( 15 septembre, 2010 )

L’homme de Cro-Magnon… LE RETOUR !

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Actuellement en France le mot Culture s’écrit avec un Q, non pas comme QI, mais Q tout simplement.

Notre Illustrissime a rendu visite à la grotte préhistorique de Lascaux dans notre Dordogne. On se dit que tant qu’il fait çà il ne fait pas de conneries, un peu d’instruction ne fait de mal à personne.

Enchanté de ce qu’il avait vu, après avoir apporté ses miasmes (il se promenait sans masque, sans charlotte, mais il y avait quand même une caméra ! Faut toujours montrer son bon profil) il en ressortit tout guilleret pour faire son petit discours aux quelques visiteurs égarés et autres autochtones.

Il se sait si brillant en toutes matières, lui si fort de ses succès retentissants de l’été qui s’achève… N’a-t-il pas réussi a gagner l’opprobre de tous les pays du monde avec sa xénophobie anti-roms ?  C’est pas une belle réussite çà ?…

Mieux que AAA de leur foutue agence de notation ! Il a presque maitrisé les scandales politico-financiers. Presque, parce que ce que les journalistes n’ont pas encore trouvé, sa DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur) va se grouiller de le planquer. Comme çà, ni vu ni connu, la lutte contre la délinquance avec son auvergnat aux faux airs d’albinos, cachera la baisse du chômage (en algèbre + x + =  -  non ?), ses milliards d’économies sur les niches fiscales et sociales (on va en reparler), et surtout son OPA sur les régimes de retraites, opération menée tambour battant, avec concertation bidon, menteries, faux chiffres, et forts appels du pied à la privatisation de la Sécurité Sociale.

Du beau boulot quoi !

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( 9 septembre, 2010 )

Yasmina Khadra – L’olympe des infortunes

Yasmina Khadra - L'olympe des infortunes dans Littérature olympe

Il m’a fallu attendre que les « critiques littéraires professionnels et amateurs » aient déversé qui leur fiel, qui leurs louanges sur le dernier livre de Yasmina Khadra – L’Olympe des Infortunes – pour vous en donner mon modeste avis.

En effet, on attendait de Khadra qu’il nous raconte une histoire d’arabes, puisqu’il est arabe, on l’a catégorisé, à chacun sa boite, à chacun sa spécialité … en dehors de tout préjugé bien sûr ! Hors Khadra est un écrivain-vrai, et rompant avec les clivages xénophobes à la mode il nous parle de nous, tous, de nos miséreux, nos clodos, nos réprouvés, ces fracassés de la vie que la société rejette et qui ont « le front » de renier cette même société. Ils n’ont pas de race, pas de pays, pas de drapeau, pas d’hymne. ILS SONT LES HORR ! Voyez cette similitude phonique : HORR et ROM ? – des HOMMES LIBRES !

Dire qu’ils n’ont pas de pays ? C’est faux, ils sont là où la ville les a rejetés, entre un dépôt d’ordures, un terrain vague et une plage sur la mer ! . « Acheter ? c’est pas dans nos habitudes. C’est une hérésie, un acte contre nature … »(…) « C’est quoi la vraie liberté Junior ? » demande Ach le Borgne, « La vraie liberté est de ne rien devoir à personne », « Et la vraie richesse ? », « La vraie richesse est de ne rien attendre des autres » répond Junior. Toute leur philosophie est là.

Ils sont toute une bande, une femme, Mamma qui trimballe dans une brouette son fils ( ou son frère, ou son mari, on ne sait plus) qui est tout le temps soûl, la bande du Pacha et son giton Pipo, Dib le jaloux de Pipo, Négus qui a la fibre militaire et passe sont temps à faire défiler au pas le moindre quidam ou chien galeux qui passe, Junior le simplet et son mentor Ach le Borgne qui joue du banjo et fait chanter la lune. Drôles, cocasses, tendres, libidineux lorsqu’ils « matent » Mamma à sa toilette…

Tout ce monde vit sur et par la décharge et vilipende « la ville sans âme et sans fraternité » alors qu’ici « lorsque la mer est agitée, pour les gens de la ville il fait mauvais temps, pour un Horr, la mer est en fête. Et pendant que les gens de la ville s’enferment chez eux, nous surplombons la falaise et nous assistons aux noces des flots en nous taisant (…) un Horr décèle de la musique dans chaque fracas. C’est çà notre privilège ! Dans ce lieu de non-sens la vie s’écoule lentement au cœur de cette cour des miracles ou chacun cherche à donner raison à sa vie. De temps à autre des gens venus d’ailleurs apparaissent et s’en repartent, vagues de chiffonniers en quête de « trouvailles », d’autres disparaissent ou meurent. Monde toujours en discussion, toujours en mouvement.

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( 29 août, 2010 )

AUDIARD – La nuit, le jour et toutes les autres nuits

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Paul Michel AUDIARD est né à Paris en 1920, auteur, réalisateur et dialoguiste (120 films portent sa marque pour l’une ou l’autre des activités souvent les trois à la fois), il a écrit 10 livres, « La nuit, le jour et les autres nuits » est son dernier. Écrit en 1978, trois ans après le drame qui l’a profondément affecté, la mort d’un fils. Ce livre annonce rien moins que la fin d’un monde, il devait s’intituler initialement « En écoutant craquer la banquise », titre étrangement prémonitoire qui devrait devenir important dans la vie de quelques snobinards qui ne voient le plus souvent Audiard qu’au travers des « Tontons Flingueurs » et autres de ses films.

