( 8 octobre, 2010 )

La mort y a plein de vie dedans !

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Après moi le Déluge ! Cette expression courante (souvent employée au second degré, ouf !), je l’ai récemment relue dans un commentaire (et c’était au 3°degré). Mais elle renvoie quand même, au tout premier degré à la réalité, mourir. Nous sommes tous et chacun immortel(s), soit. Boris Vian y compris, qui concluait sa célèbre chanson ‘Je voudrais pas mourir avant’… par un magnifique : … ‘et à la grande rigueur, ne pas mourir du tout !’

Comme tout un chacun, chacune, nous sommes affligés de la mort d’humains, surtout s’il s’agit de gosses, de jeunes, d’adultes, de vieux… de notre proche entourage. Voire de l’autre bout du monde…

‘Après moi le Déluge’ m’évoque surtout, sur le plan principal de la vie de la cité, de la res-publica, cet égoïsme crasse, voire pire, celle de l’immortelle Liliane Bettencourt (par exemple et entre autres !) qui ‘achète’ son immortalité à coup de millions (milliards ? je m’y perds !), cependant que de vénérables artistes ou scientifiques célèbres ‘cassent la pipe’ tout simplement, comme ça, laissant belle trace de vie dans la société. Comme X ou Y de par le monde, à tout âge, font de même en laissant une belle trace, douloureuse, dans leur entourage proche… au moins.

‘La mort, y’a plein de vie dedans’ chante merveilleusement le poète Félix Leclerc. Et c’est exactement le contraire de l’affreux ‘après moi le déluge’. C’est dire que chacun et chacune, à sa mort, quel que soit son âge, son statut… reste ‘vivant’ pour d’autres vivants, etc. à n’en plus finir de cette humanité, dont la seule religion, basique partout, est le culte des morts, avec nombreuses variantes…

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( 4 octobre, 2010 )

Travelling et autres fables

Je ne connais pas du tout ce Didier Hude, responsable FSU local. Mais je l’ai entendu tout à l’heure dire la suite de son discours-fable (c’est mieux que fleuve), le 2 octobre. Tout le monde (et il y avait !) se marrait !!!

Je suis allé voir sur Google (à son invite) sur ‘FSU 44′ . Il n’y a pas encore cette suite, mais j’ai repêché les deux textes précédents, de même veine (manifs précédentes) et je pense qu’ils méritent d’être diffusés largement !…

travelling2.jpg1 – Discours FSU Loire-Atlantique Nantes 7 septembre 2010 (Didier Hude)

Travelling

Roms partout, retraites nulle part ! Brice rote le feu. En plein renvoi, Eric Veurte et brette en cour. L’autre Eric baise le son. Niko la schlague fait chlark aussi. Magnifique ! En trois ans, nous sommes passés de la France Disney bling bling à une République trimballée à impériale « prout ma chère ». Du vrai standing. Décadent mais républicain. Aïe ! Léger problème à droite ! Le Vatican Opus Dei trouve que le César de Neuilly dérape en incontrôlé. Heureusement la gauche est là. Belle comme en 2005. Moderne, chèvre et chou, sociale et libérale, trempée dans la stratégie de Lisbonne et dans son « oui » au TCE. Oh mais super ! L’autre gauche est là, elle aussi, belle comme en 2005, tout pareil, clivée jusqu’à la moelle dans ses puretés originelles et ses catéchèses laïques de transformation sociale.

À cet endroit du discours, petit envoi littéraire

Quand peu ou trop ne sont que mots

Et les discours seulement ragots

Est-ce que seul le syndicalisse

N’est pas trombosé d’la coulisse ?

Avec les syndicats je crie en avant doute !

Puisque doute il y a.

Veut-on gagner ?

Qu’est-ce que gagner ?

Est-ce négocier ?

Se retirer ?

