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( 27 octobre, 2010 )

Après l’attentat (suite)

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Cela faisait maintenant deux mois que l’Attentat avait permis au gouvernement sarkoziste de fouler au pied toutes les libertés individuelles. Le droit de réunion avait été interdit. Des sniffeurs reniflaient allègrement le moindre propos subversif des dissidents, entrés en résistance. Sur le web en tout cas. Les indisciplinés avaient alors recouru à de vieilles méthodes pour échanger : pigeons voyageurs, boites aux lettres planquées dans des poubelles ou sous des bancs publics, petites annonces innocentes dans la presse ou dans les blogs de cuisine…tous les moyens étaient bons pour restaurer l’espoir et tromper l’ennemi. Les télés n’avaient pas changé leur programmation : avant l’Attentat, elles distillaient déjà parfaitement la potion délétère du renoncement et de la distraction à bon marché. Seules quelques émissions subversives avaient disparu de la grille des programmes. Pas la bonne heure, pas la bonne audience, Philippe Val s’en expliquait sans complexe.

Ah, le Présidentissime l’avait eu, son instant Thatcher ! Mais ce n’était pas sa « fermeté » ni son intransigeance qui l’avaient permis… Un concours de circonstances, habilement mis en scène par Horteboeuf et Scouardcini, un attentat bidon dont les seules victimes avaient été causées par le mouvement de panique qui s’en était suivi, et hop ! Appliquant à la lettre les principes énoncés dans la stratégie du Choc, le pays s’était retrouvé en coupe réglée, toute velléité de résistance anéantie. Du moins, c’est ce qu’il semblait. Huxley et Orwell avaient imaginé des futurs bien sombres ! Celui d’Huxley s’étant révélé trop imparfait pour l’exigence de soumission absolue au TINA, c’est celui d’Orwell qui entrait désormais en scène.

Mais malgré la mainmise des séides de l’état devenu fasciste, laissant transparaitre enfin sa vraie nature, des îlots de résistance se développaient dans tout le pays. Pas une nuit sans que les supermarchés, les banques et autres agences d’assurance ne soient tagués par des révolutionnaires en herbe. Pas une journée sans que Daniel Mermet n’émette, sur des fréquences sans cesse renouvelées, des appels à la révolte citoyenne. Pas une nuit sans que Jean-Luc Mélenchon, entré en clandestinité avec ses compagnons du Front de Gauche, n’abjure les républicains de tout crin à se soulever contre le sarkozysme triomphant.

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( 26 octobre, 2010 )

Le massacre des innocents – Nacera Belloula

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Son livre est un long cri. Il exprime le désespoir des «survivants», la douleur des mères, des femmes, des enfants orphelins, en face de ce qui n’était pas une guerre ou une insurrection, mais en face d’une barbarie pure pratiquée au nom d’une religion.

Nacera (qui deviendra plus tard Nassira de son vrai prénom) fut une enfant des Aurès. D’une famille aisée, elle allait à l’école, elle fut plus tard, lorsque la pression de la première guerre d’occupation ou de libération fut par trop contraignante, étudiante à la faculté d’Alger. Elle fut journaliste d’information dans des journaux comme « le Matin », « Le Soir d’Alger », et parallèlement mère de famille et éducatrice spécialisée pour enfants. Elle a vécu dans sa jeunesse l’occupation par les Français, la répression par les FLN, sa famille en paya le tribut.

