( 21 mars, 2011 )

Nippon ni Bové !

( 16 octobre, 2010 )

Fertilité & Stérilité

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Mes 14 premières années ont été vécues, entre fertilité et stérilité, à la frontière très concrète de terres irriguées et enrichies par le Nil et le dur désert saharien que seul ce fleuve est capable de franchir. C’est dire que ce thème m’est familier.

J’écoutais récemment une émission de France-Inter (‘La tête au carré’) où il était question de la stérilité très progressives de riches terres agricoles d’antan. Il y était question de la disparition des vers de terre qui favorisent tant l‘agriculture. Et plus généralement de toute la vie – des microbes aux oiseaux en passant par les abeilles, les taupes, les campagnols etc. … Et des arbres, bien sûr, avec leurs milliards de kilomètres de racines !

On sait la vogue, depuis deux siècles, mais surtout depuis une soixantaine d’années, d’une agriculture moderne, devenue ‘industrielle’, qui ne pense que labours profonds, par d’énormes tracteurs, plus engrais et pesticides chimiques, monocultures, démembrements des taillis et talus, arrachages d’arbres isolés, j’en passe…D’énormes superficies agricoles (de l’Ukraine au Texas en passant par la Beauce…) furent ainsi un temps des ‘champions en rendement’, pour le blé notamment.

Puis on commença enfin, il y a 40 ans au mieux, à s’apercevoir que l’on ‘tuait la poule aux œufs d’or’, la terre nourricière, avec ses méthodes trop brutales. Certes, cela a enrichi – de façon inouïe ! – divers propriétaires et surtout divers spéculateurs. Lesquels s’entêtent, avec la complicité de pouvoirs politiques à leur botte, à pratiquer cette agriculture prédatrice de la riche nature. Non seulement par la monoculture céréalière, mais aussi par l’élevage intensif (bovins, porcins, volailles, poissons…). Non seulement la terre se meurt, mais les eaux s’empoisonnent, ainsi que les rivages marins : ravages, ravages !

J’ai beau être citadin – et j’aime ça ! – depuis fort longtemps, je suis, comme tout un chacun je l’espère, très sensible à la campagne, à sa beauté… Très affligé, comme beaucoup, de la voir défigurée. Non seulement par cette agriculture folle de profits à court terme, mais par la laideur envahissante de toutes ces ‘zones’ qui ceinturent villes et villages, avec prolifération de super-super-super marchés, etc. : uniformisation de ‘la société de consommation’, bouffe, jette, roule, vote, bosse ou chôme… et tais-toi !, ‘lémarché’ et ‘lémédia’ pensent pour toi…

Ils y pensent si peu, ou si mal, que les ravages de la nature, y compris la nôtre, s’accélèrent. On sait, mieux que ce dramatique appauvrissement de sols malmenés, qu’il y a aussi épuisement en vue des ressources pétrolières. D’où la folie par exemple de cette exploitation de forages très profonds, qui a entraîné l’immense marée noire du Golfe du Mexique…après tant d’autres marées noires ! – Folie à rapprocher d’autres catastrophes prévisibles comme Tchernobyl, Bhopal, les ‘boues rouges’ de Hongrie, etc. …

Et puis il y a nos vies concrètes…dans ce merdier. Nos vies devant des étalages de richesses inaccessibles à moins de tomber sur ‘le gros lot’ (ou d’épouser Mme Bettencourt !)…ou devenir gangster. Ou rêver. Ou lutter. En tant que lucide citoyen, jamais assez. La lucidité, ce n’est pas par l’étude savante de la société que cela s’apprend, même si elle est nécessaire. Cela s’apprend par ‘se frotter à la société en lutte’, y vivre c’est-à-dire en apprendre et y apporter.

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( 14 juillet, 2010 )

L’abeille au secours de l’humanité ?

abeilleconomiste1.jpgGrâce à mon boycott du bla-bla de Tsarko du 12 juillet, j’ai pris le temps de finir la lecture, passionnante mais exigeante, de ce nouveau livre important d’un écrivain à la fois économiste (hétérodoxe !), historien, philosophe et… poète.

Du moins commence-t-il son ouvrage par une surprenante et belle fable en vers libres, dont il s’explique ainsi : « Nous nous sommes risqués autour du paradigme de la pollinisation opposé au vieux paradigme de la production sur le modèle input/output à composer une fable à la manière de La Fontaine qui sert de liminaire à ce livre. Un liminaire pour entrer plus aisément dans une matière quelquefois ardue et ne pas céder à l’intimidation qui n’est que le premier pas vers le renoncement civique et l’abdication de la liberté tout court. »

Merci à l’auteur d’avoir pris et réussi ce risque : C’est pour avoir entendu à la radio lecture de cette fable (un conflit entre voisins, dont les abeilles de l’un vont butiner chez l’autre !) que j’ai eu envie de me procurer cet essai de 252 pages, parfois lourdes d’érudition, mais toujours alertes… comme un essaim d’utiles abeilles ! Avec en prime de la fable la fabuleuse illustration de Enki Bilal en couverture !

