( 26 avril, 2010 )

Bleu comme la nuit

riberybenzema.jpgUn gros nuage bien chargé traverse le ciel pas très bleu des bleus. Prévisions météorologiques désastreuses en perspective. Des avis concordants annoncent des tempêtes dans des verres d’eau avec des grands trémolos dans la voix ou quand la morale devient anathème.

Secoué par les frasques coquines de Ribéry, Govou, Benzema…, le monde des crampons est  saisi par l’affaire de « proxénétisme sur mineure » que les tabloïds du monde nous envient. Scarface sans Al Pacino, ça manque de peps quand même ! Il ne fait pas beau temps pour les remakes.

Relativisons. Parlons humain. Humanité serait un bien grand mot tant le sordide l’emporte sur le reste. Si à 19/20 ans, on ne laisse pas Popaul tendre et détendre sa libido dans le bassin des ouragans comme la nature le lui commande, l’âme humaine ne serait plus ce que je pensais qu’elle était. Je suis rassuré, elle demeure !

Les esprits prudes – ils ne manquent pas par ces temps de pudeurs indécentes – sortiront le parapluie de l’hypocrisie pour baver quelques principes anachorètes, se branlant en loucedé le mandrin sans vergogne, l’illustration d’une bimbo scotchée au frontal, jusqu’à extraction des fonds, les guiboles raidies par le spasme qui vient. Que celui qui ne l’a pas fait ou pensé… Tant pis pour lui !

Je ne sais pas vous, mais j’ai regardé avec soin les photos de la fameuse Zahia, celle par qui… Quelle notoriété soudaine ! En les regardant, je me suis vu autrefois, ne lui laissant pas le temps de faire une pause-café pour prendre une photo, à Doubaï ou ailleurs. D’accord avec les anachorètes, elle n’a pas le regard scintillant de l’inaccessible étoile, mais vous n’allez pas me dire que vous êtes insensible à la cambrure et au luxe de son appartement témoin ! Vous n’allez pas me dire non plus qu’elle a l’allure d’une collégienne mormone abusée à son corps défendant dans la grange familiale ! D’ailleurs, elle affirme crânement avoir caché son âge lors de ces « relations coupables »…

Certains évoquent l’image d’une France flétrie par ces joueurs de foot un peu trop rapides devant les buts. Drapeaux et enseignes nationaux souillés par la luxure. S’il n’y avait que ça pour dégrader cette image aux yeux du monde, la France en sortirait quasiment indemne ! Sans chercher des justifications à une affaire de moeurs impliquant le milieu glauque des affaires, du proxénétisme et de la valse de l’argent pas trop propre ou carrément sale, attardons-nous un peu sur les hommes mis en cause dans une affaire qui sent mauvais, très mauvais et peut-être pas à l’endroit qu’on pense. Interrogeons-nous plutôt sur l’univers et les sur les « victimes » du jour, victimes bien rétribuées puisqu’elles sont le coeur et la respiration fétide des bonnes affaires de l’industrie sportive.

Voilà des jeunes qu’on chope au berceau ou presque, qu’on arrache au milieu familial, qu’on forme et qu’on façonne pour tuer et se faire tuer dans l’arène. Avec ou sans pelouse, c’est une arène. Voilà des gars à qui on inflige une formation de gladiateur et qu’on envoie se perdre au nom d’un principe honteux : gagner quoi qu’il en coûte. Gagner de l’argent, beaucoup d’argent, sans autre souci éthique que celui du profit. Pas d’états d’âme. La  célébrité est à ce prix.

Pas de vie normale. Un jeu vidéo pour compagnon et une grosse caisse pour la frime. La tête dans le guidon, ils sont formatés pour produire encore et encore, du beau jeu et des mauvais coup. C’est de l’élevage en batterie. Ils gagnent de l’argent, mais à quel prix ! A l’âge où l’on s’amuse avec l’insouciance de la jeunesse, ils soignent les ligaments croisés du genou, les ischio-jambiers, les entorses et autres accidents musculaires. On fait attention à la nourriture, aux femmes, aux supporters, aux médias  assassins, aux coups bas qui pleuvent comme des hallebardes, à ceux qui t’aiment, à ceux qui te détestent. Aux jaloux, aux cons, aux frustrés, aux débiles… A tous ceux qui le moquent et le font souffrir du complexe de l’être inculte, incapable d’aligner deux phrases sans trébucher. Son orteil vaut aussi cher que le plus beau des diamants ! Il gorge les caisses des propriétaires et autres apparatchiks du système sous les applaudissements des masses, elles-mêmes préparées, manipulées, avachies, jouant le rôle de robinet.

L’organisme est une pierre précieuse qu’on cultive pour des gros plein de soupe sans pitié. L’univers sportif est un noeud de crotales ! Un système politique aux rouages graissés pour empêcher de penser hors circuit. Toute intrusion est malvenue. Le joueur peut s’écraser contre un mur, y laisser sa peau, aucune espèce d’importance, un autre bovin viendra le remplacer au pied levé et les soirées incitatives dans les boites branchées continueront dès plus belle dans le fleuve du fric et de la corruption.

