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Blogs et tremblements

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gauguin02.jpgBelle matinée sur la Côte de Granit Rose lundi 18 pour une rencontre entre blogueurs trégorrois. Mer d’huile, ciel limpide, l’île Tomé préfigurant l’archipel des 7 îles, sourire aux lèvres, nous longeons la baie de Perros en direction de Louannec. Les mots s’entrechoquent, on se coupe la parole, on rit et on avance. Pas moyen d’en placer une avec Marie. Yann est encore pire ! Objectif : consolider nos liens et taper gentiment la discute sur le temps qui passe, avec ses bons et ses mauvais vents. La brise est légère et les restos ont tiré les rideaux du côté du port de Perros. Tant mieux ! Repas à Coatreven, au Dibi Mad, « Bien Manger » en breton. C’est dans les terres, comme on dit, mais le coeur aime la terre.

Chez Thierry et Nadine c’est toujours bon. Un resto breton. Un resto ouvrier. Pas de carte, mais le père Thierry a l’alchimie et le touché qu’il faut pour emballer l’amateur. Thierry est un passionné. Je l’ai déjà surpris à engueuler des clients parce qu’ils n’ont aucun goût pour les bonnes choses ! Yann a été le premier à ouvrir le feu : « c’est ici qu’on fera notre prochain Trégor des blogs au mois de février !». Marie, voisine de Coatreven, en connaisseuse, l’oeil pétillant, a acquiescé.

Vendu ! Cela dit, entre deux coups de fourchette, les régionales fixées dans le frontal, en Bretagne les choses semblant assez claires et c’est presque réjouis que nous avons fait ouf : Jean-Yves Le Drian se succédant à lui même ? Ailleurs les choses ne seront pas aussi simples. Ayons l’esprit assez lucide pour faire le meilleur choix possible, hors chapelles et affects. Un seul objectif : mettre un trait d’union entre notre mécontentement et le bulletin dans l’urne. Que le message soit assez net pour ébranler les certitudes de celui qui a voulu faire de ces échéances un test national.

La soirée de ce lundi n’était pas mal non plus. Sans vouloir donner dans la nostalgie à bas prix, cela m’a fait beaucoup de bien de regarder l’émission de télé que FR3 consacrait à Serge Gainsbourg ce lundi 18 en début de soirée. Une très belle et très bonne émission intitulée « Gainsbourg, l’homme qui aimait les femmes ». Un portrait qui, dans les mains de n’importe qui d’autre aurait pu donner dans le racolage à deux sous. Cela ne fut pas le cas ici. Birkin, Bardot, Gréco, Bambou, Régine ou Vanessa Paradis pour brosser un tableau, lustrer une image, montrer un homme tout en pudeur, un artiste avec ses bonnes et ses moins bonnes facettes. Un artiste libre, sans inhibition, un véritable homme de spectacle, un créateur hors pair, nous a quitté et chaque jour sa disparition est ressentie comme un vide important dans l’univers musical du pays. Ne pleurons pas, c’est ainsi. Un film vient de lui être consacré. Il est sorti en salle. J’irai le voir prochainement. Cette émission m’a donné l’envie. Merci à Didier Varrod, à l’origine de ce portrait, qui n’est pas à son coup d’essai, puisqu’il a déjà saisi avec le même bonheur Renaud, Julien Clerc, France Gall.

Grand moment de télévision qui changeait de l’horreur des informations et du drame haïtien avec l’interminable cortège de morts. Douleur, misère et marchandage sont à l’ordre du jour dans les rangs des sauveurs. Nicolas Sarkozy, comme d’habitude, en Sauveur de poche, propose une conférence internationale et envisage sans doute un entretien en tête à tête avec le séisme afin d’épargner au peuple haïtien l’horreur de possibles répliques.

Dans ce maelström, la faim poussant les êtres à des actes extrêmes, comme le pillage et la violence (l’aide humanitaire tardant à mettre en place son dispositif), le pays risque de sombrer dans le chaos. Perdue au milieu de ce capharnaüm, la police qui a elle aussi perdu ses bâtiments (les séismes ne sachant pas encore faire la différence entre les gentils et les méchants), cogne pillards et chapardeurs avec, comme à l’époque des tontons macoutes, une belle violence. La police peut perdre ses commissariats, mais jamais la main. Devant une telle marrade, les grosses nations commencent à se mettre dans la gueule pour savoir qui d’elles occupera le premier rang de l’humanitaire dans le coeur de l’opinion. Il est sûr que la préoccupation est d’une importance capitale, au moment où les gens meurent aussi de faim et de soif.

Qui pour se faire photographier, un drapeau bien en main, sur le tas de fumier ? C’est dans la merde que tous les coqs du monde chantent ! Les journaux télévisés ouvrent systématiquement sur les actes de vandalisme qui se multiplient. Comme si, au-delà de la souffrance et de la misère une autre partie était en train de se jouer dans la complicité du pouvoir et des médias : l’inoculation d’une certaine idée de l’autorité. Mais ne le criez pas, on risquerait de vous prendre pour un aigri ou pour un parano ! Peut-être même les deux.

Une image qui m’a saisi, parmi tant d’autres, c’est le largage de vivres depuis des avions dans les zones difficiles d’accès. Voyant les packs d’eau lancés à la volée depuis les avions, en direction d’une population qui tend les bras tout en bas, je me suis demandé dans quel état ces packs allaient arriver à destination et si jamais l’un d’eux venait à tomber sur la gueule de quelqu’un…

C’est dans la douleur que le symbole prend de la valeur. Ainsi le président sénégalais Abdoulaye Wade souhaitant favoriser le « retour » des Haïtiens en Afrique, s’est déclaré prêt à mettre une partie du Sénégal à disposition de ceux qui souhaiteraient s’y installer. L’idée n’est pas mauvaise, elle est même généreuse et d’actualité dans la perspective de futurs exodes climatiques. Cela permettrait à ces haïtiens de retrouver les racines ancestrales et leur éviter des « calamités récurrentes » dans cette partie du monde qui pourrait à terme disparaître à jamais de la surface de la terre. Reste à savoir ce qu’en pensent les intéressés.

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