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( 5 octobre, 2010 )

Libérons la parole des fonctionnaires

telepoubelle.jpgJ’avais d’autres chats à fouetter ce dimanche soir pour aller me taper, en seconde partie de soirée, « la voie de Carla » programmée par Télépropagande 3. Je n’avais pas envie d’infliger à mon esprit cet exercice d’auto-flagellation. Pas envie non plus de perdre un temps précieux à subir les niaiseries de la première Nouille de France ! Maso, ma non troppo !

L’ami Olivier Bonnet – quel courage ! – s’est décarcassé pour nous. Il en faut – du courage et de la constance – pour se laisser aller à écouter, impuissants, les inconséquences de cette chatte sur un toit en feu !

En revanche, j’ai écouté ce que Ségolène avait à dire sur France 5 un peu plus tôt ce même dimanche, sur son envie d’y aller ou pas. Bien qu’ignorant où elle voulait aller – elle a son idée n’est-ce pas – j’ai supposé qu’elle devait se rendre quelque part. C’était le thème de l’émission qui lui était consacrée : ira-t-elle, n’ira-t-elle pas ? A quoi bon lui accorder sinon un tel créneau horaire au moment où, impatients, nous attendons tous le service de la soupe ? Au terme de l’émission j’étais admiratif : après avoir longuement évoqué plusieurs destinations possibles, calculé le montant et les frais annexes, elle n’a toujours pas fait de réservation. Question de date, dit-on chez les observateurs. D’opportunité, ajoutent les plus malins…

Comme je n’avais rien à grailler côté machine à décerveler, je me suis cantonné à la lecture. Un tour de presse. Bien que là aussi, malgré l’abondance des titres, la nourriture est souvent indigeste. Quand l’esprit ne veut pas, inutile de le forcer plus en avant.

Depuis un petit moment, le minois d’Aurélie Boullet nous est familier. Plus connue sous le pseudonyme de Zoé Shepard, elle est l’autrice d’un ouvrage à succès qui alimente l’âtre des combustions de l’usine à parlotte, « Absolument dé-bor-dée ! ». Le livre à succès du moment qu’on présente comme une œuvre littéraire dans certains cercles, comme un acte citoyen dans d’autres. A ce point, je ne puis que penser au mot de Philippe Muray : « ce devant quoi une société se prosterne nous dit ce qu’elle est. ».

Ne perdons pas le fil. Vous pensez bien qu’une fois que, ayant pris connaissance du brûlot, l’ayant identifiée, le Conseil régional d’Aquitaine qui employait Aurélie Boullet ait pris la décision de lui flanquer une sanction au col (sans traitement, cela va de soi !) pour non respect de l’obligation de réserve à laquelle est tenu tout fonctionnaire. Pas contente d’avoir écrit «Comment faire 35 heures en … un mois », se foutant de la gueule de la boîte qui l’emploie, de son dysfonctionnement, du côté kafkaïen propre aux grosses machines administratives, pensait-elle que la sanction pouvait en être autre ? Assurément, puisqu’elle avait portée la chose devant le tribunal. En son âme et conscience, celui-ci a rendu son jugement : déboutée !

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( 4 octobre, 2010 )

Travelling et autres fables

Je ne connais pas du tout ce Didier Hude, responsable FSU local. Mais je l’ai entendu tout à l’heure dire la suite de son discours-fable (c’est mieux que fleuve), le 2 octobre. Tout le monde (et il y avait !) se marrait !!!

Je suis allé voir sur Google (à son invite) sur ‘FSU 44′ . Il n’y a pas encore cette suite, mais j’ai repêché les deux textes précédents, de même veine (manifs précédentes) et je pense qu’ils méritent d’être diffusés largement !…

travelling2.jpg1 – Discours FSU Loire-Atlantique Nantes 7 septembre 2010 (Didier Hude)

Travelling

Roms partout, retraites nulle part ! Brice rote le feu. En plein renvoi, Eric Veurte et brette en cour. L’autre Eric baise le son. Niko la schlague fait chlark aussi. Magnifique ! En trois ans, nous sommes passés de la France Disney bling bling à une République trimballée à impériale « prout ma chère ». Du vrai standing. Décadent mais républicain. Aïe ! Léger problème à droite ! Le Vatican Opus Dei trouve que le César de Neuilly dérape en incontrôlé. Heureusement la gauche est là. Belle comme en 2005. Moderne, chèvre et chou, sociale et libérale, trempée dans la stratégie de Lisbonne et dans son « oui » au TCE. Oh mais super ! L’autre gauche est là, elle aussi, belle comme en 2005, tout pareil, clivée jusqu’à la moelle dans ses puretés originelles et ses catéchèses laïques de transformation sociale.