Tout cela se passait entre les décennies 60 et 70 :

« C’est à ce moment là que les premiers groupes islamistes ont commencé à s’entraîner dans le maquis. Les gamins d’octobre 1988 (la révolte des étudiants et des jeunes) n’avait donné qu’un coup de semonce à la crise qui allait pousser le pays dans une ère de bouleversements et de tourments. Dès 1986, avait commencé une effervescence sociale face à une démographie galopante, à une crise du logement, à une agriculture moribonde et une industrie stérile. C’est vrai que c’est à cette époque qu’avait aussi commencé la contraction du pactole pétrolier avec les conséquences connues, celle du manque de devises et l’Algérie est avant tout un pays importateur »

Chadli promulgua la nouvelle constitution et autorisa des élections multipartis permettant à la mouvance islamique d’asseoir sa légitimité. Ils remportèrent les élections municipales et purent acquérir ainsi un sentiment d’impunité. Leur mouvement s’organisa, créa le GIA (Groupe islamiste armé) et alors commença une ère d’intimidation, de terreur à coups d’assassinats de gendarmes, de fonctionnaires, de journalistes, de massacres systématiques d’habitants de hameaux entiers.

Les Algériens n’osaient plus se déplacer, craignant les faux barrages de faux policiers (la police et l’armée intervenaient aussi), les enlèvements.

« Quand le règne du FIS avait commencé, il avait entrainé dans son sillage, hélas, de nombreux partisans, divisant beaucoup de familles, d’amis et de voisins. Des femmes adoptèrent le hidjab et, sous prétexte d’une loi divine, acceptèrent de bonne grâce la polygamie, et même « Zaoud El Moutad », ou le mariage de jouissance ». (Ce mariage temporaire et sexuel a cependant ses obligations et a été interdit  par toutes les obédiences de l’islam sauf par le chiites. Les terroriste du GIA et du FIS en ont fait une généralité dans leur milieu).

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( 25 octobre, 2010 )

La ruée vers leurre

elcelxiorjpg.jpgDivide et impera
Cliver. Tel est le maître mot de la pensée sarkozyste dans la perspectives des présidentielles 2012. Une variation sur le thème du vieil adage latin « divide et impera« . Diviser pour régner, voilà à quoi s’ingénie depuis qu’il a été élu, ce chef de l’état immature et nocif, oubliant ce faisan(t) son rôle de rassembleur, mission pourtant inhérente à sa fonction suprême.

Au bon beur
Son créneau ? Opposer les pseudo-français de souche (blanche de préférence) aux autres pékins. Pêle-mêle, les métèques, les rastaquouères, les blacks, les tsiganes, les juifs errants, les rebeux, les austro-hongrois, les roms et même les pâtres grecs. Les jaunes, me direz-vous ? Eux, c’est pas pareil ! Ils travaillent comme des nègres selon la formule ad hoc de ce bon monsieur Guerlain et ils se fondent sans problème dans le décor. Les niakoués, quand y’en a un, ça va, et quand y’en a beaucoup, ça va aussi pourrait ajouter le commandeur des forces du bien, Brice d’Auvergne, le bras armé de son altesse sécuritaire…

Casse tous risques ?
Sa méthode ? Opposer les vieux aux jeunes, les musulmans aux catholiques, les commerçants aux ouvriers, les vacanciers aux grévistes, les méchants manifestants au bon peuple de l’ordre. Quitte à introduire dans les manifs, des casseurs d’un nouveau genre. Des encagoulés curieusement protégés par la police tandis qu’ils brisent vitrines et incendient poubelles.

Chronique de la haine ordinaire
Résultat des courses ? Catastrophique voire apocalyptique. Une régression sociale sans précédent dans un hexagone à feu et à sang. Une justice en jachère au service des puissants. Des riches toujours plus riches et une misère crasse toujours plus présente à chaque coin de rue. Un désespoir national. Dans ce champ de ruines, un sentiment quasi-unanime émerge : la haine de cet autocrate borné et indécent.

Dorian Gray modern style
Lors de la réalisation d’un vidéo-trottoir a priori apolitique sur le thème emploi-formation, j’ai pu vérifier récemment  le rejet massif de la rue que cet homme-là suscite. Jamais un président en activité n’a été plus honni. Les derniers sondages confirment que 70 % de la population ne peut plus le voir en peinture. Et lui, tel un Dorian Gray non assumé, refuse de regarder en face le tableau  affligeant de son sinistre bilan, préférant s’admirer dans le miroir déformant que lui renvoient ses thuriféraires et les médias complices.

