( 24 octobre, 2010 )

La blague au doigt !

tartarin.jpg « Vive le marié, vive le marié !!! » s’exclame un petit vieux septuagénaire, « arrête tes conneries » lui lance son comparse d’infortune, « tu sais pas qui c’est ce type, il est de la mondaine…« 

- « De la mondaine ??!!?? tu déconnes Antoine, moi depuis les brigades du tigre, je me demande bien où sont passées les gazelles ! »

- « Ferme ta gueule je te dis, là on donne dans le troupeau de hyènes, c’est folklo leur histoire, bouge pas je te raconte... »

Dans le temps, y’a peut être 3 ans de ça, je faisais dans le safari urbain. Je chassais sur la toile mais j’y entravais peau de zobi, la chasse pour moi c’était surtout le truc qu’on actionne dans les chiottes, tu vois un peu… Je me suis mis à sillonner les autoroutes de l’information, et puis, au détour d’un raccourci, je me suis vu partir de rien pour arriver nulle part. Au début, crois moi, c’était la proie et la bannière, t’avais de tout et de rien, enfin, je me suis  surtout fait un tour de rien. Fallait se faire sa place au soleil de Satan, des malins t’en avais à tous les coins de rut, et à la comète t’avais surtout de la queue…

Alors que j’étais sur le point de raccrocher, chasse Shalom et Miss clonée ça va bien trente secondes mais ça fatigue relativement vite, je me suis vu débarquer un connard boiteux de tout premier choix. Plus rien à foutre de savoir s’il fallait prendre, ou pas, les enfants du bon Dieu  pour des connards sauvages. Je tenais enfin ma rencontre du troisième trip.

Ce mec prétendait avoir une technique de chasse révolutionnaire, tuer ses proies à coup de mots soi-disant bien balancés. Didier, c’était son petit nom, pareil que le clébard dans le film de Chabat, sauf que mon Didier à moi se transformait en documentaire genre nationaliste géographique. . Son passe-temps favori était livresque des grands fions. Il se pensait érudit, et alors ??!!??, moi aussi je connaissais érudit Völler !!! Il parlait d’ouvrages en y mettant tout son coeur là où moi je revoyais des ouvrages sur lesquels j’avais laissé ma sueur ! Dans son patelin, on l’adulait, pasteurisé bien sûr même si enragé de première. Il s’était fait un devoir de ne chasser que la racaille, drôle de volatile que ce Didier. Tous les chemins mènent aux Roms éructait-il dans un français parfait, quoiqu’en fouinant un peu, je me suis vite aperçu que son français devenait vite imparfait, voire subjectif fort peu présent. En fait, il était plutôt échasses, prêche, immature et surtout traditions. La terre, la sienne, celle de ses ancêtres, celle qu’on ne partage pas, qu’on n’offre pas, qui n’ouvre aucun droit du sol et encore moi du sang. Lui aimait tisser, mais surtout pas métisser, sa toile d’araignée qu’il avait au plafond, et chez lui le plafond était relativement bas, je comprends mieux maintenant pourquoi ça ne volait pas bien haut ! Et puis je me suis lassé, les sentiments toujours les mêmes, la technique éculée, l’approche foireuse. Ce bourreau de bitume, battant le pavé sans même se demander s’il y avait au moins la plage dessous, était devenu pathétique dans sa folie ordinaire. Ses années fioles auront fini par lui embrumer définitivement le cerveau, et sur ce quai des brunes la chemise semble désormais le ravir…

Tu vois ce gars qui se marie là, c’est lui, le chasseur blanc, le chantre du white power, le Zébulon du ménage enchanté. Regarde le bien parce que c’est un gonze comme ça, qui un jour, te plantera un Cousteau dans le dos, son monde du silence n’étant que cacophonie néo-nationaliste.

