Il était une fois un jeune homme, trader de son état, travaillant dans une grande banque bien connue, la Société Générale. Celle qui à des comptes offshore (pas plus que les autres, mais quand même) et à qui on avait demandé de faire faire des bénéfices, beaucoup de bénéfices.
On lui avait tout appris au jeune homme. Comment acheter à terme prévu, avec le système du « levier », c’est à dire avec un dépôt – virtuel – de 10 % du montant des achats d’actions visées. Comment attendre (mais pas trop, parce que le temps c’est de l’argent) ? On s’occupe, on manipule un peu, on passe un coup de fil judicieux à tel pythie du marché etc … Rien que du normal quoi. Du coup, miracle, les actions achetées virtuellement avec 10% virtuels grimpent à la cote et VLAN !… On les revend en vitesse, encaissant un bénéfice pas du tout virtuel cette fois. Une affaire dans les affaires en somme, routinier, quotidien.
Le jeune homme ayant réussi plusieurs coups bien juteux, ses chefs le complimentent. Félicité, grassement récompensé, on l’encourage vivement à… continuer ! Ce qu’il s’empresse de faire, de plus en plus haut en chiffre d’affaires, et de plus en plus gros les engagements. Imaginez qu’au lieu de monter, le prix de ces actions soit descendu … la Banque aurait été dans l’obligation de payer ces actions au prix convenu à l’achat, plus cher que leur valeur au terme du contrat !
Catastrophe ! Ce qui pouvait arriver… arriva ! Il avait tant et tant acheté – comme les chefs le lui avaient demandé, ne l’oublions pas… N’oublions pas non plus – comment l’oublier ! – que dans ces Banques-là, on n’hésite pas à vous envoyer une lettre recommandée à 17€80 quand votre compte est débiteur de 10 euros…, il y a des contrôles. La Banque, c’est du sérieux !
Les Directeurs se frottaient les mains, s’envoyant de joyeuses tapes dans le dos, disant : « ah les beaux bénéfices que nous allons faire avec ce garçon ! » se sont retrouvés ridiculement nus devant l’opinion. Ils avaient trouvé plus malin qu’eux !
Remonté comme une horloge suisse, le pauvre jeunot est allé acheter des actions alléchantes qui lui faisaient miroiter monts et merveilles à des sociétés venant d’un certain Monsieur Madoff, un américain ! Comme disait le Président : « ce qui vient d’Amérique, c’est du tout bon ! ».
Faut dire que le jeune homme n’est pas allé de main morte. Je ne sais combien de milliards d’euros qu’il avait promis de payer… Au nom de ses patrons, évidemment ! Le Madoff en question, – aujourd’hui au gnouf – comme nous le savons, vendait du vent. Il faisait de « la cavalerie » (mais ceci est une autre affaire). Bonjour la bourrasque ! Ses « valeurs » ne valaient RIEN. Et la Banque, la Société Générale, devait quand même rembourser ce qu’elle devait, moins les bénéfices escomptés quand même.
Vexée, elle est allée voir DAME JUSTICE : « Comment ?… Ce foutriquet a acheté sans notre accord !… Il doit payer ! »
Dame Justice, après lecture de son gros livre, plein de lois et de contre-lois, constatant au passage les grosses maladresses juridiques du jeune homme (un vrai feuilleton), tapant du maillet sur le pupitre, dit : il doit payer !… DE QUI SE MOQUE -T- ON ?… QUATRE MILLIARDS NEUF CENT MILLE EUROS !
Avec çà, la Banque est ensuite allée pleurer dans le giron du Président qui aime tant l’Amérique : « les américains nous ont fait du mal, il faut nous aider… » Le Président, compatissant, et un peu alarmé par l’ampleur du désastre, de répondre : « bien sûr, les Français sont riches, ils vont emprunter et vous soulager… Comme çà vous pourrez continuer à leur prêter de l’argent avec bénéfice … »
L’est pas belle la France ?
En direct de l’Assemblée Européenne :
Le Parlement européen a adopté un ensemble de réformes introduisant des changements fondamentaux dans le système de contrôle des banques, des marchés boursiers et des compagnies d’assurances.
