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Les Furoncles de la planète

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volcanstromboli.jpg

Au sens strict des sciences naturelles, on devrait appeler furoncles de la peau de la planète les terribles éruptions volcaniques – et, encore plus terribles, on peut comparer tremblements de terre, tsunamis, etc., aux frissons et sueurs de fièvre d’un grand corps malade…

J’ai d’ailleurs net souvenir d’une spectaculaire éruption nocturne du volcan Stromboli, près du détroit de Messine : j’avais 9 ans et on m’a réveillé de ma couchette, pour monter sur le pont admirer ce monstre !

Mais il ne s’agit pas de cela ici. Il s’agit de la prétention de l’homme à ‘dominer le monde’ (quoiqu’en disent les sciences naturelles) par son lucre. Cette domination s’est énormément manifestée, disons depuis Christophe Colomb, par voies maritimes (après bien des siècles de conquêtes à cheval, genre Huns, etc.).

Il s’agit ici de l’état de notre vie sociale sur Terre, révélée par ces ‘volcans furoncles’ que sont ‘Paradis fiscaux’ et autres… (les tsunamis seraient, en analogie, ces ‘crises financières’, dont nous devrions, pauvres manants, ‘payer les pots cassés’ !…)

En point de départ de ma réflexion sur le sujet, il y a (dans mon enfance) ‘la route des Indes’ de l’Empire Britannique, avec bases militaires dont Gibraltar, Malte, Chypre, Suez, Maurice…

A ce jour, seul Gibraltar demeure Britannique et devient plutôt paradis fiscal que désuet point stratégique. Pour rester dans cet empire, il y a d’autres paradis fiscaux : Jersey (mais les îles anglo-normandes n’ont jamais été françaises !), Vierges et Caïmans aux Caraïbes, la City de Londres… et surtout – quelle que soit l’étiquette juridique – les places fortes asiatiques de la ville-état de Singapour et de la zone de Hong-Kong. Où le business anglo-américain domine toujours.

A eux deux, ces ‘furoncles’ du capitalisme mondial brillent par leurs pus, leurs fièvres, leurs folies. Ce qui ne veut pas dire que les extravagances de Dubaï et compagnie soient bien sages. Mais, désormais, ce ne sont plus que souvenirs folkloriques que d’évoquer par exemple, ‘les comptoirs français des Indes’, et même Macao, qui a beaucoup plus survécu !

Le concept de ‘paradis militaire’ existe aussi aujourd’hui, pour les bases USA. A Okinawa, escroquée au Japon. A Diégo Garcia, dans l’Océan Indien, dont les habitants ont été virés pour que s’y crée la 1°base arrière des guerres en Irak et Afghanistan. Entre autres bases… dont Djibouti !

Mais revenons aux ‘pacifiques’ paradis fiscaux. J’ai évoqué Londres, on va me dire que non : La City, comme Wall Street à New York, Zurich en Suisse, etc. ne sont ‘que’ des centres boursiers, d’affaires, pas des paradis : et pourtant, ce sont bien là (à Shanghai, Tokyo, Francfort et Paris aussi…) que sont réellement les entreprises multinationales, officiellement domiciliées par une simple boîte à lettres (virtuelle) dans un paradis exotique parce que ‘net d’impôts’

D’autres ‘cailloux’ paradisiaques existent aussi, dont deux à l’abri de la France : Monaco, Andorre. A l’abri de l’Allemagne, le Liechtenstein. A l’Abri de l’Europe de Bruxelles, le Luxembourg… voire Bruxelles ! Existent aussi divers ‘cailloux privés’ genre ‘l’Ile-à-Liliane’ (réservée à l’exil du Tsarko déchu ?)…

Il serait fastidieux de continuer d’énumérer ces lieux de pouvoir occulte, aussi réels dans ces grandes métropoles que fictifs dans les confettis paradisiaques, bidons. Ce sont là grandes manœuvres entre grands prédateurs. Genre méthodes de l’araignée qui tend sa toile pour gober les mouches…, c’est-à-dire vous et moi. On n’y comprend plus rien ?

Si. On comprend qu’on va tous se faire bouffer. Qu’il faudra bien se révolter,
entrer en éruption volcanique, faire tremblement de terre et tsunami, au plus tôt et au mieux. Sauver l’humanité : son paradis La Terre.