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( 18 janvier, 2010 )

L’Adam de sagesse.

bacon02.jpgLa théorie de l’évolution, certains s’en sont emparés pour en faire la théorie de la révolution, qu’elle soit idéologique, culturelle ou médiatique. L’évolution invalide l’existence d’un premier homme unique, ces derniers jours on ne peut que lui donner raison. La révolution se veut urbaine, verte, Française, cardiaque, Russe, industrielle et télévisuelle…

Ce fruit des fendus de l’anecdote informative, pousse dans un drôle de jardin d’Eden sans véritablement se préoccuper de savoir si l’herbe y est franchement plus verte qu’ailleurs. Echouer sur cette côte, c’est prêter le flanc à des désordres amoureux, chercher la femme et si,  par malheur,  elle se présente à vous sous les traits d’Arlette Chabot, il ne vous restera que très peu de solutions enviables : la noyade, la pendaison, la non grève de la fin du monde ou,  moins douloureux, la masturbation…

Priez pour nous, pauvres prêcheurs. La morale ces jours-ci s’est réfugiée dans les chaussettes, faut dire qu’avoir les pieds sur terre laisse à désirer en ce moment. En Haiti, la terre a tremblé. Caillou de désolation et de gravats. Flots d’images qui abreuvent nos sillons hertziens jusqu’à l’insoutenable, si vous êtes à table bon appétit ! L’enfer sur terre, et en dessous des milliers d’ayants droit à rien, si ce n’est agoniser depuis des décennies. Saura-t-on un jour faire l’économie de cette mort sur ordonnance qu’on nous donne,  tel notre pain quotidien, parce qu’Haiti avant « attention la secousse », tout le monde ou presque s’en foutait royalement. Une misère galopante, une corruption rampante, une paupérisation insupportable. Si sweet Jeanne est passée comme un ouragan en 2004, dévastant un peu plus ce qui pouvait l’être encore, l’histoire de cette île se résume à un développement qui n’a rien de durable. Esclavage, colonisation, exploitation, corruption, dictature, là on ne parle plus des dix plaies d’Egypte mais de ce que  la bonté humaine est capable d’offrir à son prochain ! Qui se rappelle que les Duvalier avaient déjà fait trembler la terre, l’inondant d’une mer rouge sang savamment déversée par les escadrons de la mort, régime d’exception pour période de la terreur, révolution viande hachée façon boucher des vanités. Tonton macoute chair. Le pouvoir est une mission d’intérim en Haiti, être président est une mixtion quasi impossible, tu signes pas un CDD mais un bon de sortie en cas de coup d’état, l’aide de Dieu n’est pas un jeu d’enfant de choeur, et Dieu porte 50 putains d’étoiles autour de la tête quand Haiti ne se contente que de porter le deuil. La mariée était bien en noir, le cocufieur n’était pas pour autant d’un blanc immaculé. Une main sur la bible, l’autre sur le pays depuis des lustres, l’oncle Sam gère la réplique et la donne à voir jusqu’à écoeurement.

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( 19 octobre, 2009 )

Une certaine idée de la reconversion

horte20.jpgIl n’y a pas longtemps, le Pas-très-haut-gesticulant, en pleine campagne, affirmait : « si je suis élu, je m’en vais te karcheriser tout ça, que ça ne va pas traîner. » Il parlait racaille. A peine parvenu à la mi-mandat, outre avoir versé des milliards aux banques pour qu’elles récupèrent le bénéfice qu’elles n’ont jamais perdu, suite à la crise qu’on connaît, les banlieusards dorment toujours au rythme d’un quotidien identique à celui qui était le leur avant les menaces de Nicolas S.

Lors de sa prise de fonction, emporté par sa logorrhée, il avait menacé ses ministres d’un système de notation semblable à celui que nous avons dans les établissement scolaires. Idée vite abandonné compte-tenu de la qualité de son corps ministériel. Quelle note pour Frédéric Lefebvre ? En fonction de quel critère ? Et Luc Chatel, combien ? J’ai le sentiment d’être soudain transporté sur le trottoir d’une rue chaude de la capitale !