Michel Audiard n’aura donc pas été QUE le plus grand dialoguiste du cinéma français . Il n’aura même pas, avec ce livre (qui fut son dernier) atteint ce fameux statut d’écrivain. Non il aura simplement été une être humain qui, dans la brève parenthèse de son passage sur terre, a écrit un texte à la fois bouleversant, hilarant, dérangeant, plein de tendresse, d’amitié, de fidélité, lucide, provocant, violent, d’une profondeur infinie (dans la désespérance, mais aussi dans la vérité d’un être), un texte dont on sort percuté, cabossé qu’on ne peut oublier dans un coin de bibliothèque.

Dans « la nuit » Audiard délimite son territoire natal, il n’est pas parisien, il est « du XIV° » et seulement de là, il fait même exception de l’avenue d’Orléans ! Il en parcourt chaque nuit les rues, les squares, avec à chaque fois des souvenirs. Il s’arrête et le cinéma se met en marche dans sa tête. Au fil des errances il croise des statues, il ne les aime pas toutes, celle du Lion de Belfort par exemple « Sur la question de l’éclairage, on a toujours été un peu en retard, ce qui offre quand même une compensation, on ne voit pas trop le Lion de Belfort, une crapulerie de bronze à laquelle je ne m’habituerai jamais. »

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( 19 août, 2010 )

La dernière drague

martineprudhomder.jpgC’est pas pour dire, il y a quand même des touristes plus cons que nature dans nos parages ! J’espère que cette histoire va vous faire sourire en ces temps pénibles.

Fin d’après-midi. Jour morose en dedans. Ensoleillé au dehors . Je sors  les chiennes, la corvée quand on se sent lamentable. Encore une journée à guetter une étincelle de joie dans le charabia médiatique – à faire et refaire le monde dans sa tête.

Sortir les chiennes, fermer la maison, attendre le bon vouloir de Peï pour la faire monter dans la voiture – sortir du qeureu sans égratigner les voitures des voisins. Attendre un trou dans les files de véhicules  et enquiller la route de l’étang :  calcule ma vieille, çà doit passer !

Mais quelle idée m’a prise de descendre derrière cette foutue église (pas mal en fait l’église XII° à première vue, aux abords fleuris et bien entretenus. Mais elle est tout en pente, avec des marches  – il me faudra remonter. Dur de remonter avec une seule nageoire, je rame (j’ai oublié l’autre quelque part la semaine dernière).

J’ai l’impression d’être une petite baleine tentant de regagner le large. Je souffle autant.

Peu ou prou de pékins à l’horizon, les « filles » vaquent à leurs affaires et je vise le couvercle du sarcophage qui va me servir de siège. Loupé ! Un couillon apparu sur ma droite (côté nul de ma vision) veut caresser la grande et m’engage derechef en conversation sur les canidés.

Polie, j’opine du bonnet et de la voix : hum ! hum ! … ouiiii … Avec force hochements de tête et sourire en coin. L’est grand, cet apôtre, il se drape les épaules avec un grand truc en velours blanc – en velours !

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( 30 juillet, 2010 )

François-Marie BANYAI ET LA PORTE DU DIMA…

banier.jpgFrançois-Marie BANIER est né à Paris le 27 juin 1947. Il eut très certainement une mère et un père et, pourquoi pas, des frères et des sœurs. Il n’en parle pas, quantité négligeable sans doute. Il s’en garde comme d’une tare, une parmi tant d’autres.

Il en a même renié leur nom, « BANYAI ». Il serait le rejeton d’une franco-italienne frivole et d’un ouvrier Hongrois, reconverti dans la publicité. Hongrois rêver dirait quelqu’un … Rien que du banal à notre époque.

A-t-il fait des études ? Pas longtemps certainement, si l’on en croit Caroline Stevan (Le Temps) qui le décrit ainsi : ‘on se délectait autrefois de sa crinière et de sa grâce féline. On le dit peau de vache, langue de vipère et parasite. François-Marie Banier appelle à la comparaison animalière’. Dès ses 15 ans (en 1962), il traine ce qu’il assure être sa tête de ouistiti dans les palaces. Il y rencontre Salvador Dali à qui il fait sa cour.

A 22 ans (en 1969), il publie son premier roman ‘les résidences secondaires’, critique acide de la vie en été d’un village, avec des résidences de saison, la décrivant comme un théâtre de marionnettes. Personne ne peut être à sa hauteur… Il se lance dans le monde avec la fougue et le cynisme d’un Rastignac.

Il fréquente Mauriac en fin de vie, période équivoque avant sa querelle avec Peyrefitte. Daniel Guérin, dans son témoignage sur Mauriac dira : ‘quand je l’ai connu (Mauriac) il pratiquait un petit peu (…), dans sa jeunesse il avait eu des relations homosexuelles avec Raymond Laurens, André Lafon (…), François-Marie Banier faisait partie de ses relations (en 1963)’. L’écrivain avait 78 ans …

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