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( 14 décembre, 2010 )

Des politiques et pas d’imagination

5970limaginationaupouvoirmai19682008.jpgL’Europe sociale essuie des vents violents, et rien du côté des Météos ne laisse présager la moindre amélioration d’ici à longtemps. Si tant est que ce terme puisse s’appliquer au démontage systématique des acquis sociaux auquel se livre le monde financier dans une guerre franche et sans merci. Niveler par le bas, telle est la volonté affichée, la classe politique  jouant le rôle d’exécutant. Les plus pauvres en prendront pour leur grade, la tête bien enfoncée dans la misère. C’est une guerre sanguinaire qui se développe sous nos yeux. Cette Europe imposée à grands coups de votation et de retour aux urnes quand le résultat ne convient pas est en train de devenir un mouroir. Elle est le réservoir dans lequel le grand frère américain pioche au gré de ses besoins, sans que cela dérange quiconque.

Pour l’heure, en France, l’activité est tournée vers les présidentielles de 2012. Sarko est un des guerriers choisi par la finance pour revenir aux vieilles méthodes de la guerre de classe. En bon capitaine, il a tout donné pour satisfaire au bon vouloir de celle-ci au cours de ce premier et, espérons-le, dernier exercice. Or il semble vouloir remettre ça et il est à prévoir qu’il sortira de sa besace des leurres en daube pour séduire un électorat timoré. Une majorité des électeurs absorbera cela comme on gobe un œuf à la coque. Et si les choses ne se présentent pas trop mal, c’est reparti pour un second tour de vis qui verra le modèle français s’effondrer définitivement. Scénario catastrophe ? Oui, mais de plus en plus plausible.

A gauche, l’heure est aux mamours. Après la guerre, la paix. On se calme, besoin d’une pause. On respire un coup. Il ne se passe plus rien. Calme plat et bisous sont à l’ordre du jour. Et si quelques frictions éclatent de-ci, de-là, cela relève de l’escarmouche et de la bonne « santé démocratique » du parti. Au fond, un parti qui ne se frictionne pas n’est pas un parti démocratique claironnent tous ceux qui, à la moindre opportunité, vous enfoncent une dague bien sentie dans le cœur, au nom du principe établi de la fraternité. Le fait est que Martine Aubry, lors de la convention sur « l’égalité réelle », affirme que le PS a mis en place le « socle de son projet ». Ne riez pas, la chose est fort instructive : il existait au PS une égalité irréelle et je l’ignorais ! Désormais, on y ajoute un socle.

Après chaque débâcle, à gauche comme à droite, hop ! Refondation ! Le terme claque bien aux oreilles. A défaut de créer l’événement, on invente l’événementiel. C’est ainsi que sœur Martine Aubry nous l’annonce : « on ne s’engueule plus ». Du moins publiquement. Il faut savoir raison garder ! Preuve de cette soudaine et belle disposition au sein du premier parti de gauche, la réintégration des alliés « exclus » de Georges Frêche, mort en octobre dernier.

Pour résumer, pendant que François Hollande fait le touriste en Algérie, histoire de se bâtir une stature, Benoît Hamon, fort d’un look gentil garçon intelligent, nous résume l’ambiance générale sans sourciller : « La France est un puzzle en surface, il nous revient de recoudre ce puzzle, de le réunifier, et ce fil qui nous permettra de le faire, c’est l’égalité réelle » (?). Il est fort Frère Benoît !

Et à droite ? A droite on navigue à vue, demain est un autre jour, sans oublier de donner à chaque journée le poids d’une pensée misérable. Dans le doute, on prêche l’union sacrée ! On donne dans l’automatisme langagier, comme François Fillon qui, avec l’énergie du naufragé, martèle ses propos sans en être vraiment convaincu. Pour réveiller les troupes, divisées – et pas que depuis le remaniement -, il se présente comme un consensuel basique : « je n’ai de rivalité avec aucun d’entre vous et je ne suis l’interprète d’aucun clan : voilà pourquoi je serai toujours au service de cette analyse politique ». Quel pilote !

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( 13 décembre, 2010 )

Hortefroid dans le dos

hortefroid.jpgAu Panthéon de l’incompétence, aux Jeux Olympiques de l’approximation et au nirvana de la pensée douteuse, son altesse sécuritaire occupe dans chacune des compétitions une place de choix. Tour à tour, salle principale du monument hystérique, médaille d’or du concours de marteau et guru de la secte ad hoc, il brille constamment de mille feux. Protégé  par son ami de trente ans, le clermontois multiplie en toute impunité les bourdes et les saillies pathétiques. Pour le quart du huitième de ses fumeuses petites phrases, des préfets se sont vus renvoyer à leurs chères études. Lui non. Il semble même, qu’encouragé par d’obscurs acouphènes élyséens, il ait depuis quelques jours, passé la surmultipliée en matière d’inepties politico-médiatiques.