Si le ridicule ne tue pas, par bonheur il fait ricaner. A défaut d’avoir du travail, il nous reste un assez grand stock de sarcasmes, dans lequel viennent puiser les pays voisins si nécessaire. Les français ont toujours su faire preuve d’imagination. De ce point de vue nous ne manquons pas de ressources. Un homme, seul, un quasi malvoyant, ridiculise la police et le chef des armées, Nicolas Sarkozy en personne. Cet homme, embastillé aujourd’hui en goguette, ayant réussi à s’évader de prison dans des conditions rocambolesques, au lieu de se terrer quelque part en attendant l’accalmie, de se chercher une autre identité, il a l’audace de se balader dans le pays se faisant passer pour Brice Hortefeux. Cet homme, Jean-Pierre Treiber, s’est révélé excellent épistolier et pas trop mauvais photographe. Des magazines tels Marianne, Paris-Match ou le Figaro-Magazine s’arrachent ses missives ainsi que les clichés. L’homme se disant innocent, il est évident que si d’aventure la justice venait à le déclarer tel, il n’aurait aucun problème de reconversion.

Selon des sources proches du dossier certains policiers, saisis par une variante du syndrome de Stockholm, éprouveraient pour ce citoyen une sympathie dépassant le cadre de leur fonction. Ces policiers anonymes, cagoulés, donneront prochainement une conférence de presse pour expliquer leur geste. Selon cette même source, ces policiers seraient particulièrement agacés par l’irresponsabilité du ministre de tutelle ainsi que par l’attitude un peu cosaque du Président à l’égard des institutions de la France. On leur avait promis du karcher dans les cités, rien. On leur avait dit qu’ils allaient être les bien aimés, rien non plus. On leur avait promis des budgets supplémentaires, niet !

Du coup, non seulement ils trainent les pieds, mais pour passer le temps sans trop s’ennuyer et pour se venger un peu aussi, certains fournissent à la presse des clichés où l’on voit Jean-Pierre Treiber, au crépuscule, du côté de Bréau, un petit bled de Seine-et-Marne, marchant avec une canne, un sac à la main. La bonne femme du Jean-Pierre à qui on a montré les images de la vidéo-surveillance aurait authentifié le gars sur la photo comme étant le J.-P. dont elle ne veut plus voir la tronche dans son cocon.

Aux dernières nouvelles, on aurait vu monsieur Treiber à la préfecture de Saint-Brieuc dans le cadre du déplacement du ministre de l’intérieur dans les Côtes d’Armor pour évoquer la sécurité dans les kermesses. Comme monsieur le ministre n’a pas trop d’atomes crochus avec les armoricains, toujours prompts à ferrailler, c’est Jean-Pierre Treiber qui l’a remplacé en tant que sosie pour cette mission délicate. Il s’en est acquitté remarquablement. Seul bémol, son mutisme. Interrogé à ce propos par l’Écho de l’Argoat, hebdomadaire de la région de Guingamp, J.-P., cravate à pois et chemise rose, a ainsi expliqué son silence : « Mes récents propos sur les auvergnats ayant provoqué la polémique que l’on sait, j’ai préféré me taire. » Laconique, mais efficace. Cela a permis à Jean-Pierre de bénéficier d’une protection rapprochée, ainsi que le bénéfice du gite et du couvert durant ce séjour de 24 h. C’est toujours ça de gagné.

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( 12 septembre, 2009 )

Je rêvais d’un autre monde…

aziz01.jpgParfois, le cerveau est assailli de questions bêtement métaphysiques, « qui suis-je, où vais-je« , du classique quoi. Mais la réalité rattrape bien vite les divagations de tout un chacun, surtout quand elle porte un uniforme de police. L’histoire je la laisse aux historiens dont c’est le métier, mais pour la petite histoire je ne me sens pas le droit de fermer ma gueule de métèque et d’être frappé d’amnésie collective surtout quand elle arrange, à sa manière,  les faits qu’on aimerait bien lui reprocher.

Juin 2009 devait être un joli mois de mets pour Ali Ziri, vieil homme bien peu amer malgré une vie déchirée entre Kabylie et France.

