( 31 janvier, 2010 )

Georges Frêche, et un échec nommé PS

freche03.jpgUne fois de plus, le trublion du Languedoc a frappé. En réponse à un Laurent Fabius plus sobre dans ses propos, qui avait publiquement désavoué la « façon Frêche », l’intéressé, plus mordant, avait sorti « la tronche pas catholique » de ce juif discret sur sa vie privée. Et ce, même si ensuite il assurait n’avoir en aucune façon pensé en termes religieux,

En fait, cet épisode a surtout le mérite de mettre en valeur l’impuissance d’un parti bien implanté, trop bien peut-être. Dans nombre de régions, des élus locaux, maires de grandes villes, souvent, sont devenus incontournables en raison de leurs réseaux d’amis et d’obligés. Le PS, de ce fait, est plus proche de la Table Ronde bien connue, que du monolithisme pyramidal qu’affecte l’UMP. Tous les Chevaliers y parlent à égalité de notoriété, d’où des consensus difficiles, voire impossibles. C’est une sorte de « démocratie du sommet », à l’image de l’Agora d’Athènes : tous les citoyens pouvaient prendre la parole et voter, mais les métèques* et les esclaves en étaient exclus, soit une grande partie de la population.

Nous arrivons là aux limites du système. Ces suzerains régionaux ne feront rien pour casser une structure étatique qui les sert. Le bien-être de la population passe en arrière-plan, la priorité est de se maintenir indéfiniment. Selon les régions, et leurs particularismes, cette tendance sera plus ou moins forte. Là où naturellement la Gauche est majoritaire dans les sentiments de la population, l’appel à la démagogie sera moins à l’ordre du jour. Cela se ressentira au sommet, quand l’heure de clarifier les idées majoritaires en vue d’un programme sonnera : pour ratisser large, y compris dans les milieux plus déshérités, les options de la droite seront implicitement prises en compte.

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( 10 janvier, 2010 )

La lutte contre l’abstention aux élections régionales et le No Sarkozy Day

vote.jpgComme vous le savez sans doute, depuis quelques jours un blogueur encore un peu plus entreprenant que d’autres a lancé l’idée du No Sarkozy Day, à l’image du réussi mouvement qui conspua récemment le premier ministre italien, Silvio Berlusconi. Pour des raisons probablement diverses, d’autres blogueurs ont fait la promotion de son initiative, en s’y opposant justement. Ce ne sont là qu’escarmouches sans importance, face à l’enjeu vital de l’éradication d’un sarkozisme allant bien plus loin que l’homme lui-même. C’est un véritable choix de société qu’il faut imposer à des personnages politiques, journalistiques et médiatiques en cheville avec leurs homologues mondiaux et les grands financiers privés.

En même temps se profilent les élections régionales, très importantes, les dernières avant un remaniement général, un véritable tremblement de terre, de toutes les structures administratives du pays que l’Élysée veut mettre en place au plus tôt. Il s’agit pour lui de conforter une mainmise de l’UMP sur toutes ces structures élues, avec un minimum de voix. Le socle de ses partisans se fragilise. A nouveau le FN relève la tête, et pourrait troubler la fête. Les vraies formations de gauche commencent à s’unir contre l’ennemi commun, malgré des divergences normales. Seul le PS, vivier de transfuges pour la droite sarkozienne, continue ses chamailleries internes de personnes, dignes d’une cour de récréation en Primaire.

Il appartient à tous, dans cette période charnière, de se regrouper, de taire les petits différends, de donner le meilleur de soi-même en vue d’un rejet hurlé à la face de nos méprisants dirigeants. Tous les bulletins de vote vont compter, tous les blogs vont devoir se mobiliser malgré les réticences de certains. Les votes dans les urnes, sur les pavés, dans toutes les formations, dans un maximum de médias et de moyens d’expression devront être unanimes dans le même sens.

Une objection a été soulevée par certains, par ailleurs parfaitement honorable : en bonne démocratie, le président et l’Assemblée ont été élus pour cinq ans. C’est vrai. Ils ont aussi été élus sur un certain programme. Pas d’objection ? Ce programme n’a en aucun cas été réalisé, excepté au niveau du bouclier fiscal, mesure décriée et critiquable s’il en fut.

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( 24 décembre, 2009 )

Des papes bombardés saints, aïe les éclats !

pie012.jpgCes temps-ci, le plus petit État du Monde s’agite autour de DEUX procès en canonisation (enfin, pour le moment, en béatification, ne brûlons pas les étapes). Le sort de la planète peut être, ou pas, suspendu à des phrases prononcées à Copenhague, les prélats en soutane ont une autre façon d’avancer dans le temps et les controverses. Celle de Valladolid fut redoutable en ses conclusions.

Pour un laïque français, ce genre de polémique n’a guère d’importance. On peut juger l’homme, à ses positions, ses proclamations, ses actes. Le “procès en sainteté” se positionne sur une tout autre démarche, à mon avis. Il serait donc présomptueux et inadéquat de donner son sentiment là-dessus.

benet16.jpgPour Pie XII, en raison de zones d’ombre qui peuvent jouer en sa défaveur, ou au contraire le découvrir sous un jour bien plus humain et fraternel, il est bien difficile faute d’études historiques complètes de se prononcer sur ses véritables démarches, ou son indifférence. Peut-être certaines archives du Vatican ne sont-elles pas encore accessibles à tous, qui apporteraient une lumière nouvelle sur son bilan. Le procès en canonisation sera peut-être l’occasion de les découvrir.