Au moment où on va gagner faire retraitus interruptus ? Un syndicaliste moderne vous dira que sans débouché politique une revendication syndicale n’a aucune valeur marchande. Pour être moderne aujourd’hui, il faut être très bien avec un parti politique qui a des chances un jour de gouverner. Tout syndicaliste responsable vous le dira. Soyons des millions dans la rue mais quand les choses deviennent sérieuses il faut savoir se retirer pour les laisserles pros négocier. La muraille de Chine de nos acquis sociaux est une chaîne de confiances par délégations, rythmée par des manifestations cycliques fortes. Nos poumons s’époumonent mais quand moutons moutonnent, jamais le loup ne s’étonne. Un jour un grand chercheur trouvera peut-être comment le syndicalisme français peut réussir le tour de force avec si peu de syndiqués de mettre tant de monde dans les rues et de gâcher ses munitions en se dégonflant toujours sur la fin. Ah colère ! Peste, vesse et louf sur la toile cirée : c’est bête, la revendication a foiré.

Aujourd’hui, nous sommes vraiment des millions dans les rues. Cette grève et nos rassemblements témoignent de ce que les salariés veulent aller plus loin. Après le 24 juin, ce 7 septembre est plus déterminant que tous les programmes proposés par les organisations politiques de gauche et leurs relais syndicaux éventuels. Si nous voulons vraiment une autre réforme, nous n’avons pas d’autre solution que d’appeler tous à la grève reconductible dès la semaine prochaine. Le 15 septembre l’assemblée votera l’injustice des retraites, le 10 octobre ce sera le Sénat. Sans action de grève généralisée nous ne pourrons gagner. Renvoyer une mobilisation à fin septembre ou début octobre est une stratégie perdante. Certes les directions syndicales ne décident pas à la place des salariés mais à force de ne pas donner de signal, les directions se rendent coupables d’accompagnement en n’osant même pas mener les combats qui s’imposent. L’alignement européen servirait-il de prétexte à la retraite de roussi syndical ?

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( 24 septembre, 2010 )

Hyper-Tensions

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Aussi attentif à l’actualité des hyper tensions sociales, que solidaire de nos diverses colères populaires, je ne suis pourtant pas dans la rue aujourd’hui ! Oui, j’écris ces lignes alors que se déroule la manif – si tendue -, à laquelle je n’ai pu me joindre, pour cause d’une tendinite qui me fait cruellement souffrir et boiter.

Survenue en pleine nuit, comme çà, sans explication. De même que (il y a des années) j’ai été victime, sans explication, d’une hyper -tension artérielle qui m’oblige, jusqu’à la fin de mes jours à prendre un p’tit cachet le matin. Puis (depuis cet été), pire peut-être, d’une hyper-tension (sans rapport paraît-il) dans mes yeux, ce qui me rendrait aveugle (‘glaucome’) si, jusqu’à la même fin de mes jours (et nuits !), je ne me glisse pas une p’tite goutte dans chaque œil, le soir.

Ha ! Après la longue tyrannie subie des horaires du boulot, des aller-retour des gosses à l’école, des justes exigences de mes compagnes, etc. – elle était ‘trop belle’ la vie pour un anar devenu enfin solitaire, donc libre de n’avoir nul horaire (je dormais et mangeais vraiment n’importe quand !)… ceci jusqu’aux alertes de mon corps… HYPER-TENSIONS… : pilule le matin et goutte le soir, OBLIGENT : donc, tu régules tout, dodo, bouffe etc. ! Adieu la liberté de batifoler à la recherche des heures fécondes de belle créativité ou de bonne réception de celles des autres, artistes ou pas ! Car j’veux bien crever, mais pas mourir idiot… Brassens le dit bien mieux : ‘Crever pour des idées… d’accord, mais de mort len(-en)te !’

Mais ce n’est pas le sujet de ce billet : cette introduction d’ailleurs prendrait au moins la longueur des introspections de Marcel Proust, dont je n‘ai pas pu lire plus de 4 ou 5 pages (éblouissantes parfois) avant de fermer le bouquin : Non au nombrilisme, nous sommes des êtres sociaux, engagés. Classe contre classe… et là, Marcel, t’es en face !

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( 23 septembre, 2010 )

Les Furoncles de la planète

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Au sens strict des sciences naturelles, on devrait appeler furoncles de la peau de la planète les terribles éruptions volcaniques – et, encore plus terribles, on peut comparer tremblements de terre, tsunamis, etc., aux frissons et sueurs de fièvre d’un grand corps malade…

J’ai d’ailleurs net souvenir d’une spectaculaire éruption nocturne du volcan Stromboli, près du détroit de Messine : j’avais 9 ans et on m’a réveillé de ma couchette, pour monter sur le pont admirer ce monstre !