« Quelques heures avant sa mort il respirait encore » aurait pu éructer Mr de la Palice national. En effet, le minuteur du décompte de la folie ordinaire venait de s’enclencher et tonton Ali,  comme le surnommaient ses amis,  ne verrait malheureusement pas le soleil se lever à nouveau. En ce 8 Juin 2009,  Ali Ziri fait ses courses en ville comme le font certainement vos parents,  il rencontre Arezki, 61 piges au compteur et ami de toujours. Que peuvent faire deux vieux potes quand ils se rencontrent ? boire un coup et faire un tiercé. Sur les coups, inoffensifs ceux-là,  de 14 heures ils se pointent dans une galerie commerciale pour acheter un jean qu’un des fils de Mr Ziri lui a demandé d’acheter. Faire les boutiques ça creuse, alors les deux hommes investissent un restaurant pour casser la croûte.  Au menu, steak, haricots et comme il faut faire descendre tout ça un peu de vin, s’ensuivent un café et un calva, bref pas de quoi fouetter un chat quand on est né bon vivant et un mort qu’on s’ignore!

L’après-midi se poursuit au rythme des vitrines et des coups bus pour rincer le gosier, mais il est temps de se rentrer. Arezki prend le volant, son vieil ami Ali à ses côtés, et là commence la mortelle randonnée. Centre ville d’Argenteuil, une patrouille intercepte le véhicule de nos deux compères et procède à un contrôle. Dès lors, le crépuscule d’adieu d’Ali ziri s’égrène.

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( 28 août, 2009 )

Des plans sur la Comète ou le jour des pleines lunes

comete02.jpgDifficile de trouver un sujet dans la défilante quotidienne en ce mois d’août finissant. Martine Aubry et son accord pour l’organisation de « primaires ouvertes élargies à l’ensemble des sympathisants » afin de désigner celui ou celle que soutiendra le PS à la présidentielle de 2012 ? Je ne sais pas vous, mais, en ce qui me concerne, j’ai l’impression qu’on pousse le bouchon du « renouveau » et de la « démocratie participative » comme on envoie une sonde dans une mer inconnue. Et si les responsables politiques disaient clairement : « rien de tout ça n’est crédible, cela est fait pour buzzer le blaireau… » Par ailleurs, si on nous parlait de la sorte, le renouveau et la démocratie participative n’auraient pas besoin d’être annoncés par voie de communiqué.

Triste, la vie d’un fonctionnaire ! A n’importe quelle époque de son histoire, il est la soupape. La pauvre bête attachée au piquet du système. Prenons Paul Girot de Langlade, préfet de son état, accusé (à tort? On dit de lui qu’il aurait eu des antécédents en la matière…) d’avoir tenu des propos racistes à l’encontre des agents de sécurité d’Orly et qui, dépité-courroucé, oriente son offensive vers Brice Hortefeux, allant jusqu’à déclarer qu’il est victime d’une cabale et que c’est le ministre de l’intérieur en personne qui aurait orchestré tout ça pour se refaire une virginité d’antiraciste. Nooon ? Brice Hortefeux vierge ? Des preuves !

Rien à se mettre sous la dent et une page à remplir. Par devoir, par honneur. Par plaisir ! Perdu, ne sachant que faire, je vais consulter ma boîte mail, prise d’assaut par une bordée déchaînée de left blogueurs qui, après avoir pollué ma tranquillité, sont partis faire la nouba du côté de la Comète, au Kremlin Bicêtre. Venant des six coins de l’hexagone et non des quatre, en attendant l’heure du rendez-vous, ils boivent du rosé ou autre chose à proximité de Beaubourg, contemplant le passant et admirant cet ensemble de plomberie qu’on nomme Centre d’Art Contemporain, dans lequel est programmée une exposition qui a pour titre « Elles », sur les artistes femmes, ou « la transformation de la condition des femmes s’impose comme un des faits économiques, sociaux et culturels majeurs du XXe siècle. »

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