La maltraitance de l’info
A ce propos, on a pu mesurer, lors des récents évènements, la manière grossière et partisane dont se comportent nos chers organes d’information. La radio qui passe en boucle des témoignages de bons français excédés par la grève et par les vilains bloqueurs qui « prennent la France en otage« . La téloche, le doigt sur la couture du pantalon du monarque, qui ouvre son 20h sur les casseurs lyonnais. Images immédiatement récupérées par le roitelet dans un discours populiste.

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( 24 octobre, 2010 )

La blague au doigt !

tartarin.jpg « Vive le marié, vive le marié !!! » s’exclame un petit vieux septuagénaire, « arrête tes conneries » lui lance son comparse d’infortune, « tu sais pas qui c’est ce type, il est de la mondaine…« 

- « De la mondaine ??!!?? tu déconnes Antoine, moi depuis les brigades du tigre, je me demande bien où sont passées les gazelles ! »

- « Ferme ta gueule je te dis, là on donne dans le troupeau de hyènes, c’est folklo leur histoire, bouge pas je te raconte... »

Dans le temps, y’a peut être 3 ans de ça, je faisais dans le safari urbain. Je chassais sur la toile mais j’y entravais peau de zobi, la chasse pour moi c’était surtout le truc qu’on actionne dans les chiottes, tu vois un peu… Je me suis mis à sillonner les autoroutes de l’information, et puis, au détour d’un raccourci, je me suis vu partir de rien pour arriver nulle part. Au début, crois moi, c’était la proie et la bannière, t’avais de tout et de rien, enfin, je me suis  surtout fait un tour de rien. Fallait se faire sa place au soleil de Satan, des malins t’en avais à tous les coins de rut, et à la comète t’avais surtout de la queue…

Alors que j’étais sur le point de raccrocher, chasse Shalom et Miss clonée ça va bien trente secondes mais ça fatigue relativement vite, je me suis vu débarquer un connard boiteux de tout premier choix. Plus rien à foutre de savoir s’il fallait prendre, ou pas, les enfants du bon Dieu  pour des connards sauvages. Je tenais enfin ma rencontre du troisième trip.

Ce mec prétendait avoir une technique de chasse révolutionnaire, tuer ses proies à coup de mots soi-disant bien balancés. Didier, c’était son petit nom, pareil que le clébard dans le film de Chabat, sauf que mon Didier à moi se transformait en documentaire genre nationaliste géographique. . Son passe-temps favori était livresque des grands fions. Il se pensait érudit, et alors ??!!??, moi aussi je connaissais érudit Völler !!! Il parlait d’ouvrages en y mettant tout son coeur là où moi je revoyais des ouvrages sur lesquels j’avais laissé ma sueur ! Dans son patelin, on l’adulait, pasteurisé bien sûr même si enragé de première. Il s’était fait un devoir de ne chasser que la racaille, drôle de volatile que ce Didier. Tous les chemins mènent aux Roms éructait-il dans un français parfait, quoiqu’en fouinant un peu, je me suis vite aperçu que son français devenait vite imparfait, voire subjectif fort peu présent. En fait, il était plutôt échasses, prêche, immature et surtout traditions. La terre, la sienne, celle de ses ancêtres, celle qu’on ne partage pas, qu’on n’offre pas, qui n’ouvre aucun droit du sol et encore moi du sang. Lui aimait tisser, mais surtout pas métisser, sa toile d’araignée qu’il avait au plafond, et chez lui le plafond était relativement bas, je comprends mieux maintenant pourquoi ça ne volait pas bien haut ! Et puis je me suis lassé, les sentiments toujours les mêmes, la technique éculée, l’approche foireuse. Ce bourreau de bitume, battant le pavé sans même se demander s’il y avait au moins la plage dessous, était devenu pathétique dans sa folie ordinaire. Ses années fioles auront fini par lui embrumer définitivement le cerveau, et sur ce quai des brunes la chemise semble désormais le ravir…

Tu vois ce gars qui se marie là, c’est lui, le chasseur blanc, le chantre du white power, le Zébulon du ménage enchanté. Regarde le bien parce que c’est un gonze comme ça, qui un jour, te plantera un Cousteau dans le dos, son monde du silence n’étant que cacophonie néo-nationaliste.

