• Accueil
  • > Archives pour novembre 2010
( 17 novembre, 2010 )

« Je veux ! »

Il y a 50 ans, sur Radio-Luxembourg (ondes longues bien sûr), une petite émission du midi s’appelait « l’homme des Vœux », et permettait aux concurrents de gagner des cadeaux.

sarkozypubl1.jpegAujourd’hui, sur toutes les chaînes de toutes les télévisions et de pas mal de radios, une séquence très fréquente se nomme « l’homme des Je Veux ». Elle n’a pas pour but de faire gagner, mais de faire perdre. Cependant, elle donne l’apparence d’être très populaire, puisqu’elle continue à ravager le PAF, ce concept audiovisuel qui met KO le français moyen au lieu de le renseigner. C’est Obélix sans la truculence joviale, c’est le bâton sans carotte, le lance-pierre (renommé flashball) en guise de négociation, l’anti-gang recyclée en anti-jeunesse, l’arrogance qui tient lieu de légitimité, l’échec érigé en victoire de la mondialisation perverse.

Passons à autre chose, vite ! Qu’y a-t-il ce soir ?

« ….un nouveau gouvernement…. »

wc.jpgEt c’est pour ces choses-là que celui qui devrait être le chef de l’État en France est arrivé au G20 en retard, très en retard. C’est pour cela qu’il est reparti en avance, laissant en plan tous les chefs d’États et de gouvernements réunis à Séoul pour un évènement que, bon gré, mal gré, c’est son tour de présider. C’est un affront, mais les affronts sont son mode d’action quotidien. Il ne sait faire que cela, d’ailleurs, tant ses bilans, tous ses bilans, sont décevants quand ils ne sont pas apocalyptiques.

Lire la suite…

( 16 novembre, 2010 )

Photoshop Air Force One

mascarade.jpgLa grosse mascarade du remaniement a enfin connu son épilogue. Tout est fini, tout est pareil. Quelle bacchanale médiatique ! Rien à dire, mais on nous dit tout sur ce vide sidérant dans lequel on plonge les esprits pour mieux les noyer. De l’hypothèse du détail au détail et à son hypothèse, aucune broutille ne nous a été épargnée. Du vide sous cellophane, sans date de péremption. Ça peut servir en toute circonstance. Tout ça pour une photo retouchée ! Voilà à quoi ressemble le Fillon-show 3, de la gadouille en guise de plat cuisiné ! Et comme les français sont des imbéciles – antienne bien connue – ils ne verront que du feu. Sauf que, quand les français en ont plein les couilles, les français, ces « gros cons », sont capables de mettre le feu dans les programmes…

Que pouvions-nous espérer d’autre ? Rien. Sans surprise donc. Tous les contents dans un petit cercle, la grande masse de gouvernés dans un cercle plus grand. Les uns et les autres. Le jeu du cerceau en somme. C’est à celui qui le fera tourner le plus longtemps autour de la taille. A cet exercice, la caste dirigeante a des cercles d’avance sur le reste. La politique marche sur la tête.

Tout cela provoque – c’est le but recherché – chez l’individu le dégoût systématique pour la chose politique. Nous ne sommes pas loin du « tous pareils » cher à tous ceux qu’une telle confusion arrange. L’effet immédiat se traduisant par l’abandon de responsabilité de l’homme concerné par la marche du monde. Par volonté et par stratégie, il est mis à l’écart. Plus son dégoût et son découragement seront grands, plus l’individu trouvera refuge dans la misanthropie et plus la classe politique – de quelque bord que ce soit – aura les mains libres pour vaquer à ses petites affaires. Le système étant bien rôdé, ce n’est pas l’absentéisme qui les perturbera pour continuer leur funeste besogne, puisqu’ils n’auront besoin que d’une poignée de voix pour perpétuer un système d’où sera toujours exclu l’homme intelligent. Entre désertion et compromissions, il n’y aura qu’un seul perdant : le peuple.

espaceerby.jpgEn réduisant la part de rêve à son niveau le plus faible, la politique a perdu la part de philosophie avec laquelle elle pouvait encore espérer accrocher l’intérêt des citoyens pour la vie ou pour ce que j’ose encore nommer la poésie de la vie. Or sans poésie, la vie devient ce catalogue de quiétude qu’on nous impose comme une utopie, où respirer devient un délit. Que rien ne dépasse, pas le moindre brin de mauvaise herbe pour troubler la sérénité d’un voisinage sous soporifique, bien rangé, bien discipliné, bien docile et automatisé. Voilà le programme politique proposé par le pouvoir et que nous finirons par accepter à force d’être écœurés !

