( 5 avril, 2009 )

Pirates et auteurs réunis remercient Hadopi !

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La loi Hadopi qui vise à empêcher le téléchargement d’oeuvres sous copyright est stupéfiante à de nombreux égards et témoigne d’une incroyable méconnaissance du web, que ce soit du point de vue technique ou de celui des habitudes des utilisateurs. Néanmoins, cette loi va faire des heureux, mais pas forcément ceux auxquels a pensé le législateur…

Les premiers à se féliciter de cette loi sont certainement ceux qui mettent des fichiers piratés à disposition des internautes moyennant une modique rémunération, ce qui permet à leur clients de bénéficier de réseaux privés à haut débit, hébergés à Hong-Kong ou en Russie, et sur lesquels les ayants-droit n’auront jamais aucune prise ni aucun accès. Telles les têtes de l’hydre de L’Erne, chaque site coupé donnera lieu à l’ouverture de plusieurs autres, et il n’y a pas d’Hercule disponible à l’horizon.
Grâce à cette loi, le téléchargement va devenir une source de profits considérable pour les mafias de tous horizons qui auront vite fait de mettre les petits artisans de la piraterie sur la touche. Merci qui ?

Mais tout ce battage autour des droits d’auteurs – puisque c’est en principe ce qui motive cette loi – masque une forte dose d’hypocrisie, car cette loi est en fait destinée à servir les intérêts non pas des auteurs mais bien des éditeurs, qui estiment normal de gagner des pactoles sur le dos des auteurs et des clients, puisqu’ils le font depuis des années. Rappelez-vous – pour ceux qui sont assez âgés pour l’avoir vécu – du passage du disque vynil au CD, à la fin des années 80. Outre le fait qu’il fallut acheter le coûteux lecteur de CD, il fallut également passer à la caisse pour racheter au prix fort notre discothèque au format CD. Bonne affaire pour les vendeurs de disques ! Le CD était beaucoup plus cher que le disque vynil, (un 33t coûtait environ 60F, un CD plus de 100F) mais on nous promettait alors la main sur le coeur que le CD avait un son mille fois meilleur, et que de surcroît il était éternel, ce qui rentabilisait nos achats, puisque nos CD pourraient tourner indéfiniment jusqu’à la fin des temps, sans s’abîmer. De plus on nous jurait également que la diffusion mondiale des CD permettrait dans l’avenir de les produire à bas coût, ce qui diminuerait le prix qu’on aurait à les payer ensuite.

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