À cet endroit du discours, petit envoi littéraire

Quand peu ou trop ne sont que mots

Et les discours seulement ragots

Est-ce que seul le syndicalisse

N’est pas trombosé d’la coulisse ?

Avec les syndicats je crie en avant doute !

Puisque doute il y a.

Veut-on gagner ?

Qu’est-ce que gagner ?

Est-ce négocier ?

Se retirer ?

Au moment où on va gagner faire retraitus interruptus ? Un syndicaliste moderne vous dira que sans débouché politique une revendication syndicale n’a aucune valeur marchande. Pour être moderne aujourd’hui, il faut être très bien avec un parti politique qui a des chances un jour de gouverner. Tout syndicaliste responsable vous le dira. Soyons des millions dans la rue mais quand les choses deviennent sérieuses il faut savoir se retirer pour les laisserles pros négocier. La muraille de Chine de nos acquis sociaux est une chaîne de confiances par délégations, rythmée par des manifestations cycliques fortes. Nos poumons s’époumonent mais quand moutons moutonnent, jamais le loup ne s’étonne. Un jour un grand chercheur trouvera peut-être comment le syndicalisme français peut réussir le tour de force avec si peu de syndiqués de mettre tant de monde dans les rues et de gâcher ses munitions en se dégonflant toujours sur la fin. Ah colère ! Peste, vesse et louf sur la toile cirée : c’est bête, la revendication a foiré.

Aujourd’hui, nous sommes vraiment des millions dans les rues. Cette grève et nos rassemblements témoignent de ce que les salariés veulent aller plus loin. Après le 24 juin, ce 7 septembre est plus déterminant que tous les programmes proposés par les organisations politiques de gauche et leurs relais syndicaux éventuels. Si nous voulons vraiment une autre réforme, nous n’avons pas d’autre solution que d’appeler tous à la grève reconductible dès la semaine prochaine. Le 15 septembre l’assemblée votera l’injustice des retraites, le 10 octobre ce sera le Sénat. Sans action de grève généralisée nous ne pourrons gagner. Renvoyer une mobilisation à fin septembre ou début octobre est une stratégie perdante. Certes les directions syndicales ne décident pas à la place des salariés mais à force de ne pas donner de signal, les directions se rendent coupables d’accompagnement en n’osant même pas mener les combats qui s’imposent. L’alignement européen servirait-il de prétexte à la retraite de roussi syndical ?

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( 3 octobre, 2010 )

Le peuple français peut-il accepter cela ?

manipulation.jpgUne de nos fidèles lectrices nous a fait parvenir ce billet. Nous le publions avec plaisir dans les colonnes de ruminances. Et gageons que ce premier opus ne sera pas le dernier… 

J’ai regardé ce soir du 30 septembre l’émission « Envoyé Spécial », sur la 2. Il y avait un reportage sur la situation chez France Télécom : on y expliquait que, dès le départ, il avait été décidé de faire partir 22000 employés, et ce,  par tous les moyens, dont surtout psychologiques, que les cadres étaient gratifiés de prîmes au prorata du nombre d’employés qu’ils arrivaient à faire partir, et que pour ce faire, ces cadres avaient suivi une formation auprès d’une agence de management.