Post-scriptum

gibraltar.jpgAh, je désirais aussi parler d’un autre type de furoncle, celui d’autres minuscules enclaves étrangères, évoqués par Gibraltar. Car, dans la même région, en face, au Maroc, il y a les enclaves historiques espagnoles de Melilla et Ceuta, devenues terres de peuplement (je connais un ‘ruminant’ qui pourrait, devrait, nous en dire plus). Il y a aussi à Cuba, l’enclave US pénitentiaire de Guantanamo (aussi illégale que le mur de la honte d’Israël en Cisjordanie). Mais les Etats-Unis, autrefois, ont fait bien plus fort : ils ont carrément arrachés à la Colombie la zone du canal de Panama, pour en faire une ‘république’ afin de contrôler le canal trans-océanique. Nettement plus grande qu’un confetti. Dans ma jeunesse au canal de Suez, face aux ‘agitations’ de Nasser, j’entendais des amis de mon père évoquer le précédent de Panama pour agiter l’idée d’une ‘république de Suez’ (sous protection franco-britannique), de même taille, celui de (gros) confetti. Ouf cela ne s’est pas fait. Mais non loin de là – sous protection américaine désormais – Israël s’est créé, grâce aux conditions coloniales des années 1920 (Israël ne veut toujours pas définir ses frontières !). Et si Israël n’était plus qu’un (gros) confetti de ce type d’enclave du passé ? Sans avenir, sinon dans le ‘big business as usual’… Celui qui s’écroule, nous avec ? Ou bien quoi ? Rêve de Révolution ?

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12 Commentaires

  1. babelouest

    23 septembre, 2010 à 4:22

    Pour contrer cette mainmise du pognon, du pèze, du fric et du Saint Bénéfice, il pourrait y avoir le peuple, tous les peuples unis pour se débarrasser de leurs prurits, de leurs cours des miracles, de leurs pourritures.

    Pourtant, hier encore une dépêche de l’AFP, que j’avais reprise et commentée ici : http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=16076 ,signalait que cinquante pour cent des étatsuniens étaient encore contre une assurance santé obligatoire, parce qu’elle violait leur liberté. Chez eux, hélas ! la solidarité n’existe pas, tout au plus l’aumône qui en est le contraire, parce qu’elle est un rapport de dominateur à dominé. C’est pourquoi un tsunami des vrais gens tarde à se produire, tué qu’il est par les égoïsmes exaltés sous le nom de self made men , et la bagarre pour la vie, la struggle for life érigée au niveau d’idéal à atteindre et à promouvoir.

    « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous », qu’ils disaient ! Tu parles ! La fraternité n’a jamais été autant bafouée.

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  2. b.mode

    23 septembre, 2010 à 6:56

    En France, on a un furoncle nous aussi…

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  3. lediazec

    23 septembre, 2010 à 7:44

    Très beau tour d’horizon. Quand je dis « beau », je me comprends !

    Dernière publication sur Kreizarmor : Place Vendôme, haut lieu de l'indécence

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  4. b.mode

    23 septembre, 2010 à 8:10

    Gâtés aujourd’hui les ruminants !!! L’immense Ella, de la mousse au chocolat en l’écoutant, la phrase malheureusement lucide de pas perdus et… l’erby revient sur Hortefeux et sa bourde au Mali !!! http://www.mediapart.fr/club/blog/michbret/230910/hortefeux-t-il-gaffe-au-mali
    En Sarkozie, on efface les traces… Woerth, Péchenard etc… http://www.lepoint.fr/societe/affaire-pechenard-une-enquete-interne-a-ete-lancee-17-09-2010-1237797_23.php

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  5. Remi Begouen

    23 septembre, 2010 à 9:36

    Tu as hélas raison, Babelouest, à propos de ‘l’American Way of life’ : hier encore, Daniel Mermet (‘là bas si j’y suis’) traînait ses guètres aux States, dans une ville cossue pour richards de Wall Street. Il donnait la parole à une tondeuse de chiens qui, malgré son endettement, etc. était heureuse du système : Plus les riches sont riches, plus ils ont de chiens à tondre, plus manucure, pédicure… On va loin avec ce genre de raisonnement, hélas courant en France. Auparavant, Mermet était à Cleveland, la ville US la plus sinistrée par les saisies immobilières liées au sur-endettement (‘subprimes’…) Même là, il y avait encore ce type de réflexion (?!), mais aussi beaucoup de sourdes colères et d’abattement…

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  6. clomani

    23 septembre, 2010 à 9:39

    J’ai été choquée de lire le titre de « furoncle » et d’y voir associé un volcan. Pour moi, ça commençait mal, ton papier, Rémi. Au Mexique, j’ai appris à respecter les volcans et les ouragans et autres tsunami. Parce qu’ils nous ramènent à ce que nous sommes, nous les êtres humains : rien, ou presque rien ! On vit moins longtemps que les pierres, les arbres, les montagnes ou les volcans. Pourtant, dans nos courtes vies, qu’est-ce qu’on peut détruire !
    Et là, oui, je te rejoins, Rémi. Nous encore, à notre petite échelle, on essaie de faire le moins de mal possible. Mais quid du Capital avec un grand C ? Il a mis le monde politique dans sa poche et gouvernent actuellement, partout dans le monde, de pauvres petits hommes serviles qui croient que le pouvoir va les aider à s’enrichir mais oublient que la richesse, c’est, avant toute cbose, la simplicité ! Et le respect des autres.