Abandonner la politique – ce que nous sommes tentés de faire, tant sa forme perpétuelle présente un visage immonde – c’est ouvrir définitivement les vannes à un gouvernement inhumain, où l’intérêt de tous consistera à satisfaire les intérêts et la rapacité d’une minorité d’escrocs et autres apprentis sorciers.

Je n’offrirai pas ce plaisir à aucun gouvernant, ni à aucun prétendant du reste. Quelle que soit ma déception, je refuse d’abandonner la partie. On peut mépriser la classe politique, mais pas la politique en tant que moyen de nous situer dans ce monde, en œuvrant du mieux que je le peux pour une autre façon de vivre, plus généreuse, plus humaine, plus juste…

En attendant que cette autre façon de penser, de rêver, de marcher ne se matérialise sous sa forme la plus humaine, restons attentifs, ne laissons pas les mains libres à une caste qui cherche par tous les moyens à faire de la vie un camp de concentration.

Lire la suite…

( 15 novembre, 2010 )

L’homme qui veut donner des étoiles

suleimanbaraka.jpgSuleiman BARAKA est un astro-physicien qui s’est fait connaître dans quelques media pendant l’Opération israélienne  « PLOMB DURCI »  fin 2008-2009.  Quelques photos pour se rafraîchir la mémoire…

Cet astro-physicien était en formation à la NASA à Washington,  lorsqu’il apprit que son fils de 11 ans avait été très grièvement blessé lors du bombardement de sa maison à Gaza et était mort de ses blessures.  Il avait alors écrit une lettre ouverte complètement déchirante dans laquelle il exprimait son incompréhension et sa douleur. Incompréhension car il découvrait que grâce à l’astrophysique, les  missiles israéliens étaient guidés avec précision. Et douleur parce qu’il était loin, qu’il ne pouvait pas retourner à Gaza pour aider sa famille.

Il était hier soir à la Librairie Résistances, au sortir d’une conférence avec ses collègues astro-physiciens français et je suis allée l’entendre.  Après la mort de son fils, il est retourné vivre à Gaza. Il ne pouvait pas rester aux Etats-Unis parce que la bombe qui a tué son fils avait été fabriquée là-bas. Il a en effet découvert que l’opération Plomb Durci n’a pas été lancée pour pourchasser les membres du Hamas vivant à Gaza, mais que c’était le prétexte pour qu’en réalité Israël se débarrasse de tout son vieil armement U.S. difficile à stocker… ben tiens, autant s’en débarrasser en chassant le Palestinien de base à Gaza ! D’autre part, en détruisant quasiment intégralement les constructions gazaouies, Israël s’assurait d’être le prochain fournisseur de ciment et autre matériel de construction après…

Suleiman est donc retourné à Gaza. Il confirme ce que tout le monde (sauf ceux qui croient encore aux pourparlers de paix) sait : Gaza est une prison géante dont il est extrêmement difficile de sortir, même pour lui. Impossible de fuir par la mer, au large, circulent des bateaux israéliens (dont on a pu voir qu’ils interdisaient la moindre incursion -même dans les eaux internationales- d’un quelconque rafiot. Même le ciel, rempli d’hélicoptères et de drônes sert de couvercle à la boîte !

Les enfants sont les premières victime des souffrances dues à l’enfermement… leur horizon est bouché,  ils vivent quotidiennement dans la violence. Pour leur donner du rêve, Suleiman a donc décidé de créer un centre d’astronomie à Gaza. Il affirme avec certitude que se plonger dans l’infiniment grand à l’aide de télescopes entre autres, ne peut que contribuer à ouvrir l’horizon des enfants de Gaza et leur apporter la notion de la liberté, qu’ils ignorent tous depuis leur naissance.

Il avait eu il y a quelques mois un entretien avec CAPJPO-Europalestine dans lequel il définit son projet.