Avec ça, il faut que le joueur soit un homme, un vrai, un dur. Pas une tarlouze ! Non mais ! Un qui en a entre les jambes. Quoi de plus naturel, dès lors, quand l’occasion se présente – souvent – s’il le prouve avec comme seule carte d’identité la chose qu’il connaît le mieux, l’argent qui coule à flots ? Champagne ! C’est moi qui arrose !

Dans cette lamentable affaire, le puritanisme va bon train. On tape, peu importe qui tombe. On parle de morale, on distribue les bons et les mauvais points. On parle de proxénétisme, de trafic, de mise en examen, comme si la solution à ces dérives se trouvait là où l’on pointe le doigt. L’arbre qui cache la forêt, encore et toujours.

Si embastiller Ribéry, Govou, Benzema et d’autres pouvait arrêter la gangrène, nous aurions alors toutes les raisons de nous réjouir, car un monde nouveau serait sur le point de naître. Arrêtez, salissez, brûlez…, le mal est ailleurs !

Que cache-t-elle cette « affaire » ? Je ne suis pas convaincu ni par la clarté qu’elle dégage, ni par son véritable objectif.

sl2604101.jpg

15 Commentaires à “ Bleu comme la nuit ” »

  1. babelouest dit :

    Une fois de plus des humains du sexe généralement le plus brutal ont abusé de leur position, semble-t-il. Je n’ai absolument pas suivi l’affaire, si tant est qu’il y en ait une. Une fois de plus, des hommes (assez souvent ce sont eux qui se distinguent ainsi) ont fait du profit, et ont abusé de ce profit pour abuser d’autres personnes. Sont-ce ce qu’on appelle des vedettes ? La plupart de ces noms ne me disent rien. Le football (je crois avoir compris qu’il s’agissait de cette lointaine planète) se distingue à nouveau, et à nouveau pas en bien.

    A part pour les victimes, car il doit bien y en avoir pour que certains en parlent, et sans doute pour la Justice qui doit faire son travail si c’est nécessaire, il s’agit là d’un non-évènement comme tant d’autres, de ceux dont on parle précisément.

    Combien d’enfants sont-ils morts hier, de faim, d’une balle, d’empoisonnement (merci aux industries chimiques) ou d’autres facteurs non naturels ? Voilà l’un des évènements auxquels les journalistes devraient consacrer au moins une partie de leur temps. Ce serait peut-être répétitif, mais nécessaire et salutaire.

  2. b.mode dit :

    Et pendant ce temps là, Drucker déroule le tapis rouge à cet incapable de Domenech, dénichant les rares lèche-burnes qui peuvent encore le supporter…

  3. lediazec dit :

    Drucker a depuis longtemps cessé d’être un humain pour devenir un concept. Une forme de vie post-humanité.

    Dernière publication sur Kreizarmor : Place Vendôme, haut lieu de l'indécence

  4. babelouest dit :

    Drucker est lui-même le tapis rouge, il n’a pas peur de se salir avec tous ceux dont les pieds viennent envahir son studio. Étant ancien journaliste sportif, il a d’ailleurs sans doute inauguré le genre tapis vert gazon.

  5. BA dit :

    Oui, mais ça sert à détourner l’attention :

    Lundi 26 avril 2010 :

    Selon des documents obtenus par «Libération», des intermédiaires proches des balladuriens ont perçu des commissions en 1995 lors d’un contrat de vente de sous-marins français au Pakistan.

    La campagne présidentielle d’Edouard Balladur de 1995 aurait reçu 10 millions de francs pouvant provenir de commissions versées sur un contrat de vente de sous-marins au Pakistan auquel s’intéresse un juge antiterroriste enquêtant sur l’attentat de Karachi en 2002. C’est la révélation à lire aujourd’hui dans «Libération» (disponible dans sa version intégrale en kiosque ou sur notre zone payante).

    http://www.liberation.fr/politiques/0101632141-vente-d-armes-a-pakistan-la-piste-balladur

  6. b.mode dit :

    Haro sur les blacks et les musulmans ! Quid de Paul Bocuse, ce franchouillard bon teint ? http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=7903

  7. lediazec dit :

    @Bernard. Très bien ce papier d’Arrêt sur image. Encore une éclaboussure pour le gouvernement. D’un côté on dénonce la rumeur, de l’autre on l’alimente à son propre avantage.

