Ces temps-ci, le plus petit État du Monde s’agite autour de DEUX procès en canonisation (enfin, pour le moment, en béatification, ne brûlons pas les étapes). Le sort de la planète peut être, ou pas, suspendu à des phrases prononcées à Copenhague, les prélats en soutane ont une autre façon d’avancer dans le temps et les controverses. Celle de Valladolid fut redoutable en ses conclusions.
Pour un laïque français, ce genre de polémique n’a guère d’importance. On peut juger l’homme, à ses positions, ses proclamations, ses actes. Le “procès en sainteté” se positionne sur une tout autre démarche, à mon avis. Il serait donc présomptueux et inadéquat de donner son sentiment là-dessus.
Pour Pie XII, en raison de zones d’ombre qui peuvent jouer en sa défaveur, ou au contraire le découvrir sous un jour bien plus humain et fraternel, il est bien difficile faute d’études historiques complètes de se prononcer sur ses véritables démarches, ou son indifférence. Peut-être certaines archives du Vatican ne sont-elles pas encore accessibles à tous, qui apporteraient une lumière nouvelle sur son bilan. Le procès en canonisation sera peut-être l’occasion de les découvrir.
Peut-être !
Quant à Jean-Paul II, son esprit rétrograde, loué par le présent pape dont on ne peut pas affirmer qu’il facilite la régularisation de certains dossiers extrêmement douloureux, ne fait guère de doute. Les deux hommes étaient amis, au point qu’il s’est chuchoté que nombres de décisions du plus ancien devaient beaucoup aux plaidoiries du second, l’ex-Panzercardinal.
On peut en conclure pour le moment, sauf révélations favorables à l’un ou l’autre, que ces deux hommes ne peuvent guère figurer parmi les préférés de nos contemporains. Pour la question de la proclamation de leur « sainteté », ce n’est guère plus intéressant que la dernière promotion de la Légion d’Honneur : ce colifichet a tellement été ridiculisé par son Grand-Maître actuel, en raison des noms des récipiendaires (ô quel beau nom pour des outres vides!) les plus récents, que le refuser est aujourd’hui une question d’honneur.

