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( 2 novembre, 2010 )

Main basse sur les ondes

20090202t174001z01apae5111d2s00rtroptp2ofrtpfrancetelevisionsarkozy20090202.jpgLa fascination qu’exerce la petite lucarne sur notre guide suprême  ne semble plus avoir de limite. Non repu d’avoir pour amis intimes, les patrons des chaînes privées hexagonales, de la maison Bouygues au yacht Bolloré (en attendant les chars Dassault), il contrôle désormais directement la télévision publique, ce dangereux repaire de révolutionnaires potentiels.

Ce n’est pas faute d’avoir essayé mais, à l’époque, le satrape n’avait pas totalement réussi à mettre au pas les de Carolis et autre Duhamel, ces impertinents crypto-troskystes qui restaient sourds à ses appels récurrents tantôt pour placer tel ou tel ami d’ami, tantôt pour modifier tel ou tel programme, toujours pour imposer sa vision étriquée des choses.

Alors il a décidé de changer la donne. Désormais, lui et lui seul, nomme le patron de France Télévision, pareil pour celui de Radio France. Quoi de plus légitime en somme, il est l’élu du peuple. Dorénavant selon lui, la France tout entière lui appartient ainsi que l’ensemble de ses services publics, idem pour la propagation des ondes. Le bonheur en Sarkoland, c’est simple comme un coup de fil élyséen…

rummedia.jpgL’amusant est  que, dans sa folie des grandeurs, le petit homme ne se contente pas de museler l’information. Virer la très « insolente » Arlette de la direction politique, c’est juste de la roupie de sansonnet, humilier un technicien son, du grand ordinaire, imposer Pflimlin à la tête du paquebot cathodique national, du vulgaire pipi de chat. Même qu’il aurait préféré placer Bompard, un authentique bébé Sarko, lui !  Sauf qu’en pleine affaire Woerth, ça aurait fait mauvais genre… Si on ne peut plus faire ce qu’on veut quand on est président, où va-t-on ma bonne dame ?

En fait, l’essentiel est tailleur comme on dit au sentier. La téloche, c’est son joujou à sézigue, depuis qu’il est tout môme. Quoi de plus normal qu’il veuille y voir défiler ses copains et ses copines. Et dans toutes les émissions, monsieur, de la variétoche au ballon à pied en passant par la science expliquée aux buses. Ainsi a-t-il fait revenir du diable Vauvert les frangins Bogdanoff, plus mutants que jamais. Les deux clonés l’avaient fait rêver à leur grande époque et  sont devenus depuis des amis de Pierrot, le fils rappeur qui leur a même concocté la zique du générique de leur magazine. Deux raisons pour boire non pas Contrex mais bel et bien du p’tit lait…

Dans la foulée, l’agité du palais sort des catacombes où il reposait depuis Mathusalem, son vieux pote Patrick Sabatier  et lui fait animer un programme de jeu pour quatrième âge. Sans coup férir, il impose une intime, Daniela Lumbroso aux commandes d’une émission de chansons niaises, lui refilant en passant la légion d’honneur.  Dernière promo en date, il fait nommer le transparent Pierre Sled, ex-plumitif sportif  et surtout proche du pitbull Frédo Lefevbre, à la direction des programmes de France 3. Ni plus  ni moins. En Sarkozie décomplexée, quand on aime, on ne compte pas.

Si d’aventure, dans les mois qui viennent, on voit débarquer sur une chaîne publique, le rejeton Hallyday, ce ne sera pas non plus le fait du hasard. Le président avait vainement harcelé en leur temps les duettistes Carolis et Duhamel pour qu’ils lui filent un job. Ça aurait fait tellement plaisir à papa Jauni, son idole de tous temps…

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( 1 novembre, 2010 )

Le temps presse

clones2.jpgPersonne n’ignore que l’ADN est une molécule dotée du pouvoir de reproduction. Par la porte ou par la fenêtre, il faut être deux – ensemble ou séparés – pour concevoir un troisième (évitons les jumeaux, s’il vous plait). Un troisième qui sera un échantillon unique, tout en héritant du fonds de commerce des deux géniteurs. Comme ceci est une bafouille et non pas un cours de biologie, je passe sur les croyances consistant à penser – cela fut le cas jusqu’à une date relativement récente – chez les grecs, particulièrement, et le reste par extension, que la femme n’était que le récipient dans lequel on jetait la sauce, puis basta ! Erreur et horreur se donnant la main dans une pérennité malsaine et ô combien ignoble. Pendant combien de millénaires la chose a durée et dure encore ? Évitons le vertige ! Tout ça, bien sûr, dans le but de justifier la domination de l’homme sur la femme.

Heureusement, nous sommes une société évoluée, instruite, nous pouvons exprimer des idées divergentes, nous vivons en démocratie. Du moins, c’est ainsi que nous acceptons l’idée. Ça soulage de le croire. La démocratie est comme l’ADN : il faut des différences pour développer des corps et des esprits sains. C’est la molécule qui parle. Or cela n’est pas le cas depuis longtemps, et pire depuis l’arrivée de Mínimus aux commandes. Dans notre « République », la multiplication des clones ayant pour mission de développer le mongolisme politique, propageant une idée fasciste comme on invite son voisin à prendre l’apéro, fait tache d’huile dans certains milieux qui se prennent à rêver au pas de l’oie.

Ce commerce se développe de père en fils comme la chose la plus naturelle du monde. L’élément passif, comme le pensaient les grecs au sujet des femmes, étant dans ce cas d’espèce le peuple. Ces conducteurs de troupeaux ne lésinent pas sur les moyens. Tout est bon pour cloner. A ce stade, on ne parle plus de reproduction, mais de photocopie sauvage. Les imprimantes tournent à plein régime pour multiplier à l’infini le même message politique, la même antienne.

Qu’on ouvre la télé, qu’on tourne le bouton de la radio, qu’on lise un journal ou un magazine, qu’on écoute de la musique ou qu’on aille au cinéma, tout concorde : même discours, même phrasé, mêmes formules, mêmes schémas partout dans un univers unicellulaire. Y compris le décor présente les mêmes similitudes : couleurs, personnages, dialogues, prises de vues et fausses réalités. Tous les paramètres sont désormais au vert. Un tel niveau d’uniformité interpelle et inquiète. Big Brother n’est pas loin, son ombre s’étendant de manière inquiétante sur une superficie de plus en plus vaste.

La débauche d’énergie déployée par ces clones pendant la période des grèves et de manifestations sur les retraites qui ont secoué le pays pour instiller dans l’opinion le sentiment de défaite, montre jusqu’à quel point cette armée se bat pour empêcher le peuple de comprendre et de s’affranchir par l’information. Le nivellement tournant à la propagande de masse est si flagrant que même l’aveugle voit et le sourd entend. Un miracle !

En revanche, le silence recouvrant la découverte et la mise en lumière des « infiltrés » – des policiers déguisés – dans les manifestation pour discréditer le mouvement fut un moment de pure jubilation, si tant est qu’assister, impuissants, à un tel spectacle, soit l’idéal pour la démocratie. Aussitôt l’affaire dévoilée, plus un mot dans la majorité des médias sur les casseurs, ces infâmes, cherchant à développer la violence pour déstabiliser les fondements de notre belle oligarchie. « Il y a une tradition dans la police d’infiltrer la population, ils le font couramment », a déclaré avec un cynisme incroyable Jacques Gérault, préfet du Rhône, pressé par les responsables politiques et syndicaux.

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