( 8 août, 2010 )

Submarino – sortie le 1er septembre

affichesubmarino050710.jpgCe film du réalisateur danois Thomas Vinterberg est tiré d’un roman éponyme d’un certain  Jonas T.Bengtsson. C’est l’histoire d’un monde de gens « perdus » dans une époque et une ville nordique, perdus dans la vie, traînant leurs blessures d’enfance comme un boulet.

C’est l’histoire de l’irresponsabilité et de son pendant « positif » l’amour et l’attention qu’on porte à l’autre. Ca commence avec trois enfants dont un petit bébé. Les deux aînés s’occupent avec attention de leur tout petit frère et décident de lui donner un nom car il n’en a pas.

C’est l’histoire d’un abîme… celui de l’absence et de l’irresponsabilité. De l’absence d’une mère alcoolique. Même présente, elle est totalement « out ». Les deux aînés parviennent à sortir de cet abîme, de cette irresponsabilité maternelle et des blessures qu’elle a provoquées. Mais pour autant, s’en sont-ils vraiment sortis dans la vie ?

Tout au long du film, on suit leurs cheminements parallèles ; ils se croisent, sans qu’il y ait de vraies retrouvailles entre eux, donc se « ratent » (en n’arrivant pas à recréer le lien d’avant). Ils se perdent de vue, les deux frangins… chacun dans sa vie misérable.

On suit d’abord l’aîné, Nick, fraîchement sorti de prison qui vit dans un centre d’hébergement social. Sa vie passée a été plutôt chaotique jusqu’à présent. Il a aimé une femme, mais mal puisqu’elle est partie. Pourtant, on découvre petit à petit que Nick est un personnage plutôt gentil, généreux, préoccupé par les autres, prompt à aider ses amis. Il vivait avec des marginaux, un peu bizarres, un peu tordus pour certains. Nick n’en a cure. Même s’il est incapable d’aimer, il les aide à mieux vivre leur vie. Il s’inquiète aussi de ce que devient Ivan, son frère cadet, sans succès. Il vivotait dans son centre, couchait avec sa voisine, un peu paumée mais gentille et généreuse elle aussi. Hélas il l’a retrouvée étranglée par son copain. Nick se sentant alors responsable de ce copain, il accepte d’aller en prison en tant que coupable. Il paye pour quelqu’un d’autre mais il accepte la sentence sans rechigner. C’est sa façon d’aimer les gens : de payer pour eux.

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( 4 août, 2010 )

Mexique (Part 2)

filette.jpgJe reviens à mon coup de coeur pour le Mexique. Cet amour m’a été rendu au centuple… C’est le début de cette histoire que je veux vous conter.

Je suis donc partie un beau jour, munie de mon « laisser-passer » zapatiste, dans le but d’étudier la vie de ces communautés et d’en faire mon mémoire de maîtrise. J’avais dans mes bagages des médicaments demandés par les Zapatistes, distribués gracieusement par mon toubib et les pharmaciens de mon quartier… Une fois à Mexico, j’aurais acheté du fil de coton à broder pour les femmes zapatistes qui voulaient continuer la lutte en transmettant leur culture (tissages et broderies) à leurs enfants. Nous étions en 97, et les Zapatistes refusaient de se taire, tout en créant de plus en plus d’adeptes à l’étranger… ce qui énervait beaucoup le gouvernement fédéral (en pleine campagne électorale). Les militants extérieurs venus principalement des USA et d’Europe pour soutenir les communautés étaient nombreux au Chiapas.

A peine arrivée à Mexico dans mon petit hôtel pas cher et sympa, je vois à la télé des scènes horribles de policiers en hélicoptères débarquant au beau milieu d’une communauté, tabassant les indigènes, embarquant les étrangers venus à la rescousse, installant des barrages sur les routes d’accès principal à la communauté où j’étais sensée me rendre. Les télés, privées et publiques, à la solde des riches et d’un gouvernement corrompu jusqu’à l’os, passaient ces images en boucle et disaient combien il était risqué de tenter de s’introduire dans une de ces communautés puisque toutes étaient encerclées par l’armée. Ca n’allait pas du tout dans mon sens et j’étais quelque peu contrariée. Je n’avais aucune envie de faire du tourisme alors que j’étais venue pour faire « du terrain » ! J’avais un mois… ce qui est très court pour expérimenter une activité d’ethnologue et étudier le fonctionnement d’une communauté.

