( 1 janvier, 2011 )

Bretagne

La mer imprègne mon visage

Sa couleur se lit dans mes contours

Sur l’atoll d’un mauvais présage

Une larme prie l’éternel retour

 

La mer imprègne mon visage

Son regard se noie dans le lointain

Mon cœur danse sur son passage

Des musiques aux sons cristallins

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La mer imprègne mon visage

Le temps roule son ruban d’acier

Sur le promontoire de mon âge

Quelques coques heurtent le glacier

 

La mer imprègne mon visage

Le vent se vautre dans l’orage

Et en dégrafant mon corsage

Découvre le sable des plages

 

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( 1 janvier, 2011 )

« Tout ça », chez vous, les amis, pour 2011

voeuxremi.jpgJe sais.

Moi aussi.

 

Je sais que je ne suis presque rien

Tout est donc dans le presque là.

Prétendre savoir le rien est incompréhensible, ou presque.

 

On ne peut rien savoir du rien

mais on peut croire sonder les reins.

Et prétendre ainsi au pouvoir sur quelqu’un.

 

On peut savoir un peu du presque rien

et prendre conscience de l’immense immensité de nos ignorances.

C’est déjà beaucoup, et c’est déjà ça.

*

Par exemple, la musique.

Je sais qu’elle peut n’être que du bruit ou au contraire une merveille.

Par rapport au silence angoissant,

par rapport aux tragiques nuisances du vacarme.

Par exemple, la poésie.

Notion encore plus vague que celles de musique et de bruit.

Le bruit du vent dans le peuplier peut être perçu comme poétique, comme musical

ou comme nuisance, selon.

Musique et poésie peuvent être perçues comme inséparables

ou comme très « frères ennemis ».

Idem pour les rapports d’entre poésie et arts plastiques.

 

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( 30 décembre, 2010 )

Agacement et chuchotements

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 MARRE

La jeunesse de Gaza en a marre. De la vie de merde qu’elle mène. De la misère culturelle et de la pourriture qui l’entoure. Elle a en a marre des vieux, des schnoques, des pourris, des fascistes, des intégristes, des terroristes, des massacres. Elle en a marre de la politique telle qu’on la lui impose, des magouilles, de l’hypocrisie, de la guerre et des crimes en tout genre. Une vie de merde dans un pays qui n’en est même plus un, tant il est devenu le laboratoire du crime organisé. Elle en a marre et elle le dit dans un manifeste signé par un Collectif de jeunes artistes et militants associatifs de la bande de Gaza dont je tire un extrait dans le Libération du 28/12 :

« Merde au Hamas. Merde à Israël. Merde au Fatah. Merde à l’ONU et à l’Unrwa (Agence de l’ONU crée en 1948 pour prendre en charge les réfugiés palestiniens ). Merde à l’Amérique ! Nous, les jeunes de Gaza, on en a marre d’Israël, du Hamas, de l’occupation, des violations permanentes des droits de l’homme et de l’indifférence de la communauté internationale. »

A l’impossible nul n’est tenu

Benoît Seize s’attaque avec un peu d’avance à un grand nettoyage de printemps dans les annexes du village papal. Lui aussi, en a marre ! Il vient de taper du bâton sur le pupitre pour exhorter les siens à un peu de décence. C’est dans ce dessein qu’il va publier jeudi (aujourd’hui donc) un décret pour « lutter contre le blanchiment d’argent sale » au sein même de la banque du Vatican. Il édictera aussi une loi contre « la prévention et la lutte contre le blanchiment d’argent provenant d’activités criminelles et le financement du terrorisme » ! Ouille !

Et dire que nul ne pouvait imaginer de telles pratiques dans l’antre de la foi !

Il y a des coups de crucifix qui se perdent ! Courage, Benoît, t’as du boulot pour blanchir la maisonnée, mais, comme on dit : impossibilium nulla obligatio !

Que tout ça est agaçant !

En cette période intensive de festivités, je suis d’humeur taquine. Même si, de temps en temps, l’obscène ou l’inopportun s’en viennent avec l’intention minable de perturber ce bonheur serein, je laisse couler. Pas parce que c’est Noël, mais parce que de temps en temps, j’ai besoin d’un peu de distance avec la médiocrité.

Après une partie de pêche du côté des 7 îles, un peu de relâchement est le bienvenu. Je fais un tour de oueb. Je ne me laisse quand même pas aller, mais je suis en roue libre. Économie, économie.

La période se prête à l’amusement et aux choses légères. Le tout pipol est à son affaire. Quoi de plus naturel donc que les sondages soient au diapason ? Rien n’est plus vivifiant que d’observer le vivier de la décadence à pied d’œuvre !

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( 1 décembre, 2010 )

Jacques et le Sida

sidaction2006.jpgIl se trouve que le 1°décembre est la ‘journée nationale VIH/Sida’.

