Six plombes. S’échappent du Tivoli local, quelques ondes improbables. Un débat sur l’actu. Un de plus. Un invité dont j’ai oublié jusqu’à la fonction dit qu’il vaut mieux faire copain-copine avec le chef suprême plutôt que de lui tirer dans les pattes. La Palice vient de se retourner dans sa tombe mais ne peut qu’opiner du bonnet. Regardez Ségo par exemple. Quand on lui braque son appart, elle a juste droit à une volée de bois vert de la part de la classe politique courroucée et moqueuse. Pas à la démission du préfet de police de Paname. Quand Jean sans Peur se fait chaparder son Vespa, on lance illico des recherches ADN. Deux poids, deux mesures. Y’a pas, on a les relations qu’on peut. Amitiés particulières pour partenaires particuliers. Promotion canapé, pédalo, scooter, tout est bon dans le cochon…
Hors donc, le gars qui cause dans le poste ose faire un rapprochement entre deux interventions ubuesques au plus haut niveau. Celle qui fait suite à l’occupation de la villa de Jacouille la Fripouille et celle qui a entraîné la nomination de la blonde du vingt heures. Ni une ni deux, la plumitive vedette de la station, proche du pouvoir, s’indigne de cette association ô combien malvenue. Que veut insinuer ce petit paltoquet ? Comment ce malotru ose-t-il suggérer une pareille infamie ? On les a vus ensemble à Marrakech, insiste le grossier personnage. Il n’y a pas de photo donc il n’y a pas de preuve lui répond tout de go l’éditorialiste péremptoire. Donc on n’en parle pas. Fermez le ban. Comme si les clichés authentifiaient les actes. Regardez en Afghanistan, à défaut de top-models, on fait poser des talibans…
On nous cache tout, on nous dit rien écrivait Lanzmann au milieu de sixties. C’était au temps du grand Charles et de l’ORTF. Y’avait même un ministre de l’information. La voix de la France, point barre. Là, c’est plus insidieux mais tout aussi redoutable. Voire plus si affinités. Sous couvert d’une prétendue diversité de l’offre médiatique, on manipule l’opinion, on uniformise le point de vue, on place les proches, les complaisants et les flatteurs aux endroits stratégiques.
Sans vergogne, on nomme PDG d’une radio historique, un ancien conseiller de l’actuel premier ministre. Dans la foulée, on place un ex-candidat UMP à la direction de l’information de la chaîne de télé dominante. Et ensuite, on décline à tous les étages. Un ancien journaliste du Nouvel Obs, dénonciateur de caricaturiste à ses heures, passe dans le giron d’un groupe de médias appartenant à un des « frères » de l’omnipotent. Sans coup férir, le gars retourne sa veste et est intronisé à la fois rédacteur en chef d’un hebdo dominical et éditorialiste number one de la radio précédemment évoquée. Dans ses deux tribunes, il tape sur la gauche comme un forcené tandis qu’il ne tarit pas d’éloges sur l’action du chef de l’état. Bonjour le pluralisme. Quand bourrage de crâne rime avec Doliprane…
On ne reviendra pas sur la prochaine mise sous contrôle du service public audiovisuel. Pour faire passer la pilule, on y glissera à sa tête un ex-homme de gauche repenti. Ce sont les plus serviles car ils ont tout à se faire pardonner. A ce propos, on observera juste qu’un ministre des affaires étrangères, ancien chouchou des médias, ne supporte plus la moindre critique à son encontre. Coup de sang sur un plateau d’une télévision dirigée par son épouse suite à un reportage grinçant, boycottage d’une journaliste d’un quotidien du soir, unanimement reconnue pour sa compétence mais coupable d’avoir osé posé des questions qui fâchent au sémillant french doctor.
L’exemple vient d’en haut. Quand on passe la brosse à reluire, on est protégé, promu, propulsé vers les hautes sphères. Quand on rue dans les brancards, qu’on émet un avis contraire, on est vilipendé, humilié, renvoyé à ses chères études. A défaut de l’arme à gauche, on passe à la trappe. On rejoint les forces obscures. Ici l’ombre…
PS : toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.
Article relayé par

Dav_
7 septembre, 2008 à 10:25
Beau texte. C’est vrai que Sarkozy a transformé l’Elysée en société de cour.
lediazec
7 septembre, 2008 à 10:27
Excellente lecture matinale. Il ne faut pas avoir peur de ressasser les choses, ni de dire jusqu’à satiété cette dérive fasciste que s’installe à l’intérieur même du corps institutionnel. Ne pas avoir peur de dénoncer les traîtres, les vendus, les frustrés et autres apprentis sorciers qui, a défaut d’avoir du talent, ont de la lèche l’art consommé.
Je crains cependant, cher boeuf, que le doliprane ne soit hélas insuffisant pour ce genre de migraine.
Va falloir travailler à un nouveau vaccin !
Dav_
7 septembre, 2008 à 10:38
Personnellement, je pense que sur le plan de la politique intérieur du pays, il a fait des réformes nécessaires et importantes. Malheureusement, il a une fâcheuse tendance à se rapprocher du modèle berlusconien sur le plan diplomatique et dans sa démonstration du pouvoir. Le jadis expert de la communication a fait voler en éclats, la statue de grand homme d’Etat qu’il s’était lui-même construit.
Je suis extrêmement déçu de la tournure des événements et quand je vois Villepin à la télévision, lui le poète lyrique admirateur de Napoléon, j’ai comme un sentiment de vague à l’âme.
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