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( 31 octobre, 2010 )

Une brève histoire du ouèbe, tel que je l’ai vu naitre

bogerby.jpgCette note sera certainement très décousue car elle me ramène des années en arrière… En plus, ce n’est pas un billet politique, ni polémique. Juste une envie d’évoquer de vieux souvenirs de l’internet tel que je l’ai connu à ses débuts.

En discutant avec Zeyesnidzeno après avoir vu le dernier (et quand je dis dernier, je pense que c’est plutôt « the last » que « the latest »… l’avenir nous le dira !) film de Pierre Carles, Fin de Concession, nous nous sommes rendu compte que notre expérience de l’internet était complètement différente. Bien sûr, chacun expérimente le web de façon intime et très personnelle, mais en l’espèce, il s’agissait plutôt de la temporalité, l’histoire de la rencontre de tout un chacun avec le web. En l’occurrence, ce que je lui ai raconté l’a plutôt intéressée (enfin, je pense ;-) et elle m’a conseillé d’en faire un billet. Dont acte. Et puis ce matin, je suis tombée sur ce billet de CSP dans lequel il évoque rezo.net… or ce site m’a particulièrement marquée lors de mes débuts sur la toile alors je me lance.

En préambule, je dois avouer que même si je suis le boulet informatique ultime (sic !), j’ai toujours été bercée par les nouvelles technologies (même si elles sont devenues complètement obsolètes désormais). Le Vectrex, ça vous dit quelque chose ? et le krach du jeu vidéo en 1983 (que je découvre en trouvant ce lien sur l’antique console de jeu d’ailleurs). L’Apple IIe ? Amiga ? et pourtant, je suis infoutue de pisser du code, ou de bidouiller du hard (ware, honni soit qui mal y pense !). Tout simplement une fascination pour cet univers…

Je reviens donc à la préhistoire : 1990/1991, dans ces eaux-là…comme j’étais étudiante à l’époque, une certaine brume (…) ne me permet pas d’avoir une idée plus précise des dates. Non, vous n’en saurez pas plus. Donc à cette époque, la France possède une technologie que le monde entier nous envie : le Minitel ! Ne rigolez pas, c’était une véritable révolution ! Bien évidemment, il y avait plein de sites de cul « roses » (bel euphémisme et préfiguration de ce qu’allait être une partie du web !) mais déjà des sites de discussion en temps réel, chat avant l’heure, tel Ness et Elliott – j’ai bien essayé de trouver des liens, mais nulle trace de la mémoire de ces « sites » ne semble persister….D’ailleurs, en y repensant, ces 2 sites étaient même plus dans l’esprit twitter (la contrainte de 140 caractères en moins) que dans celui de MSN (à vrai dire, j’ai jamais été sur MSN mais c’est ce que j’en imagine).

A peu près à la même époque, j’ai eu connaissance non pas du web, mais de la partie immergée de l’iceberg, les newsgroups et Usenet…J’ai un peu farfouillé là dedans, mais il faut avouer que c’était un univers quasi exclusivement masculin et dédié à l’informatique avant tout (même si j’y ai trouvé quelques groupes de SF ou autres…). Pas ma tasse de thé.

Mon souvenir suivant concerne la période 1994/95 (toujours sous réserve ! je n’étais plus étudiante, mais les brumes s’étendent sur une bonne partie de ma vie de jeune adulte… Foutu fog des nuits parisiennes !) et le prérequis pour accéder à internet, c’était la Netiquette ! Bah oui, c’était un univers très codifié et des règles de bienséance s’appliquaient quand on souhaitait y rentrer. Et je peux vous garantir que les utilisateurs ne respectant pas ce code se faisaient basher dans les grandes largeurs ! Quel dommage que celui-ci soit tombé en désuétude quand l’internet est devenu « de masse »… Quelque part, j’oserais même une comparaison entre la Netiquette et le Code Courtois de la chevalerie : de bien belles pratiques d’un monde disparu…

Mais foin de nostalgie dépassée. La suite, vous la connaissez tous, c’est la démocratisation du web et son adoption par un public de plus en plus large. Entre 1996 et 2000, les sites deviennent de plus en plus accessibles sinon mainstream tel qu’on les définirait aujourd’hui. Il y a le rézo des copains auquel je faisais allusion en début de billet, des sites engagés – déjà – tel que celui de Lazuly, Mona Chollet (qui collabore au Monde Diplo si je ne me trompe) et plein d’autres que j’ai oubliés, des manifestes d’indépendance du web qui sont plus que jamais d’actualité, des ébauches de ce qui deviendra les blogs (à l’époque, les fameuses pages perso !) dont le plus éminent – peut-être pas le plus éminent, mais mon préféré et de loin – était Grosse Fatigue (il va sans dire que je vous en recommande vivement la lecture !), la poursuite d’activités moins visibles, telle la plateforme samizdat, j’en passe, mais toute contribution pour compléter cette liste est la bienvenue Rire

Je fais une parenthèse pour rappeler à mes aimables lecteurs que la norme de la fin des 90ies était plutôt au modem 56 K qu’à l’ADSL (qui ne fit ses débuts balbutiants qu’en 1999…et oui ! il y a un siècle, une éternité !)