Après un court film sur les premiers pas réalisés et l’explication de son projet, Suleiman BARAKA s’est gentiment soumis à nos questions sur la vie quotidienne à Gaza. Nous avons donc appris que rares étaient ceux qui pouvaient sortir de Gaza. Lui, ne passe plus par Eretz (poste-frontière avec Israël)  depuis 1987 mais voyage par Rafah (poste-frontière avec l’Egypte). Il faut attendre des mois (au moins deux) afin que la demande d’autorisation de traverser l’Egypte soit accordée aux Gazaouis, soit approuvée par les services secrets égyptiens, puis le ministère des Affaires Etrangères égyptien, etc. Finalement, lorsqu’ils ont cette autorisation, il raconte qu’ils sont traités comme du bétail par la police égyptienne. Sous haute surveillance, ils doivent traverser le Sinaï pour se rendre à l’aéroport du Caire. Pour eux, pas de salle d’attente avec des sièges, mais un cabanon rugueux et inconfortable  dans un coin caché. Où ils entendent les annonces par haut-parler « le vol El-Al à destination de Tel Aviv est ouvert, etc…« . C’est au compte-goutte qu’ils sortent de leur petite prison aéroportuaire, surveillés par des hommes en arme bien sûr…

A une question sur l’existence des tunnels, il répond qu’il n’en sait rien mais qu’ils doivent toujours fonctionner puisqu’on trouve même du chocolat suisse sur les étalages des petits commerces. Pour expliquer cet enfermement dans lequel les Gazaouis sont forcés de vivre, il parle de « dirty politics« , visant particulièrement les compromissions des autorités égyptiennes et leur soumission aux States.

Lire la suite…

( 14 novembre, 2010 )

Dessine-moi un avion

remaniement.jpgYoupi ! Le p’tit prince possède enfin son jouet. Un gros très cher qu’on lui a offert avec les picaillons de la république. Vive nous ! Un truc luxueux et surdimensionné mais qui permet de se la péter vis à vis des autres cheftaines. Vroom, vroom ! Comprenez, faut compenser ! Et les semelles éponymes ne suffisent plus pour ab(m)user la galerie. Grimper sur des escabeaux pour se grandir ou se tenir sur la pointe des pieds durant tout un sommet, cela appartient désormais à l’histoire ancienne. L’urgence est de montrer ses attributs pour avoir l’air d’incarner la fonction… Couillu, le caribou !

L’est jouasse avec son nouveau bolide, le bonz’homme. L’a même étrenné à l’occasion du G vain de Séoul. Qu’importe qu’il soit arrivé après la bagarre. Même pas grave s’il est reparti avant la fin. Mesquins, ceux qui susurrent que son trip n’a servi à queue de chique, sinon à polluer l’atmosphère asiate qui n’en demandait pas tant ! Les bilans carbone, ça y’en a être juste bon pour les gogos.. Pas vrai Jean-Lou ?

Pfff, chienne de vie… Un bordel, des Borloo. Ils apprécieront, le relooké et sa moitié de femme-tronc. Se refaire la cerise pour décrocher peau de balle, ça interpelle au niveau du vécu. Paraît qu’il pourrait ne pas même hériter d’un strapontin, l’ancien avocaillon. A quoi ça sert que du Kro, il se décarcasse ?

today.jpgVoyage au bout de l’ennui. Le bouillant satrape voulait tellement se tirer fissa du pâle sommet citron qu’il en a oublié là-bas Parisot, la matrone des patrons. Il lui avait pourtant juré-craché qu’il lui ferait essayer son nouveau leurre. Faire miroiter le septième ciel, c’est bien une promesse d’arracheur de ratiches. Résultat of course, il a laissé Lolo la rousse sur le tarmac de l’aéroport sud-coréen avec armes Dassault et bagages LVMH. C’est comment qu’on freine, j’aimerais descendre de là, qu’elle n’a même pas pu crier la p’tite dame !

Faut comprendre Speedy Nick, un nouveau story-telling l’attend à Paname. Un fumeux serpent de mer qu’il a lancé, il y a bientôt six mois. Un effet d’annonce pour détourner l’attention en pleine affaire Woerth. Une illumination, un appel quasi-divin en quelque sorte ! Un peu comme son histoire de suppression de la pub sur les téloches publiques. Sur un coup de tête, on bazarde une ânerie, après on navigue au radar. Et on fait ramer le petit personnel…

Jour de gloire ! Hier soir, grand chambardement au sein des sinistères. Terminus, tout le monde descend. On allait voir ce qu’on allait voir qu’il disait. On est venu, on a vu et on n’a pas été convaincu, Little César que nous sommes. Aux dernières nouvelles du front, la montagne devrait encore une fois accoucher d’une souris. Le Fillon nouveau serait déjà arrivé. Plus sourcilleux que jamais. Le « scoop » devrait être officialisé ce jour. Les figures de proue de l’aréopage précédent devraient retrouver un mandat. Raffarin va faire la tronche au moins trente secondes, lui qui voulait du sang neuf et « une rupture à caractère social ». 