A partir de 2011, trois autorités européennes de surveillance (AES) verront le jour et un conseil européen du risque systémique (CERS) sera mis en place. Les AES disposeront de pouvoirs étendus, dont celui d’interdire temporairement tout produit financier ou activité à risque. En cas de défaillance des autorités nationales, elles pourront intervenir directement, auprès des banques, des assurances ou des marchés financiers pour faire respecter la législation européenne. Elles auront aussi la faculté de demander à la Commission d’établir des actes législatifs visant à interdire certains produits. Pour former son analyse sur les institutions financières, le CERS utilisera une liste commune et harmonisée d’indicateurs ainsi qu’un système de code couleur évaluant les différents niveaux de risques. Son comité scientifique réunira un large ensemble de compétences et d’expertises parmi lesquels des universitaires.
LE PRÉSIDENT DE LA BANQUE CENTRALE EUROPÉENNE assurera la présidence du CERS pendant les cinq premières années de son existence.
Voilà. On n’est jamais mieux servi que par soi-même !!!
En cas de conflit : créons trois commissions et confions-en la présidence au plus grand des conflicteurs…
Ça sera dur pour les daltoniens !
Didier Goux
9 octobre, 2010 à 1:44
La Pecnaude : soit vous êtes supérieurement intelligente, soit je suis très con (soit les deux en même temps), mais je n’ai rien compris à ce billet. (Sans dec.)
Et, sinon, qu’est-ce que vous en avez à foutre, de ces milliards qui passent d’une main à l’autre ? Sans rire, ça vous intéresse vraiment ?
Remi Begouen
9 octobre, 2010 à 2:26
Tu écris que le Madoff ‘vendait du vent’, exact. Et que, quelque part, il a un petit frère qui se nomme Kerviel. Cela me rappelle un ‘s’pèce d’poèm’ de mon pote Pascal :
‘UN AIR DANS LE VENT’
C’était deux frères… deux frères…
L’un marchand de vent,
L’autre, marchand d’air-hier ;
Ils faisaient donc à peu près la même chose
Si j’ose
Ainsi m’exprimer.
Mais le problème était,
Car problème il y avait,
Que celui marchant devant
Etait le marchand d’air-hier,
Et que bien sûr, réciproquement,
Le frère marchant derrière
Etait le marchand de vent…
C’était deux frères… deux frères…
L’un marchant devant,
L’autre… Derrière.
Bien évidemment,
Celui de derrière
Ne songeait qu’à passer devant.
Il marchanda avec son frère
Qui lui répondit : « C’est du vent!
Mais …si tu m’achetais de l’air
Puisque j’en ai et que j’en vend,
Peut-ête que de ce prix-air
Naîtrait un accomodement… »
L’autre, séduit, prit un bol d’air;
En guise de remerciement
Son frère, le marchand d’air-hier
Lui lâcha un énorme vent !
——-
VOILA.
Avec un énorme (tou)pet, le poète Pascal avait déja (tout) compris aux frangins de la finance, bien avant les scandales des ‘bulles’ Madoff et Kerviel (entre autres faux frères).
lapecnaude
9 octobre, 2010 à 3:52
Monsieur Goux, vous me dites n’avoir rien compris à ce billet, en effet il ne vous était pas destiné, il s’agissait pour moi de tenter d’expliquer à quel jeu jouaient les banques en matière boursière. Les milliards dont il est question ont toujours été virtuels, ils ne sont pas réalisables en matières concrètes, du moins pas en totalité. C’est tout le système financier qui n’est qu’une illusion, les banques en elles-même ne possèdent qu’un petit avoir propre en papier monnaie ou en investissements solides et réalisables rapidement, le reste est en action dans diverses entreprises ou sociétés plus ou moins solvables. C’est un jeu.
Là où je ne joue plus, c’est quand, d’une part elles essaient de faire des benéfices « fellationnistes » sur les pauvres gens et quand elles se font renflouer par l’Etat qui emprunte pour ce faire et nous font payer la dette. Car en cas de remboursement de banques le petit bénéfice qu’aurait pu faire l’Etat est très vite bouffé par les avantages fiscaux qu’il leur a donné.
