog2751.jpgC’est bien les vacances. C’est fait pour se reposer. Le corps et l’esprit. J’ai pris ça au pied de la lettre cette année, et me voilà embarquée dans des lieux sans couverture 3G, sans Wifi, sans télé, sans kiosque à journaux dans la proximité immédiate. Nécessité faisant loi, l’infoholic que je suis s’est retrouvée au pain sec et à l’eau ! Informationnellement parlant uniquement, je vous rassure (parce que pour les nourritures terrestres, y a pas à dire, l’Ariège et les Landes, c’est miam miam !). Et ce n’était pas faute d’avoir emmené tout le matériel nécessaire pour pouvoir rester branchée, mais quand ça veut pas….

Du coup, j’ai du me contenter de la radio, les quelques fois où nous utilisâmes notre char à bœuf des temps modernes. Et en particulier France Info, because mes stations habituelles ne diffusaient pas de bulletin d’info à ces moments-là. Je n’ai donc pu ignorer le discours de Grenoble. Non, je n’ai pas ouï sa diffusion ou re-diffusion (de toute manière, la voix de notre Président dont l’ego est inversement proportionnel à la taille me file des boutons donc j’aurais zappé). Uniquement les points marquants relayés par des journalistes en mal d’actu, ravis de diffuser des propos xénophobes, aux relents nauséabonds d’évènements du passé dont on souhaiterait qu’ils n’aient jamais eu lieu. Ca m’a fait passer l’envie d’écouter plus longtemps. Il y a info, et il y a gesticulations. Nuance.

A un autre moment, c’est de l’affaire Bettencourt qu’il s’agît. A l’affut de la moindre nouveauté, j’appris que Woerth était en garde à vue. A vrai dire, je ne sais si c’était une GAV, mais en tout cas, il était interrogé. Diantre, j’allais enfin pouvoir suivre un nouvel épisode de la sage de l’été, cette sordide affaire, ô combien révélatrice du mélange des genres dont les politiques de notre pays sont si friands. Et bien je suis restée sur ma faim.

Il était interrogé (le jour J). Il avait été interrogé (le lendemain du jour J).  Mais encore ? Bezef, que dalle, circulez, y’a rien à voir. L’encre de la signature de la pauvre comptable n’était pas encore sèche sur le procès verbal du nième interrogatoire qu’elle subît, que déjà, des morceaux choisis, des morceaux de roi visant à jeter l’opprobre sur toutes ses déclarations, fuitaient allègrement dans la presse. Mais pour le comptable de l’Union des Magouilleurs Populistes, pas de fuite, pas de trace, pas vu, pas pris. En tout cas sur les ondes radiophoniques. Je n’avais la possibilité de vérifier toutes les autres sources qui, j’en suis convaincue, m’en auraient appris plus. (Il s’avère à posteriori que la radio n’a pas éludé, et que rien n’a fuité en réalité, mais imaginez ma frustration sur le coup !!!).

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( 13 août, 2010 )

L’épluche-mémoire

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 (…) « Ce sont ces moments fantastiques où je ne trouve rien à faire. Aucune envie. Aucune idée. Quelques coups de téléphone donnés au hasard de l’agenda. Des répondeurs qui ne répondent pas. Des messages qu’on laisse sans grande conviction – en espérant que personne n’osera vous rappeler, vu le ton morne de votre voix. Des livres que vous reposez sur l’étagère en regrettant de les avoir sortis de leur sommeil. Il y a toujours des livres que l’on veut lire depuis longtemps et qu’on feuillette et qu’on repose en se disant la prochaine fois. Et le stylo et le papier qui sont au loin, hors de portée de la main. Il faudrait une énergie incroyable pour ramper jusqu’à eux. Ce serait mieux de dormir. Mais le sommeil ne vient pas. Il ne manquerait plus que ça. Ce serait trop facile. Ça nous empêcherait de remuer tout ce bordel, là-haut, dans la tête. Alors on contemple le désastre. Le nombre d’images qui se bousculent dans un cerveau, la nuit, on comprend pourquoi le monde tourne si mal. Pourquoi les gens se foutent sur la gueule. Tellement de choses à régler pour soi-même. La nuit, la vie est belle mais c’est le monde qui est foutu. Et ça recommencera demain. J’envie les gens qui savent exister. J’envie les gens qui profitent des secondes. Moi, je vois les minutes défiler à une telle vitesse sur le radio-réveil, que j’ai peur de me réveiller vieux. J’essaye de compter le temps, les yeux fixés sur le changement des chiffres quartz, mais j’ai toujours dix secondes de retard. La mort viendra par surprise, avec plusieurs années d’avance. Apprendre à compter plus vite. Chasser toutes les images. Pas moyen d’être seul. Les souvenirs vivent plus longtemps que nous. Je suis sûr qu’après la mort, ils continuent leur chemin. Peut-être qu’ils vont se loger dans la mémoire d’un autre. Il faudrait pouvoir les sortir un par un et les remercier. Ils nous foutraient peut-être la paix… » (…) R.B.