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( 23 octobre, 2010 )

Un sale jus dans le palais

peaudechagrin.jpgLes ruminants bloguent sans se prendre au sérieux, mais avec toutefois le zeste d’application et d’implication qu’il faut pour donner à la démarche l’épaisseur d’une idée porteuse de plaisir, de générosité et de fraternité. Celle d’un comportement dans le fracas de la vie. Gentiment, ils épousent la vague du quotidien, avec la volonté d’être et de se reconnaître au milieu de la foule. Sans l’individu, la foule n’est rien.

Au hasard de l’onde, on rêve, on fraternise ou on déteste. On pose des jalons à chaque degré sans autre préoccupation que celle de se hisser à la hauteur nécessaire pour avoir une vue panoramique de la vie.

Par affinité et par plaisir aussi, nous entretenons avec la blogosphère des rapports de bonne ou de moins bonne entente, sans jamais oublier qui nous sommes et ce que nous cherchons à exprimer le plus clairement possible, avec passion et tolérance.

Parmi les blogueurs, Didier Goux, homme complexe aux idées savonneuses – je dis ça pour la mousse, il en produit – fait partie de ces personnes avec lesquelles nous entretenions, dirais-je, une cohabitation du Troisième type. Il s’était instauré entre nous une sorte de jeu de dupes dans lequel les « bonnes manières » faisaient, sauf exception, la part belle à l’indulgence. Nous n’ignorions pas, bien sûr, que Didier Goux se la jouait un peu, pensant nous la jouer.

Didier Goux est un faux modeste et, à l’occasion, un vrai gougnafier en bâtiment. Par curiosité, par plaisir et par politesse, nous – mais particulièrement moi – lui accordions un certain crédit au nom d’un principe de liberté auquel les ruminants sont très attachés. Je passe sur les satellites de monsieur Goux qui commentent son blog à chaque vent expulsé par le Maître : un ramassis de fracassés que la prosternation avilit au-delà de ce qui est humainement concevable. Nombreux et méchants, ils ne quittent la fange que pour aller se vautrer dans une fosse plus profonde. L’ensemble dégageant une forte d’odeur de décomposition. Consciemment ou non, Didier Goux en est le vecteur. Comme l’écrivait Balzac dans Eugénie Grandet : « La flatterie n’émane jamais des grandes âmes, elle est l’apanage de petits esprits qui réussissent à se rapetisser pour mieux entrer dans la sphère vitale de la personne autour de laquelle ils gravitent. ».

Depuis une quinzaine, en pleine période de grèves et de revendications, alors que le citoyen manifeste ses craintes et exprime dans la rue une colère justifiée, Didier Goux et ses colporteurs, consacrent une énergie incroyable à taper du Ruminant ou sur tout ce qui présente à leurs yeux une connotation dangereuse pour ces valeurs dans lesquelles ils sont racinés et qui ont du mal à cacher leurs origines. Pourquoi ?…

Du simple papier à la flopée de commentaires qui l’accompagnent – grosses tartines bien beurrées – la poubelle déborde. Dans « Ce crétin septuagénaire (il en faut) », se surpassant, Didier Goux passe en revue tout ce que la pensée humaine peut avoir de sordide en matière de bassesse. Du mensonge à la déformation, il donne la pleine mesure d’une âme sans noblesse. S’il avait bien lu ce « crétin septuagénaire » de Rémi, il aurait saisi, dans son humanité, la portée du propos incriminé. Mais non ! Trop pressé qu’il était de conforter son délire de croisé auprès d’une faune assoiffée. Le pied bien calé sur l’accélérateur, il fonce comme un damné dans le mur de mélasse avec laquelle il fabrique le combustible qui le fait rouler.

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