Un qui va veiller toute la nuit auprès de son téléphone, c’est le gros Claude. Comme à chaque fois, il en a fait des tonnes pour s’attirer les bonnes grâces du monarque. Plus courtisan que Chatel, Lefebvre et Bertrand réunis, il a remis récemment le couvert en grande pompe ! S’il ne fait pas partie du nouveau team intime, c’est à désespérer de sortir la brosse à reluire…

Lire la suite…

( 13 novembre, 2010 )

Textes pour un poème – Andrée Chedid

andrechedid.jpgAndrée Chedid est certes la gentille maman et grand-maman des chanteurs Louis et Matthieu Chedid. Mais il s’agit ici de la grande artiste, poète et romancière, qu’est cette vénérable dame (qui donna naissance à Louis en 1948 à Ismaïlia, à l’époque de mes 10 ans où je vins vivre en cette belle ville !). Andrée, d’origine libanaise, est née au Caire en 1920, mais vit en France depuis plus de 60 ans.  Elle  crée une œuvre prolifique, magnifique, dont je n’ai lu qu’une petite dizaine d’ouvrages, au plus… Dans le domaine du roman, son livre le plus célèbre est ‘Néfertiti et le rêve d’Akhenaton’, très beau. Dans celui de la poésie, beaucoup de recueils, dont ce surprenant ‘Textes pour un poème’, qui, en 1987, reprend et surtout enrichit un recueil plus ancien qui avait le même titre : elle est têtue, la dame !

Entre roman, théâtre et poésie, citons un recueil (paru en 1988, chez Flammarion, comme la plupart de ses œuvres), de nouvelles organisées autour des 3 thèmes du titre : ‘Mondes, Miroirs, Magies’. Magnifique ! Elle écrit quelque part ceci, à propos de son écriture : « J’étais impressionnée par le tumulte intérieur que je portais en moi. J’ai découvert que les mots de l’ordinaire, si banalisés, reprenaient en poésie une force extraordinaire. J’aime depuis les fracasser les uns contre les autres ».

Il y a si longtemps que je connais cette artiste des mots (40 ans ?) que je ne sais plus si c’est après lecture de ce recueil de nouvelles, ou celui du recueil de poèmes mis en titre, que j’eus l’audace d’écrire, via son éditeur, à Andrée Chedid. Pour lui parler d’une autre vieille dame, ma mère, de 12 ans son aînée, ayant longtemps vécu en Egypte, et à qui je tentais de dédier un essai, avant sa mort. J’avais oublié cette lettre lorsque, bien des mois plus tard, je reçus une longue réponse manuscrite d’Andrée ! Elle m’expliquait que l’éditeur avait fait suivre mon courrier… au Canada, et de là en Haïti où séjournait alors cette intrépide !…  Elle m’indiquait sobrement s’y être très dévouée à la création de bibliothèques, etc., mais postait sa lettre (hélas perdue !) de Floride, étape suivante de son voyage, pour être sûre qu’elle me parvienne ! : elle m’a tant encouragé à écrire pour ma mère que j’y suis parvenu ensuite, pour le seul de mes essais qui fut publié par un (petit) éditeur, merci Andrée ! …

Si la poésie n’a pas bouleversé notre vie, c’est qu’elle ne nous est rien. Apaisante ou traumatisante, elle doit marquer de son signe : autrement, nous n’avons connu que l’imposture. Cette citation figure en 4° de couverture du beau petit livre sur Andrée Chedid, de Jacques Izoard, dans la collection ‘poètes d’aujourd’hui’ aux éditions Seghers (1977). Et l’éditeur rajoute après la citation : « Rejetant toute jonglerie verbale, tout étalage d’émotions inutiles, Andrée Chedid s’interroge sur la vie et le destin de l’homme. ». En voici quelques exemples, toutes tirées de ‘Textes pour un poème’ :

Lire la suite…

1234567
« Page Précédente  Page Suivante »
|