Pour achever ce billet, je parlerai de 2 évènements qui m’ont marquée en cette fin de siècle dernier.

Le premier, c’est l’affaire Mygale (ou Altern, me souviens plus qui était assigné exactement). Je vous laisse googliser les détails (si j’étais une fille sérieuse, c’est ce que je ferais, histoire de ne pas raconter de conneries, mais j’ai la flemme).

En gros, Mygale/Altern était un hébergeur gratuit (sisi ! je vous jure ! ça existait) et des photos d’Estelle Halliday nue furent publiées sur l’un des milliers de sites de Mygale. L’hébergeur, en la personne de Valentin Lacambre, fut trainé en justice et pour autant que je m’en souvienne, c’est la première fois en France que la responsabilité des hébergeurs vis-à-vis des contenus fut portée sur la place publique. Cela souleva un torrent d’indignation dans le web francophone et souligna la méconnaissance totale du public (et de la Justice) des règles et du fonctionnement du web en général, et de l’hébergement en particulier. Il va sans dire que Valentin fut condamné et que Mygale ferma boutique. Une honte ! Il me semble cependant que Gandi naquit de cette triste saga – sous réserve de vérification par ceux qui m’auront lu jusqu’ici – et c’est déjà ça de gagné…En tout cas, cela modifia, et pour longtemps, le visage du web français…j’irais jusqu’à dire qu’Hadopi plonge ses racines dans cette affaire lointaine, mais ceci n’engage que moi.

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( 30 octobre, 2010 )

Val tragique à France Inter

http://www.dailymotion.com/video/xfet2e

 

D’accord Gérald Dahan n’a jamais été drôle. Si l’on avait le moindre doute sur la question, la tronche de coin de rue que tire MAM, assise à ses côtés sur la vidéo ci-dessus, lève toute ambiguïté. On espère que c’est pour cette juste raison que Philippe Val vient de le congédier deux mois seulement après son entrée en fonction. Mais on a un petit doute.  Depuis que l’ancien directeur de Charlie Hebdo a été mis au commande de la radio d’état sur les recommandations de l’épouse de qui vous savez, la liberté d’expression en général et l’humour en particulier semblent avoir du plomb dans l’aile. Et même dans la cervelle ajouterait Gainsbourg.

valdahan.jpg

La valse des humoristes remerciés de la station s’enflamme. Après Stéphane Guillon et Didier Porte lourdés au printemps dernier pour raisons clairement politiques, Raphaël Mezrahi (qui lui pour le coup était totalement à côté de la plaque) remercié après quatre billets, c’est au tour de l’imitateur pas très doué de prendre la porte. Pour lui, ça ne fait aucun doute, c’est cette chronique sur la garde des sceaux qui n’a pas plu en haut lieu et qui a scellé son sort. On se prend à songer qu’il n’a pas forcément tort.

Ainsi font font les marionnettes. Les ficelles en provenance du château ressemblent de plus en plus à des palans. Engrenage, engrenage. Dans la perspective de 2012 et après la piteuse séquence  « retraites« , on verrouille sec à tous les étages. Les chefs de la radio et de la télé publique, désormais nommés directement par le monarque si peu républicain, veillent au grain. La désinformation bat son plein, servie chaud quotidiennement par les nervis modern style que sont devenus les journalistes.

Quand Méluche parle de larbins à propos d’un représentant de leur confrérie, tout ce petit monde rue dans les brancards. Pourtant, il tape dans le mille, le vieux tribun. Ainsi Yves Calvi, jour après jour plus sarkophile, se permet dans cette séquence de donner raison par définition et par principe, et parce qu’il est ministre, au pathétique Christian Estrosi qui ne connaît manifestement pas ses dossiers. Même Laurence Parisot, sa complice de fait, se voit dans l’obligation de le contredire. Qu’importe, l’essentiel est ailleurs. En fin d’émission, elle et le docile Chérèque scellent un accord de principe sur un futur dialogue social qui ravit le sémillant Calvi. Tout baigne. La société du spectacle fonctionne à plein régime… 

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( 29 octobre, 2010 )

Alors… Les loups sont entrés dans Paris

« Et si c’était une nuit comme on n’en connut pas depuis 100 000 nuits ?
Une nuit de peur, une nuit de sang, une nuit…
Un chien hurle. Regardez bien gens de Denfert, regardez-le,
sous son manteau de bronze vert, le lion tremble… »

Les hommes avaient perdu le goût
De vivre, et se foutaient de tout.
La télé, la consommation,
Les gens ne pensaient qu’au pognon.
Le ciel redevenait sauvage,
Le béton bouffait l’paysage… alors

Les loups, ououh! ououououh!
Les loups étaient loin de Paris
Berlusconi en Italie,
Madame Thatcher en Angleterre
Les loups étaient loin de Paris
J’aimais ton rire, charmante Elvire
Les loups étaient loin de Paris.

