( 11 mai, 2010 )

Les 50 ans des indépendances africaines

048604af.jpgMerci le lumbago : il m’aura permis de voir le film « Lumumba » de Raoul Peck, sur LCP « la chaîne publique » (la vraie : Sénat et Assemblée réunies), de le revoir hier soir lors de sa rediffusion et d’assister au débat qui a suivi.

Le film commence avec des plans d’ équarrissage et de dépeçage, dans la savane africaine. Les acteurs de cette scène sont des blancs et ce sont en fait les restes de Patrice Lumumba qu’on va brûler et passer à l’acide, puis enterrer. C’est dans un endroit anonyme de la savane qu’on a fait disparaître, dans le plus grand secret, Patrice Lumumba, acteur principal de l’indépendance du Congo Belge (ex Zaïre, actuelle RDC). Ainsi, nul ne pourra venir fleurir une quelconque tombe, un quelconque monument et en faire un martyr, ont pensé les autorités coloniales belges qui ont eu tant de mal à laisser le pouvoir à un homme intransigeant.

Raoul Peck a voulu montrer comment les excès des colonisateurs belges et l’indépendance que de Gaulle a accordée à l’Algérie ont mené quelques leaders noirs congolais, parmi eux Lumumba, fondateur du MNC, -le plus intransigeant-  à demander et à réaliser l’indépendance du Congo Belge. Je pense que le film retrace plutôt bien le parcours de P.Lumumba, du VRP pour les bières belges qu’il était, jusqu’à devenir ce leader qui voulait absolument mettre fin au tribalisme et aux divisions du peuple noir pour fédérer toutes les régions du Congo et ses peuple dans un seul état.  En face de lui, il a deux camps : celui des colonisateurs qui ont pris la précaution de ne former aucun cadre administratif noir (bien sûr pour mieux piller leur sous-sol et que ça permette aux colons d’avoir des esclaves à leur botte), et celui de la division : Moïse Tshombe qui veut faire sécession avec sa riche région, le Katanga (possédant 80% des richesses du Congo Belge).

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( 27 avril, 2010 )

Solutions locales pour un désordre global

solutionslocalespourundsordreglobal300.jpg Clomani est une femme qui connaît bien les arcanes de l’image animée. Elle livre ici  sa première chronique  pour ruminances. Bienvenue à elle.

 

Comme il faisait très beau sur Paris et que les jardins et autres parcs étaient pris d’assaut ce week-end, je me suis dit qu’il serait intelligent d’aller au cinéma. Sur le site de Télérama, je vérifie ce qui passe au Cinéma des Cinéastes, un cinoche d’art et d’essai proche de chez moi et découvre un film de Coline Serreau. « Solutions locales pour un désordre global » ! Bizarre titre pour un documentaire mais Télérama en dit plutôt du bien… « Je vais être toute seule dans la salle, génial, le film commence dans 5 mn« .

Le thème  (selon télérama) : le film se veut à contre-courant des films angoissants ou bébètisants de Y.A.B. et montre des solutions de remplacement à l’industrie agronomique ou au productivisme agricole forcené. A priori, plutôt rébarbatif pour le clampin citadin bobo ou prolo de mon quartier. Arrivée pendant les bandes-annonces. Petite salle quasi pleine. La séance se finira avec des spectateurs assis sur les marches d’escalier d’ailleurs ! Salle comble donc. Et c’est tant mieux car ça va lui donner une chance d’être prolongé dans les salles.

Voilà du matériel subversif positif. On sent l’insurrection alimentaire qui vient. ;o)).

solutionslocalespourdesordreglobal2010195761548162391.jpgColine Serreau a pris bien soin de nous proposer des gros plans. On sent le choix délibéré de ne pas vouloir prendre de la hauteur et filmer la beauté de la terre en faisant peur, comme l’a fait un certain éco-tartuffe. Au milieu du docu, elle fait un clin d’oeil à la Y.A-B : une vache, en Inde, capable de marcher des heures dans le désert, -ce qui n’est pas le cas des vaches européennes importées par beaucoup de pays pauvres-. Gros plan sur son museau, gros plan sur son oeil et gros plan sur l’épi de poils en forme de spirale qu’elle a, en guise de troisième oeil… la caméra s’attarde… et on se surprend à hésiter entre le rire et l’émotion de voir une nature si bien organisée. D’un autre côté, plans plus larges sur une zone sinistrée de la banlieue de Casablanca où animaux et êtres humains sont exsangues (mais où un ou deux Marocains disent « vive Mohammed VI« ). Bref, on a du jubilatoire et du pathétique… mais, tout le long du film, on nous parle de la terre… et de sa générosité.

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