Je décide alors de remettre au surlendemain mon départ en bus pour San Cristobal, puis pour les environs d’Ocosingo et d’aller me promener au gré du vent ou du métro (qui ressemble furieusement au métro parisien sauf au niveau des tronches des passagers).
Le lendemain, les scènes proposées par les télévisions étaient pires ! TV Azteca étant la plus délirante… je savais que les télés exagéraient mais bon, il n’empêche que le moindre étranger surpris dans les environs étaient immédiatement renvoyé chez lui par le premier avion. Je n’avais aucune envie de voir mon séjour se réduire à 3 jours à Mexico et un jour de voyage. La veille, j’avais repéré une tente « zapatiste » sur le Zocalo où j’étais allée faire un tour et « tâter » la température. J’ai vu qu’on pouvait y déposer notre aide aux Zapatistes… mais les gens présents n’étaient guère bavards. Pour la plupart, c’étaient des étudiants à l’université de Mexico, venus bénévolement gérer la logistique. Peu savaient vraiment ce qu’il se passait sur place.

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( 4 août, 2010 )

Mexique (Part 1)

zocaloa.jpgLe Mexique est le pays de l’excès : trop de violence, trop de piment, trop de soleil, trop d’ouragans, trop de volcans, trop de sucre, trop de rires, une « Llorona » (pleureuse) comme héroïne, des tremblements de terre permanents, un Popocatepetl qui crache ses fumerolles quand bon lui semble, trop près des USA (et si loin de dieu, comme disent les Mexicains), trop d’alcooliques, trop d’enfants, trop de fêtes religieuses, trop de ferveur, une capitale surdimensionnée et surpeuplée, trois cultures qui se côtoient sans se voir, trop de pauvreté, trop de richesse dans trop peu de mains, trop de corruption que ce soit sur le plan fédéral ou des états, des montagnes raides, des déserts, des cactus qui font de l’alcool, de la bouffe et du tissu, des costumes traditionnels bigarrés, de la trop bonne cuisine… On n’en finirait pas d’énumérer les trop. Excessive de nature, ce doit être la raison qui m’a rendue amoureuse du pays…petit à petit, comme d’un homme. Je ne suis pas la seule puisque Jean-Paul Carrière a écrit un « dictionnaire amoureux du Mexique » dans lequel je me suis retrouvée. Sourire

Andrée Chedid a dit un jour, chez Pivot, en parlant de son pays d’origine : « le Liban, c’est comme un homme, ou on en tombe amoureuse, ou on le déteste« … Eh bien c’est ce que j’ai ressenti pour ce pays incroyablement solaire qu’est le Mexique. J’en suis tombée amoureuse au fil de mes voyages là-bas. Ca a commencé en 95, avec une ignorance crasse : je ne parlais pas un mot d’espagnol, je ne connaissais rien de cet immense pays.
Ce sont ces petits indigènes de Zapatistes apparus dans la capitale du Chiapas le 1er janvier 1994 qui m’ont donné l’envie d’aller au Mexique. Sortis de nulle part, ils m’ont intriguée quand j’ai vu arriver ces images de mauvaise qualité tournées à San Cristobal de Las Casas. Des petites silhouettes au visage caché se faufilaient sous des arcades de style colonial d’une place de San Cristobal…

Je n’avais jamais entendu parler du Chiapas avant et entre les USA et le Vénézuela, c’était pour moi « terra incognita. J’ai commencé par n’y rien comprendre au cours d’un voyage au Chiapas. Rentrée frustrée, je me suis plongée dans les bouquins. Les communiqués du Sub-Comandante Marcos ont été publiés en français… je les ai dévorés. En 96, après 15 jours de cours d’espagnol à Cuernavaca, la ville où Cortès s’était « reposé » sur sa route de la « Conquista », j’ai passé une semaine à Mexico, en dehors de la « Zona Rosa » (le quartier pour touristes) et c’est là que ça m’a prise, cet amour.

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( 20 juillet, 2010 )

Une trop bonne journée

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Mes passions récentes furent très liées à mon travail passé au desk étranger d’une télé publique. Elles s’appelaient Indigènes zapatistes mexicains, condition des noirs sous l’apartheid, Palestine en Israël. J’ai essayé d’en explorer quelques-unes en partant dans les pays concernés, seule et le plus près possible des « vrais gens ».