Mais il ne s’agit pas de cela ici. Il s’agit de la prétention de l’homme à ‘dominer le monde’ (quoiqu’en disent les sciences naturelles) par son lucre. Cette domination s’est énormément manifestée, disons depuis Christophe Colomb, par voies maritimes (après bien des siècles de conquêtes à cheval, genre Huns, etc.).

Il s’agit ici de l’état de notre vie sociale sur Terre, révélée par ces ‘volcans furoncles’ que sont ‘Paradis fiscaux’ et autres… (les tsunamis seraient, en analogie, ces ‘crises financières’, dont nous devrions, pauvres manants, ‘payer les pots cassés’ !…)

En point de départ de ma réflexion sur le sujet, il y a (dans mon enfance) ‘la route des Indes’ de l’Empire Britannique, avec bases militaires dont Gibraltar, Malte, Chypre, Suez, Maurice…

A ce jour, seul Gibraltar demeure Britannique et devient plutôt paradis fiscal que désuet point stratégique. Pour rester dans cet empire, il y a d’autres paradis fiscaux : Jersey (mais les îles anglo-normandes n’ont jamais été françaises !), Vierges et Caïmans aux Caraïbes, la City de Londres… et surtout – quelle que soit l’étiquette juridique – les places fortes asiatiques de la ville-état de Singapour et de la zone de Hong-Kong. Où le business anglo-américain domine toujours.

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( 19 septembre, 2010 )

Le Maître de L’oubli – Michel Arbatz

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Le très talentueux Michel Arbatz est un tendre. Son dernier livre a été publié en octobre 2008 dans l’excellente maison d’éditions ‘Le temps qu’il fait’ sous le titre : ‘Le maître de l’oubli’. Et ce maître est son père, de 35 ans son aîné. Il en fait le portrait au travers d’un long dialogue imaginaire avec lui, car – dans le triste naufrage de la grande vieillesse – ce père, qu’il a si longtemps quitté, est devenu non seulement solitaire mais surtout ‘taiseux’. Ceci lorsque son fils, enfin, revient vers lui, se dévoue à lui… Et, à défaut de lui faire raconter son itinéraire de militant communiste, le reconstitue… et surtout le compare au sien, de militant communiste : deux générations bien différentes, celle des années 45 à 69, puis celle des années 65 à 85, la première pro-soviétique, la seconde pro-chinoise, puis vite libertaire… Mais, attention, ce n’est là que prétexte, via de bien savoureuses anecdotes de vie, à méditer :

« Il te reste l’humour, le ton, quelques proverbes. Ne pas aborder les questions pratiques, le cours administratif des choses qui soulève en toi la haine accumulée par les années de pauvreté. Un semblant de sagesse, donc, qui nous convient, dans le moment, à tous les deux. (…) La mémoire se retire comme la mer, laissant de grandes mares entre les bancs de sable où se reflète un passé minéral, toujours plus elliptique, plus compacté, plus allusif. Tu te comprends toi-même à demi-mot, une seule expression couvre un chapitre entier de ton existence. »

J’ai écouté Michel Arbatz vers 1978 à Saint-Brieuc et à Guingamp… comme chanteur, talentueux. Nous avions chacun ‘viré la cuti’ du maoïsme mais ne nous connaissions pas. J’étais dans le public de la fête du ‘Canard de Nantes à Brest’, dont il était l’un des invités. Ce courageux journal régional ‘post-68’ se lançait ainsi avec succès (… et sombra après la victoire de Mitterrand aux Présidentielles, racheté par le PS pour devenir une feuille de choux illisible, passons !).

disquearbatzpochette.jpgJ’y avais acheté deux disques 33 t. de Michel… et c’est avec eux en main, que j’ai vraiment fait connaissance, en mars 2009, d’Arbatz : à l’occasion de la sortie de ce livre, il animait une ‘soirée bavarde’ à la belle librairie nazairienne ‘La Voix au Chapitre’. Il fut ravi de revoir ces vieilles pochettes (‘Je ne les ai plus moi-même !’) et de m’entendre fredonner ‘Abiyoyo’, refrain d’une de ses chansons, qui faisait rire ma fille Anna après sa classe de maternelle… et continue de la faire rire lorsqu’elle me rend visite aujourd’hui !

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