( 1 août, 2010 )

Les bains des Pâquis

L’ami Jean Firmann nous fait l’honneur d’une visite. Plaisir :

En pleine rade, en pleine ville, rive droite à Genève, il existe depuis le début du 20e siècle des bains populaires A la fin des années 1980, des promoteurs goulus voulurent transformer cette presqu’île somptueuse en bains de luxe c’était compter sans le bon peuple qui en un référendum magistral décréta que ces bains resteraient ouverts à tous. Depuis, ça roule, ça baigne. C’est deux francs d’Helvète l’entrée. Des bains comme en Europe on n’en fait pas deux.
C’est au ras de l’eau, une vaste esplanade. Il y a au bout de la jetée un haut phare tout blanc. C’est au bout d’un lac beau comme un Baïkal.
C’est en pleine ville de banquiers. A trois encablures à peine panache le jet d’eau.
C’est ici que le Rhône sort du lac pour s’emboucher gourmand par la vallée du gros rouge jusques aux Saintes-Maries de Méditerranée et plus loin, franchies vers Gibraltar les colonnes d’Hercule rejoindre l’alexandrin parfait des houles de la mer océane.

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( 1 décembre, 2009 )

Enveloppement durable & queue leu leu la mort

1914a.jpgDans la foulée de l’ami Rémi, Jean Firmann exprime sur Ruminances son sentiment sur la votation suisse, qui suscite débats et commentaires. Sans que cela relève du dégel des banquises, ça chauffe quand même un peu. L’auteur vit au pays. Regard intérieur d’homme libre et de poète exerçant sur l’actualité son droit et son devoir de poésie. Œil lucide et averti, sans concession, sur le sujet brûlant du moment. Nous l’en remercions.

Ah ! ces votations helvétiques détestables livrées le dimanche au sus du monde entier 29 novembre 2009 en la clarté glauque des urnes par un paquet compact & contrit et claquant des dents blanches de Suisses tenanciers glaciers des plus splendides dentifrices & prétendus concepteurs à jamais de toutes brosses à dents qui speedy tournent encore plus vite que plus vite tant qu’à foie jaune de Suisse à qui paye vendu ni Dieu ni Marie son humble & bleue terrible marraine, via leurs vendeurs compassés & ahuris tourner si vite le monde ornithorynque n’ont jamais vu.

Sauf un peu vers l’ouest, Genève, Lausanne, le Jura, Neuchâtel, mais hélas pas un sang par le pays ni vers le nord, ni vers le sud, pas un cerveau par tout le pays, pas un cœur qui bougent. Les glaciers fondent ? la belle affaire ! Ils reculent, ces lâches. Mais moi enfin je me contemple humblement, n’est-ce pas dans les miroirs de ma salle de bain & j’en ai plutôt deux qu’une jusqu’en haute & sauvage sauve montagne, de salle de bain. Et la première en ville de salle de bain pleine de tuyaux que quand moi je veux il faut artistement qu’ils bougent. Debout en Calida. Pur coton des enfants explosés au boulot sec et voyou du plein sud. Debout en pyjama, en cette grave & rédhibitoire occurrence les Suisses disent merde à Voltaire, les Suisses disent merde à Rousseau. Comme ils l’ont fait toujours. Et la truie Europe en ses tétines profondes par trente-six trous menteurs et tout autant de chaînes télévisuelles en jouit de plus en plus vigoureusement. Ô peuple souverain, roule-toi dans son cri obscène. Voilà pour le désespoir que les vendeurs de sous tentent de nous imposer.

Mais fais gaffe vendeur sans scrupule de tout,
fais bien gaffe à ton gros orteil
Fais gaffe à ton stupide mâle orgueil

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( 14 octobre, 2009 )

Nous y voilà, nous y sommes…

champi01.jpgEn vrai animal curieux, soucieux de sa survie et de celle de l’espèce à laquelle il appartient ; conscient que si nous n’y mettons pas le zeste de volonté nécessaire notre joli monde et son magnifique progrès risquent de disparaître à jamais, l’ami Rém* m’a fait parvenir ce texte puissant et sans concession d’une dame alarmée par l’urgence et la démesure du chantier qui nous attend. Pendant que certains dirigeants politiques songent à asseoir les basses d’un néo-népotisme, des citoyens responsables tirent la sonnette d’alarme. A chacun de se faire une idée.

Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l’incurie de l’humanité, nous y sommes.
Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l’homme sait le faire avec brio, qui
ne perçoit la réalité que lorsqu’elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille
cigale à qui nous prêtons nos qualités d’insouciance.
Nous avons chanté, dansé.
Quand je dis « nous », entendons un quart de l’humanité tandis que le reste
était à la peine.

Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l’eau,
nos fumées dans l’air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les
mines, nous avons mangé des fraises du bout du monde, nous avons voyagé en tous
sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent
quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la
pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu’on s’est bien amusés.
On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la
banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer
le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l’atome,
enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu.

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