    J’ai passé mon insomnie à travailler sur le dernier chapître du Sub-Marcos, qui aborde un peu ce problème et explique comment les communautés indigènes « gèrent » ça. Comme je ne peux pas aller à la manif (problème aux pieds moi aussi), je préparerai le texte cet aprèm.

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  7. Fifi d'Ardèche

    23 septembre, 2010 à 11:24

    La force magnifique et dévastatrice des éruptions volcaniques , des mouvements de notre planète! Oui, si tous les peuples se donnaient la main ( « si tous les gars du monde.. »)cela donnerait le même genre d’effet.A nous de faire en sorte que cela ne soit pas dévastateur, car on ne construit pas la paix et l’harmonie sur des tueries , à mon avis.
    Penser « planétaire », nous en sommes tout près, de cette prise de conscience populaire collective, planétaire, et nous en avons les moyens.

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  8. clomani

    23 septembre, 2010 à 11:53

    Fifi, y’a certainement moyen de moyenner, en partant par le bas… et en partant d’initiatives locales, puis régionales, puis nationales puis internationales.
    On en a les moyens, la grogne est partout parce que l’ultra-libéralisme a la même façon d’écrabouiller les tout petits et les « moyens » partout dans le monde, via une politique de tout pour moi et démerdez-vous les z’aut’ !
    Je me demande déjà une chose : et si on organisait des rencontres de blogueurs/lecteurs de blogs de la gauche (hors partis bien sûr). Localement, puis régionalement etc. ? C’est comme ça que les Zapatistes ont fait parler d’eux, tout ça pacifiquement (de leur côté en tout cas)… ce qui ne veut pas dire qu’il n’y ait pas eu de morts causés par l’armée et les para-militaires à la solde des privés…

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  9. Remi Begouen

    23 septembre, 2010 à 12:00

    D’accord, Clomani puis Fifi : je concède que le titre de mon article est un peu maladroit, puisque, comme vous deux, je respecte ‘la force magnifique’ des volcans (parfois dévastatrice, mais souvent bénéfique, pour la fertité des terres qu’ils créent). Rien qu’à voir la belle photo dégottée par lediazec – merci! – du Stromboli, on ne peut qu’être subjugué. Le souvenir que j’ai de ce volcan était en pleine nuit et il s’agissait, m’a t’on dit, d’une éruption exceptionnelle. Depuis, j’ai toujours trouvé médiocres les feux d’artifice, qui méritent bien ce nom. C’est là que j’aurais dû faire le lien : entre le volcan naturel et sa caricature artificielle, ‘furoncles du Big-Business’, ces ‘paradis fiscaux’ éparpillés sur la planète, que l’on ne combattera pas avec de ‘fumeux discours’ à la Tsarko, mais avec nos ‘tremblements de terre’, nos si petites révolutions sociales, par rapport à la nature-mère!

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  10. Fifi d'Ardèche

    23 septembre, 2010 à 14:32

    Clomani, c’est une bonne idée! Et quand je pense à vos écrits sur les zapatistes,je me dis que vous avez déjà commencé et que vous avez apporté cette main tendue par nous tous à ce peuple mexicain…
    Rémi, en lisant votre titre, j’ai tout de suite fait le lien avec ceux qui dirigent ces multinationales, planqués dans ces paradis fiscaux,qu’il est intéressant de localiser.

    Comme ils sont peu nombreux, face à l’ensemble de ces peuples qu’ils oppriment!…

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  11. Luc de Normandie

    23 septembre, 2010 à 16:45

    Jersey n’a certes jamais été française, puisqu’elle fut successivement Bretonne au IXe siècle, Normande à partir du Xe, et Anglo-Normande de par la « volonté » de Jean Sans Terre au début du XIIIe.

    Le gouvernement de Jersey – bien que sous l’autorité d’Elisabeth II, dit Duc de Normandie – est indépendant du Royaume-Uni, et il maintient une représentation diplomatique permanente à Caen.

    Luc de Normandie

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  12. Remi Begouen

    23 septembre, 2010 à 19:25

    Ah elle est là : ELLA ! Merci de nous donner ce blues, cette voix, cette présence yeux fermés. Je l’ai écoutée trois fois de suite, en ‘blues’ de n’être pas assez valide pour vraiment participer à la manif du jour…

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