Peut-être !

Quant à Jean-Paul II, son esprit rétrograde, loué par le présent pape dont on ne peut pas affirmer qu’il facilite la régularisation de certains dossiers extrêmement douloureux, ne fait guère de doute. Les deux hommes étaient amis, au point qu’il s’est chuchoté que nombres de décisions du plus ancien devaient beaucoup aux plaidoiries du second, l’ex-Panzercardinal.

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( 25 novembre, 2009 )

Identité nationale : une piste pour aujourd’hui

id01.jpgL’ami Babelouest, du site Dazibaoueb nous livre ici sa version toute personnelle de l’identité nationale…

Nous l’avons déjà fait ressortir ici. Si elle existe, l’identité nationale est un consensus bien ancré sur des valeurs communes.

En priorité, il se dégage un sentiment très fort d’égalité. Celui-ci s’est montré au grand jour à l’occasion de la Fête de la Fédération, le 14 juillet 1790. Tous les français qui ont pu accomplir le déplacement se sont mélangés sans retenue, bretons, périgourdins, auvergnats, marseillais, et ont fêté ensemble une unité qu’aucun pays alentour ne connaissait. Tous se sentaient français et picards, français et normands, français et lorrains, dans cet ordre. A l’époque, malheureusement, les femmes étaient généralement moins égales que les hommes.

Parce qu’égaux, les français se sont sentis libres, libres de faire de grandes choses, comme renverser la royauté qui les assujettissait justement, ou plus prosaïquement définir un nouveau système de poids et mesures, rien que cela. Ou l’abolition de l’esclavage, le 16 pluviôse an II (4 février 1794). Ou plus tard, en 1905, la suppression de la tutelle ecclésiastique, grâce à  la séparation des Eglises et de l’Etat.

Ces deux composantes primordiales ont permis l’émergence de la fraternité, dont la première manifestation fut justement la Fête de la Fédération. C’est aussi ce qui a permis de former les Armées de la République, assez cohérentes malgré leur inexpérience pour prendre le dessus sur les troupes des monarques à Valmy et Jemappes . A noter également les nombreuses insurrections qui ont émaillé notre Histoire dans le courant du XIXème siècle, où bourgeois et ouvriers formaient ensemble les barricades. Malheureusement un évènement comme la Commune Insurrectionnelle de Paris fut aussi le plus sanglant, tant le Pouvoir en place prit peur et décida de massacrer les participants.

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( 4 novembre, 2009 )

Être français…

coq100.jpgL’ami Babelouest du site Dazibaoueb nous livre ici sa contribution au fumeux débat lancé par Besson sur ordre de Sarkozy à propos de l’identité nationale… Content de te revoir parmi nous, tu nous as manqué, herblinois…

Être français, tentons d’abord de définir ce que ce n’est pas.

Comme dans presque toutes les zones géographiques du globe, les français sont depuis l’origine de cette portion de terre, et même bien auparavant, un mélange de populations diverses, de gens venus de partout pour des raisons très diverses. Rien que la côte atlantique a bénéficié de l’arrivée d’Espagnols plus ou moins pirates, de Vikings, de Phéniciens sans doute. Les Basques sont un exemple parmi d’autres. Dans l’intérieur, aussi bien Romains que Wisigoths et autres Goths ont pris souche, ainsi que certains des Maures d’Abderahmane après leur défaite de Poitiers. On l’aura compris, la naissance peut avoir eu lieu en tout endroit du globe, elle n’est pas du tout déterminante dans la notion de français.

La couleur de peau n’est en rien un critère, elle non plus. N’en déplaise à Gobineau, ou à d’autres pseudo-spécialistes, l’habitant coloré de nos chères Antilles, lointain descendant de ceux que les navires français déportèrent de leur lieu d’origine dans le cadre du honteux commerce triangulaire, n’est a priori pas moins français que l’Auvergnat descendant de Vercingétorix.

La religion n’entre pas en ligne de compte. En vertu de la stricte séparation des Églises et de l’État, définie par la loi fondamentale de 1905, et de tout l’environnement idéologique qui la sous-tend et l’appuie, les croyances et engagements qui la concerne ne regardent que la sphère privée, où l’Etat se défend de prendre pied. Et réciproquement, toutes les religions s’interdisent d’intervenir dans la sphère publique et surtout administrative.

Ayant défini ce qui n’est pas la définition du Français, tentons de lui trouver une raison d’exister en tant que tel.

Il peut apparaître primordial d’affirmer que les Français possèdent des valeurs communes. Depuis certains modèles de base qui existaient au temps des druides, une constante a été une indomptable propension à contester. Contester l’ordre établi, contester les accords pris entre chefs, contester les croyances imposées, toujours remettre en question des évènements et des pseudo-consensus qui ne vont pas de soi.

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