On se souvient de ses propos pour le moins hasardeux au sujet des supposés « auvergnats ». «Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes ». L’intronisé ministre des cultes ne s’aperçut même pas qu’au détour d’une plaisanterie visant un militant UMP d’origine maghrébine, il stigmatisait toute la population musulmane française. Il fut condamné le 4 juin 2010 pour injure raciale. Depuis, il a fait appel. On attend désespérément le match retour curieusement reporté  aux calendes grecques et finalement programmé début 2011. On implore juste tous les saints encore en vogue que la justice fasse indépendamment son turbin.

On se remémore honteusement son épisode estival dit de la chasse aux roms. Tartarin téléguidé par le vacancier du cap Nègre, le quidam s’affichait à la une des ondes aoûtiennes en fier pourfendeur des vilains gens du voyage. Montrée du doigt par la communauté internationale, son action délicate et mesurée mérite de figurer au tableau d’honneur des pires véneries franchouillardes.

La semaine dernière, il s’est pris les pieds dans un tapis de poudreuse. Totalement dépassé par les évènements, il a cru bon d’éructer plein d’aplomb « qu’il n’y avait pas de pagaille » tandis que des milliers de franciliens restaient bloqués sur des routes enneigées, couchant là dans leur caisse, là sur leur lieu de travail, là chez l’habitant ou dans un super U réquisitionné pour l’occase. Sûr qu’à force de démanteler les DDE pour faire des éconocroques à la mord-moi le neuneu, on a fini par désorganiser les services. C’est la faute à Météo France a accusé en substance le dénonciateur Fillon. Ben voyons. Chasse-neige et tradition, tel devrait être le nom du nouveau parti (d’en rire) de Brice premier.

Dans la foulée glissante de ses dérapages incontrôlés, notre champion du monde a cru bon d’intervenir suite à une décision de justice. Rappel des faits : sept flics avaient rempli un faux procès-verbal pour masquer un accident imputable à un des leurs. Ils avaient injustement accusé l’homme qu’ils poursuivaient et l’avaient tabassé sans vergogne. Le tribunal les a condamnés logiquement à de la taule ferme. A presque rien pourtant, un an maximum pour les plus sanctionnés. Le jugement n’a pas plu à leurs pairs qui ont fait la bronca devant le palais de justice avec sirènes et gyrophares.

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( 12 décembre, 2010 )

Les Hots du Père Noël chinois

censure2.jpgLes autorités chinoises sont furibardes depuis que l’Académie d’Oslo a décerné le Nobel de la paix en octobre dernier au dissident Liu Xiaobo, une sorte d’épouvantail embastillé pour refus de porter l’écharpe rouge autour du cou. A moins que, déçu par le virage idéologique, il n’accepte pas la dérive révisionniste du PCC. Allez savoir…

Le chinois est asservi, guerrier, penseur et insoumis. Mourir ne lui fait pas peur. Quand faut y aller, faut y aller et il y va avec courage et détermination. Son histoire, bien plus ancienne et plus riche que la nôtre, le démontre, à chaque page tournée. Puissant ou asservi, l’âme est la même pour tous. Apparemment, l’énergumène Liu Xiaobo ne craint pas le gel et n’a pas l’air d’avoir froid aux yeux non plus. Pour toutes ces raisons – et d’autres encore – il jouit d’une paillasse dans un réduit comme seuls les pays totalitaires vous en procurent quand ils le jugent nécessaire pour la sécurité intérieure du pays. Ah, la sécurité intérieure ! Rien n’est plus porteur  en ce monde infantilisé par des peurs récurrentes et par des croyances artificielles élaborées dans les laboratoires de tous les pouvoirs pour perpétuer la domination d’une caste sur les autres.

Pas contente donc, la Chine a exercé, avec plus ou moins de bonheur, mais non sans pugnacité, un pressing important pour que les pays avec lesquels elle a un commerce régulier sabotent la cérémonie de ce 10 décembre, traitant au passage les célèbres académiciens de guignols. Peut-être bien que oui, peut-être bien que non. Situation cornélienne pour ces pays devant faire face à des opinions publiques qui, pour un oui, pour un non, portent plainte contre la Météo ! Et quand la météo s’en mêle, ça chauffe !