Malgré les initiales de cette signature, ce texte n’est pas de Rémi Begouen mais de Rémi Boulon. Un jeune homme (il pourrait être mon fils) qui a pris ce pseudonyme avant de connaître mon existence. Puis est venu faire ma connaissance, moins pour l’homonymie de nos initiales que parce qu’à l’époque, je m’essayais à créer une modeste maison d’éditions, maintenant abandonnée. Mais nous sommes devenus amis. Il était à cette époque nazairien, mais vit maintenant à Marseille, où il a fondé sa fantaisiste maison d’éditions ‘Nazéroued’. La fantaisie consiste par exemple, ici, de dater son achevé d’imprimer (qu’il tient à écrire ‘achevé d’imprimée’ !!) du 22 juillet 2016 : six ans d’avance sur sa mémoire épluchée !

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( 12 août, 2010 )

Noblesse oblige

columbuslandingonhispaniola.jpgMazette, que le temps était beau ce matin. Pas la moindre brise pour bouger les voiles dans la baie. Les aoûtiens longeaient la marina l’air indolent. Le ciel était au bleu, mais pas tranquille. Un ciel breton, comme les artistes peintres aiment à saisir l’humeur pour notre grand bonheur. Le jet continu de voitures traversant le port avec un ronronnement très prenant empêchait de me concentrer sur la série d’émission que depuis plusieurs jours France Culture consacre à Haïti et Saint-Domingue, ou Hispaniola,  découverte lors du premier voyage de Christophe Colomb,  en 1492. Ile magnifique peuplée d’indiens Arawaks qui l’appelaient Ayiti, « la terre des hautes montagnes ». Baptisée la Española, les cartographes ajoutèrent leur touche en écrivant Hispaniola.

L’histoire mouvementée de ces peuples à travers le temps conduit aux tontons macoutes et aux Duvalier père et fils, de sinistre mémoire. Pourquoi, comment et aquabon sont des termes qui viennent à l’esprit pour exprimer ceci : Quand ?… Quand viendra le jour où les hommes le deviendront-ils vraiment ?…

Je change de station. Trop douloureux. L’impuissance dégage parfois des terreurs meurtrières. Que puis-je ?… Que pouvons-nous ?… Un jour, il nous faudra rembourser la dette, cela est un fait qui se profile à l’horizon de l’histoire.

Pas facile de trouver une station radio moins stressante mais quand même  exigeante. Se changer les idées, sans ne rien perdre de sa conscience… Retour à l’actualité hexagonale aux catastrophes et aux prises de bec avec la Une de Marianne. Ralala ! Quel tintouin ! Je coupe tout. Silence radio. Je bosse.

Je gratte. Je ponce. Je bouche. Je dépoussière. Je polis. A midi trente, je range les outils. Direction le Café du Port. L’ambiance est à l’apéro, à la boustifaille et au tiercé. Auparavant, je me suis arrêté chez la marchande des journaux. Mon palpitant s’accélère ! Je me rends compte que je deviens vieux, ce qui n’empêche pas le vagabondage de l’esprit. Elle est belle, la marchande ! Je n’ai pas assez de fric sur moi. Avec ce sourire, j’aurais acheté son stock de revues, et les cartes postales aussi. Plus prosaïque, je me procure le dernier numéro de Marianne. Un geste automatique. Si j’avais seulement regardé la photo de couverture ! La tronche de Sarko !

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( 11 août, 2010 )

Fascisme 2.0 : encore un effort !

faschisme20e.jpgDans un article intitulé « fascisme 2.0 », je racontais l’année dernière les opérations en cours en divers points de la planète pour nous faire passer de la démocratie à la dictature, sous la coupe des industriels et des banquiers, et quelques-unes des méthodes utilisées.

Il est intéressant de constater, au vu du dernier discours de Nicolas Sarkozy à Grenoble, que j’étais bien dans le ton. Définir des « Français » et des « Français d’origine étrangère », voilà longtemps que personne n’avait eu une idée de ce genre dans ce pays, très précisément depuis le régime de Pétain. Il ne reste plus maintenant qu’à mettre une mention « métèque » sur leur carte d’identité, ou leur coller une étoile jaune sur la poitrine ?