Mais ça fait cinquante lieues
Dans une nuit à queue leu leu
Dès que ça flaire du pognon
Des plans de retraite en actions
Dès que la peur hante les rues
Les loups s’en viennent la nuit venue… alors

Les loups, ououh! ououououh!
Les loups ont regardé vers Paris
D’Angleterre, des Etats-Unis
Les loups ont regardé vers Paris
Tu peux sourire, charmante Elvire
Les loups regardent vers Paris.

Et v’là qu’il y eut une dépression
Avec des chômeurs par millions
Les ouvriers filaient tout droit
De l’usine jusqu’au Pôle Emploi
Et personne n’osait plus le soir
Sortir flâner sur les boulevards… alors

Un loup ououh! ououououh!
Un loup est entré dans Paris
C’était un jeune loup de Hongrie
Nommé Nicolas Sarkozy
Ah tu peux rire, charmante Elvire
Un loup est entré dans Paris.

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( 29 octobre, 2010 )

Le fascisme est à son affaire

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La bataille des retraites semble perdue. Citoyens et syndicats brûlent les dernières cartouches, s’apprêtant à rendre les armes avec les honneurs. Peu importe que le nombre de participants soit de telle ou telle importance, puisque nous avons assisté à un passage en force qui n’a rien de démocratique.

Même si la loi n’est pas encore promulguée, à mon avis les carottes sont bel et bien cuites. Elles sont cuites en ce qui concerne la loi et, plus grave, en ce qui concerne la démocratie. Dans ce domaine, outre que les citoyens savent compter, ils ont découvert que le danger – parce que danger il y a – est ailleurs. Il est tapi dans le remugle sarkoziste, dans la pathologie du personnage, prêt à exploser à la face de tous comme un cauchemar dont il ne faudrait pas se réveiller trop tard. Y’a de la peste brune dans l’air !

De cela le pays commence à prendre conscience et c’est à ce titre que ces grèves et ces manifestations ont été bénéfiques. Il est de notre devoir de ne pas baisser les bras et de rester vigilants, de se tenir prêts pour d’autres combats, autrement plus durs. Si défectueuse apparaisse t-elle, la liberté, dans sa forme démocratique, est un bien trop précieux pour que nous l’abandonnions entre les mains d’une équipe de malades.

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( 28 octobre, 2010 )

BIUTIFUL – Alejandro G. Iñárritu

biutiful185241839374919.jpgUn film (2H20) à voir quand on a le moral… mais à voir.

Avant de vous parler du film, il faut que je vous avoue être une inconditionnelle d’Inarritu. « 21 grams«  avait été une révélation, « Babel«  a ensuite été une confirmation : Inarritu sait vous scotcher sur votre fauteuil de cinoche, en posant la responsabilité d’un être humain vivant, en mettant en scènes ces vies difficiles d’anti-héros, ces périodes où on se sent « de plomb » et où on voudrait sortir du tunnel pour se sentir léger comme une plume. Et en trouvant des lieux ad hoc. Je me souviendrai longtemps du plan qui m’a plombé le moral (dans « 21 Grams ») : on y voit Sean Penn agonisant sur les bords d’une piscine désaffectée, remplie de détritus… dans une zone quasi désertique de bordure de ville aux USA.

Pour « Biutiful », si mes souvenirs sont bons, le réalisateur a changé de scénariste. Il a par la même occasion posé le film en Espagne. Barcelone, la Barcelone des bas-fonds qui pique quelquefois la vedette à Javier Bardem. Entre autres un plan de tombée du jour sur la Sagrada Familia au loin, entourée de 5 grues, qui tendent toutes leurs sommets pointus bien haut sur fond de ciel rosissant… mmmmh. Des plages jonchées de cadavres, des immeubles délabrés, graffités, des terrains vagues, jusqu’au métro, Barcelone a sa part dans le film.

Javier Bardem, c’est Uxball, père de deux enfants, qui rame pour survivre dans cette Barcelone crasseuse, enfumée, noire, grise, interlope, moche et belle à la fois. Uxball a le cancer, prostate. Il n’a plus que quelques mois à vivre et il se débat, habitué qu’il est à ramer pour survivre. Pour ce faire, il gagne sa vie en traficotant avec des Chinois fournisseurs de main d’œuvre pour que dalle, en faisant le go-between entre des Sénégalais vendeurs à la sauvette, sans papiers, et les flics pourris qui ferment les yeux. Toutefois, il a une conscience, il est préoccupé par les autres, qu’ils soient Chinois ou Sénégalais, hommes, femmes ou enfants.

Tout au long du film, Uxball est confronté à sa responsabilité, au sentiment de responsabilité. Pendant que les Chinois parlent fric et exploitent des compatriotes, lui essaie de gérer les états d’âme de sa femme, bipolaire et ancienne alcoolique, le méli-mélo abominable des exploiteurs chinois, les exigences du flic pourri, la vente avec son frère de la tombe paternelle pour glaner un peu de fric … c’est trop pour lui… on le suit dans ses allées et venues dans cette Barcelone terriblement sale… dans des appartements sordides où il crève à petit feu, rêvant de son père, mort d’une pneumonie attrapée au Mexique après avoir fui les forces franquistes, dans une incroyable boîte de nuit qui honore les seins d’une curieuse façon (la séquence est complètement surréaliste !).

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