L’Afrique du Sud était un rêve de longue date. J’ai dû me le fabriquer le jour de la libération de Nelson Mandela (j’étais de permanence au desk étranger et j’ai même failli traduire en direct le discours de Nelson à sa sortie de prison au Cap car l’interprète n’arrivait pas). Quelques jours après, un journaliste de retour de Johannesbourg me donne une cassette et me dit : « va sur tel time code et là, mets le son à fond ». Ce que je m’empresse de faire. Le stade de Soweto plein à craquer de noirs vêtus de jaune et vert. Entrent alors Nelson et Winnie Mandela. La foule, qui attendait depuis des heures en plein soleil dans le stade se met alors à entonner « Nkosi sikelele Africa».

Moi, ça m’a complètement chavirée ! Les noirs sud-africains ont tellement souffert qu’ils sont devenus les spécialistes de l’appel à dieu, du gospel… Comme disait Nougaro, « les chants les plus beaux sont les plus désespérés » ! C’est ça qui m’a donné envie d’aller en Afrique du Sud. Quelques mois après en avoir fini avec chimios et rayons, une fois remise sur pieds, j’ai décidé que j’irais au bout de ce rêve-là. Je suis donc partie pour 3 semaines en Afrique du Sud en mai 2006. Jo’burg est une terrible capitale faite pour les bagnoles. Il n’y a aucun « centre » mais beaucoup de centres commerciaux. Les blancs y vivent comme retranchés derrière de hauts murs ceints de barbelés ou piqués de tessons de bouteilles. On ne peut pas marcher dans les rues… les seuls marcheurs sont les noirs venus en bus des townships du pourtour.  Les townships où étaient cantonnés les travailleurs noirs du temps de l’Apartheid sont difficilement solubles dans la nouvelle Afrique du Sud. La plus grande de Jo’burg s’appelle Alexandra, énorme amas de bric et de broc entouré de barbelées située à l’entrée de la ville lorsqu’on vient de l’aéroport. L’autre, la plus célèbre pour sa résistance, en passe de réhabilitation, c’est Soweto.

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( 11 juillet, 2010 )

Benda Bilili ! – Sortie le 8 septembre

20006.jpgBENDA BILILI ! Le point d’exclamation a toute son importance parce que, Benda Bilili, c’est à la fois un documentaire qui nous remet droit dans nos baskets et en même temps une leçon de bonheur… comme un « coup de fouet » énergisant qu’on se prend en pleine tronche du début à la fin.

« Staff Benda Bilili » est un groupe de handicapés congolais qui fait de la musique, dans les rues de Kinshasa. Kinshasa, en bonne capitale africaine, abandonne à la rue ses « marginaux » et les laisse se débrouiller. Un enfant handicapé, c’est une gêne pour toute la famille, c’est un enfant qui ne peut pas travailler, qui ne pourra pas aider plus tard, donc beaucoup finissent à la rue pour y retrouver d’autres enfants, livrés à eux-mêmes parce que parents malades, misère endémique etc.

C’est un petit monde de chapardage, de débrouillardise, d’agressivité qui baigne dans la drogue, l’alcool et la violence. Ricky, la cinquantaine, chanteur, est l’âme d’un groupe à qui il a su donner du rêve. Il a transformé son tricycle en échoppe et vend des cigarettes à la sortie des boîtes de nuit pour « expats ». Avec Coco, compositeur et guitariste, au tricycle customisé, ils refusent depuis longtemps d’être « à la rue », mais vivre « dans la rue ». Car être dans la rue, c’est prendre sa vie en mains et se donner un objectif, en l’occurrence être le groupe musical de handicapés le plus célèbre de Kin. Par la même occasion, Ricky se bat pour entraîner des enfants des rues dans son énergie. Parce qu’ils ont la niaque, ces deux là. Ricky est donc le philosophe du groupe, il en a assez de voir des mômes traîner, dormir sur des cartons, et son combat, il le mène avec la musique et ses compères musiciens handicapés. Aidé par un ou deux gosses valides, le groupe va répéter, à droite et à gauche dans la ville : au zoo, pas loin d’un parc où des polios du petit centre pour handicapés jouent au foot, dans les rues de Kinshasa…

bendabilili.jpgRicky est le meneur naturel du groupe, parce que c’est un personnage qui est en plein dans la vie, parce qu’il est autonome et qu’on devine qu’il a dû l’apprendre très tôt. Tous les jours, il se lève, prêt à tout parce qu’il a la pêche, Coco. Même quand sa maison brûle, mettant à la rue sa famille entière, il trouve refuge dans la rue, sur des cartons, avec femmes et enfants… et philosophie. Même s’il avance sur un tricycle roulant, c’est « un homme debout », Ricky, tout à son rêve, et à celui qu’il arrive à donner aux autres.

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