    Dernière publication sur Kreizarmor : Place Vendôme, haut lieu de l'indécence

  8. clomani dit :

    J’allais dire : mais Ribery n’est ni black ni musulman… mais si, il est musulman !
    Si lémédia continuent sur la voie du tout puritain comme ça, on va bientôt avoir droit aux excuses posthumes de Mitterrand, à celles de Giscard d’Estaing (certaines de mes amies l’ayant croisé pour faire ses petits graphiques destinés à illustrer son discours à la téloche, lorsqu’il était Ministre de l’Economie, m’ont raconté « un certain regard en forme de bite ». Et puis, franchement, qu’est-ce qu’on a a f… de ce qu’ils font de leur quéquette, les sportifs ? Moi, perso, rien à braire… Franchement. Déjà que le foot me gonfle grave.
    Quant à leur aubaine de « couple intégriste » nantais, avant de dire une connerie raciste de plus, le Brice, il aurait mieux fait de réfléchir à 2 fois. Mais c’était le désir du P’tit !
    Si Mister Talonnettes continue, je vais finir par m’extasier sur le courage de ces femmes emburquées et vanter leur sens de la résistance. Franchement, si elles ont envie de se pourrir la vie avec un machin qui tient chaud, entrave leurs mouvements, qu’elles soient libre de le faire. D’autres (femmes) se la pourrissent bien en portant des talons aiguilles, des jupes étroites (suffit de voir les mannequins se casser la figure lors des défilés pour voir combien il est aisé d’être une esclave de la mode)… et même : bon sang de bonsoir, les jeans qui vous serrent à la taille et vous provoquent des crises d’aérophagie … encore une invention de mecs pour entraver les nanas. Personnellement, quand il m’arrive de feuilleter le magazine ELLE, j’ai des coups de sang ! Consommez donc ceci, soyez élégante, êtes-vous un bon coup, tout ce qu’il faut pour garder un homme, etc… mais quelle vie propose-t-on aux femmes ? Moi ça me pousserait presque à porter une habbaya ou une djellabah histoire de n’avoir aucun élastique à subir, aucun bouton de cuivre qui me déclenche des allergies.

    Laissez-nous vivre, bande de fachos !

  9. lediazec dit :

    @ Clomani. Je suis tout à fait sur la longueur d’onde, je lis l’insurrection qui vient et bonjour la baffe ! Elle est d’un autre monde.

    Dernière publication sur Kreizarmor : Place Vendôme, haut lieu de l'indécence

  10. lediazec dit :

    Hélas ! J-F Kahn pousse une gueulante actuellement sur la 5. Il crie au scandale. Le fascisme est un scandale, en effet !
    Bernard, j’ai du mal avec ton lien sur les 3 points de gagnés. C’est peut-être mon ordi, remarque.

    Dernière publication sur Kreizarmor : Place Vendôme, haut lieu de l'indécence

  11. b.mode dit :

    Non rodo, je crois que c’est le serveur du nouvel obs qui est momentanément en vrac… ;)

  12. clomani dit :

    C’est vrai, cette histoire des 3 points ? 3 points ? Ca me rappelle kèkchose qui n’a rien à voir, mais absolument rien ;o)))…
    Se méfier des sondages : si on a proposé aux sondés le choix entre Hortefeux et Sarkozy comme Président, on peut comprendre les 3 points.
    J’ai été sondée une fois, au téléphone, un sondage pour l’UMP… jamais été aussi « sans opinion » de ma vie. Les choix proposés ne m’apportaient aucune satisfaction. J’avais dit oui, j’ai dû jouer le jeu… mais jamais plus jamais. La prochaine fois, j’envoie promener les sondeurs.

  13. b.mode dit :

    La prostituition et le football, une longue histoire ? Déja en 2004, Thierry Ardisson recevait Bernard Tapie dans son « 93, faubourg Saint-Honoré » sur Paris Première. L’animateur a eu l’idée de convier l’ex-ministre et acteur de théâtre autour d’un bon repas aux côtés, entre autres, de Basile Boli, André Bercoff et Eugène Saccomano. Dès l’apéritif, Tapie se lâche. Devant ses camarades pliés de rire, l’ancien président de l’OM dévoile notamment certaines de ses méthodes pour mener son équipe à la victoire. « J’avais des manières de management qui n’avaient rien à voir avec ce qui se fait dans le foot, prévient-il. On sait tous que, quand des équipes viennent la veille d’un match à Paris, tous les joueurs se barrent la nuit pour faire les cons. Moi, la veille d’une finale de Coupe de France contre Monaco, j’ai dit aux joueurs : Vous bougez pas, j’amène le matos à l’hôtel. Je suis allé mettre du tranxène dans la purée de Goethals (NDLR : entraîneur de l’époque). A 9 heures, il était couché. J’ai fait monter une gonzesse par chambre, seuls deux ou trois joueurs n’ont pas voulu. Une heure après, je suis monté, et ils étaient tous dans la même chambre, ça s’est fini en partouze géante ! » Robert Louis-Dreyfus, « C’est un mec dramatique » Eclat de rire général…

  14. lediazec dit :

    @ Bernard. J’ignorais cette anecdote toute tapisienne. Aujourd’hui on fait semblant de découvrir, on s’en émeut. Comme pour le dopage dans le cyclisme… Et ailleurs !

    Dernière publication sur Kreizarmor : Place Vendôme, haut lieu de l'indécence

Fil RSS des commentaires de cet article.

Laisser un commentaire

|