Sur l’ensemble des pays exhortés au boycott de la cérémonie, une vingtaine, parmi lesquels une flopée de démocraties, telles l’Afghanistan, l’Algérie, l’Arabie Saoudite, la Chine – évidemment ! -, la Colombie, Cuba, l’Égypte, l’Irak, l’Iran, le Kazakhstan, le Maroc, le Pakistan, la Russie, la Serbie, le Sri Lanka, le Soudan, la Tunisie, le Venezuela et le Vietnam, dans un élan de révolte démocratique, ont décidé de ne pas s’y rendre à cette cérémonie de vieux croulants. Pour la Russie l’excuse est purement technique : « problème d’emploi du temps ». Ah, le commerce des idées !

Pour contrer le Nobel, nos amis chinois ont eu la merveilleuse idée de créer le Prix Confucius. Doté de 100 000 yuans (11 400 euros). Il a été attribué à Lien Chan, homme politique taïwanais ayant œuvré pour le rapprochement de la Chine communiste et Taïwan. C’est Tchang Kaï-chek qui doit remuer tranquilou sa fine moustache.

Comme le commerce mène à tout, ne boudons pas notre plaisir avec une anecdote amusante. Cela se passe toujours au pays du Grand Timonier et il est question de Blanche Neige. Pas si Blanche que ça, l’héroïne de notre jeunesse ! Soucieux d’ouvrir l’esprit des petits chinois aux joyaux des contes occidentaux, des éditeurs – chinois bien sûr – ont eu l’idée d’enrichir l’imaginaire de la jeunesse du pays,  non pas avec le petit livre rouge – obsolète – mais en publiant Blanche-Neige et sa collection de nains. Là où la chose devient croustillante, c’est quand ne trouvant pas « l’édition originale allemande des contes de Grimm », les responsables sont allés piocher dans une version japonaise rafraîchie par des joyeux drilles de la pornographie nippone, version dans laquelle Blanche-Neige est totalement accro à la chose et pour tout dire jamais rassasiée. Courant de braquemart en braquemart comme une possédée, Blanche ne parvient pas cependant à atteindre son Graal, le fameux point G. Un drame.

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( 11 décembre, 2010 )

Scène de rue

vieilleruevide.jpgMon voisin de droite (géographiquement parlant) bosse chez EDF. Il a du commencer par faire technos puis a été promu cadre soit par ancienneté, soit par léchage de burnes ou soit peut-être même par promotion canapé en peau de phoque. Pas de mauvais esprit, y’ a une nuance de taille entre les deux dernières hypothèses ! Pour meubler ses nombreuses RTT, il s’est trouvé un nouveau passe-temps. Il aime à s’éclater sur les greens. Il a récemment acheté la panoplie du parfait golfeur et passe le plus clair de son temps à charger le coffre de sa Picasso métallisée de tous les clubs possibles et imaginables. Mieux, il a acheté récemment un monstrueux scooter plus large qu’une Smart sur lequel il arpente la ville, casqué comme un viking et fier comme un bar-tabac en instance de cessation d’activités.

Sa gosse est dépressive. Elle a pris trois tonnes cinq en deux mois et carbure aux médocs. Pas aux pifs girondins mais à ceusses de l’apothicaire. Elle a vaguement échoué dans la pub en se faisant humilier à chaque fois par les créatifs de sa boite. Depuis, elle oscille entre arrêt-maladie et secrétariat administratif. Elle a du mal à entrer dans sa Ka vert bouteille et essaie de nous refiler la garde de son greffier plus ou moins siamois quand elle part en vacances.

Elle cherche le voisinage. Non par bonté ou par estime des autres. Juste par besoin. Un soir, elle est venue at home pour l’apéro, elle est ressortie les deux pieds devant. Saoule comme un docker après trois kirs-framboise, elle commençait à raconter port nawak devant le regard effaré de son électricien de conjoint. Et même des choses intimes ! Clair qu’on ne suce pas que des morceaux de Banquise, chez nous, mais bon, on essaie vaille que vaille de rester décent !

Le vioque de gauche (toujours géographiquement parlant) est plutôt sympathoche. Il a eu une attaque cardiaque, y’a peu. Les ambulances et les pompelards ont réveillé la nuit et l’ont embarqué aux urgences. Il s’en est sorti mais il a perdu 30 kilos. Jadis, joufflu comme W.C. Fields, il présente désormais un profil aussi émacié que Jack Palance.