Comme pour une fois, je ne suis pas imposable au titre de l’impôt sur le revenu, je devrais être contente, (et ne me demandez pas comment j’ai pu faire je ne nomme pas Liliane), je me rend compte néanmoins que je paxe des surtaxes de 6,8% en augmentation sur les taxes locales … raison donnée augmentation des taxes par l’état, j’attend la taxe locale !
Quand à vous, je vous trouve pas très con, du moins pas toujours. Qu’après vos périodes de jeunesse extrème gauche-anarchiste, vous soyez devenus (à votre sens) le seul vrai démocrate, le seul avenir, de ceux qui vont nettoyer l’humanité et la recréer, trouvant qu’il y a trop de crasse et de misère, de mélange des races et de frontières perméables. Que vous croyez que les hommes deu futur seront blancs et purs, de souche, recréés … ce sera selon vos possibilités … Pleins de petits Goux roux sur terre, ce serait séraphin !!!
lediazec
9 octobre, 2010 à 6:46
Bonjour à tous. Entre le billet de lapecnaude et le poème de Pascal, la parabole laisse une empreinte durable dans la réalité.
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lediazec
9 octobre, 2010 à 6:53
Quand faut y aller, faut y aller. Les larbins méritent-ils de se faire insulter ?… La vérité est-elle une insulte ?… Du pain sur la planche et du frittage en perspective. Il suffit ! http://www.lefigaro.fr/politique/2010/10/08/01002-20101008ARTFIG00523-melenchon-insulte-pujadas.php
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lediazec
9 octobre, 2010 à 6:56
@ Didier Goux. Putain Didier, je me régale comme je n’aurais pas imaginer avec la lecture en profondeur de Philippe Muray. Cet homme ne pouvait pas être qu’un homme discret. Un homme bien.
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b.mode
9 octobre, 2010 à 9:47
Woerth retrouve son ton arrogant et narquois sur europe 1 L’affaire est finie ?
lediazec
9 octobre, 2010 à 9:52
Woerth met une application incroyable à se montrer tel qu’il est dans sa nature profonde : répugnant !
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Laetsgo
9 octobre, 2010 à 10:54
Le regard méprisant de Woerth hier au Senat tandis que sa reforme mortifere était votée…
Excellent la sortie de Melenchon mais je crains que le bad buzz et la défense corporatiste étouffe le message. En tout cas,il le tarde de voir le nouveau Pierre Carles !
Lapecnaude, moi, j’ai tout compris à ton billet ! On connait ces manœuvres sous le nom de privatisation des profits, nationalisation des pertes….
Remi Begouen
9 octobre, 2010 à 11:02
‘Changer de société’ : Tel est le titre du nouvel hors-série de Politis, que je reçois ce jour. Il a l’air bien ‘riche’… de la vraie richesse humaine, l’intelligence humaine orientée vers la justice sociale à venir. Il semble que Politis évolue vers les positions de ‘La Décroissance’ : Il fait ‘l’éloge de la lenteur’ et invite Paul Ariès – parmi d’autres plumes alertes – dans ses pages. Ce ne doit pas être ‘du vent’…, je vais y aller voir!
Fifi d'Ardèche
9 octobre, 2010 à 11:15
Oui, Rémi, « changer de société » en fait, c’est cela, ce que veulent tous ceux qui manifestent , en France et ailleurs( c’est drôle, on n’en parle pas dans les médias….), une société plus humaine, plus respectueuse des peuples et non pas une société basée sur le profit au détriment des plus humbles, au moyen des mécanismes bancaires et financiers décrits ici par Lapecnaude.
( @Lapecnaude, renseigne-toi sur les cas d’exonérations de taxe d’habitation : http://www.pratique.fr/taxe-habitation-savoir-taxe-habitation.html , cela pourrait t’intéresser.)
lapecnaude
9 octobre, 2010 à 12:17
@laeStgo – tu dis bien mieux que moi ce que je ressens. C’est vrai que la dialectique et le discours politique n’est pas mon fort.
@ Fifi – merci frangine, mais tu aurais pu mettre çà « en lien » , çà aurait été plus vite.
lapecnaude
9 octobre, 2010 à 12:30
Fifi, çà se tente, çà peut même se tenter tout de suite !
Laetsgo
9 octobre, 2010 à 12:58
@lapecnaude : tu es bp trop modeste