Cette agence de management s’étant, elle, inspirée du travail d’un médecin spécialisé dans les soins palliatifs, avait établi un graphique montrant les étapes par lesquelles les employés soumis à ce conditionnement devaient passer : stupeur à l’annonce d’un changement brutal de poste ou de violents reproches, révolte, puis tristesse, honte, abattement et enfin résignation, acceptation… C’est totalement cynique et inhumain ! ( MAIS PERSONNE N’A BOUGE ,  et pourquoi cela ? A cause de la TERREUR INSTAURÉE PAR CES MÉTHODES,  parce que la peur d’être traité de la même façon,  « comme un pestiféré » a dit l’un des intervenants de cette émission,  la peur de perdre son emploi… Et parce que l’impression que, de toutes façons, on ne peut rien faire PUISQUE LES AUTEURS DE CES MÉTHODES INIQUES NE SONT PAS PUNIS ! Croyez-vous que ceux qui restent vivent bien ? Non, leur vie, à eux aussi, est abîmée…

Alors, j’ai pensé au ton employé par nos politiques gouvernants, sur les plateaux tv : les écoutant je me disais « c’est drôle, on dirait qu’ils s’adressent à des enfants… La voix est douce, presque confidentielle, pas du tout comme les politiques d’avant, qui énonçaient clairement voire fortement… » Et puis, j’ai trouvé qu’ils utilisaient TOUS la même sorte de mélodie dans leur phrasé, j’ai trouvé cela étonnant voir même envoûtant… (J’ai d’abord remarqué cela chez Bertrand, puis chez Wauquiez, Copé  et chez d’autres).

Et  je me suis fait une fiction : et si des infâmes de la très haute finance avaient eu l’idée de pratiquer le même genre de « management » au niveau des peuples, histoire de se fabriquer un monde à leurs goûts ? Les gouvernements à leurs bottes seraient en quelque sorte leurs DRH… Les agences de notation distribuant les bons ou mauvais points …

Alors  j’ai repensé aux « coups d’éclats », aux énormités auxquelles notre peuple n’a vraiment pas été habitué par leurs prédécesseurs, des trucs tellement énormes qu’on a peine à croire que cela arrive en France… c’est la phase « stupeur ».

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( 2 octobre, 2010 )

Il fut Président

1 DG et l’armée

Le lieutenant-colonel de Gaulle, en 1934, avait su, deviné et écrit ce que serait l’invasion allemande en France, six ans plus tard. Pour lui, seules des forces blindées indépendantes très mobiles, très professionnelles, pouvaient assurer une défense en profondeur de notre frontière du nord-est : quitte à l’accomplir grâce à la meilleure défense, qui est l’attaque. Il était logique, selon cette conception très dynamique des rapports de force, qu’il se repliât en Angleterre pour affiner sa revanche. Beaucoup, à l’époque, ne l’ont pas compris.

lignemaginotbabel1.bmpLa Ligne Maginot, joyau de la défense fixe et passive, même aujourd’hui, occupait les pensées, et les rassérénait face à des forces aux conceptions trop différentes pour être simplement craintes. Le débordement de cette Ligne dans un secteur qui paraissait un rempart naturel, les Ardennes, les déstabilisa complètement.

L’invasion en route, l’officier qu’était De Gaulle se heurta aux visées politiques des américains, Eisenhower en tête, qui se préparaient à annexer notre pays comme ils l’avaient opéré ailleurs sans coup férir. C’est lui qui gagna grâce à sa ténacité. C’est pourquoi, dès qu’il le put, il mit en place la force française de dissuasion : bien modeste au départ, elle n’est pas négligeable aujourd’hui. Il est fort regrettable que depuis trois ans, ce soit un agent de ces mêmes USA qui ait l’accès au bouton rouge.

Jeune admirateur de de Gaulle, c’est Jacques Chirac qui mit en place officiellement l’armée de métier française, sur le modèle du petit livre de 1934. Aujourd’hui, cette force, très diminuée par des budgets de plus en plus restreints, ne peut plus servir que de supplétif bien commode aux soldats US. On peut comprendre que les relations entre le chef des armées, et les officiers généraux de la vieille tradition, ne soient pas obligatoirement au beau fixe.

2 DG et l’Algérie

C’est au Maghreb que De Gaulle s’est ouvertement opposé aux américains, qui lui préféraient Giraud, plus docile. Il connaissait le terrain. Il n’aimait pas particulièrement les autochtones, dont il ne parlait pas les langues. Son appui était formé de français de métropole, même si des harkis et d’autres volontaires étaient enrôlés dans des régiments qui partaient en première ligne, des sacrifiés en somme. Les survivants, et les enfants des autres, n’ont jamais été remerciés par lui pour ces sacrifices. Pourtant, les harkis furent le fer de lance de l’armée débarquée en Provence en août 1944.