Voici la 4° de couverture de « l’abeille et l’économiste », éditions Carnets Nord, avril 2010 :

Pour nombre de nos contemporains, la finance est devenue scandaleuse, voire délictueuse. Dans le dictionnaire des idées reçues de notre temps, elle est immanquablement opposée à l’économie dite « réelle », industrielle ou commerçante. Et rendue responsable du chaos présent.

Cependant, la crise actuelle n’est pas que financière, mais aussi économique, sociale et environnementale, marquant une rupture et une bifurcation par rapport au modèle capitaliste qui a conquis la planète à partir du XIV° siècle. C’est dans cette révolution en cours que nous entraîne le présent ouvrage, tout à la fois une petite histoire de la finance, une analyse de la crise contemporaine et une tentative de prospective. Nous sommes en train de basculer d’une économie de l’échange et de la production à une économie de pollinisation et de contribution. D’où ce titre : « L’abeille et l’économiste ». Les abeilles font bien plus que produire du miel : elles pollinisent, c’est-à-dire qu’elles diffusent, gratuitement, la vie. Cette métaphore écologique aide Yann Moulier Boutang à explorer les pistes de refondation d’une économie dont le modèle dominant est largement discrédité et moribond.

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( 9 juillet, 2010 )

Ça, c’est du lourd !

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62.000 habitants, quelque part dans le si vaste Pacifique, l’archipel des Marshall est une ancienne possession japonaise, sous tutelle américaine à partir de 1947 et indépendante depuis 1986. Vous ne le saviez pas ? Moi non plus. Avec en contrepoint un bon programme musical, je me tape la laborieuse lecture d’un long article du Monde Diplomatique de ce mois : ‘Comment BP se joue de la loi’. En note marginale (souvent plus instructive que le texte) on apprend que, depuis 1990, les USA  accordent à la République des Marshall une aide financière d’environ un milliard de dollars, laquelle (‘pacte de libre association’ !) héberge une base militaire USA. Vous voyez un rapport avec le drame de la pollution ? Moi non plus. Le voilà :

marshallarchipel.jpg‘L’écosystème du golfe du Mexique pourrait mettre plusieurs centaines d’années à se rétablir. Le directeur de la communication de Transocean, souffrant d’une ‘urgence dentaire’, n’a pu répondre à nos questions. Quant au directeur de BP, M. Hayward, il aura quelque peine à faire oublier sa déclaration du 1°mai : ‘l’impact environnemental de ce désastre sera probablement très modeste’.

Ainsi se termine ironiquement cet article, dont l’essentiel est de révéler que tout se joue dans les environs de…Washington, où sont les sièges effectifs des ‘paradis de la légalité’ – Marshall, Liberia, etc. – de multinationales comme l’ex-BP (qui n’a plus de britannique que le nom !) ou Transocean (la multiocéanique Atlantique-Pacifique).

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( 8 mai, 2010 )

La culture de l’éphémère

pe36avion.jpgEn France, on n’a pas de pétrole mais paraîtrait qu’on ait des idées. C’est donc bayou net au fusil que Borloo, tel un  franc tireur mais néanmoins partisan, s’acharne à nous convaincre que son grenelle 2 est une avancée incontestable en matière de mieux vivre. Tel un bonimenteur, il tente de vendre sa camelote sur les marchés financiers qui carburent à l’hydro. Le bougre semble pourtant loin d’apprécier le fait de mettre de l’eau dans son vain exposé. Les approximations étant des hypothèses non encore vérifiées, il annonce, avec le brio qu’on lui connaît, le remarquable bilan de son grenelle premier du nom, une sorte de contrat mutualiste façon NAIF avant de nous plonger dans le grand sommeil écologique. C’est pas encore la Chandler mais on se crêpe déjà le chignon en haut lieu, surtout quand notre prodigieux roi soleil, vert de rage, prétend qu’il n’entend plus (mais n’a-t-il jamais entendu ??!!??) se soucier de la mise au vert de ses concitoyens.

Deux pois chiches, deux unités de mesure. La pyramide des sages devenue celle de la prédation, alors on reprend illico la marche en avant d’un conservatisme phagocytant la moindre avancée du côté d’un autre chez soi et tant pis pour les jeunes filles en fleur.

Moins on en dit mieux on colporte. Pendant que l’avocat du diable fait le malin face caméra, l’hémicycle nord fait dans la farce tranquille. Homicide involontaire au programme vendu à la tonne. Un rapport ça se pratique à deux, là ils étaient une dizaine les gros pervers à se démener en catimini pour statuer. L’histoire mérite bien un verre avec inceste de citron, ce doit être ça l’ivresse des grands fions. Ce fameux rapport d »amoureux de la nature donc, porte sur pesticides et santé. On présente cette fleur du mal le jour même de son vote aux parlementaires qui n’ont pas , a priori, eu le temps de s’enivrer de plaisir en y mettant les mains. Bref, on saute fissa sur les préliminaires et on se complaît dans un va-et-vient frénétique accompagné d’un oui massif et franc, on n’en doutait pas de la part de parlementaires sévèrement burnés !

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