Il y a foultitude de journées nationales de ‘ceci cela’, toutes respectables, toutes dignes donc, d’être étendues à 365 jours de respect par an… et il y en a bien plus que 365 ‘causes’ !

L’objet de ce billet est bien lié plus à la mémoire de mon ami Jacques, associée à la lutte contre le fléau du VIH/Sida, bien sûr.

Jacques me fut un grand ami, il y a 50 ans, au service militaire en Allemagne. Nous nous sommes connus fin 1960 ‘dans la chambrée’ comme amateurs de poésie, bientôt comme poètes, et avons eu des différents (gravisismes, un court temps !) car il aimait Mallarmé et moi Michaux… ! Ouf, on se réconcilia via Apollinaire. Et surtout on ‘draguait’ ensemble (et en uniforme !) dans des bistrots d’Heidelberg (entre autres). C’est ainsi qu’il s’est fiancé avec une belle allemande et, peu rancunier (ni elle, que j’avais tant désiré…) je fus invité à leurs noces en 1963 à Hambourg… où je fis connaissance très intime de la sœur de la mariée : ce bonheur imprévu me permit de me lancer dans un premier reportage photographique sur Hambourg (le petit dossier que j’en garde aujourd’hui me semble toujours très bon !). Merci Jacques…

Vers 1965, Jacques vint me rendre visite à Paris, je l’hébergeais même – faute de mieux et en toute fraternité – dans mon lit, avec moi, sous le toit de ma mansarde. Mais, plus grave que nos divergences poétiques d’hier, nous avions des divergences politiques : j’avais, beaucoup plus que lui, vécu douloureusement la Guerre d’Algérie et, de fil en aiguille, m’engageais – via le soutien à la lutte si héroïque du peuple vietnamien contre l’impérialisme américain – à devenir ‘communiste’, sans encore trop savoir choisir entre Castro, Trotsky, Mao (ce fut Mao…).

Près de trente ans plus tard, un coup de téléphone de Jacques ! (nous nous étions depuis longtemps perdus de vue mais il a retrouvé mes coordonnées). Il me demande tout simplement de le recevoir peu après. ‘D’accord !’

Le soir convenu, je l’attends, face à un ‘plat d’ami’ (c’est rare que j’en fasse) jusqu’à ‘point d’heure’… et ce n’est que le lendemain midi il arrive enfin :

‘Hier soir je me suis arrêté dans une boite de nuit en sortant de la gare, me suis saoulé et j’ai payé une nuit d’hôtel à une entraîneuse que j’ai saoulé. J’avais peur de te revoir, je suis con. Et je suis fauché, maintenant !’… Bon, Jacques, on va aller se promener, marcher, marcher, parler, rencontrer des amis !…Ok !

Le surlendemain, on trouve la solution : avec ma vieille guimbarde je le ramène chez lui à Dieppe, il me rembourse les avances et m’offre une superbe aquarelle (que j’ai toujours en place d’honneur) puisqu’il est devenu peintre après avoir abandonné la poésie… Mais j’ai bien constaté, surtout, qu’il est très malade…

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( 8 octobre, 2010 )

La mort y a plein de vie dedans !

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Après moi le Déluge ! Cette expression courante (souvent employée au second degré, ouf !), je l’ai récemment relue dans un commentaire (et c’était au 3°degré). Mais elle renvoie quand même, au tout premier degré à la réalité, mourir. Nous sommes tous et chacun immortel(s), soit. Boris Vian y compris, qui concluait sa célèbre chanson ‘Je voudrais pas mourir avant’… par un magnifique : … ‘et à la grande rigueur, ne pas mourir du tout !’

Comme tout un chacun, chacune, nous sommes affligés de la mort d’humains, surtout s’il s’agit de gosses, de jeunes, d’adultes, de vieux… de notre proche entourage. Voire de l’autre bout du monde…

‘Après moi le Déluge’ m’évoque surtout, sur le plan principal de la vie de la cité, de la res-publica, cet égoïsme crasse, voire pire, celle de l’immortelle Liliane Bettencourt (par exemple et entre autres !) qui ‘achète’ son immortalité à coup de millions (milliards ? je m’y perds !), cependant que de vénérables artistes ou scientifiques célèbres ‘cassent la pipe’ tout simplement, comme ça, laissant belle trace de vie dans la société. Comme X ou Y de par le monde, à tout âge, font de même en laissant une belle trace, douloureuse, dans leur entourage proche… au moins.

‘La mort, y’a plein de vie dedans’ chante merveilleusement le poète Félix Leclerc. Et c’est exactement le contraire de l’affreux ‘après moi le déluge’. C’est dire que chacun et chacune, à sa mort, quel que soit son âge, son statut… reste ‘vivant’ pour d’autres vivants, etc. à n’en plus finir de cette humanité, dont la seule religion, basique partout, est le culte des morts, avec nombreuses variantes…

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