En avril 1958, son « Je vous ai compris » n’était que stratégique : il voulait, en accordant le droit de vote à tous les algériens, faire un plein de voix pour ce qu’il envisageait, quitte ensuite à trahir tout le monde. Tout le monde lui en a voulu. Le moment venu, en 1962, il a décidé de négocier avec les plus terribles et les plus acharnés de ses opposants, ceux du FLN. Déroutés, les plus modérés, du MNA par exemple, furent exterminés par les jusqu’auboutistes.

Les accords d’Évian scellaient la fin du conflit pour certains français, tout en exacerbant le ressentiment de ceux qui avaient cru à sa parole, et ont voulu le lui faire payer. Ses réactions furent mesquines et indignes d’un grand homme : au lieu de proposer une discussion avec les meneurs ulcérés, il fit assassiner, sans doute en réaction de sa peur, le colonel Bastien-Thiry qui avait organisé l’attentat du Petit-Clamart. L’extrême droite ne le lui a jamais pardonné, semble-t-il.

Quant à l’Algérie, elle continue à souffrir sous la poigne de fer et de compromissions des anciens du FLN et de leurs élèves. De façon détournée, elle demeure une colonie française, bien que cet aspect n’apparaisse guère au grand jour.

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( 1 octobre, 2010 )

Les sénateurs avec nous le 5 octobre !

nopasaran.bmpUne fois n’est pas coutume, je vais épouser le moule de l’actualité et saluer la démission de Philippe de Villiers du conseil général de Vendée qu’il présidait depuis 22 ans. Autant dire qu’avec lui les vendéens avaient pris perpète ! Les mauvaises langues prétendent que c’est à cause de son état de santé qu’il s’efface. Il était touché par un cancer à l’oeil. Il dit avoir traversé la chose « au galop ». A bien y regarder, il est vrai qu’il a quelque chose de chevalin dans son allure. Sans voir dans ce phénomène un signe particulier du destin, je ne peux m’empêcher d’établir une relation entre son oeil et celui de son proche voisin d’idées, Jean-Marie.

Malgré une grève générale très suivie en Espagne, non pas « contre Zapatero, mais contre sa politique », comme le précise Cándido Méndez, le secrétaire général UGT (socialiste), le gouvernement Zapatero se dit prêt à dialoguer sur la future réforme des pensions et du Travail, à l’origine de la grève. Pour sa part, le Parti Populaire (la bonne vieille droite Aznar and C°) parle d’échec, aussi bien syndical que gouvernemental et milite pour des élections anticipées. 10 millions d’espagnols (quand-même !) sont allés dans la rue pour clamer leur ras-le bol. A Barcelone, les affrontements entre militants d’extrême gauche et policiers ont duré 8 heures. L’occasion pour la maison poulaga d’établir l’amalgame entre « casseurs » et l’historique CNT (syndicat anarcho-syndicaliste).

Plus concrètement, les syndicats s’inquiètent, pas spécialement par l’âge de départ à la retraite – la chose reste négociable -, mais par la gravité du chômage des jeunes et les disparités salariales entre hommes et femmes, ainsi que sur l’écart qui sépare l’Espagne et le reste des pays européens. Du grain à moudre pour toutes les composantes de la vie politique espagnole.

En un mot comme en cent que reprochent-on au socialiste Zapatero et à son gouvernement ? De ne pas être assez à gauche, tout simplement ! Certains dirigeants de la gauche espagnole vont jusqu’à comparer la politique de Zapatero à celle de monsieur Aznar. Plus qu’une insulte un constat en forme de dépit. Voilà qui pourrait aider à réfléchir la gauche française dans la perspective de 2012…

Pendant ce temps, de ce côté-ci des Pyrénées, El Mínimo est à son maximum d’antipathie. Aucun sondage ne lui est favorable. Même en tripotant les chiffres, il perd des points. Qu’il fasse le beau pour chourrer des voix à Le Pen s’en prenant de manière ignoble aux Roms, les quelques broutilles qu’il glane ici il le perd avec les intérêts dans son propre camp politique, lequel ne prend plus de gants ni avec sa politique, ni avec ses manières.

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