On entend actuellement beaucoup de gens à gauche relativiser ce discours extrémiste en dénonçant la tactique de Sarkozy qui lâche ce pet idéologique pour qu’on arrête de parler de l’affaire Bettencourt-Woerth, laquelle commençait à lui mettre le feu. Il n’y a guère de réponse sur le fond, de peur de se laisser entraîner dans la polémique.

On sous-entend que Sarkozy n’est pas plus aujourd’hui d’extrême-droite qu’il n’était hier « Grenelle de l’environnement », et qu’au bout du compte, il se contentera dans ce domaine comme dans les autres, de paroles, son seul objectif étant de draguer les électeurs du Front National. Je n’en suis pas aussi sûr.

Il est clair que Sarkozy se rapproche de l’extrême-droite non pas par idéologie (il n’a qu’une idéologie, celle de l’argent) mais par pragmatisme. Comme beaucoup l’ont souligné, il a peur d’un 21 avril à l’envers, et de ne pas arriver au second tour. Mais on peut pousser le raisonnement et se demander ce qui va se passer au second tour. Car il n’est pas sûr non plus de le gagner cette fois, et les derniers sondages indiquent paraît-il que si les élections avaient lieu aujourd’hui, il perdrait même contre Martine Aubry. Quoi qu’on pense des sondages, le risque est réel.

Alors que va-t-il se passer d’après vous ? J’espère me tromper, mais je parierais qu’après avoir poussé les feux le plus loin possible à l’extrême-droite, il finira par s’allier avec le Front National pour gouverner, s’il voit que ses chances de gagner seul ne sont pas suffisantes. Sarkozy ne renoncera pas au pouvoir, quel que soit le prix à payer, et les électeurs du Front National savent que quel que soit le score de Marine Le Pen, elle ne peut pas être élue présidente de la république. Par contre, en votant Sarko dans le cadre d’une alliance, ils sont sûrs d’avoir des membres du front au gouvernement, et des députés à l’assemblée. Marine premier ministre ? Impensable, me direz-vous ? Regardez donc ce qui s’est passé en Italie avec Berlusconi, l’avatar transalpin de Sarko, et son alliance avec le néo-fasciste Gianfranco Fini. Bien que la romance semble toucher à sa fin, elle a bien fonctionné pendant 20 ans. Avez-vous jamais entendu Sarkozy dire qu’il ne s’allierait jamais au FN ? Non, il n’a jamais dit une chose pareille. Il n’a jamais dit le contraire non plus, pas fou. Comme à chaque élection nationale depuis 20 ans, la gauche va se faire rouler dans la farine suite à un coup de théâtre au dernier moment, et la présidence lui échappera encore. Il ne restera plus, comme d’habitude, qu’à s’indigner et manifester dans la rue, mais il sera trop tard ! Vraiment, quelle malchance n’est-ce pas ?

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( 10 août, 2010 )

La Scène capitale – Pierre Jean Jouve

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Les livres sont comme les personnes : on les croise, on les regarde et on poursuit son chemin. La tête dans le guidon, on ne fait pas attention à eux. Ce n’est pas le moment de s’intéresser aux secrets qu’ils recèlent, aux misères qu’ils dévoilent, à l’espoir qu’ils suggèrent, ni davantage au bonheur qu’ils procurent. A la poésie, jamais absente, seulement négligée. Ni bien, ni mal, c’est la vie.

Envahi par les nuages ou immaculé, le ciel propose toujours une danse, qu’on accepte ou qu’on refuse, sans que nous sachions la raison. Ces temps, j’ai négligé la lecture, comme on oublie de se raser. Pourquoi ? La réponse n’est pas encore mienne. J’ai, sur ma table de nuit, une pile de livres que j’ai pris dans les rayons au hasard de mon ennui ou de mes envies pour… Plus tard, ou pour tout de suite. Chose terrible, la pile augmente, les paragraphes s’entrechoquent et vous n’êtes pas plus avancé. Un sentiment de désordre s’est installé dans votre esprit, ce qui a pour effet de troubler durablement vos pensées.

Puis il y a eu Pierre Jean Jouve et La scène capitale. Il est venu à moi comme on demande l’heure à quelqu’un, parce que l’on sent qu’elle approche…  C’est son jour. Celui où l’on attend quelqu’un ou quelque chose. Il s’est présenté à moi comme une personne qu’on retrouve longtemps après s’en être éloigné, sans savoir, au moment des retrouvailles, quel plaisir ou quelle mauvaise surprise cela vous réserve. J’avais perdu souvenir de ma première lecture. Rien de rien. Pas une image. Pas un son. Pas la moindre mélodie. Pas le moindre souvenir. A la rigueur, quelques sensations, mais sans plus. Chose curieuse, je me souviens avoir pensé en le retrouvant : ça y est, j’ai trouvé de quoi reconstituer un brin de pensée !

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