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( 11 décembre, 2010 )

Le Prix Nobel chinois en prison

liuxiabo.jpgLiu Xiaobo n’est pas à Oslo pour recevoir son Prix Nobel, il est en prison pour ‘dissidence’. Son épouse, ‘libre’, n’a pas liberté de quitter la Chine : l’actualité de ce Prix Nobel donne ‘grain à moudre’. Et sur le Nobel (l’inventeur de la dynamite !) et surtout sur la Chine. Il est hors de question, dans le cadre de cet article de ‘décortiquer’ savamment le si lourd et passionnant ‘dossier Chine’ (si j’en étais capable je serais politologue, auteur de 1798 pages d’un ouvrage savant !)… Et j’en ignore plus encore sur le Nobel, dont, bof…

Mais, à défaut d’analyse, je tente ici, de façon personnelle et incongrue, d’aborder ce trop lourd ‘dossier’

- Il me souvient qu’en 1954 (j’étais ‘grand’ j’avais presque 16 ans !) j’ai découvert que mon héros, Nasser (j’habitais l’Egypte) avait à la conférence des ‘Non-alignés’ de Bandung, partagé la vedette avec Chou En Lai, premier ministre de la récente République Populaire de Chine, dont c’était la première sortie diplomatique importante…

- Il ne me souvient pas avoir vu, au canal de Suez, passer un seul bateau au pavillon chinois (ils pullulent aujourd’hui), mais avoir tôt appris les divergences profondes entre URSS et Chine, ne serait-ce qu’entre l’importance des ouvriers (Lénine) et des paysans (Mao). Et, en bon voisinage avec les ouvriers de Port-Saïd et les fellahs du Delta du Nil, j’admirais les deux sans faire de différence. Puis Mao me fut un temps convaincant :

- Bien plus tard (1967) je fis un voyage en Chine (voir mon article ‘Tous rouges, noir, blanc, jaune’ du 8 juin 2010), qui fut le summum de ma courte aventure ‘maoïste’. Il me souvient que la toute première ‘fêlure’ dans mes convictions, fut le témoignage de mes camarades français, le soir à l’hôtel, après mon succès sportif d’avoir gagné une petite compétition de natation dans une université de Pékin : ‘tu avais perdu, mais le Garde Rouge en tête a freiné ses mouvements, sur un violent coup de sifflet de l’arbitre !’

- Plus important, 1989 : la contestation estudiantine et populaire, qui finira par le massacre sur la Place Tien An Men. Mon cher ami Daniel, artiste multiforme, habitant du fin fond des forêts du Centre Bretagne et ‘chinoisant’ à fond, fit un tableau très émouvant de cet évènement, qu’il put exposer ça et là et montrer à des amis chinois… alors que la plupart des chinois, aujourd’hui, ignorent ou oublient cette tragédie !

- Actuellement, la Chine ? : Au moins 800 millions – oui ! – de chinois qui tentent de survivre avec 1 ou 2 $/jour de revenu, alors que 8000 chinois se font ‘des couilles en or’, membres (ou proches) du ‘Parti Communiste’. Et puis quelques irréductibles – 8000 ? – dont un prix Nobel !!!

- Je ne connais pas l’activisme de Liu Xiaobo et peu ceux d’autres dissidents chinois, depuis la tragédie de 1989 à Tian‘anmen. Moins encore l’existence de ce Taïwanais que la Chine vient de distinguer dans le ‘Prix Confucius’ qu’elle vient de créer en dérisoire contre-feu au Prix Nobel : je sais qu’à l’époque de mon séjour en Chine, la Révolution Culturelle rejetait violemment Confucius dans ‘l’odieux passé révolu’.

- Je sais surtout que ce lourd (et savant) passé est très présent en Chine, ce qui est sans doute honorable. Mais qu’il est déshonorant pour l’idéal communiste mondial (increvable !) que la Chine soit une dictature capitaliste, dirigée par un pseudo ‘Parti Communiste’ : application du concept du ’1984′ d’Orwell, celui du mensonge érigé en vérité, genre Guerre = Paix…

 

- Je sais enfin que l’immense peuple chinois (les peuples, en fait) a (ont) de l’avenir. Qui passera, d’une façon ou d’une autre, par la (les) révolution(s) pour imposer la justice sociale, via l’écroulement de ce PCC… Et je sais que Liu Xiaobo est un pionnier parmi bien d’autres dans cette voie certaine… et certainement compliquée !

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