Abécédaire d’un quinquennat (tome 2)
N comme nihilisme : au sein de la jeunesse entre autres, il se sédimente un je ne sais quoi de rejet total de la ploutocratie. Dégoût ? Mieux vaut ne croire en rien que de gober le tout. Le tout est à l’égout comme dirait la belle-doche du cap Nègre.
O comme ostracisme : estampillé Hortefeux-Besson, figures de proue du répugnant vaisseau amiral. Tremblez bohémiens et autres basanés. L’ordre nouveau tente de régner.
P comme pédophile : message aux plumitifs lénifiants. Lécher n’est pas tromper… Vous n’en avez pas marre de vous faire piétiner par un autocrate en graine ? Réagissez, bon dieu de bois !
Q comme quinquennat : à oublier d’urgence au vu de l’avalanche des méfaits commis. L’histoire retiendra le passage d’un coq hystérique dans une (très) basse-cour aux ordres.
R comme roms : DCD-rom, c’est la funeste collec que nous a inventée l’albinos du flouze blanc tout l’été dernier. Comme dirait l’autre, quand y’a un rouquin, ça va, c’est quand y’en a beaucoup que ça se gâte…
S comme Strauss-Kahn : le mari volage de l’ancienne femme-tronc fait l’objet de toutes les convoitises. Aussi (à) gauche qu’un prestidigitateur, il aime à faire mariner la boudeuse Martine et son troupeau d’éléphants voraces.
T comme turpitude : humiliations de journaleux et autres sondiers radio-télévisuels, villes mortes quand le monarque vient à les visiter, fascination pour le luxe et le gaspillage ! Salauds d’pauvres, va !
U comme Usurier : les banksters se goinfrent en spéculant sur le petit peuple qui veut devenir proprio. Résultat oeuf course, le système implose et le petit peuple doit renflouer les banksters tout en se faisant expulser de son home sweet home.
V comme Villepin : quand j’avance, tu recules, comment veux-tu que je t’… Je vous laisse deviner la suite. Pas très classe, j’en conviens mais tellement symptomatique de la technique louvoyante de Crin Blanc qui dénonce un jour et qui rétro-pédale le lendemain.
W comme Woerth : facteur le matin pour les enveloppes Bettencourt, cheval le soir pour les hippodromes chéris par son épouse Floflo. Facteur Cheval, jamais ! Ce mec est tout moche, ce mec est trop…
X comme Xavier : l’ancien assureur a fait de l’UMP un club somnifère. Copé a repris l’affaire en sévèrement burné. Pour le remercier de sa joviale apathie, l’agité a nommé le gros Bertrand aux affaires sociales en lieu et place du divin tonsuré trop impliqué dans l’astiquage de l’argenterie de la vieille.

Exilé en France, de santé chancelante due aux tortures (à 64 ans il en paraissait au moins 10 de plus), il vint à Saint-Nazaire pour sa première visite hors de Paris. Il voulut d’abord se recueillir devant le monument qui célèbre la révolte des esclaves et l’abolition de l’esclavage. J’y ai pris la photo ci-contre : on aperçoit ce monument derrière le groupe autour de lui, au centre. Il nous demanda d’abord de rester en retrait et vint, seul, se recueillir, les mains posées sur la plaque du monument, immobile, dix minutes devant l’estuaire de la Loire où se dresse cet étrange et beau monument : il représente schématiquement un bateau nantais négrier échoué qui se déchire et d’où s’évadent les esclaves ; sur la coque dont les membrures se dressent vers le ciel, des esclaves de bronze, encore entravés par les chaînes, appellent au secours et lèvent le poing… Puis, sans qu’il ne nous dise mot de sa longue méditation, il nous invita, après s’être séché les yeux, à le rejoindre, pour la photo… Sacré bonhomme ! Si émouvant, si fatigué, mais indomptable, le regard grave et sourire facile !



